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Une transaction stratégique pour diversifier le commerce

L’accord signé entre le Canada et la Chine le 16 janvier 2026 représente bien plus qu’une simple transaction commerciale. Pour le gouvernement de Mark Carney, il s’agit d’une manœuvre stratégique visant à réduire la dépendance économique excessive du Canada envers son voisin du sud. Confronté à l’instabilité croissante de la politique commerciale américaine, Ottawa a cherché à diversifier ses partenaires commerciaux et à ouvrir de nouveaux marchés pour ses exportations, particulièrement dans le secteur agricole. La Chine, deuxième partenaire commercial du Canada après les États-Unis, offrait une opportunité unique de rééquilibrer les échanges commerciaux du pays.

Les termes de l’accord reflètent cette stratégie. En échange de l’abaissement par le Canada de ses tarifs sur les véhicules électriques chinois, Pékin s’est engagé à réduire ses droits de douane sur le canola canadien et d’autres produits agricoles. Le canola représente une part essentielle des exportations canadiennes vers la Chine, et cet accord pourrait Booster considérablement ce secteur déjà vital pour l’économie canadienne. Dominic LeBlanc, ministre responsable des relations commerciales canado-américaines, a souligné que cet accord n’était pas un traité de libre-échange complet, mais plutôt une « résolution sur plusieurs questions tarifaires importantes ». Une nuance importante que Trump semble avoir délibérément ignorée dans sa réaction.

C’est là toute l’ironie de la situation : Trump critique le Canada pour diversifier ses partenariats commerciaux, alors que c’est exactement ce que n’importe quel responsable économique rationnel ferait face à un partenaire aussi imprévisible. Mettre tous ses œufs dans le même panier américain, c’est une recette pour le désastre à long terme. Carney a raison de chercher des alternatives, de construire des ponts avec d’autres économies majeures. Ce n’est pas de l’anti-américanisme, c’est du pragmatisme économique pur. Mais bon, expliquer la nuance à quelqu’un qui voit le monde en noir et blanc, c’est probablement peine perdue.

La réalité des tarifs actuels et les malentendus

Une analyse détaillée de l’accord sino-canadien révèle des réalités qui contredisent largement la rhétorique alarmiste de Trump. Contrairement à ce que suggère le président américain, cet accord ne crée pas un libre-échange total entre le Canada et la Chine. Le Canada maintient toujours un tarif de 6% sur les véhicules électriques chinois, tandis que la Chine continue d’appliquer un droit de douane de 15% sur le canola canadien. Ces tarifs restants démontrent qu’il s’agit d’une transaction commerciale ciblée et non d’une ouverture totale des marchés. Des experts comme Fen Osler Hampson, professeur de relations internationales à l’Université Carleton, ont qualifié cette accusation de « hypocrisie étonnante » de la part de l’administration Trump, d’autant que les États-Unis ont eux-mêmes signé un accord commercial avec la Chine il y a quelques mois à peine.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les exportations canadiennes vers les États-Unis s’élèvent à environ 400 milliards de dollars américains par année, contre environ 30 milliards vers la Chine. L’idée qu’un accord modeste avec Pékin puisse menacer l’économie américaine est donc économiquement infondée. De plus, l’accord sino-canadien ne porte que sur des produits spécifiques et ne contient aucune disposition permettant aux produits chinois d’être acheminés vers les États-Unis via le Canada sans payer les tarifs appropriés. Trump semble utiliser cet accord comme prétexte pour justifier une politique agressive envers un allié qui refuse de se soumettre à sa vision hégémonique des relations internationales.

Ce qui me frappe le plus dans cette affaire, c’est la désinformation délibérée. Trump présente cet accord comme une menace existentielle pour l’Amérique, alors qu’en réalité, il s’agit d’une transaction commerciale modeste et ciblée. C’est de la pure manipulation politique, conçue pour mobiliser sa base électorale en présentant le Canada comme un traître. Mais au-delà de la politique, il y a cette incompréhension fondamentale de la façon dont fonctionne l’économie moderne. Dans un monde globalisé, les pays cherchent naturellement à diversifier leurs partenariats. C’est comme le porfolio d’investissement : ne jamais tout miser sur une seule action. Le Canada fait simplement ce que tout investisseur rationnel ferait. Pourquoi ce serait-il blâmable pour un pays de faire la même chose?

Sources

Sources primaires

ABC News, « Trump threatens 100% tariff on Canada if it makes a deal with China », 24 janvier 2026

Al Jazeera, « Trump threatens 100 percent tariff on Canada over China deal », 24 janvier 2026

CBC News, « Trump threatens 100% tariffs on Canadian goods as Carney carries on with trade strategy », 24 janvier 2026

Reuters, « Trump threatens Canada with 100% tariff over pending trade deal with China », 24 janvier 2026

Sources secondaires

La Dépêche, « Donald Trump hausse le ton contre le Canada : vexé par un accord commercial avec la Chine, le chef d’État menace son voisin de droits de douane », 24 janvier 2026

Supply Chain Dive, « Trump threatens 100% tariff to stymie Canada-China trade pact », 24 janvier 2026

The Canadian Press, « Trump’s latest tariff threats will hurt U.S. just as much as Canada, experts say », 24 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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