Ce que Moscou exige — et pourquoi c’est inacceptable
Vladimir Poutine ne négocie pas. Il dicte ses conditions. Et ses conditions n’ont pas changé depuis 2022 : la reconnaissance de l’annexion des quatre régions ukrainiennes, la « dénazification » du gouvernement de Kyiv — comprendre : le renversement de Zelensky — et la « neutralité » de l’Ukraine, c’est-à-dire l’abandon définitif de toute aspiration à rejoindre l’OTAN ou l’Union européenne. En échange, Moscou promet d’arrêter les bombardements. De cesser le feu. De ramener la paix. Mais quelle paix ? Celle où l’Ukraine devient un État croupion, amputé de ses régions industrielles, privé de son accès à la mer d’Azov, encerclé par des forces russes prêtes à reprendre l’offensive dès que l’occasion se présentera ?
Le conseiller de Poutine pour la politique étrangère, Iouri Ouchakov, l’a confirmé après Abou Dabi : « Il a été réaffirmé qu’on ne peut pas s’attendre à un règlement durable sans résoudre la question territoriale. » Traduction : pas de paix tant que l’Ukraine n’accepte pas de se mutiler. Tant qu’elle ne signe pas sa propre capitulation. Tant qu’elle ne reconnaît pas que la force prime le droit, que les frontières peuvent être redessinées par les chars, et que les traités internationaux ne valent que le papier sur lequel ils sont imprimés. C’est ça, la « proposition de paix » russe. Un ultimatum déguisé en négociation. Un couteau sur la gorge présenté comme une poignée de main.
Je me demande parfois ce que pensent les diplomates occidentaux qui poussent à un « compromis ». Ils parlent de réalisme. De pragmatisme. D’éviter une escalade. Mais de quel compromis parle-t-on exactement ? Donner à Poutine 20% de l’Ukraine ? 30% ? 50% ? À quel moment le « compromis » devient-il capitulation ? À quel moment le « réalisme » devient-il complicité ? Ces gens-là dorment bien la nuit. Pas les habitants de Kherson qui vivent encore sous les bombes russes.
La position ukrainienne : ni recul, ni reddition
Zelensky l’a dit et répété : « Nous ne pouvons pas simplement nous retirer de nos territoires. Ce n’est pas seulement une question de droit. Des gens vivent là-bas. 300 000 personnes. » Ce n’est pas un argument juridique. C’est un argument humain. Derrière chaque kilomètre carré de territoire contesté, il y a des familles. Des maisons. Des écoles. Des hôpitaux. Des vies qui refusent de devenir russes. Les sondages le confirment : 85% des Ukrainiens s’opposent à tout retrait du Donbass. 87% veulent la paix. Mais pas n’importe laquelle. Pas celle qui les transformerait en sujets de l’empire de Poutine. « Nous voulons la fin de la guerre — pas la fin de l’Ukraine », a déclaré Zelensky lors de son discours du Nouvel An. Cette phrase résume tout.
La loi ukrainienne elle-même interdit au président de céder des territoires sans référendum. Zelensky ne peut pas signer un accord qui amputerait son pays, même s’il le voulait — ce qui n’est manifestement pas le cas. « Un papier à la Budapest ne satisfera pas l’Ukraine », a-t-il averti, en référence au mémorandum de 1994 où Kyiv avait abandonné son arsenal nucléaire en échange de « garanties de sécurité » qui se sont révélées sans valeur quand la Russie a annexé la Crimée en 2014. « L’Ukraine n’a pas besoin d’un piège soigneusement rédigé à la Minsk. » Les accords de Minsk, censés mettre fin au conflit du Donbass en 2014-2015, n’ont jamais été respectés par Moscou. Zelensky a tiré les leçons de l’histoire. Il sait que la parole de Poutine ne vaut rien.
Les garanties de sécurité : l'accord qui change tout
Ce que Zelensky a obtenu de Trump
Au milieu de l’impasse territoriale, une lueur. Le 22 janvier, au Forum économique mondial de Davos, Zelensky a annoncé avoir conclu un accord avec Donald Trump sur les garanties de sécurité. « Les garanties de sécurité, c’est prêt », a-t-il déclaré. Le document attend les signatures présidentielles avant d’être soumis aux parlements des deux pays. C’est une avancée majeure — peut-être la plus importante depuis le début du conflit. Car sans garanties de sécurité solides, tout accord de paix serait une invitation à une nouvelle agression russe. Poutine attendrait simplement que le monde regarde ailleurs, puis reprendrait son offensive.
Le mécanisme envisagé s’inspirerait de l’article 5 de l’OTAN — celui qui prévoit qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Sans pour autant impliquer une adhésion formelle de l’Ukraine à l’Alliance atlantique, ce qui reste un point de blocage pour Moscou. Les négociations portent sur la durée : Washington proposerait quinze ans renouvelables, tandis que Kyiv réclame des engagements sur plusieurs décennies. La différence est cruciale. Quinze ans, c’est le temps d’une génération. C’est aussi le temps nécessaire à la Russie pour reconstituer ses forces, former de nouveaux soldats, et préparer une nouvelle offensive. Zelensky veut des garanties qui survivent aux alternances politiques américaines. Il sait que ce qui est donné peut être repris.
La coalition des volontaires : Paris s’engage
Le 6 janvier 2026, à Paris, une autre pièce du puzzle s’est mise en place. Emmanuel Macron, Keir Starmer et Volodymyr Zelensky ont signé une déclaration d’intention sur le déploiement d’une « force multinationale » en Ukraine après un éventuel cessez-le-feu. La « coalition des volontaires » — ces pays européens prêts à engager leurs troupes pour garantir la paix — prend forme. La France et le Royaume-Uni en sont les piliers. L’Allemagne, l’Italie, la Pologne, les pays baltes pourraient suivre. C’est un signal fort envoyé à Moscou : même si les États-Unis de Trump se désengagent, l’Europe ne laissera pas l’Ukraine seule.
À Vilnius, Zelensky a insisté sur l’importance de cette unité. « Aujourd’hui, nous nous coordonnons avec nos partenaires de la région — la Lituanie et la Pologne. Nous travaillons avec chaque dirigeant pour renforcer l’Ukraine. Chacun doit comprendre clairement la menace venue de Russie, et ce sont nos nations qui la comprennent le mieux. » La Lituanie, pour sa part, a promis près de 100 générateurs pour aider l’Ukraine à survivre à l’hiver — les frappes russes ayant détruit une grande partie de l’infrastructure énergétique. L’aide militaire continue d’affluer. Les systèmes de défense antiaérienne sont renforcés. L’Europe fait ce qu’elle peut. La question reste : est-ce suffisant ?
Cent générateurs. C’est ce que la Lituanie offre à l’Ukraine pour survivre à l’hiver. Cent générateurs pour un pays de 40 millions d’habitants dont les centrales électriques ont été méthodiquement détruites par des missiles russes. C’est à la fois dérisoire et héroïque. Dérisoire parce que cent générateurs ne chauffent pas un pays. Héroïque parce que chaque geste compte quand on se bat contre un empire. Chaque générateur, c’est un hôpital qui fonctionne. Une école qui reste ouverte. Une famille qui ne gèle pas. La solidarité se mesure parfois en gestes minuscules qui sauvent des vies.
Le champ de bataille diplomatique
Trump, Poutine et le grand marchandage
Les pourparlers d’Abou Dabi sont le fruit d’un travail de coulisses mené par l’administration Trump. Les envoyés spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner ont fait la navette entre Moscou et Kyiv pendant des semaines. Leur objectif : arracher un cessez-le-feu avant les 100 jours de la nouvelle présidence. Trump l’avait promis pendant sa campagne : il mettrait fin à la guerre en Ukraine « en 24 heures ». Nous sommes maintenant à plus de 30 jours de son investiture, et la guerre continue. Les missiles russes tombent toujours sur les villes ukrainiennes. Les soldats meurent toujours dans les tranchées du Donbass. Le « deal » promis reste insaisissable.
La stratégie de Trump repose sur la pression simultanée sur les deux parties. À Moscou, il menace de nouvelles sanctions et d’une augmentation de l’aide militaire à l’Ukraine si Poutine refuse de négocier. À Kyiv, il laisse entendre que l’aide américaine pourrait diminuer si Zelensky se montre trop intransigeant. C’est un jeu d’équilibriste — et personne ne sait vraiment où penche le cœur de Trump. Ses déclarations sont contradictoires. Un jour, il vante les mérites de Poutine. Le lendemain, il promet un soutien indéfectible à l’Ukraine. La seule constante, c’est son obsession pour le « deal ». Pour l’accord historique qui porterait son nom. Peu importe le contenu, pourvu qu’il puisse s’en attribuer le crédit.
Les 10% qui décident de tout
Zelensky a révélé que l’accord de paix était « prêt à 90% ». Mais ces 10% restants « contiennent, en fait, tout ». Les garanties de sécurité ? Réglées. Le cadre institutionnel d’un cessez-le-feu ? En bonne voie. Le mécanisme de surveillance ? Discuté. Mais les territoires — les maudits territoires — restent le point de blocage absolu. « Ce sont les dix pour cent qui détermineront le sort de la paix, le sort de l’Ukraine et de l’Europe », a averti le président ukrainien. Traduction : tant que la question territoriale n’est pas résolue, il n’y aura pas d’accord. Et la question territoriale ne sera pas résolue tant que Poutine exigera tout et que Zelensky refusera de céder quoi que ce soit.
L’envoyé américain Witkoff a reconnu la difficulté : « Les États-Unis espèrent trouver un compromis sur la question territoriale, qui est la plus difficile. » Un compromis. Le mot magique de la diplomatie. Mais quel compromis est possible entre « donnez-moi tout » et « je ne donne rien » ? Les négociateurs cherchent des formules créatives. Un « gel » du conflit sans reconnaissance formelle de l’annexion russe. Un statut spécial pour les régions contestées. Un référendum sous supervision internationale dans cinq, dix, quinze ans. Des idées circulent. Aucune ne satisfait vraiment personne. Car au fond, ce n’est pas une question de formule. C’est une question de rapports de force. Et tant que Poutine pensera pouvoir gagner sur le terrain, il n’aura aucune raison de céder à la table des négociations.
Les 10% qui décident de tout. Cette phrase me hante depuis que je l’ai lue. Parce qu’elle dit tout de l’absurdité de cette guerre. 90% d’un accord de paix est prêt. 90% ! On pourrait arrêter les bombardements demain. Sauver des milliers de vies. Reconstruire des villes. Rendre des enfants à leurs parents, des soldats à leurs familles. Mais non. Parce que 10% bloquent. 10% de papier. 10% de lignes sur une carte. Et pour ces 10%, des gens continuent de mourir chaque jour. Il y a quelque chose de profondément obscène là-dedans.
L'Ukraine entre l'Europe et l'Amérique
L’adhésion à l’UE : l’autre front diplomatique
Pendant que les canons tonnent à l’Est, l’Ukraine poursuit sa marche vers l’Ouest. Zelensky a réaffirmé l’objectif d’une adhésion à l’Union européenne d’ici 2027. C’est ambitieux — peut-être trop. Les négociations d’adhésion sont notoirement longues et complexes. Mais le signal politique est clair : l’Ukraine a choisi son camp. Elle veut être européenne. Elle veut les institutions européennes, les normes européennes, les protections européennes. Pas le « monde russe » que Poutine prétend défendre. L’UE a ouvert les négociations d’adhésion en juin 2024. Le chemin est encore long, mais il est tracé.
Pour Moscou, cette orientation européenne est presque aussi inacceptable que l’adhésion à l’OTAN. Poutine considère l’Ukraine comme faisant partie de la sphère d’influence russe « historique ». Son intégration à l’Europe serait une défaite géopolitique majeure — peut-être même plus durable qu’une défaite militaire. Car les territoires peuvent être reconquis. Les missiles peuvent être tirés à nouveau. Mais une Ukraine ancrée dans les institutions européennes, protégée par le droit européen, intégrée aux marchés européens — cette Ukraine-là serait perdue pour toujours pour le rêve impérial russe. C’est pourquoi Poutine se bat avec tant d’acharnement. Ce n’est pas seulement une guerre pour des territoires. C’est une guerre pour l’âme d’un peuple.
Le soutien qui s’effrite — ou pas
Depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, les Européens retiennent leur souffle. L’aide américaine va-t-elle se maintenir ? Les États-Unis vont-ils continuer à fournir les armes, les munitions, les systèmes de défense dont l’Ukraine a désespérément besoin ? Les signaux sont contradictoires. Trump parle de « faire payer les Européens ». Il critique le coût de la guerre. Il suggère que l’Ukraine devrait « faire des concessions ». Mais dans le même temps, ses négociateurs travaillent activement à un accord qui préserverait la souveraineté ukrainienne. La politique étrangère de Trump est un mystère — peut-être même pour Trump lui-même.
L’Europe, elle, a compris qu’elle ne pouvait plus compter uniquement sur Washington. La « coalition des volontaires » est une police d’assurance. Le renforcement des industries de défense européennes est une nécessité. L’augmentation des budgets militaires est en cours. Zelensky l’a dit clairement à Vilnius : « Cette unité doit être efficace à 100%. Pas à moitié. Pas pour quelques mois par an. Mais autant qu’il le faut pour que ça fonctionne. » Le message est limpide : l’Europe doit se préparer à un scénario où les États-Unis se désengagent. Pas parce que c’est probable — mais parce que c’est possible. Et dans un monde où l’impossible devient réalité tous les jours, la prudence n’est plus une option.
Les cicatrices de quatre ans de guerre
Le bilan humain qu’on ne peut pas chiffrer
Combien de morts ? Personne ne le sait vraiment. Les estimations varient de 100 000 à 500 000 selon les sources — militaires et civils confondus, des deux côtés. Ce qui est certain, c’est que chaque chiffre est un être humain. Un fils. Une mère. Un ami. Un voisin. Quelqu’un qui avait des projets, des rêves, une vie devant lui. Les cimetières ukrainiens s’étendent. Les colonnes de tombes fraîches s’alignent sous la neige de janvier. Les drapeaux bleu et jaune claquent au vent au-dessus des croix. Et derrière chaque croix, une famille détruite. Un vide qui ne sera jamais comblé.
Puis il y a les blessés. Les mutilés. Les traumatisés. Ceux qui sont revenus du front avec des corps brisés et des esprits hantés. Les enfants qui ont grandi sous les bombes, qui ne connaissent que le bruit des sirènes d’alerte aérienne, qui dessinent des chars et des missiles quand on leur demande de dessiner leur maison. Les six millions de réfugiés ukrainiens dispersés à travers l’Europe, qui ne savent pas s’ils reverront un jour leur pays. Les villes rasées — Marioupol, Bakhmout, Severodonetsk — qui ne sont plus que des noms sur une carte, des ruines sur des photos satellites. Quatre ans. Quatre ans de destruction méthodique. Et Poutine demande qu’on lui cède les territoires qu’il a détruits.
Je pense à ces 300 000 personnes que Zelensky refuse d’abandonner. Ceux qui vivent encore dans les zones contrôlées par l’Ukraine, tout près de la ligne de front. Ils entendent les explosions chaque jour. Ils dorment dans des abris. Ils font la queue pour l’eau potable. Et malgré tout, ils restent. Parce que c’est chez eux. Parce qu’ils refusent de devenir des réfugiés. Parce qu’ils croient encore que leur pays les protégera. Quand Zelensky dit qu’il ne peut pas les abandonner, ce n’est pas de la rhétorique. C’est une promesse. Une promesse faite à des gens qui n’ont plus que ça : la promesse qu’on ne les oubliera pas.
L’infrastructure en ruines
L’hiver 2025-2026 est le quatrième hiver de guerre. Et le plus dur. Les frappes russes ont ciblé méthodiquement l’infrastructure énergétique ukrainienne. Centrales électriques, transformateurs, lignes à haute tension — tout ce qui permet à un pays moderne de fonctionner a été visé, touché, détruit. Des millions d’Ukrainiens vivent avec des coupures de courant quotidiennes. Dans certaines régions, l’électricité n’est disponible que quelques heures par jour. Les hôpitaux fonctionnent sur générateurs. Les écoles ferment quand il fait trop froid. Les gens chauffent leurs appartements avec des poêles de fortune, risquant l’intoxication au monoxyde de carbone.
C’est ça, la stratégie de Poutine. Puisqu’il ne peut pas gagner sur le champ de bataille — les lignes de front n’ont presque pas bougé depuis un an — il essaie de briser la volonté du peuple ukrainien. De rendre la vie tellement insupportable que les gens supplieront leur gouvernement d’accepter n’importe quel accord, n’importe quelle capitulation, pourvu que les bombardements s’arrêtent. C’est une stratégie de terreur. Une stratégie qui cible délibérément les civils, leurs maisons, leur confort, leur survie. Et malgré tout, l’Ukraine tient. Les générateurs arrivent de Lituanie, d’Allemagne, de France. Les techniciens réparent ce qui peut être réparé. Les gens s’adaptent. Ils tiennent. Parce qu’ils n’ont pas le choix.
Ce que Vilnius révèle de la stratégie ukrainienne
Négocier sans céder
La position de Zelensky à Vilnius révèle une stratégie claire : participer aux négociations sans jamais accepter l’inacceptable. Être à la table sans se coucher sur la table. Montrer au monde que l’Ukraine veut la paix — vraiment — mais pas au prix de sa souveraineté. C’est un exercice d’équilibre délicat. Car si Zelensky apparaît trop intransigeant, il risque de perdre le soutien de ceux — aux États-Unis, en Europe — qui commencent à se lasser de cette guerre. Mais s’il cède, il trahit son peuple. Il devient celui qui a signé la capitulation de l’Ukraine.
« Les Russes doivent être prêts à des compromis », a déclaré Zelensky. C’est la clé de sa stratégie. Retourner la pression vers Moscou. Montrer que c’est la Russie — pas l’Ukraine — qui bloque les négociations. Que c’est Poutine — pas Zelensky — qui refuse tout compromis. Car jusqu’ici, les exigences russes n’ont pas varié d’un iota. Moscou veut tout. Moscou ne propose rien. Moscou attend que l’Ukraine s’épuise, que l’Occident se lasse, que le temps joue en sa faveur. La seule réponse possible, c’est de tenir. De tenir encore. De tenir toujours. Jusqu’à ce que Poutine comprenne qu’il ne gagnera pas. Ou jusqu’à ce qu’il ne soit plus là pour comprendre quoi que ce soit.
L’unité européenne comme arme
À Vilnius, Zelensky n’est pas venu seul chercher des générateurs. Il est venu renforcer le front diplomatique. La Lituanie, la Pologne, les pays baltes — ces nations qui connaissent la menace russe dans leur chair — sont les alliés les plus fidèles de l’Ukraine. Ils comprennent que si l’Ukraine tombe, ils seront les prochains. Que la frontière orientale de l’OTAN deviendrait la nouvelle ligne de front. Que Poutine ne s’arrêtera pas au Donbass. Il n’a jamais caché ses ambitions. Recréer l’empire. Reconquérir ce qui a été « perdu » avec l’effondrement de l’URSS. L’Ukraine n’est que la première étape.
Cette conscience partagée crée une solidarité particulière entre l’Ukraine et ses voisins de l’Est. Une solidarité qui va au-delà des discours diplomatiques. Qui se traduit en armes, en aide humanitaire, en soutien politique indéfectible. « Depuis le 24 février, le soutien de la Pologne à l’Ukraine a été sans précédent — jamais à cette échelle », a souligné Zelensky. La Pologne a accueilli des millions de réfugiés ukrainiens. Elle a servi de plaque tournante pour l’aide militaire occidentale. Elle a envoyé ses propres équipements — chars, missiles, munitions — parfois avant même que les grands pays occidentaux ne se décident. Cette alliance des pays de l’Est pourrait bien être ce qui sauve l’Ukraine. Et ce qui sauve l’Europe.
Il y a quelque chose de profondément émouvant dans cette solidarité des peuples qui ont connu l’occupation russe. Les Lituaniens, les Polonais, les Estoniens, les Lettons — ils n’ont pas besoin qu’on leur explique ce que signifie vivre sous la botte de Moscou. Ils l’ont vécu. Leurs grands-parents ont été déportés en Sibérie. Leurs parents ont grandi dans des États satellites privés de liberté. Ils savent ce que Poutine veut vraiment. Et ils se battent pour que ça n’arrive plus. Pas seulement pour l’Ukraine. Pour eux-mêmes. Pour leurs enfants. Pour cette Europe libre qu’ils ont mis tant de temps à construire.
Conclusion : La ligne qui ne bougera pas
Ce que Zelensky a dit au monde
À Vilnius, le 25 janvier 2026, Volodymyr Zelensky n’a pas seulement parlé aux journalistes. Il a parlé à Poutine. À Trump. À l’Europe. Au monde. Son message était simple : l’Ukraine ne se rendra pas. L’Ukraine ne cédera pas ses territoires. L’Ukraine ne signera pas sa propre mort. Ceux qui espéraient un « compromis » rapide — un deal qui permettrait à chacun de sauver la face pendant que l’Ukraine saignait — ont reçu leur réponse. Il n’y aura pas de compromis sur l’essentiel. Pas de capitulation déguisée en diplomatie. Pas de « paix » qui ne serait qu’une pause avant la prochaine guerre.
Les négociations vont continuer. Une nouvelle session est prévue début février à Abou Dabi. Les diplomates vont s’asseoir, discuter, chercher des formules. Peut-être trouveront-ils des solutions créatives pour les 10% qui bloquent tout. Peut-être pas. Ce qui est certain, c’est que la ligne rouge ukrainienne ne bougera pas. « Nous nous battons pour notre pays, pour ce qui est à nous », a dit Zelensky. Ces mots resteront. Ils sont gravés dans le granit de Vilnius, dans la mémoire de ceux qui ont résisté à la Russie avant l’Ukraine, dans l’histoire d’un peuple qui refuse de disparaître.
La question qui reste
Et nous, on fait quoi ? C’est la question que chacun devrait se poser en lisant ces lignes. L’Ukraine se bat. L’Ukraine tient. L’Ukraine refuse de mourir. Mais elle ne peut pas gagner seule. Elle a besoin d’armes. Elle a besoin de munitions. Elle a besoin de systèmes de défense aérienne pour protéger ses villes. Elle a besoin de générateurs pour survivre à l’hiver. Elle a besoin de soutien diplomatique pour tenir face aux pressions. Elle a besoin que le monde ne détourne pas le regard. Que le monde ne se lasse pas. Que le monde comprenne que cette guerre n’est pas seulement celle de l’Ukraine. C’est celle de tous ceux qui croient que les frontières ne se dessinent pas au canon. Que les peuples ont le droit de choisir leur destin. Que la force ne fait pas le droit.
Zelensky a dit : « Nous voulons la fin de la guerre — pas la fin de l’Ukraine. » Cette phrase me poursuit depuis des jours. Parce qu’elle dit tout. La fin de la guerre, tout le monde la veut. Les Ukrainiens plus que quiconque. Ils sont épuisés. Ils ont tout perdu. Ils enterrent leurs enfants. Mais pas à n’importe quel prix. Pas au prix de leur existence. Pas au prix de devenir un peuple sans pays, sans identité, sans avenir. Il y a des choses qui valent plus que la paix. La dignité. La liberté. Le droit de vivre debout plutôt que de mourir à genoux. L’Ukraine se bat pour ça. Et si nous ne comprenons pas ça, si nous ne soutenons pas ça, alors nous ne méritons pas la paix que nous avons.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements géopolitiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements ukrainien, russe et américain, déclarations publiques des dirigeants politiques (Volodymyr Zelensky, Dmitri Peskov, Iouri Ouchakov), dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement (France24, La Presse, France Info, Euronews, Al Jazeera, CNN, NBC News, ABC News, The Washington Post, Kyiv Independent, Ukrinform).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Ukrinform — Zelensky in Vilnius: International unity must guarantee real security for Ukraine and Europe — 25 janvier 2026
France Info — Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky dit être parvenu à un accord avec Trump sur les garanties de sécurité — 22 janvier 2026
La Presse — Guerre en Ukraine : La question des territoires au cœur des pourparlers à Abou Dabi — 23 janvier 2026
France24 — US, Ukraine and Russia meet in Abu Dhabi for first trilateral peace talks — 23 janvier 2026
Kyiv Independent — We want the end of the war — not the end of Ukraine, Zelensky says in New Year address — 1er janvier 2026
Sources secondaires
Euronews — More talks expected next week after Ukraine, Russia and US conclude Abu Dhabi meeting — 24 janvier 2026
Al Jazeera — Ukraine-Russia-US hold talks in Abu Dhabi with territory as key issue — 23 janvier 2026
CNN — January 23, 2026 — Trump’s NATO remarks; US, Russia and Ukraine war talks — 23 janvier 2026
NBC News — Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time — 22 janvier 2026
Pravda France — Ukraine : Macron, Starmer et Zelensky signent une déclaration d’intention sur un déploiement de forces après un cessez-le-feu — 6 janvier 2026
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