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Une entente stratégique sur les véhicules électriques et l’agriculture

L’accord que Carney a conclu avec la Chine lors de sa visite à Pékin la semaine dernière représente un changement significatif dans la politique commerciale du Canada, qui avait précédemment suivi l’exemple américain en imposant un droit de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois et de 25 % sur l’acier et l’aluminium en provenance de Chine. En retour, Pékin avait répondu par des droits de douane de 100 % sur l’huile et le tourteau de canola canadiens ainsi que de 25 % sur le porc et les fruits de mer canadiens. Le nouvel arrangement permet l’entrée de 49 000 véhicules électriques chinois par an sur le marché canadien à un taux tarifaire de 6,1 %, ce qui correspond aux volumes de l’année précédant les frictions commerciales récentes sur ces importations, représentant moins de 3 % du marché canadien des nouveaux véhicules vendus annuellement.

En échange de cette concession sur les véhicules électriques, la Chine s’est engagée à réduire considérablement ses droits de douane sur plusieurs produits canadiens clés, notamment les graines de canola, qui verront leur tarif combiné passer d’environ 85 % à 15 % d’ici le 1er mars 2026, ouvrant ainsi un marché de 4 milliards de dollars américains pour les producteurs canadiens. Pékin a également convenu que le tourteau de canola canadien, les homards, les crabes et les pois ne seront plus soumis aux tarifs anti-discrimination pertinents à partir du 1er mars 2026 jusqu’à la fin de l’année au moins. Ensemble, ces résultats devraient débloquer près de 3 milliards de dollars en commandes à l’exportation pour les travailleurs et les entreprises canadiens alors qu’ils réalisent le plein potentiel du marché massif chinois de 1,4 milliard de personnes.

Cette négociation me rappelle les principes fondamentaux de la diplomatie économique : savoir donner un peu pour obtenir beaucoup plus. Carney a compris que le marché canadien des véhicules électriques est trop petit pour justifier une confrontation prolongée avec Pékin, surtout quand des secteurs agricoles vitaux comme celui de la canola en souffraient disproportionnément. Il y a une certaine élégance dans cette approche pragmatique, qui privilégie les intérêts concrets des agriculteurs canadiens sur les postures idéologiques rigides. Ce n’est pas de la faiblesse, c’est de l’intelligence stratégique. Le Canada ne devient pas un État client de la Chine, il utilise plutôt son marché comme levier pour obtenir des concessions tangibles. C’est la dure réalité du commerce international à l’ère moderne, où les principes doivent parfois s’accommoder des impératifs économiques pour protéger les moyens de subsistance de nos concitoyens.

Les investissements attendus dans l’industrie automobile canadienne

L’un des aspects les plus controversés de cet accord concerne les attentes en matière d’investissement chinois dans l’industrie automobile canadienne. Carney a indiqué qu’il anticipe que cet accord entraînera d’importants nouveaux investissements conjoints chinois au Canada avec des partenaires de confiance d’ici trois ans, ce qui devrait protéger et créer de nouveaux emplois de fabrication automobile pour les travailleurs canadiens et assurer un développement robuste de la chaîne d’approvisionnement canadienne en véhicules électriques. Le Premier ministre a également souligné que dans cinq ans, plus de 50 % de ces véhicules devraient être des véhicules électriques abordables avec un prix d’importation inférieur à 35 000 dollars canadiens, créant ainsi de nouvelles options à moindre coût pour les consommateurs canadiens.

Cette perspective d’investissement chinois dans le secteur automobile a toutefois suscité des inquiétudes importantes aux États-Unis, où Trump et ses conseillers craignent que le Canada ne devienne une « porte de débarquement » permettant aux fabricants chinois de contourner les droits de douane américains et d’inonder le marché américain de véhicules assemblés au Canada. Ces préoccupations ont été amplifiées par un message vidéo publié par Trump dans lequel le chef de la direction de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules met en garde qu’il n’y aura pas d’industrie automobile canadienne sans l’accès au marché américain, notant que le marché canadien seul est trop petit pour justifier une fabrication à grande échelle de la part de la Chine.

Les inquiétudes américaines concernant une éventuelle « porte de débarquement » chinoise via le Canada ne sont pas sans fondement, mais elles reflètent aussi une certaine paranoïa économique caractéristique de l’approche commerciale trumpienne. Il y a quelque chose d’ironique à voir les États-Unis, qui ont eux-mêmes longtemps utilisé le Mexique comme base de fabrication à faible coût, s’inquiéter maintenant que le Canada puisse servir de point d’entrée pour les produits chinois. Cette hypocrisie géopolitique me frappe à chaque fois que j’entends les arguments protectionnistes américains, qui semblent oublier que les règles du commerce international doivent s’appliquer également à tous, pas seulement lorsque cela arrange Washington. L’industrie automobile canadienne se trouve prise dans cette tourmente, forcée de naviguer entre les exigences contradictoires de son principal partenaire commercial et les opportunités offertes par d’autres marchés en expansion. C’est une position précaire qui rappelle cruellement la vulnérabilité structurelle de l’économie canadienne malgré tous les progrès réalisés ces dernières décennies.

Sources

Sources primaires

Gouvernement du Canada, « Prime Minister Carney forges new strategic partnership with the People’s Republic of China focused on energy, agri-food, and trade », communiqué officiel, 16 janvier 2026. Prime Minister of Canada Website. Gouvernement du Canada, « Joint statement of the Canada-China Leaders’ Meeting », déclaration conjointe, 16 janvier 2026. Prime Minister of Canada Website.

Sources secondaires

Rob Gillies, « Carney says Canada has no plans to pursue free trade agreement with China as Trump threatens tariffs », Associated Press/Yahoo News, 25 janvier 2026. Stephanie Ha, « Carney insists Canada has ‘no intention’ of seeking free trade deal with China », CP24, 25 janvier 2026. Benjamin Lopez Steven, « No plans for China free trade deal, Carney says as Trump fixates on Canada », CBC News, 25 janvier 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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