Skip to content

Une intervention au vitriol contre l’ordre international

Le discours de Mark Carney à Davos ne s’est pas contenté d’être un exercice de diplomatie classique. Le Premier ministre canadien a choisi de briser les codes en dénonçant sans ambiguïté ce qu’il a appelé « la rupture dans l’ordre mondial » et « la fin d’une belle histoire ». Selon lui, nous entrons dans « le début d’une réalité brutale où la géopolitique entre les grandes puissances n’est soumise à aucune contrainte ». Des mots durs qui ont immédiatement fait l’effet d’une bombe dans la salle des délibérations de Davos et bien au-delà, jusqu’à la Maison Blanche où le président américain Donald Trump a réagi avec véhémence, déclarant que Carney « n’était pas si reconnaissant » et ajoutant que « le Canada existe grâce aux États-Unis ».

Le cœur du message de Carney portait sur une remise en question radicale de ce que l’on appelle communément « l’ordre international fondé sur des règles ». Le Premier ministre canadien a affirmé avec une clarté déconcertante que « l’histoire de l’ordre international fondé sur des règles était partiellement fausse », expliquant que « les plus forts s’exemptaient quand cela leur convenait » et que « les règles commerciales étaient appliquées de manière asymétrique ». Cette analyse lucide, presque brutale dans sa franchise, a résonné avec une force particulière à un moment où de nombreux pays, et pas seulement les plus petits, ressentent l’insécurité croissante d’un système qui semble de plus en plus instrumentalisé par les puissances dominantes.

Il y a quelque chose de fascinant dans cette capacité à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Carney a fait ce que tant d’autres dirigeants refusent de faire : nommer la réalité. Il a pris le risque de déplaire, de froisser, de provoquer, et c’est peut-être exactement ce que les Canadiens attendaient depuis trop longtemps. Dans un monde de faux-semblants diplomatiques, cette brutalité intellectuelle a quelque chose de rafraîchissant, presque de libérateur.

Le réalisme basé sur les valeurs comme nouvelle doctrine

Dans son discours, Carney a présenté ce qu’il appelle la « nouvelle approche » pour des pays comme le Canada, une doctrine qu’il situe dans le prolongement de ce que le président finlandais Alexander Stubb a nommé le « réalisme basé sur les valeurs ». Pour Carney, il s’agit d’être à la fois « principe et pragmatique ». Principe dans l’engagement envers des valeurs fondamentales comme la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’interdiction de l’usage de la force sauf conformément à la Charte des Nations Unies et le respect des droits humains. Mais pragmatique dans la reconnaissance que « le progrès est souvent progressif, que les intérêts divergent, que tous les partenaires ne partagent pas nos valeurs ».

Cette approche se traduit concrètement par ce que Carney décrit comme un engagement « large, stratégique, les yeux ouverts ». « Nous prenons activement le monde tel qu’il est, pas celui que nous souhaiterions qu’il soit », a-t-il affirmé. Le Premier ministre canadien explique que son pays est en train de « calibrer ses relations pour que leur profondeur reflète ses valeurs » et qu’il priorise « un engagement large pour maximiser son influence compte tenu de la fluidité actuelle du monde, des risques qu’elle pose et des enjeux de ce qui viendra ensuite ». C’est une posture qui marque une rupture nette avec la diplomatie canadienne traditionnelle, souvent perçue comme trop accommodante et trop alignée sur les positions américaines.

Cette idée de « prendre le monde tel qu’il est » pourrait sembler banale, mais elle porte en elle une révolution copernicienne dans la manière d’envisager la politique étrangère. Fini les rêves, fini les illusions, fini les compromissions qui ne mènent nulle part. Carney nous dit en substance : regardez la réalité en face et agissez en conséquence. C’est une leçon de courage politique qu’on aimerait voir appliquer un peu partout, particulièrement chez nous où la diplomatie semble parfois confondre réel et souhaitable. Il y a là une posture de dignité retrouvée qui mérite d’être soulignée.

Sources

Sources primaires

Hindustan Times, « Carney’s approval ratings rise after Davos speech », 27 janvier 2026, https://www.hindustantimes.com/world-news/carneys-approval-ratings-rise-after-davos-speech-101769503982962.html

Angus Reid Institute, « Federal Politics: Carney receives post-Davos bump in approval, though vote intention picture remains tight », 26 janvier 2026, https://angusreid.org/federal-politics-carney-receives-post-davos-bump-in-approval/

Global News, « Read the full transcript of Carney’s speech to World Economic Forum », 20 janvier 2026, https://globalnews.ca/news/11620877/carney-davos-wef-speech-transcript/

Sources secondaires

Time Magazine, « Mark Carney’s Popularity Rises Post-Davos, While Trump Slips », janvier 2026, https://time.com/7358254/mark-carney-davos-speech-trump-approval-polls/

Winnipeg Sun, « Poll shows Carney popularity surge after Davos speech », janvier 2026, https://www.winnipegsun.com/national-news/poll-shows-carney-popularity-surge-after-davos-speech/article_13bfc12b-6b71-4f44-bce5-81a0093cca7e.html

The Globe and Mail, Commentaires sur le discours de Carney à Davos, janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu