Skip to content

La CAQ survivra-t-elle à son créateur ?

credit : saviezvousque.net (image IA)

C’est une question qui hante les corridors de l’Assemblée nationale : un parti politique peut-il survivre au départ de son fondateur, surtout quand celui-ci est premier ministre ? La récente « sortie » de François Legault a suffi pour relancer la machine à rumeurs et les analyses sur la fin d’une époque. Pour Paul St-Pierre Plamondon, le chef du Parti québécois (PQ), le diagnostic est sans appel : la Coalition avenir Québec (CAQ) est indissociable de son chef. Selon lui, « la CAQ, c’est bel et bien la chose de François Legault ».

Le constat est brutal, mais il résume ce que beaucoup pensent tout bas : Legault peut quitter le parti, mais le parti ne peut pas quitter Legault. L’ancien péquiste a bâti toute sa carrière sur un pari audacieux, celui d’une « troisième voie ». Ni souverainiste pur et dur, ni fédéraliste aveugle. Pas à gauche, mais pas tout à fait à droite non plus (plus interventionniste, en tout cas, que les conservateurs). Ce modèle a triomphé en 2018, brisant quarante ans d’alternance entre libéraux et péquistes. Mais avec le déclin récent de la CAQ, PSPP y voit la preuve que cette recette finit toujours par échouer.

Une vieille habitude québécoise : la peur de la chicane

Pourtant, cette envie de sortir du duel habituel n’a rien de nouveau. L’historien Éric Bédard nous rappelle que la troisième voie « traverse notre histoire en pointillé ». Pourquoi ? Parce que les Québécois, peuple minoritaire, ont une sainte horreur de la division. On se dit souvent que si l’on est divisés, on est faibles. Alors, quand la tension monte trop, on cherche le compromis.

Dès la fin du XIXe siècle, Honoré Mercier tentait déjà de créer un « Parti national » pour dépasser la guerre entre libéraux et conservateurs. Maurice Duplessis s’en est inspiré pour l’Union nationale. Plus surprenant encore : à sa fondation en octobre 1968, même le Parti québécois de René Lévesque se présentait comme une troisième voie, un entre-deux face à un capitalisme sauvage et un syndicalisme dur. Ce n’est qu’avec la Révolution tranquille que le débat s’est figé sur l’axe souverainiste-fédéraliste. Depuis, d’autres ont essayé de casser ce moule, comme l’ADQ en 1994, qui a fini par se fondre dans la CAQ en 2012.

Système électoral et retour à la réalité

credit : saviezvousque.net (image IA)

Si ces coalitions centristes émergent régulièrement, c’est aussi la faute à notre mode de scrutin. Martin Papillon, professeur à l’Université de Montréal, explique que notre système uninominal à un tour (comme aux États-Unis) pousse les partis à ratisser large pour gagner. Pour grandir, il faut séduire le centre. Mais attention : selon l’expert, « ce n’est jamais durable ». Les vieux clivages finissent toujours par refaire surface.

Est-ce ce qui arrive aujourd’hui ? Pas si vite. Le politologue nuance : l’impopularité actuelle de la CAQ pourrait simplement être l’usure naturelle du pouvoir après deux mandats, et non la mort du modèle. D’ailleurs, si le PQ remonte dans les sondages, son option souverainiste, elle, n’a pas forcément bougé.

Reste que pour les sceptiques, comme l’ex-sénateur André Pratte, cette posture est une « illusion ». Au micro d’ICI Première, il a tranché : au final, il n’y a que deux options, se séparer ou non. Même son de cloche chez l’ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin, qui estime que si les Québécois aiment l’idée de ne pas choisir, ils sont tôt ou tard « obligés de faire un choix ».

Un modèle encore pertinent ?

credit : saviezvousque.net (image IA)

Tout le monde n’enterre pas la troisième voie pour autant. Guy Laforest, qui a participé à la fondation de la CAQ en 2011, défend encore la pertinence de cette option. Pour ce politologue de l’Université Laval, le refus de « l’allégeance inconditionnelle au Canada » tout en rejetant « l’indépendance à tout prix » reste une position valable.

Il va même plus loin : dans un monde dominé par le néo-impérialisme américain, ce pragmatisme pourrait bien redevenir un atout dans les années à venir. La troisième voie a peut-être du plomb dans l’aile, mais l’histoire nous a prouvé qu’au Québec, elle finit toujours par renaître de ses cendres.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

La « troisième voie » au Québec : coup de génie politique ou impasse inévitable ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu