Un visiteur indésirable venu des forêts

C’est un scénario qui, malheureusement, nous devient familier. On grignote les forêts, on étend nos villes, et soudain, la barrière entre l’homme et l’animal sauvage s’efface. C’est exactement l’histoire du virus Nipah. Vous n’en avez peut-être pas beaucoup entendu parler, mais il est sur les radars de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’une des menaces les plus sérieuses du moment. Pourquoi ? Parce qu’il revient avec insistance en Asie du Sud et qu’à ce jour, nous n’avons aucun vaccin pour l’arrêter.
Tout a commencé en 1999. À l’époque, une épidémie frappe la Malaisie et Singapour, touchant d’abord des éleveurs de porcs. En remontant la piste, les scientifiques ont trouvé le réservoir naturel du virus : les chauves-souris frugivores, ces grandes roussettes qui peuplent les tropiques. Depuis, le virus a voyagé. Des cas ont été signalés aux Philippines, au Bangladesh et, plus récemment, en Inde.
Comment le virus passe-t-il à l’homme ?

Concrètement, comment attrape-t-on ce virus ? Ce n’est pas toujours direct. Souvent, cela passe par des fruits souillés. Une chauve-souris porteuse grignote une mangue ou une date, y laisse de la salive ou de l’urine, et si un humain consomme ce fruit, la contamination opère. En Inde, les chercheurs ont d’ailleurs identifié plusieurs espèces de roussettes porteuses du virus.
Mais le danger ne s’arrête pas là. Le virus peut aussi se transmettre d’homme à homme, via les fluides corporels. C’est là que ça se complique pour les soignants. Le journal The Independent rapportait récemment que des médecins et infirmiers ont été contaminés dans l’État du Kerala en 2023. Cela montre à quel point les protocoles de protection dans les hôpitaux peuvent être fragiles face à un tel adversaire.
Un taux de mortalité qui fait froid dans le dos

Ce qui rend le Nipah particulièrement redoutable, c’est sa discrétion initiale suivie d’une violence extrême. Il avance masqué : l’incubation peut durer jusqu’à trois semaines. Au début, on croit à une simple grippe avec de la fièvre, des courbatures, un mal de tête. Classique, non ?
Sauf que les choses peuvent déraper très vite vers une encéphalite, c’est-à-dire une inflammation du cerveau. Confusion, convulsions, voire coma… Le tableau clinique est sombre. Les chiffres de l’OMS sont sans appel : le taux de létalité oscille entre 40 % et 75 % selon les épidémies. Et pour ceux qui s’en sortent ? Ils ne sont pas toujours tirés d’affaire, avec des risques de séquelles neurologiques persistantes ou même de rechutes tardives.
L’Inde en état d’alerte maximale

Face à cette menace, les autorités indiennes ne prennent aucun risque. Lors de l’alerte de 2023, la réaction a été massive. Le ministère de la Santé a bouclé neuf villages et interdit les rassemblements publics. Imaginez l’ampleur de la tâche : des équipes ont visité plus de 53 000 foyers pour dépister d’éventuels malades, comme le rapporte l’OMS.
Dans le district de Kozhikode, qui a déjà subi trois vagues en moins de cinq ans, la machine est rodée. Ambulances dédiées, unités d’isolement renforcées, et même un soutien psychologique pour la population. L’Institut national de virologie a confirmé que la souche actuelle ressemble à celle du Bangladesh, prouvant que le virus circule bel et bien dans la région.
Le Nipah ne se propage peut-être pas à la vitesse du Covid-19, mais sa létalité élevée en fait une épée de Damoclès. Tant qu’il n’y aura ni traitement ni vaccin, notre seule défense reste la surveillance et, surtout, une meilleure gestion de notre cohabitation avec la faune sauvage.
Créé par des humains, assisté par IA.
Nipah : pourquoi ce virus sans vaccin préoccupe tant l’OMS ?
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.