L’éléphant dans la pièce

C’est un fait rare, presque tabou : le Québec s’apprête à rétrécir. Pas géographiquement, non, mais démographiquement. C’est l’éléphant dans la pièce que tout le monde voit, mais dont aucun décideur politique ne semble vouloir parler. Concrètement ? Alors que le Canada va voir sa population exploser dans les prochaines décennies, la nôtre va stagner, voire commencer à diminuer.
Ce n’est pas de la science-fiction, ce sont les chiffres froids de Statistique Canada. Et cette tendance lourde va percuter notre économie de plein fouet. On parle ici d’un poids politique qui s’effrite au sein de la confédération et, surtout, d’un nombre de travailleurs qui fond comme neige au soleil face à une armée de nouveaux retraités. La question qui fâche est donc simple : comment va-t-on payer pour tout ça ?
Des chiffres qui donnent le vertige

Regardons les choses en face. Selon le scénario de croissance moyenne, le Canada passera de 41,7 millions d’habitants en 2025 à 49 millions en 2050. Et le Québec ? Nous sommes actuellement 9,058 millions. D’ici 2030, nous repasserons sous la barre des 9 millions, pour atterrir péniblement à 9,047 millions en 2050. En gros, on prévoit une baisse nette de 11 400 personnes sur 25 ans.
Pendant ce temps, nos voisins ne chôment pas. L’Ontario va gagner près de 3 millions de citoyens et l’Alberta plus de 2 millions, se rapprochant dangereusement du poids démographique du Québec avec ses 7,22 millions d’habitants prévus. Résultat des courses ? Notre poids politique au Canada va chuter de 21,8 % à 18,6 %. Moins de monde, c’est potentiellement moins de transferts fédéraux et moins d’influence à Ottawa.
Le moteur de ce déclin est simple : on meurt plus qu’on ne naît. Sur les 25 prochaines années, il y aura 615 000 décès de plus que de naissances. Même l’immigration nette, estimée à 603 600 personnes, ne suffira pas à combler le vide. Avec un taux de natalité de 1,33 (contre 1,25 au Canada), le renouvellement naturel ne se fait plus.
Pendant ce temps, la facture explose

Cette stagnation ne serait pas si grave si nous n’étions pas l’une des sociétés vieillissant le plus vite au monde. Chaque année, ce sont 100 000 personnes de plus qui partent à la retraite. Cela signifie moins de bras pour faire tourner la machine, mais des coûts de santé qui, eux, grimpent en flèche. L’agence Standard & Poor’s a d’ailleurs déjà décoté le Québec à cause de la hausse des emprunts pour nos infrastructures. La dette gonfle, et les marchés financiers nous surveillent.
Et au quotidien ? L’inflation fait mal. Chez Metro, on annonce que la hausse des prix pourrait dépasser les 2 à 3 % habituels dès la semaine prochaine. Une pilule difficile à avaler quand on sait que la rémunération totale des hauts dirigeants de l’épicier a bondi de 15,9 % pour atteindre 16,3 millions de dollars en 2025. Un contraste saisissant avec les ménages qui peinent à boucler leur épicerie.
Du côté des entreprises, c’est le casse-tête. 98 % des entreprises québécoises sont des PME, le véritable poumon de notre économie. Pourtant, elles manquent cruellement de bras. Les politiques de réduction des travailleurs étrangers temporaires inquiètent, car ces employés sont devenus essentiels, de Montréal aux régions.
Allô les politiques, y a-t-il un plan ?

Face à ce mur, le silence des aspirants dirigeants est assourdissant. Que disent Paul St-Pierre Plamondon, Christine Fréchette, Bernard Drainville, Éric Duhaime, Ruba Ghazal ou Charles Milliard ? Si le Parti québécois prend le pouvoir, comment gérer l’indépendance avec une population qui baisse et des coûts de santé qui explosent ?
Et ce n’est pas tout. Avec Donald Trump qui menace de faire éclater l’accord de libre-échange (ACEUM) et d’imposer des tarifs douaniers, l’avenir de nos travailleurs forestiers se précarise. Qui a une stratégie pour le logement ? Pour la productivité ? Pour maintenir nos services publics sans endetter les générations futures ?
Il va bien falloir parler d’économie et de finances avant 2026. Si on nous promet de meilleurs hôpitaux et des routes neuves, la moindre des choses serait de nous expliquer comment on compte les payer avec moins de contribuables. Le PIB par habitant pourrait augmenter, certes, mais la capacité de l’État à soigner une population vieillissante est le vrai défi de demain. Chers candidats, le micro est ouvert.
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