Une alliance fragilisée par un choix d’avions
Le NORAD existe depuis 1958, créé pour fournir une alerte aérospatiale, un contrôle aérien et maritime pour toute l’Amérique du Nord. Il fonctionne grâce à un réseau partagé de systèmes radar, de satellites, de centres de commandement et de forces de chasse des deux côtés de la frontière. Les avions de l’un ou l’autre pays peuvent répondre sans faille aux intrusions. Mais cette interopérabilité parfaite repose sur des systèmes compatibles, sur des capteurs qui partagent les mêmes données en temps réel. C’est là que le bât blesse avec le Gripen. Ce chasseur suédois de 4,5ème génération n’offre pas la même intégration réseau que le F-35 américain de cinquième génération.
Quand j’y pense, c’est presque absurde qu’une alliance aussi vieille et solide puisse être ébranlée par un simple achat d’avions. Le NORAD a survécu à la Guerre froide, à la chute du mur de Berlin, à la guerre contre le terrorisme, et aujourd’hui il se retrouve à la merci d’une décision d’achat militaire. Ça montre à quel point nos relations de défense sont devenues fragiles, fragiles comme du verre, fragiles comme nos illusions d’indépendance stratégique. J’ai du mal à accepter que notre sécurité collective puisse être mise en jeu par des considérations aussi… bassement commerciales.
Section 3 : L'argument de l'interopérabilité
Le F-35 construit pour la défense en réseau
Le F-35 Lightning II n’est pas simplement un avion de combat, c’est une plateforme de guerre réseau conçue spécifiquement pour ce type de défense intégrée. Ses capteurs embarqués combinent automatiquement les données radar, infrarouges et de surveillance électronique en une vue unique pour le pilote. Les liaisons de données sécurisées lui permettent d’envoyer et de recevoir des informations de ciblage avec d’autres avions et des stations au sol. C’est cette architecture de cinquième génération qui rend le F-35 parfaitement adapté aux exigences du NORAD. C’est d’ailleurs ce qui lui a permis de dominer largement le Gripen lors des évaluations du projet canadien.
La technologie, c’est fascinant et effrayant à la fois. Le F-35, c’est presque un ordinateur volant qui voit tout, sait tout, partage tout. Et le Gripen, c’est un avion excellent certes, mais qui ne parle pas le même langage, qui ne joue pas dans la même cour technologique. Je me demande si on comprend vraiment l’ampleur du gap technologique entre ces deux appareils. Ce n’est pas juste une question de vitesse ou de puissance de feu, c’est une question de connexion, d’intégration, de capacité à travailler ensemble. Et dans la guerre moderne, c’est ça qui fait la différence entre être une force redoutable ou… un handicap.
Section 4 : Les problèmes du F-35
Un programme sous le feu des critiques
Il faut reconnaître que le F-35 n’est pas sans reproches. Un rapport de décembre 2025 de l’Inspecteur général du Pentagone a révélé que la disponibilité du F-35 avait souffert en 2024, avec des avions disponibles pour voler seulement environ 50% du temps. C’est bien en dessous des attentes minimales de performance de l’US Air Force, en partie à cause de pénuries de maintenance et de pièces. Le même audit a révélé des contrats de maintenance qui manquaient d’incitatifs de performance. Ce sont des problèmes sérieux qui coûtent des milliards.
Et là, je m’arrête et je me dis : vraiment ? On dépense des fortunes pour un avion qui ne vole pas la moitié du temps ? C’est d’un gaspillage, d’une inefficacité, d’une absurdité. Les contribuables canadiens et américains paient pour un produit qui ne fonctionne pas comme prévu. C’est comme acheter une voiture qui tombe en panne tous les deux jours. Je suis consterné par cette réalité, par cette acceptation du médiocre, par cette tolérance pour l’inacceptable. On nous vend du rêve technologique, mais la réalité c’est des hangars pleins d’avions en attente de pièces qu’on n’a pas.
Section 5 : L'alternative suédoise
Le Gripen E et ses promesses séduisantes
Le Gripen E de Saab s’est positionné comme l’alternative européenne à l’américain F-35. La société suédoise a multiplié les offres pour convaincre Ottawa, augmentant ses promesses de création d’emplois jusqu’à 12 000 au Canada. C’est un argument politique puissant dans un contexte économique incertain. Le Gripen est un avion de combat polyvalent qui a fait ses preuves auprès de plusieurs alliés de l’OTAN, et qui fonctionne bien dans les conditions arctiques. Il est moins coûteux à l’achat et à l’entretien que le F-35.
12 000 emplois, ça fait rêver, c’est sûr. Dans un monde où l’emploi devient précaire, où les usines ferment, où l’avenir semble incertain, 12 000 emplois c’est une bouée de sauvetage pour des communautés entières. Je comprends l’attrait politique, je comprends la tentation de dire : oui, prenons le Gripen, créons des emplois, soyons indépendants. Mais est-ce que c’est vraiment le bon calcul ? Est-ce que les emplois d’aujourd’hui valent la sécurité de demain ? J’ai ce doute qui me taraude, cette question qui reste sans réponse.
Section 6 : La dimension politique
Une décision sous influence
Le Premier ministre Mark Carney a ordonné une révision de l’achat des 88 F-35 peu après son entrée en fonction. Malgré le fait que les conclusions officielles de cette révision ont été reçues au milieu de l’année 2025, aucune décision n’a encore été rendue publique. Pendant ce temps, Saab a augmenté son offre de création d’emplois pour convaincre Ottawa d’annuler le contrat F-35. C’est un jeu politique dangereux qui met en péril une relation de défense vieille de plusieurs décennies.
La politique, c’est l’art du compromis, mais là on frôle le sabotage. Annuler un contrat déjà en cours après que plus d’une douzaine d’avions ont déjà été livrés, c’est envoyer un message terrible à Washington. C’est comme dire : nous ne nous fions pas à vous, nous préférons l’Europe, nous préférons… qui, quoi ? La Chine peut-être ? Carney a parlé de renforcer les relations avec Pékin, et ça me laisse totalement sans voix. Comment peut-on à la fois compter sur la protection américaine du NORAD et courtiser un adversaire stratégique ? C’est de l’incohérence pure, c’est de la danse sur un volcan.
Section 7 : La souveraineté canadienne en jeu
L’indépendance ou la dépendance
Certains Canadiens, comme Ronald Fallis, estiment que le plus grand danger pour le Canada est les États-Unis eux-mêmes. Il rappelle que c’est le seul pays qui a envahi le Canada à deux reprises et plaide pour une flotte mixte qui donnerait au Canada une certaine indépendance. Les États-Unis n’acceptent d’ailleurs pas la souveraineté canadienne sur le passage du Nord-Ouest. D’autres Canadiens pointent les tensions économiques récentes entre les deux pays.
Là, ça touche une corde sensible. Je comprends ce sentiment d’humiliation, ce sentiment d’être le petit frère qui doit obéir au grand frère. Les commentaires des Canadiens sont révélateurs d’un malaise profond, d’une blessure nationale qui ne guérit pas. On veut être indépendants, on veut être souverains, on veut décider de notre destinée sans regarder vers le sud à chaque décision. Mais l’indépendance militaire, ça coûte cher, ça coûte très cher. Et sommes-nous vraiment prêts à payer ce prix ? Je ne sais pas, je ne sais pas si nous avons les ressources, la volonté, le courage d’aller seuls dans ce monde dangereux.
Section 8 : La réaction des experts
Les voix s’élèvent contre la pression
Andrea Charron, directrice du Centre d’études sur la défense et la sécurité à l’Université du Manitoba, met en garde contre les critiques publiques entre alliés. Elle affirme que les disputes publiques ne profitent qu’à nos adversaires et risquent de saper la crédibilité de notre dissuasion partagée. Vincent Rigby, ancien conseiller à la sécurité nationale, décrit les remarques de l’ambassadeur comme une tactique de pression politique pour forcer la main du gouvernement canadien.
Enfin des voix de raison qui s’élèvent dans ce vacarme politique. Charron a raison : nos adversaires doivent se frotter les mains en nous voyant nous disputer publiquement comme des enfants dans une cour d’école. Et Rigby a aussi raison : c’est une tactique de pression, pas une déclaration de guerre. La diplomatie, c’est subtil, c’est nuancé, c’est… compliqué. Je suis fatigué de ces outrances, de ces menaces, de ces drames montés de toutes pièces. On a besoin de sérieux, de responsabilité, de maturité. Pas de discours de guerre froide au 21ème siècle.
Section 9 : L'expérience danoise
Un précédent qui fait réfléchir
Le Danemark, qui a déjà acheté des F-35, est en plein différend avec l’administration Trump sur les menaces du président de prendre possession du Groenland. Le pays a déployé ses F-35 sur l’île arctique face à ces menaces. Rasmus Jarlov, président du comité de défense du parlement danois, a un message pour le Canada : choisissez un autre avion de combat. Il explique qu’ils sont en réparation environ la moitié du temps, donc les Américains ont tout le pouvoir de détruire notre armée de l’air en coupant l’approvisionnement en pièces.
Ce témoignage danois me glace le sang. Imaginez un instant que votre défense nationale puisse être paralysée simplement par… un arrêt de livraison de pièces. C’est une dépendance terrifiante, une vulnérabilité inacceptable. Le Danais nous met en garde : ne faites pas notre erreur. Et moi, je l’entends, ce message, je l’entends fort et clair. Car au final, si nous achetons le F-35, nous ne serons pas vraiment libres de notre politique étrangère. Chaque fois que Washington sera en désaccord avec nous, ils pourront nous tenir en otage en menaçant de couper l’approvisionnement. C’est ça, la réalité de la dépendance militaire.
Section 10 : L'opinion publique canadienne
Un clivage profond dans la population
Un sondage Ekos Politics réalisé en décembre auprès des Canadiens révèle que 72% soutiennent l’intégration du Gripen suédois dans la flotte de chasseurs du Canada, soit en basculant vers cet appareil, soit en maintenant une flotte mixte. C’est une majorité écrasante qui va à l’encontre des recommandations de l’armée canadienne et qui met le gouvernement Carney dans une position délicate. Une flotte mixte aurait des implications pour l’armée de l’air canadienne déjà surchargée.
72%, c’est énorme, c’est une claque, c’est un rejet quasi-total de l’option F-35. Les Canadiens se sentent blessés, trahis, ils rejettent la dépendance américaine. Mais comment concilier cette volonté populaire avec les réalités stratégiques ? C’est le dilemme du gouvernement : écouter le peuple ou suivre les recommandations militaires ? Je suis partagé, je comprends les deux camps. D’un côté, la volonté d’indépendance, de dignité nationale. De l’autre, la nécessité d’une défense crédible et interopérable. Dans ce genre de situation, il n’y a pas de bonne réponse, seulement des compromis douloureux.
Conclusion : Un carrefour stratégique
Les choix d’aujourd’hui façonneront demain
Le Canada se trouve à un véritable carrefour stratégique avec cette décision d’achat de chasseurs. D’un côté, le F-35 offre une interopérabilité parfaite avec les États-Unis dans le cadre du NORAD, mais vient avec des coûts élevés et une dépendance technologique complète. De l’autre, le Gripen promet des emplois et une certaine indépendance, mais menace de fragiliser une alliance défensive vieille de plusieurs décennies. Le choix n’est pas facile, les enjeux sont colossaux, et les conséquences se feront sentir pour des générations. C’est bien plus qu’un achat d’avions, c’est une décision qui définira la place du Canada dans l’architecture de sécurité nord-américaine pour les décennies à venir.
Quand je regarde tout ça, je suis envahi par un sentiment de lourdeur, de gravité, de… responsabilité. Cette décision, ce n’est pas juste des avions, c’est notre avenir, c’est notre sécurité, c’est notre place dans le monde. Et je tremble à l’idée que ce choix puisse être fait pour des raisons politiques à court terme plutôt que stratégiques à long terme. Le Canada mérite mieux que des calculs électoraux. Les Canadiens méritent d’avoir une défense crédible, indépendante, et digne de confiance. Peu importe la décision finale, elle devra être prise avec sérieux, avec vision, avec courage. Car au final, ce qui est en jeu, c’est bien plus que des avions de combat. C’est notre souveraineté, notre dignité, notre avenir.
Signé Jacques Provost
Sources
19FortyFive – Dire Consequences: The Canada F-35 Debate Is Going to Do Some Real Damage – 28 janvier 2026
CBC News – NORAD pact would change if Canada pulls back from F-35 order, warns U.S. ambassador – 26 janvier 2026
Department of National Defence Canada – Future Fighter Capability Project
Office of the Auditor General of Canada – Delivering Canada’s Future Fighter Jet Capability Report 2 – 10 juin 2025
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.