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Une riposte inattendue à la guerre commerciale

credit : saviezvousque.net (image IA)

C’est ce qu’on appelle une réponse du berger à la bergère. Le Canada a trouvé une méthode radicale pour rendre la monnaie de sa pièce au président Donald Trump et à ses tarifs douaniers : dérouler le tapis rouge aux constructeurs automobiles chinois. Ottawa ouvre désormais grand son marché à ces véhicules électriques à bas coût, ceux-là mêmes qui restent concrètement bannis du sol américain.

Comment cela fonctionne-t-il ? C’est assez technique mais redoutablement efficace. En vertu d’un nouvel accord commercial, le Canada a supprimé sa taxe punitive de 100 % sur les voitures fabriquées en Chine. À la place ? Un plafond d’importation fixé à 49 000 véhicules et, surtout, un droit de douane modeste de 6,1 %. Un changement de cap drastique.

Auparavant, avec la taxe à 100 %, il était impensable pour des marques comme Chery, Great Wall ou BYD — qui a récemment doublé Tesla pour devenir le premier fabricant mondial de véhicules électriques — de vendre chez nos voisins du Nord. Avec ce nouveau système, les véhicules chinois pourraient représenter environ 3 % des ventes annuelles de voitures au Canada.

Panique chez les géants de Détroit

credit : saviezvousque.net (image IA)

Cette décision isole les États-Unis. Ils deviennent le seul marché automobile majeur qui empêche encore la vente facile de voitures chinoises. Mais le problème, c’est que ces véhicules électriques bon marché sont désormais juste de l’autre côté de la frontière. Jim Farley, le PDG de Ford, n’a pas mâché ses mots : pour lui, cela pourrait constituer une « menace existentielle ».

Pourquoi une telle tension ? Parce que ce nouvel accord intervient alors que les constructeurs américains battent en retraite au Canada, suite aux tarifs imposés l’année dernière par Trump sur l’aluminium, les voitures et les pièces détachées. Les conséquences industrielles sont déjà là : General Motors a annulé ses projets de fabrication de fourgons électriques BrightDrop sur place. De son côté, Stellantis a délocalisé la production du Jeep Compass de l’Ontario vers l’Illinois une fois les tarifs entrés en vigueur.

Mary Barra, la directrice générale de GM, n’a pas caché son inquiétude mardi dernier. Pour elle, permettre l’entrée de dizaines de milliers de véhicules électriques chinois bon marché est un risque direct pour l’industrie manufacturière nord-américaine. « Je ne peux pas expliquer pourquoi cette décision a été prise au Canada », a-t-elle déclaré, ajoutant que c’était une « pente très glissante ».

Un jeu d’échecs géopolitique

Le Premier ministre canadien Mark Carney présente cet accord avec la Chine comme un moyen de repousser l’influence américaine. Lors du Forum économique mondial de Davos, il a tenu des propos forts : « L’hégémonie américaine, en particulier, a contribué à fournir des biens publics, des voies maritimes ouvertes, un système financier stable… Ce marché ne fonctionne plus. »

Cependant, M. Carney a tenu à préciser par la suite que le Canada n’avait « aucun projet » de signer un accord de libre-échange complet avec la Chine. Une précision nécessaire, car Donald Trump avait menacé d’imposer un droit de douane de 100 % sur les exportations canadiennes si Ottawa concluait un pacte plus large avec Pékin.

Le gouvernement canadien espère que cette ouverture incitera les entreprises chinoises à investir et à nouer des partenariats sur son sol. D’ici la fin de la décennie, au moins la moitié de ces véhicules électriques importés devront coûter environ 26 000 $ ou moins, tout en respectant scrupuleusement les normes de sécurité canadiennes.

Pourquoi la frontière inquiète tant

credit : saviezvousque.net (image IA)

Il faut comprendre que les États-Unis et le Canada partagent une industrie automobile extrêmement connectée. Les pièces et les voitures traversent habituellement la frontière sans encombre grâce à des accords commerciaux de longue date. Le Canada reste d’ailleurs un énorme débouché pour les constructeurs de Détroit : en 2025, Ford, GM et Stellantis y ont vendu plus de 700 000 véhicules.

Le nœud du problème réside dans la réglementation. Comme les règles canadiennes en matière de sécurité et d’émissions sont très proches des normes américaines, une voiture homologuée au Canada peut techniquement être introduite aux États-Unis avec peu de difficultés.

Ce système bien huilé a pourtant été mis à rude épreuve l’année dernière. Les tarifs américains frappant les véhicules et pièces fabriqués au Canada ont poussé les constructeurs à réduire la voilure. GM a cessé de produire ses fourgons électriques dans une usine de l’Ontario et réduit les équipes dans une usine de pick-up. Pendant ce temps, les constructeurs chinois, bien que gagnant du terrain partout dans le monde, restent bloqués aux portes des États-Unis par des tarifs fédéraux très élevés. Jusqu’à maintenant.

Selon la source : dailymail.co.uk

Créé par des humains, assisté par IA.

Le Canada se venge de Trump sur les tarifs avec une décision controversée sur les voitures

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