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Le paradoxe de l’ours obèse

credit : saviezvousque.net (image IA)

Vous vous souvenez peut-être de ce tweet de 2014. Donald Trump, fidèle à son style, affirmait : « Vient de sortir : les CALOTTES GLACIAIRES sont à un niveau record, la population d’OURS POLAIRES n’a jamais été aussi forte. » À l’époque, les spécialistes du climat avaient bondi. Et pour cause : la première partie sur la glace était fausse. Mais le plus étrange dans cette histoire ? Il semble que la seconde partie soit vraie, du moins à un endroit précis du globe.

Direction le Svalbard, cet archipel norvégien perdu dans la mer de Barents. Là-bas, les scientifiques pèsent les ours polaires depuis trois décennies. Et cette semaine, leur étude de longue haleine, publiée dans la très sérieuse revue Scientific Reports, a livré une vérité qui dérange : malgré environ 100 jours sans glace de plus qu’au début des années 1990, les ours sont, en moyenne, plus gros et en meilleure santé qu’il y a une génération.

Comment est-ce possible alors que leur habitat fond ? L’adaptation, tout simplement. Certains ours sont devenus opportunistes. Ils se nourrissent de carcasses de morses, attrapent des rennes ou pillent des colonies d’oiseaux. Paradoxalement, les phoques annelés seraient même plus faciles à attraper lorsque la glace est morcelée.

Quand la biologie devient une arme politique

credit : saviezvousque.net (image IA)

Bien sûr, les scientifiques, dont l’auteur principal de l’étude Jon Aars, restent prudents. Il avoue avoir été « surpris » de voir l’opposé de la perte de poids attendue, mais prévient que cette résilience pourrait n’être que temporaire et qu’il existe probablement un « seuil » de rupture. Pourtant, ce constat valide, d’une certaine manière, la vision climatique de l’ancien président américain.

Les ours se sont adaptés. Et c’est exactement l’argument que l’on retrouve dans une note très discutée de Bill Gates l’année dernière. Le milliardaire appelait à se concentrer sur l’adaptation et la réduction de la souffrance humaine, plutôt que sur des objectifs de température globaux. Ce n’est plus de la zoologie, c’est de la politique pure. Les ours du Svalbard deviennent la pièce à conviction numéro un pour ceux qui prônent une approche « adaptation d’abord ».

À gauche, c’est la douche froide. Le site Vox parle d’une « lueur d’espoir » mais rappelle que le recul de la banquise reste lié à des populations d’ours souffrantes ailleurs. Brian O’Donnell, de la Campaign for Nature, a qualifié la note de Gates de « malavisée », craignant qu’elle ne serve d’excuse pour affaiblir les réductions d’émissions. L’écologiste Bill McKibben, lui, n’a pas mâché ses mots : « Peut-être n’avons-nous pas besoin de l’avis des milliardaires sur tout », accusant Gates de minimiser les points de bascule climatiques alors que les catastrophes s’accumulent.

L’ironie d’une conservation réussie

credit : saviezvousque.net (image IA)

À droite, en revanche, on crie à la vindicte. La National Review a félicité Gates pour avoir rendu la discussion sur l’adaptation « plus respectable ». Un éditorial du Wall Street Journal a prôné le réalisme : « Nous ne pouvons pas arrêter le changement climatique, nous devons donc nous y préparer. » Donald Trump s’insère parfaitement dans cette brèche. Son administration avait d’ailleurs soutenu un plan d’aide pour l’Arctique, fléchant 50 millions de dollars pour la conservation des ours polaires au Groenland — un clin d’œil réel aux impacts climatiques, même en plein scepticisme affiché.

Mais attention aux raccourcis. Ce que la recherche au Svalbard clarifie, c’est que les ours polaires ne forment pas un bloc uniforme. Il existe 20 sous-populations distinctes. Si ceux du Svalbard s’engraissent entre 1992 et 2019 malgré le réchauffement de leur bassin, ceux de l’ouest de la baie d’Hudson vivent l’enfer inverse : les longues saisons sans glace les affament, créant un « déficit énergétique » qui fait chuter leur nombre.

La surprise du Svalbard s’explique aussi par l’histoire. Après l’Accord de 1973 sur la conservation des ours polaires, la chasse a été freinée. Les ours ont bénéficié de protections légales et, avec le temps, du retour de leurs proies. Moins de compétition, des phoques parfois concentrés sur la glace brisée… C’est de l’adaptation, certes, mais rendue possible par la loi, la conservation et la richesse occidentale qui finance la recherche et l’application des règles.

Le nouveau visage du pragmatisme ?

credit : saviezvousque.net (image IA)

C’est ici que Trump, Gates et les ours se croisent, assez bizarrement. La position de Trump — sceptique face aux récits catastrophistes et insistant sur le fait que « la vie continue » — se traduit par une préférence pour l’adaptation plutôt que la restriction. Bill Gates arrive à une conclusion similaire par la direction opposée : il accepte la science, prédit que nous raterons l’objectif de 1,5 °C de l’accord de Paris, et affirme que le bien-être humain (agriculture, santé, revenus) doit être l’étoile polaire.

Au final, les deux camps convergent vers l’idée d’accepter le changement et de dépenser l’argent là où il réduit le plus vite la souffrance immédiate. Et s’ils cherchaient une mascotte pour cette idéologie du pragmatisme, ils pourraient difficilement trouver mieux qu’un ours polaire bien gras.

Selon la source : newsweek.com

Créé par des humains, assisté par IA.

Pourquoi des ours polaires en surpoids deviennent les ambassadeurs climatiques de Trump

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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