Pearl Harbor est souvent présenté comme un moment unique et choquant, mais la véritable histoire s’étend bien au-delà de cette matinée. Des décisions prises des années auparavant, des signaux manqués et des erreurs de calcul discrètes ont tous joué un rôle. La plupart de ces détails sont rarement mentionnés dans les manuels scolaires ou les documentaires. Ensemble, ils brossent un tableau beaucoup plus complexe du 7 décembre 1941. Poursuivez votre lecture pour découvrir l’attaque sous un angle plus précis.
1. L'inspiration japonaise tirée d'un livre britannique
Un journaliste britannique nommé Hector Bywater a écrit en 1925 un roman intitulé The Great Pacific War (La Grande Guerre du Pacifique), dans lequel il prédisait une attaque surprise japonaise dans le Pacifique. Des officiers de la marine japonaise, dont Isoroku Yamamoto, l’ont lu et étudié. Le livre est devenu leur plan d’action, bien que Bywater soit décédé en 1940, juste avant que sa fiction ne devienne réalité.
2. L'ignorance des États-Unis quant aux capacités de ravitaillement en carburant du Japon
Les services de renseignement américains pensaient que le Japon ne pouvait pas attaquer Hawaï car ses navires n’avaient pas assez de carburant. Les Japonais avaient secrètement maîtrisé le ravitaillement en mer au cours des années 1930, et leur flotte parcourut plus de 4 000 miles sans être détectée.
3. Les deux plans de la flotte alliée contre le Japon
Au début de l’année 1941, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont discuté de la possibilité de diviser leurs forces navales pour contrer le Japon en Asie du Sud-Est. Ce plan aurait consisté à retirer des navires de Hawaï pour protéger les convois de l’Atlantique. Ce remaniement stratégique a rendu Pearl Harbor plus vulnérable que quiconque ne l’avait imaginé.
4. Déploiement de la flotte américaine en Islande
En juillet 1941, Roosevelt envoya 25 % des forces américaines en Islande pour protéger le trafic maritime atlantique des sous-marins allemands. Les cuirassés et les croiseurs mirent le cap vers le nord, tandis que les marins troquèrent le soleil hawaïen contre les vents glacials islandais. Les défenses de Pearl Harbor s’en trouvèrent considérablement affaiblies.
5. La mystérieuse publicité « Deadly Double »
Deux semaines avant l’attaque, une étrange publicité est parue dans le New Yorker, montrant des dés affichant les chiffres 12 et 7 avec des images de raids aériens. Quelqu’un a payé en espèces de manière anonyme pour la faire paraître. Le FBI a enquêté sur un éventuel espionnage japonais, mais n’a jamais élucidé cette étrange coïncidence.
6. Observation précoce par l'USS Condor
À 3 h 42 du matin, le 7 décembre, l’USS Condor a repéré un périscope près de l’entrée du port et l’a signalé. L’équipage a fouillé les lieux, mais n’a rien trouvé dans l’obscurité. Ils ont conclu qu’il s’agissait d’une fausse alerte, mais il s’agissait en réalité d’un sous-marin miniature japonais.
7. Observation d'un sous-marin par un avion de patrouille
Un avion de patrouille Catalina a repéré un autre périscope de sous-marin à 6 h 30 et a largué un marqueur fumigène pour signaler l’emplacement. Des interférences radio ont retardé la transmission de l’alerte au commandement. L’alerte n’a jamais été relayée pour réveiller tout le port.
8. Des avions de reconnaissance japonais détectés par radar
Deux hydravions japonais ont survolé Pearl Harbor à 6 h 45 pour confirmer l’absence des porte-avions américains. Le radar les a détectés, mais les opérateurs ont supposé qu’il s’agissait d’avions amis. La reconnaissance a été ignorée car la technologie radar était encore toute nouvelle.
9. Les Américains ont tiré les premiers coups de feu
L’USS Ward a coulé un sous-marin miniature japonais à 6 h 45, plus d’une heure avant le début du raid aérien. Le lieutenant William Outerbridge commandait son premier jour de service lorsqu’il a ordonné l’attaque. Ses supérieurs n’ont cru au rapport qu’en 2002.
10. Cinq sous-marins miniatures spécialisés
Le Japon a lancé cinq petits sous-marins de 46 tonnes pour s’infiltrer dans le port et torpiller les cuirassés. Les cinq ont échoué en raison de problèmes de navigation et des contre-mesures américaines. Neuf des dix membres d’équipage sont morts sans avoir réussi à toucher une seule cible.
11. Le match de golf annulé de Kimmel
L’amiral Husband Kimmel devait jouer au golf avec le général Walter Short ce matin-là. Il a annulé à 7 heures du matin après avoir appris la présence de sous-marins et s’est précipité au quartier général. Les deux hommes ont ensuite été relevés de leurs fonctions malgré la réaction rapide de Kimmel.
12. Une attaque qui n'a duré que 75 minutes
L’assaut n’a duré que 75 minutes, de 7 h 55 à 9 h 10, avec deux vagues de 353 avions. Le Japon a concentré un maximum de destruction dans un laps de temps plus court que la plupart des films. Cette brève attaque a épargné des installations clés qui ont aidé les États-Unis à se remettre rapidement.
13. Des marins sautant dans les flammes
Les marins piégés à bord de l’USS West Virginia ont sauté dans des nappes de pétrole en feu pour échapper à leur navire en train de couler. Beaucoup ont nagé à travers les flammes et ont subi d’horribles brûlures en essayant de se mettre en sécurité. Les incendies alimentés par le pétrole ont transformé l’eau elle-même en un obstacle mortel.
14. L'échouage délibéré du Nevada
L’USS Nevada a tenté de s’échapper du port malgré un torpillage et cinq bombes. Son équipage l’a délibérément échoué à Hospital Point afin d’éviter de bloquer l’entrée du chenal. Cette décision audacieuse lui a permis d’être réparé et de reprendre du service pendant la guerre.
15. Des obus de cuirassé modifiés en bombes
Les ingénieurs japonais ont transformé des obus de cuirassé de 16 pouces en bombes perforantes spécialement pour ce raid. L’une de ces armes modifiées a fait exploser la soute à munitions de l’USS Arizona dans une explosion catastrophique. Ils n’ont utilisé ces munitions recyclées qu’à Pearl Harbor.
16. Réserves de carburant intactes
Les pilotes japonais n’ont jamais pris pour cible les 4,5 millions de barils de pétrole stockés à Pearl Harbor. Les ordres donnaient la priorité au naufrage des navires plutôt qu’à la destruction des infrastructures. Le carburant intact a permis à la flotte américaine de se rétablir et d’opérer en quelques semaines.
17. « Tora ! Tora ! Tora ! » Signal
Le commandant Mitsuo Fuchida a envoyé le message radio « Tora ! Tora ! Tora ! » à 7 h 53 pour confirmer la surprise totale. Ce mot signifie « tigre » en japonais et provient d’un ancien poème. Il indiquait à la flotte que les défenses américaines avaient été prises totalement au dépourvu.
18. Les pertes japonaises minimisées
Le Japon n’a perdu que 29 avions, cinq sous-marins miniatures et 64 hommes, contre 2 403 morts américains. Ces chiffres déséquilibrés reflètent à quel point l’effet de surprise a joué en leur faveur. Un sous-marinier, Kazuo Sakamaki, a survécu et est devenu le premier prisonnier de guerre japonais de la guerre.
19. Télégramme d'alerte retardé
Un télégramme d’alerte du ministère de la Guerre est arrivé après le début de l’attaque, car il avait été envoyé via le service commercial Western Union. En raison de retards d’acheminement et d’un traitement non urgent, les commandants ne l’ont jamais vu à temps. Le message a été décodé, mais livré avec un retard considérable.
20. Opposition parmi les officiers japonais
On pense que l’amiral Isoroku Yamamoto s’est opposé à l’attaque et aurait averti qu’elle « réveillerait un géant endormi ». Il a été mis en minorité par d’autres officiers qui rejetaient la diplomatie. Même le prince Takamatsu craignait que la marine japonaise ne s’effondre dans les deux ans.