L’homme qui murmure à l’oreille du président
Stephen Miller n’est pas un inconnu dans le paysage politique américain. Conseiller principal de Trump, architecte de la politique d’immigration la plus dure de l’histoire récente des États-Unis, cet homme de 40 ans est devenu le visage de l’intransigeance républicaine. Sa stratégie ? Des quotas d’arrestations massives imposés aux agents de l’ICE, avec un objectif de 3000 arrestations par jour. Peu importe si les cibles sont des criminels dangereux ou des travailleurs sans papiers qui n’ont jamais eu affaire à la justice. L’objectif, c’est le chiffre, la performance, le spectacle de la fermeté. Miller a déployé des milliers d’agents fédéraux à Minneapolis, transformant la ville en zone de guerre où les forces de l’ordre fédérales patrouillent dans les rues, entrent dans les maisons, interpellent dans les entreprises. Une opération militaire en territoire américain.
Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette obsession du chiffre. Comme si l’humanité pouvait se réduire à des statistiques, à des quotas à remplir. Miller ne voit pas des êtres humains, il voit des nombres sur un tableau Excel. Et cette déshumanisation, cette froideur bureaucratique, c’est exactement ce qui révulse les électeurs modérés, ceux qui ont fait basculer le Texas.
Section 3 : Minneapolis, le théâtre d'une tragédie annoncée
Deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux
Janvier 2026 restera gravé dans les mémoires comme le mois où l’Amérique a basculé. À Minneapolis, deux citoyens américains ont été tués par des agents fédéraux de l’immigration. Renee Good d’abord, début janvier, puis Alex Pretti quelques semaines plus tard. Les circonstances ? Troubles, contradictoires, révoltantes. Les autorités ont d’abord affirmé que Pretti brandissait une arme et représentait une menace. Les vidéos de témoins montrent un homme tenant un téléphone portable avant d’être plaqué au sol et abattu. Les autorités ont prétendu que Good avait tenté de percuter des agents avec son véhicule. Les témoignages et les images contredisent cette version. Ce qui est certain, c’est que deux Américains sont morts sous les balles de leur propre gouvernement, dans leur propre pays, alors qu’ils n’étaient pas des criminels recherchés mais des manifestants opposés aux raids de l’ICE.
Comment en est-on arrivé là ? Comment une démocratie peut-elle accepter que ses propres citoyens soient abattus dans la rue par des agents fédéraux ? Je pense à ces familles brisées, à ces vies fauchées, et je me demande si quelqu’un à la Maison-Blanche a encore une once d’empathie. La réponse semble être non. Parce que plutôt que de reconnaître l’erreur, plutôt que de faire preuve d’humilité, l’administration Trump a doublé la mise, multiplié les mensonges, accusé les victimes d’être des « terroristes » cherchant à commettre un « massacre ». C’est obscène.
Section 4 : Le Wall Street Journal sonne l'alarme
Quand Murdoch lâche Trump
Le 1er février 2026, le Wall Street Journal, propriété du magnat conservateur Rupert Murdoch, a publié un éditorial cinglant. Le titre ? « Un choc électoral au Texas pour le GOP ». Le message ? La stratégie de déportation massive de Stephen Miller se retourne contre les républicains dans les urnes. « Comment un républicain peut-il perdre de 14 points dans un siège sûr du Sénat d’État du Texas que le président Trump avait remporté avec 17 points d’avance en 2024 ? Réponse : quand il y a un contrecoup électoral contre l’administration Trump, notamment ses débâcles de déportation massive », écrit le journal. L’éditorial pointe du doigt les quotas d’arrestation imposés par Miller, qui « étaient voués à entraîner des intrusions d’agents dans les maisons et les entreprises ». Le journal avertit que si l’immigration a historiquement été un sujet gagnant pour les républicains, « l’application de la loi qui tourne mal dans les rues fait fuir les électeurs modérés qui détermineront qui remportera la course au Congrès cette année ».
Quand le Wall Street Journal, bastion du conservatisme économique américain, tire la sonnette d’alarme, il faut écouter. Ce n’est pas un journal gauchiste, ce n’est pas un média hostile à Trump par principe. C’est un organe de presse qui défend traditionnellement les intérêts républicains. Et même eux disent : stop, vous allez trop loin, vous êtes en train de perdre l’électorat. Mais Miller s’en fiche. Pour lui, l’idéologie prime sur la victoire électorale.
Section 5 : Le New York Post enfonce le clou
L’autre journal de Murdoch demande la désescalade
Le New York Post, autre propriété de Rupert Murdoch, a publié un éditorial encore plus direct le 25 janvier. « Il est temps de désamorcer la situation à Minneapolis, Monsieur le Président », écrit le journal. « Non pas parce que vous avez tort d’appliquer la loi sur l’immigration, ni de poursuivre les fraudeurs qui ont volé des milliards de fonds fédéraux — mais parce que ces tactiques d’application de la loi ne renverseront pas la tendance, et au contraire se retournent contre vous. » Le Post souligne que les électeurs modérés, les Hispaniques et les indépendants qui ont voté pour Trump lors de la dernière élection, « voient des citoyens américains mourir aux mains d’agents fédéraux, et reculent d’horreur ». L’éditorial appelle Trump à refroidir la situation, à mener une enquête impartiale, et à arrêter la rhétorique mensongère qui prétend que Pretti « brandissait son arme » ou était un « terroriste » cherchant à commettre un « massacre ».
Deux journaux de Murdoch qui critiquent Trump en même temps, c’est du jamais vu. Murdoch n’est pas connu pour sa tendresse envers les démocrates. Mais même lui comprend que Miller est en train de faire couler le navire républicain. Le problème, c’est que Trump semble incapable de se séparer de son conseiller le plus toxique. Peut-être parce que Miller lui dit ce qu’il veut entendre. Peut-être parce que Trump confond loyauté et compétence.
Section 6 : Les sondages confirment le désastre
L’opinion publique bascule contre Trump
Les chiffres sont impitoyables. Un sondage YouGov réalisé le 25 janvier montre que 48% des Américains estiment que la fusillade d’Alex Pretti à Minneapolis n’était pas justifiée. Un autre sondage YouGov révèle que 52% des Américains pensent que les efforts de l’administration Trump pour restreindre l’immigration sont allés trop loin. Trop loin. C’est le mot qui revient dans toutes les enquêtes d’opinion. Les électeurs ne sont pas opposés au contrôle de l’immigration, ils ne sont pas naïfs sur les défis que pose l’immigration illégale. Mais ils ne veulent pas voir des citoyens américains abattus dans les rues. Ils ne veulent pas de raids militarisés dans leurs quartiers. Ils ne veulent pas d’une Amérique qui ressemble à un État policier. Et c’est exactement ce que la stratégie de Miller leur donne à voir, jour après jour, sur leurs écrans de télévision et leurs réseaux sociaux.
Les sondages ne mentent pas. Ils capturent un moment, une humeur, un basculement. Et ce basculement est en train de se produire sous nos yeux. Trump avait gagné en 2024 en promettant de l’ordre, de la sécurité, du contrôle. Mais ce que les gens voient maintenant, c’est du chaos, de la violence, de l’arbitraire. Miller a transformé une promesse électorale en cauchemar politique.
Section 7 : Le Texas, symbole d'un rejet national
Quand le bastion conservateur vacille
La défaite au Texas n’est pas un accident isolé. C’est le symptôme d’une tendance plus large qui se dessine depuis novembre 2025. Dans les élections spéciales pour la Chambre des représentants, on observe un basculement moyen à deux chiffres en faveur des démocrates. Les démocrates et les indépendants se mobilisent en masse, tandis que la participation républicaine s’effondre. Le comté de Tarrant, dans la région de Fort Worth, était considéré comme un siège sûr pour les républicains. Taylor Rehmet est la première démocrate à occuper ce siège depuis des décennies. Le timing de cette élection, juste après les fusillades de Minneapolis, n’est pas une coïncidence. C’est un message envoyé par les électeurs : nous n’acceptons pas cette dérive autoritaire, nous n’acceptons pas que des Américains meurent sous les balles de leur propre gouvernement.
Le Texas qui bascule, c’est comme voir un pilier s’effondrer. Ce n’est pas la Californie, ce n’est pas New York. C’est le Texas, terre de conservatisme, de patriotisme, de respect de l’ordre. Et même là, les électeurs disent non. Ils disent que Miller est allé trop loin, que Trump a perdu le sens des réalités. C’est un avertissement que l’administration ferait bien de prendre au sérieux.
Section 8 : Miller, l'idéologue sourd aux réalités électorales
Quand l’obsession idéologique aveugle la raison politique
Stephen Miller n’est pas un pragmatique. C’est un idéologue pur et dur, convaincu que sa vision de l’Amérique est la seule valable, peu importe le prix électoral à payer. Sa stratégie d’immigration repose sur une idée simple : montrer la force, frapper fort, ne jamais reculer. Mais cette approche ignore une réalité fondamentale de la politique démocratique : pour gouverner, il faut d’abord gagner les élections. Et pour gagner les élections, il faut convaincre les électeurs modérés, ceux qui ne sont ni à l’extrême gauche ni à l’extrême droite. Or, ces électeurs sont précisément ceux qui se détournent de Trump à cause de la stratégie de Miller. Les images de Minneapolis, les récits de raids dans les entreprises et les domiciles, les témoignages de familles séparées, tout cela crée une narration toxique qui érode le soutien républicain. Miller semble incapable de comprendre que la politique n’est pas une guerre idéologique à gagner à tout prix, mais un art de la persuasion et du compromis.
Il y a quelque chose de tragique dans l’aveuglement de Miller. Il croit servir Trump, mais il le sabote. Il croit défendre l’Amérique, mais il la divise. Il croit faire preuve de force, mais il montre de la faiblesse — la faiblesse de celui qui ne sait pas adapter sa stratégie quand les faits lui donnent tort. Et Trump, au lieu de le recadrer, le laisse faire. C’est une erreur monumentale.
Section 9 : Les républicains face à un choix crucial
Continuer avec Miller ou sauver les élections de mi-mandat
Les élections de mi-mandat de 2026 approchent à grands pas. Et si la tendance actuelle se confirme, les républicains risquent de perdre le contrôle du Congrès. Le Wall Street Journal l’a dit clairement : « La stratégie de Miller n’est pas susceptible de mieux fonctionner cette année. » Les républicains sont face à un dilemme. Soit ils continuent à soutenir la ligne dure de Miller, au risque de subir une déroute électorale. Soit ils prennent leurs distances, appellent à la modération, et tentent de reconquérir les électeurs modérés qui les ont abandonnés. Certains sénateurs républicains, comme Rand Paul, ont déjà exprimé publiquement leurs doutes sur la gestion de la crise de Minneapolis. Lindsey Graham a tenté de défendre Miller, affirmant qu’il n’était pas le problème. Mais les faits sont têtus : partout où la stratégie de Miller est appliquée, les républicains perdent du terrain dans les sondages et dans les urnes.
Les républicains sont à un tournant. Ils peuvent choisir la fidélité aveugle à Miller et à sa vision radicale, ou ils peuvent choisir la victoire électorale. Ils ne peuvent pas avoir les deux. Et s’ils choisissent Miller, ils devront assumer les conséquences : une défaite aux mi-mandats, une perte d’influence, et peut-être même la fin de l’ère Trump. Parce que les électeurs américains, même les plus conservateurs, ont des limites. Et ces limites ont été franchies à Minneapolis.
Section 10 : Trump face à son propre piège
Le président prisonnier de son conseiller
Donald Trump est dans une position délicate. Il a fait de l’immigration son cheval de bataille, sa promesse phare, son identité politique. Reculer maintenant serait perçu comme une faiblesse, une capitulation face à la gauche et aux médias qu’il déteste. Mais continuer sur la voie tracée par Miller, c’est foncer droit vers le désastre électoral. Trump a toujours été un pragmatique, un homme qui sait sentir le vent tourner et ajuster sa stratégie. Mais cette fois, il semble paralysé, incapable de se séparer de Miller malgré les avertissements qui s’accumulent. Peut-être parce que Miller représente la part la plus radicale de sa base, celle qui ne pardonne aucun compromis. Peut-être parce que Trump lui-même croit encore que la fermeté finira par payer. Mais les chiffres du Texas, les sondages nationaux, les éditoriaux des journaux de Murdoch, tout indique que cette stratégie est en train d’échouer. Trump doit choisir : écouter Miller ou écouter les électeurs.
Je me demande ce qui se passe dans la tête de Trump en ce moment. Est-ce qu’il voit les chiffres ? Est-ce qu’il comprend que Miller est en train de lui coûter la présidence ? Ou est-ce qu’il est tellement enfermé dans sa bulle, tellement entouré de courtisans qui lui disent ce qu’il veut entendre, qu’il ne réalise pas l’ampleur du problème ? Trump a survécu à tant de scandales, à tant de crises, qu’il pense peut-être être invincible. Mais cette fois, c’est différent. Cette fois, ce ne sont pas les médias ou les démocrates qui l’attaquent. Ce sont les électeurs qui votent avec leurs pieds.
Conclusion : Le naufrage annoncé d'une stratégie aveugle
Quand l’idéologie dévore la raison
L’histoire de Stephen Miller et de sa stratégie d’immigration est celle d’un naufrage annoncé. Un naufrage que tout le monde pouvait voir venir, sauf les principaux intéressés. Les avertissements étaient là : les fusillades de Minneapolis, les sondages en chute libre, la défaite au Texas, les éditoriaux des journaux conservateurs. Mais Miller a continué, aveuglé par sa certitude idéologique, convaincu que la fin justifie les moyens. Et Trump l’a laissé faire, prisonnier de sa propre rhétorique, incapable de reconnaître que sa promesse de campagne s’est transformée en cauchemar politique. Le résultat ? Une administration en crise, un parti républicain divisé, et des électeurs modérés qui fuient en masse. Les élections de mi-mandat de 2026 s’annoncent catastrophiques pour les républicains si rien ne change. Mais pour que quelque chose change, il faudrait que Trump ait le courage de se séparer de Miller. Et rien n’indique qu’il en soit capable.
Je termine cette chronique avec un sentiment de tristesse. Tristesse pour les familles de Renee Good et Alex Pretti, qui ne reverront jamais leurs proches. Tristesse pour une Amérique qui se déchire, qui se divise, qui perd son âme. Tristesse pour un président qui avait promis de rendre l’Amérique grande à nouveau, mais qui la rend plus petite, plus mesquine, plus violente. Stephen Miller n’est pas le seul responsable de ce désastre. Mais il en est l’architecte principal. Et tant qu’il restera aux commandes, le naufrage continuera. Les électeurs du Texas ont envoyé un message. La question est de savoir si quelqu’un à la Maison-Blanche est encore capable de l’entendre.
Signé Jacques Provost
Sources
The Daily Beast, « Murdoch Paper Warns Trump That Stephen Miller’s Plot Is Backfiring After Humiliating GOP Defeat », 2 février 2026
The Wall Street Journal, « A Texas Election Jolt to the GOP », 1er février 2026
New York Post, « What Trump’s next move needs to be in Minneapolis », 25 janvier 2026
YouGov, sondages sur la fusillade d’Alex Pretti et la politique d’immigration de Trump, 25 janvier 2026
Fox News, « Democrat Taylor Rehmet wins Tarrant County Senate District 9 runoff », 31 janvier 2026
CNN, « How Stephen Miller micromanages Trump’s immigration policies », 29 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.