Sheikh Tahnoon bin Zayed, l’homme qui achète l’influence
Derrière cet investissement se cache Sheikh Tahnoon bin Zayed Al Nahyan, conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis et l’un des hommes les plus puissants du Golfe. Son véhicule d’investissement, Aryam Investment 1, a acquis une participation de 49% dans World Liberty Financial selon un accord signé par Eric Trump le 16 janvier 2025. Quatre jours avant l’investiture de son père. Le timing n’est pas anodin, il est chirurgical. Sur les 500 millions engagés, 250 millions ont été versés immédiatement. De cette somme, 187 millions sont allés directement dans des entités contrôlées par la famille Trump. Au moins 31 millions supplémentaires ont atterri dans des structures liées à Steve Witkoff, cofondateur du projet et désormais envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient. Witkoff, l’ami de longue date de Trump, celui qui négocie maintenant avec les mêmes pays qui financent ses affaires personnelles.
On appelle ça comment, déjà, quand quelqu’un vous donne de l’argent juste avant que vous preniez un poste de pouvoir? Ah oui, un pot-de-vin. Mais attendez, je me trompe sûrement. C’est juste un investissement normal, comme quand votre voisin vous prête 500 millions parce qu’il croit vraiment en votre projet de finance décentralisée. Rien à voir avec le fait que vous allez diriger la première puissance mondiale et décider de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient.
Section 3 : World Liberty Financial, le jouet crypto de la famille
Une plateforme DeFi aux ambitions floues
World Liberty Financial se présente comme une plateforme de finance décentralisée visant à démocratiser l’accès aux services financiers. Le projet a lancé son token WLFI en octobre 2025, avec des promesses grandioses de révolutionner le secteur bancaire traditionnel. Mais derrière le jargon crypto et les présentations PowerPoint rutilantes, la réalité est plus trouble. La plateforme n’a généré aucun revenu significatif depuis son lancement. Ses fonctionnalités restent limitées. Son adoption par le public demeure confidentielle. Pourtant, elle vaut apparemment plus d’un milliard de dollars aux yeux des Émiratis. Comment une entreprise sans revenus, sans produit mature, sans base d’utilisateurs substantielle peut-elle justifier une valorisation pareille? La réponse est simple et elle n’a rien à voir avec la technologie blockchain. Elle a tout à voir avec le nom inscrit sur la porte du bureau ovale.
Vous voulez savoir ce qu’ils ont vraiment acheté, les Émiratis? Pas une plateforme crypto. Ils ont acheté un accès direct au président des États-Unis. Ils ont acheté la possibilité de décrocher leur téléphone et d’avoir Trump au bout du fil. Ils ont acheté l’influence, le pouvoir, la capacité de façonner les décisions américaines au Moyen-Orient. Le reste, la blockchain, les tokens, la finance décentralisée, c’est juste l’emballage cadeau.
Section 4 : La conférence de presse où Trump joue l'innocent
Mes fils s’occupent de tout
Lundi 3 février 2026, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, Trump a été interrogé sur le rapport du Wall Street Journal. Sa réponse? Un chef-d’œuvre de désinvolture calculée. « Mes fils gèrent ça, ma famille s’en occupe… J’ai tout ce que je peux gérer en ce moment avec l’Iran, la Russie et l’Ukraine », a-t-il déclaré aux journalistes. Comme si diriger un pays dispensait de surveiller les centaines de millions qui tombent dans l’escarcelle familiale. Comme si déléguer à ses fils le transformait en spectateur innocent de ses propres enrichissements. Trump a perfectionné cet art du déni plausible. Il ne sait jamais rien. Il découvre toujours tout après coup. Les décisions se prennent sans lui, l’argent arrive sans qu’il le voie, les contrats se signent pendant qu’il regarde ailleurs. Et nous, on est censés croire que le président le plus impliqué dans ses affaires personnelles de toute l’histoire américaine ignore soudainement tout de ce qui se passe dans son empire.
J’ai envie de rire, mais je n’y arrive pas. Parce que ce n’est pas drôle. C’est terrifiant. Le président des États-Unis nous ment en direct, avec un aplomb qui défie l’entendement, et personne ne bronche vraiment. On hausse les épaules. On passe à autre chose. On se dit que c’est Trump, quoi, on le connaît. Mais bordel, quand est-ce qu’on va arrêter de normaliser l’inacceptable?
Section 5 : Le Congrès face au mur de la corruption
Les démocrates exigent des règles, les républicains regardent ailleurs
L’investissement émirati complique encore davantage les négociations sur la législation bipartisane concernant les actifs numériques au Congrès. Les démocrates, déjà méfiants, durcissent maintenant leur position. Ils exigent des dispositions strictes interdisant au président, aux hauts fonctionnaires et à leurs familles de posséder ou contrôler des entités crypto. Le sénateur Chris Murphy a qualifié la transaction de « corruption flagrante et ouverte » dans un message publié sur X le 3 février. Il a souligné que 187 millions de dollars ont afflué vers des entités contrôlées par la famille Trump et au moins 31 millions vers des structures liées à l’envoyé au Moyen-Orient, tout en accordant à l’investisseur étranger un accès à des technologies de défense sensibles. Jaret Seiberg, directeur général du Washington Research Group de TD Cowen, estime dans une note que seule une intervention personnelle de Trump pourrait désormais débloquer l’impasse législative. Mais Trump interviendra-t-il pour limiter ses propres conflits d’intérêts? La question se pose à peine tant la réponse semble évidente.
Les démocrates demandent des règles. Les républicains font semblant de ne pas voir le problème. Et pendant ce temps, Trump continue de s’enrichir grâce à sa fonction présidentielle. On est en train d’assister à la normalisation de la corruption au plus haut niveau de l’État. Et le pire, c’est que ça marche. Parce qu’on est fatigués. Parce qu’il y a tellement de scandales qu’on ne sait plus lequel dénoncer en premier. Parce que l’indignation s’épuise face à l’impunité permanente.
Section 6 : Jamie Raskin et le rapport qui dérange
11,6 milliards de dollars d’empire crypto familial
En novembre 2025, le représentant Jamie Raskin, membre démocrate du Comité judiciaire de la Chambre, a publié un rapport dévastateur intitulé « Trump, Crypto, and a New Age of Corruption ». Le document accuse la famille Trump d’avoir bâti un empire crypto de plusieurs milliards de dollars alimenté par l’auto-enrichissement et des intérêts étrangers corrompus. Selon ce rapport, les avoirs crypto de la famille Trump pourraient atteindre 11,6 milliards de dollars. Le rapport documente des centaines de millions de dollars gagnés grâce à World Liberty Financial et à des projets connexes, avec des acteurs étrangers et des investisseurs corporatifs obtenant prétendument un accès préférentiel aux assouplissements réglementaires et aux décisions politiques en échange de leurs investissements. Raskin décrit un système où l’argent achète l’influence, où les investissements étrangers se transforment en faveurs politiques, où la frontière entre les intérêts personnels du président et l’intérêt national s’efface complètement. Mais ce rapport, comme tant d’autres avant lui, disparaîtra probablement dans le bruit médiatique ambiant sans conséquences réelles.
Raskin a fait son travail. Il a documenté, enquêté, publié. Et alors? Rien. Absolument rien ne se passe. Parce que dans ce pays, apparemment, on peut être président et businessman en même temps. On peut négocier avec des pays étrangers le matin et signer des contrats avec eux l’après-midi. On peut utiliser le pouvoir de l’État pour enrichir sa famille sans que personne ne puisse vraiment vous arrêter. C’est ça, la nouvelle normalité américaine.
Section 7 : Les Émirats arabes unis, investisseurs stratégiques ou acheteurs d'influence
Quand Abu Dhabi mise sur la famille présidentielle
Les Émirats arabes unis ne sont pas des investisseurs naïfs. Ils ne jettent pas 500 millions de dollars dans une startup crypto sans raison. Sheikh Tahnoon bin Zayed Al Nahyan contrôle des fonds d’investissement pesant des centaines de milliards de dollars. Il a accès aux meilleurs analystes financiers du monde. Il sait exactement ce qu’il achète. Et ce qu’il achète, ce n’est pas une plateforme de finance décentralisée. C’est un canal direct vers le pouvoir américain. Les Émirats ont compris depuis longtemps comment fonctionne Washington. Ils ont compris que dans l’administration Trump, l’argent ouvre toutes les portes. Ils ont compris que financer les entreprises familiales du président garantit une oreille attentive sur les questions de politique étrangère, de ventes d’armes, de transferts de technologie. L’investissement dans World Liberty Financial n’est pas une transaction commerciale. C’est un investissement géopolitique. C’est l’achat d’une assurance tous risques pour les intérêts émiratis à Washington.
Les Émiratis ne sont pas stupides. Ils savent exactement ce qu’ils font. Ils ont regardé Trump, ils ont vu un homme qui met un prix sur tout, et ils ont payé le prix. Simple, efficace, cynique. Et nous, on regarde ça en se demandant si c’est vraiment légal, si c’est vraiment éthique, si c’est vraiment acceptable. Mais au fond, on connaît déjà les réponses. Non, non, et non. Mais ça n’a plus d’importance, apparemment.
Section 8 : Steve Witkoff, l'ami qui cumule les casquettes
Cofondateur de World Liberty et envoyé spécial au Moyen-Orient
Steve Witkoff incarne parfaitement les conflits d’intérêts qui gangrènent cette administration. Promoteur immobilier de longue date et ami proche de Trump, Witkoff a cofondé World Liberty Financial. Sa famille contrôle des entités qui ont reçu au moins 31 millions de dollars de l’investissement émirati. Quelques semaines après la signature de cet accord, Trump l’a nommé envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient. Witkoff négocie désormais avec les mêmes pays qui financent ses affaires personnelles. Il représente les intérêts américains auprès de gouvernements qui enrichissent sa famille. Il est censé défendre la politique étrangère des États-Unis tout en ayant un intérêt financier direct dans les décisions qu’il prend. C’est un conflit d’intérêts si flagrant qu’il en devient presque caricatural. Mais dans l’univers Trump, c’est juste du business as usual. Personne ne démissionne. Personne ne se récuse. Personne ne voit même le problème.
Witkoff est l’incarnation parfaite de ce système pourri. Il empoche des millions d’un pays étranger et ensuite il va négocier avec ce même pays au nom des États-Unis. Et on est censés croire qu’il va défendre l’intérêt national? Qu’il va être dur en négociation avec des gens qui viennent de le rendre riche? C’est d’une absurdité tellement totale que j’ai du mal à trouver les mots pour la décrire.
Section 9 : La crypto comme paravent de la corruption
Quand la blockchain sert à blanchir l’influence
La cryptomonnaie offre une couverture parfaite pour ce type de transactions. On peut habiller la corruption en innovation technologique. On peut présenter l’achat d’influence comme un investissement dans la finance du futur. On peut transformer des pots-de-vin en participations dans des startups disruptives. Le secteur crypto, avec son opacité réglementaire, ses valorisations fantaisistes et son vocabulaire hermétique, permet de masquer des transferts d’argent qui seraient immédiatement suspects dans n’importe quel autre contexte. Imaginez si les Émirats avaient investi 500 millions dans un hôtel Trump ou un terrain de golf Trump quatre jours avant l’investiture. Le scandale aurait été immédiat. Mais parce que c’est de la crypto, parce que c’est de la blockchain, parce que c’est de la DeFi, on peut prétendre que c’est différent. Que c’est légitime. Que c’est juste un investissement dans une technologie prometteuse. La crypto n’est pas le problème. Le problème, c’est l’utilisation de la crypto pour contourner les règles éthiques les plus élémentaires.
La crypto devait nous libérer des banques, de l’État, des intermédiaires corrompus. Et regardez ce qu’on en a fait. Un outil pour enrichir les puissants, pour masquer les conflits d’intérêts, pour acheter l’influence politique. C’est d’une ironie tragique. La technologie qui devait décentraliser le pouvoir sert maintenant à concentrer encore plus d’argent et d’influence entre les mains de ceux qui en ont déjà trop.
Conclusion : L'impunité comme système de gouvernement
Quand plus rien ne choque vraiment
Nous voilà donc face à un président qui nie connaître l’origine de centaines de millions de dollars qui enrichissent sa famille. Face à des investisseurs étrangers qui achètent des parts dans les entreprises présidentielles juste avant l’investiture. Face à un envoyé spécial qui négocie avec les pays qui le financent. Face à un Congrès paralysé par les conflits d’intérêts et l’argent politique. Et la vie continue. Les marchés montent et descendent. Les tweets fusent. Les scandales se succèdent si vite qu’on n’a plus le temps de s’indigner vraiment. C’est peut-être ça, la vraie victoire de Trump. Pas d’avoir normalisé la corruption, mais d’avoir épuisé notre capacité à nous en offusquer. On sait que c’est mal. On sait que c’est illégal, ou du moins profondément contraire à l’éthique. Mais on ne sait plus quoi faire de cette connaissance. Alors on hausse les épaules. On passe au scandale suivant. On attend que quelqu’un, quelque part, fasse quelque chose. Mais personne ne fait rien. Et le système continue de tourner, alimenté par l’argent étranger, les conflits d’intérêts et le mensonge institutionnalisé.
Je ne sais plus si je suis en colère ou juste épuisé. Probablement les deux. Parce que j’ai l’impression de crier dans le vide. D’écrire des mots que personne ne lira vraiment, ou que tout le monde lira en hochant la tête avant de passer à autre chose. Trump a gagné. Pas parce qu’il a convaincu qui que ce soit de son innocence. Mais parce qu’il nous a convaincus que l’indignation ne sert à rien. Que la corruption est inévitable. Que le système est trop pourri pour être réparé. Et peut-être qu’il a raison. Peut-être qu’on mérite exactement le gouvernement qu’on a. Celui qui nous ment en face et qui s’enrichit pendant qu’on regarde ailleurs.
Signé Jacques Provost
Sources
The Block – « President Trump says he was unaware of $500 million UAE investment in World Liberty Financial » – 3 février 2026
Wall Street Journal – Rapport sur l’investissement d’Aryam Investment 1 dans World Liberty Financial – 1er février 2026
The New York Times – « U.A.E. Firm Quietly Took Stake in the Trump Family’s Crypto Company » – 1er février 2026
Washington Post – « Trump family crypto firm sold major stake to UAE investment firm » – 1er février 2026
ABC News – « White House faces questions over UAE royal’s investment in Trump crypto firm » – 2 février 2026
CNBC – « UAE ‘Spy Sheikh’ bought stake in Trump crypto company » – 1er février 2026
CNN – « UAE-linked firm bought major stake in Trump family crypto company » – 1er février 2026
Chambre des représentants des États-Unis – Rapport de Jamie Raskin « Trump, Crypto, and a New Age of Corruption » – novembre 2025
TD Cowen Washington Research Group – Note d’analyse de Jaret Seiberg sur l’impact législatif – 3 février 2026
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