Des promesses aux désillusions
Le déclin de Trump ne date pas d’hier, mais il s’accélère de manière vertigineuse. En septembre dernier, son taux d’approbation était encore à 40%. Aujourd’hui, il plonge à 37%. Trois points en quelques mois. Ça peut sembler peu, mais dans l’univers impitoyable des sondages politiques, c’est une hémorragie. Une fuite qu’on ne colmate plus. Les instituts de sondage se succèdent avec leurs verdicts sans appel. Rasmussen, pourtant réputé plus favorable aux républicains, affiche 46% d’approbation contre 53% de rejet. Morning Consult confirme cette tendance. Reuters/Ipsos enfonce le clou avec 38% contre 59%. Même l’American Research Group, dans une étude publiée le 21 janvier, révèle un gouffre béant : 35% d’approbation, 63% de désapprobation. Les chiffres s’accumulent comme des pierres tombales sur une présidence qui promettait monts et merveilles.
Il y a quelque chose de tragique dans cette descente aux enfers. Trump, l’homme qui ne perdait jamais, qui transformait chaque défaite en victoire médiatique, se retrouve face à une réalité qu’il ne peut plus nier. Les sondages ne sont pas des fake news. Ce sont des millions de voix qui disent : « Nous ne te faisons plus confiance. » Et ça, même lui ne peut pas le tweeter pour le faire disparaître.
Section 3 : La confiance brisée sur tous les fronts
Six mesures, six échecs
Le Pew Research Center a poussé l’analyse plus loin en évaluant la confiance des Américains sur six qualités essentielles d’un président. Les résultats sont accablants. Sur ses compétences en leadership, seulement 34% des Américains lui font extrêmement ou très confiance, tandis que 51% expriment peu ou pas de confiance. Concernant sa santé mentale, les chiffres sont encore plus sévères : 52% n’ont pas confiance. Sa condition physique ? 50% de méfiance. Mais c’est sur l’éthique que le bât blesse le plus. Seulement 21% des Américains croient qu’il agit de manière éthique, contre 60% qui n’y croient pas du tout. Sa capacité à respecter les valeurs démocratiques du pays ? 25% de confiance seulement. Son talent pour choisir de bons conseillers ? Même score pathétique : 25%.
Ces chiffres me glacent le sang. Parce qu’ils ne parlent pas seulement d’un président impopulaire. Ils parlent d’un homme en qui plus personne ne croit. Sur rien. Ni son jugement, ni son intégrité, ni même sa capacité à diriger. C’est une faillite totale. Une banqueroute morale et politique. Et le plus terrifiant, c’est que même ses propres partisans commencent à douter.
Section 4 : La trahison des républicains
Quand le camp se fissure
Le plus révélateur dans cette débâcle, c’est l’érosion du soutien au sein même du camp républicain. En février 2025, au début de son second mandat, 55% des républicains affirmaient avoir confiance en l’éthique de Trump. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 42%. Une chute de 13 points en un an. Sur le respect des valeurs démocratiques, le déclin est tout aussi brutal : de 60% à 52%. Concernant sa santé mentale, la confiance républicaine est passée de 75% à 66%. Même ses plus fidèles supporters commencent à vaciller. Le soutien à ses politiques et plans s’effondre également. L’an dernier, 67% des républicains soutenaient la totalité ou la majorité de son agenda. Aujourd’hui, ce chiffre tombe à 56%. Une hémorragie de 11 points qui en dit long sur la désillusion grandissante.
Voir les républicains lâcher Trump, c’est comme regarder un navire couler lentement. Les rats quittent le bateau, un par un. Pas par lâcheté, mais par lucidité. Ils ont compris que l’homme qu’ils avaient porté aux nues n’était peut-être pas le sauveur qu’ils espéraient. Et cette prise de conscience, aussi tardive soit-elle, me donne un peu d’espoir. Peut-être que la raison finit toujours par l’emporter.
Section 5 : Les causes d'une impopularité galopante
Shutdown, tarifs et déploiements militaires
Cette chute vertigineuse ne sort pas de nulle part. Elle est le fruit d’une année tumultueuse marquée par des décisions controversées et des crises à répétition. Le shutdown gouvernemental prolongé a paralysé l’administration fédérale pendant des semaines, laissant des centaines de milliers de fonctionnaires sans salaire. Les tarifs douaniers massifs imposés par Trump ont fait grimper les prix pour les consommateurs américains, alimentant une inflation déjà galopante. Le déploiement de troupes américaines dans plusieurs villes du pays pour des opérations d’immigration a choqué une partie de l’opinion publique. Les coupes budgétaires drastiques opérées par le nouveau Département de l’Efficacité Gouvernementale ont supprimé des milliers d’emplois fédéraux. Et puis il y a eu ces drames qui ont marqué les esprits : la mort de Renee Good, tuée par un agent d’immigration, et celle d’Alex Pretti, abattu par la patrouille frontalière à Minneapolis.
Chaque décision, chaque crise, chaque mort évitable ajoute une pierre au mur de la désapprobation. Trump gouverne comme s’il était encore en campagne, à coups de décrets et de provocations. Mais gouverner, ce n’est pas tweeter. C’est prendre soin des gens. C’est protéger, pas diviser. Et sur ce point, force est de constater qu’il a échoué. Lamentablement.
Section 6 : Le verdict sans appel de l'opinion publique
Pire que prévu pour la moitié des Américains
L’enquête du Pew Research Center révèle un autre chiffre dévastateur : 50% des Américains estiment que les actions de l’administration Trump ont été pires que ce qu’ils attendaient. Seulement 21% pensent qu’elles ont été meilleures. Un ratio de plus de deux contre un. Cette déception massive traverse tous les segments de la population. Les démocrates, évidemment, sont les plus critiques, avec 87% d’entre eux qui ne soutiennent qu’une minorité ou aucune des politiques de Trump. Mais même chez les indépendants, le scepticisme domine. Seuls 27% des Américains dans leur ensemble soutiennent la totalité ou la majorité de ses plans, contre 35% il y a un an. La confiance s’érode, le soutien s’effrite, et l’espoir s’évanouit. 47% des Américains pensent désormais que Trump sera un président raté à long terme, une augmentation de 14 points par rapport à l’année dernière.
Quand la moitié d’un pays dit que son président fait pire que prévu, ce n’est plus une simple crise de popularité. C’est un rejet massif. Une condamnation collective. Et le plus triste, c’est que beaucoup de ceux qui le disent aujourd’hui sont ceux-là mêmes qui avaient voté pour lui. Ils avaient cru en ses promesses. Ils avaient espéré un changement. Ils se retrouvent avec un cauchemar.
Section 7 : L'obligation républicaine remise en question
Quand le parti se libère du président
Un autre signe révélateur de la fragilisation de Trump : l’évolution de l’opinion des républicains sur leur obligation de soutenir le président. Aujourd’hui, seulement 38% des républicains et sympathisants républicains estiment que les membres républicains du Congrès ont l’obligation de soutenir les politiques de Trump parce qu’il est un président républicain. À l’inverse, 61% pensent que les élus du GOP n’ont pas cette obligation s’ils sont en désaccord avec lui. Ce chiffre est en hausse par rapport à l’année dernière, où 55% partageaient cet avis. Cette évolution marque un tournant significatif. Les républicains se donnent la permission de critiquer, de s’opposer, de se distancier. Le culte de la personnalité s’effrite. La loyauté aveugle cède la place à une forme de pragmatisme politique. Les élus républicains sentent le vent tourner et commencent à prendre leurs distances avec un président de plus en plus toxique électoralement.
Cette libération du joug trumpiste me fascine autant qu’elle me soulage. Pendant des années, critiquer Trump au sein du parti républicain était un suicide politique. Aujourd’hui, c’est presque devenu une nécessité de survie. Les républicains redécouvrent qu’ils peuvent penser par eux-mêmes. Qu’ils peuvent dire non. Et ça, c’est peut-être le début d’une renaissance pour un parti qui s’était perdu dans l’idolâtrie.
Section 8 : Les démocrates durcissent le ton
L’opposition se radicalise face à l’échec
Du côté démocrate, la stratégie se durcit. 82% des démocrates veulent désormais que leurs dirigeants au Congrès s’opposent fermement à Trump, même si cela complique la résolution des problèmes du pays. Ce chiffre est en hausse de 12 points par rapport à l’année dernière, où 70% partageaient cet avis. Cette radicalisation de l’opposition reflète une frustration croissante face aux politiques trumpistes et une volonté de ne plus faire de compromis. Les démocrates ont compris que la coopération avec Trump ne mène nulle part et que la résistance est devenue la seule option viable. Côté républicain, 61% souhaitent que Trump s’oppose aux dirigeants démocrates, un chiffre stable par rapport à l’année dernière. Mais cette symétrie apparente cache une réalité différente : les démocrates se radicalisent dans l’opposition, tandis que les républicains maintiennent simplement leur position sans l’intensifier.
Cette polarisation croissante me terrifie. Parce qu’elle signifie que le pays se divise encore plus. Que le dialogue devient impossible. Que chaque camp se retranche dans ses positions. Et pendant ce temps, les vrais problèmes des Américains – le coût de la vie, l’accès aux soins, l’éducation – restent sans réponse. C’est ça, le vrai drame de cette présidence : elle a transformé la politique en guerre tribale.
Section 9 : Les variations selon les instituts de sondage
Un consensus dans la diversité des chiffres
Malgré les variations méthodologiques entre les différents instituts, un consensus émerge : Trump est en difficulté. Civiqs le place à 39% d’approbation contre 56% de désapprobation. Quantus Insights affiche 43% contre 52%. Emerson College confirme avec 43% contre 51%. Même Nate Silver, le célèbre analyste politique, dans son bulletin Silver Bulletin, établit le score à 41% contre 56%. Ces variations de quelques points selon les méthodologies ne changent rien au tableau d’ensemble : Trump est sous l’eau. Son taux de désapprobation dépasse systématiquement les 50%, tandis que son approbation plafonne dans les hauts 30 ou bas 40. Aucun institut, même les plus favorables aux républicains, ne parvient à le hisser au-dessus de la barre symbolique des 50%. Cette convergence des données, malgré les différences de méthodologie, renforce la crédibilité du diagnostic : la présidence Trump est en crise profonde.
Ce qui me frappe dans cette avalanche de chiffres, c’est leur cohérence. Peu importe qui pose la question, peu importe comment elle est posée, la réponse est la même : les Américains ne font plus confiance à Trump. C’est un verdict sans appel. Une condamnation unanime. Et face à cette réalité, tous les dénis du monde ne changeront rien.
Conclusion : Le crépuscule d'une présidence
Vers les élections de mi-mandat
Alors que les élections de mi-mandat approchent, ces sondages catastrophiques pour Trump dessinent un paysage politique explosif. Les républicains, qui doivent défendre leurs sièges au Congrès, se retrouvent dans une position délicate : s’associer à un président impopulaire ou prendre leurs distances au risque de s’aliéner sa base électorale. Les démocrates, galvanisés par ces chiffres, voient une opportunité de reconquérir le pouvoir législatif. Mais au-delà des calculs politiciens, ces sondages révèlent une vérité plus profonde : l’Amérique est fatiguée. Fatiguée du chaos, des controverses, des mensonges. Elle aspire à autre chose. À un leadership stable, prévisible, rassurant. Trump, avec son style impulsif et ses décisions erratiques, incarne tout le contraire. Les chiffres ne mentent pas. Ils racontent l’histoire d’une nation qui a perdu confiance en son président. Et dans une démocratie, quand le peuple retire sa confiance, il ne reste plus grand-chose.
Je termine cette chronique avec un sentiment étrange. Pas de triomphalisme. Pas de satisfaction. Juste une forme de mélancolie face à ce gâchis monumental. Trump avait une chance de marquer l’histoire positivement. Il avait le pouvoir, le soutien, les moyens. Il a tout dilapidé. Par orgueil, par incompétence, par aveuglement. Et aujourd’hui, il se retrouve seul, abandonné même par les siens, face à un pays qui ne veut plus de lui. C’est tragique. Vraiment tragique. Parce que derrière cet échec personnel se cache l’échec d’un système qui a permis à un tel homme d’accéder au pouvoir suprême. Et ça, ça devrait tous nous interroger.
Signé Jacques Provost
Sources
Yahoo News, « Donald Trump’s New Approval Rating Polls Show Major Changes », 3 février 2026
Democrat & Chronicle, « Donald Trump’s approval ratings at one year into his second term. See what latest polls say », 2 février 2026
Pew Research Center, « Confidence in Trump Dips, and Fewer Now Say They Support His Policies and Plans », 29 janvier 2026
The Economist, Trump Approval Tracker, 30 janvier 2026
New York Times, Trump Approval Rating Polls, 30 janvier 2026
Rasmussen Reports, Presidential Tracking Poll, 30 janvier 2026
Morning Consult, Trump Approval Tracking, 27 janvier 2026
Reuters/Ipsos, Trump’s Approval Rating, 26 janvier 2026
Civiqs, Presidential Approval Poll, 28 janvier 2026
Silver Bulletin by Nate Silver, Trump Approval Ratings, 29 janvier 2026
Quantus Insights, Trump at One Year Job Approval, 22 janvier 2026
American Research Group, Presidential Approval Poll, 21 janvier 2026
Emerson College, National Poll, 22 janvier 2026