Deux salles, deux ambiances

Vous avez l’impression que les projets de transport collectif piétinent chez nous ? Jetez un œil à ce qui se passe à l’autre bout du pays, ça risque de vous faire grincer des dents. Pendant que le Québec joue du ciseau dans les budgets, la région métropolitaine de Vancouver vient de décrocher le gros lot.
Le chiffre donne le tournis : 1,5 milliard de dollars. C’est la somme que Vancouver va recevoir du fédéral sur 10 ans via le nouveau Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC). Concrètement, dès le printemps prochain et jusqu’en 2036, la métropole de l’Ouest touchera une moyenne de 150 millions par an. De l’argent frais, prévisible, prêt à être investi.
Et ici ? C’est le monde à l’envers. Les municipalités sont vent debout contre les compressions de 200 millions imposées par le gouvernement caquiste au Programme d’aide au développement du transport collectif (PADTC). Le contraste est saisissant.
« Un problème de vision »

Pour Marie-Soleil Gagné, directrice générale d’Accès transports viables, le verdict est sans appel : le gouvernement Legault « n’a pas fait ses devoirs ». Selon elle, c’est un cruel manque de vision. Au final, qui va payer les pots cassés ? C’est la population, prévient-elle.
Elle suggère poliment de regarder vers l’Ouest pour s’inspirer. Pourquoi ? Parce qu’à Vancouver, le municipal, le provincial et le fédéral rament dans le même sens depuis des années. Ils ont tissé une véritable « toile de la mobilité » où trains, traversiers et autobus se complètent. D’ailleurs, deux extensions du SkyTrain sont en chantier là-bas : on parle de 20 kilomètres de voies supplémentaires et de 14 nouvelles stations.
Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale, le ton monte. Monsef Derraji, leader parlementaire de l’opposition officielle, bout d’impatience. « Signez cette entente ! », lance le député libéral de Nelligan. Pour lui, l’argent est sur la table, disponible. Il trouve ironique — pour ne pas dire rageant — de voir une autre province empocher exactement le montant que le gouvernement Legault vient de couper.
Son constat ? Nous avons un gouvernement « faible » face au fédéral, qui ne « croit pas au transport collectif ». Il presse Québec d’agir, surtout qu’Ottawa vient déjà d’amputer 5 milliards au budget global du FTCC.
Négociations sous tension et milliards en jeu

Mais alors, où est l’argent du Québec ? Pour l’instant, nulle part. Faute d’entente signée sur l’encadrement des transferts, la province a les mains vides.
Radio-Canada a sorti la calculatrice : Ottawa a déjà engagé près de 4 milliards de dollars de financement de base à travers le pays. Plus de la moitié de ce pactole file vers l’Ontario. Les sommes pour le Québec ? Pas encore détaillées.
Les discussions continuent pourtant. Le ministre québécois des Transports, Jonatan Julien, négocie avec son homologue fédéral au Logement et à l’Infrastructure, Gregor Robertson. Ils se sont vus à Montréal avant les Fêtes ; une rencontre visiblement cordiale qui a permis quelques avancées. Le cabinet de Jonatan Julien assure d’ailleurs que même si le ministre ne sollicitera pas de nouveau mandat aux prochaines élections, sa détermination reste intacte pour boucler ses dossiers.
Le nœud du problème est classique : Québec veut l’argent sans condition, Ottawa veut garder un œil sur ses billes. Et disons-le, la confiance règne moyen. Les nombreuses volte-face de la CAQ — pensons au tramway de Québec ou au troisième lien — ont échaudé le fédéral.
Parlant du tramway, les chiffres sont sur la table : Ottawa y met actuellement 1,44 milliard sur une facture totale de 7,6 milliards. Québec aimerait voir le fédéral doubler la mise pour payer 40 % du chantier. Cela dit, peu importe l’issue de ce bras de fer, l’arrivée de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) comme maître d’œuvre devrait permettre de ficeler le montage financier.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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Transports : pendant que le Québec coupe, Vancouver rafle 1,5 milliard
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