Le nom de Claude Monet figure parmi les plus grands noms de l’histoire de l’art, mais son histoire personnelle recèle des surprises que la plupart des visiteurs des musées ne découvrent jamais. Le peintre qui a révolutionné l’art a mené une vie bien plus dramatique que ne le suggèrent ses paisibles scènes de jardin, et ces détails fascinants révèlent l’homme complexe qui se cache derrière les coups de pinceau qui ont changé l’art à jamais.
1. Oscar était son vrai prénom
Baptisé Oscar-Claude Monet à Paris le 14 novembre 1840, il s’est fait appeler Oscar tout au long de son enfance afin de se distinguer de son père, Claude. Les membres de sa famille l’appelaient exclusivement Oscar pendant sa jeunesse, mais il a abandonné ce prénom à l’âge de vingt ans, signant ses œuvres Claude Monet ou simplement Monet.
2. Il a peint les mêmes sujets à plusieurs reprises
La peinture en série est devenue un élément central de la technique impressionniste de Monet, qui cherchait à capturer la façon dont la lumière et l’atmosphère transformaient des scènes identiques tout au long de ses journées de peinture. Travaillant en plein air, observant directement la nature, il a créé plus de trente tableaux représentant la seule cathédrale de Rouen.
3. La cataracte a altéré sa perception des couleurs
Monet a été diagnostiqué avec une cataracte vers 1912, et son état s’est considérablement aggravé au cours des dernières années. En conséquence, sa palette s’est orientée vers des tons dominants de rouge, de violet et de bleu dans ses œuvres tardives. Une opération chirurgicale sur un œil en 1923 a encore davantage altéré sa vision.
4. Il a entretenu le jardin de Giverny pendant des décennies
Après s’être installé à Giverny en 1883, Monet a personnellement planifié et supervisé l’aménagement du jardin jusqu’à sa mort en 1926. Il considérait l’étang aux nénuphars et les plantations comme des créations artistiques, engageant des jardiniers mais restant très impliqué, au point de modifier constamment les arrangements.
5. Son tableau a accidentellement donné son nom à l'impressionnisme
Créée en 1872, « Impression, soleil levant » représente le port du Havre à l’aube et a été présentée lors de la première exposition impressionniste en 1874. Le critique Louis Leroy a utilisé ce titre de manière moqueuse pour ridiculiser le style libre. Le groupe a adopté « impressionnisme » comme nom officiel, transformant ainsi l’insulte en une identité permanente.
6. Il a survécu à ses deux épouses et à son fils
Sa première épouse, Camille Doncieux, est décédée en 1879 à l’âge de 32 ans après une longue maladie, suivie par sa deuxième épouse, Alice Hoschedé, en 1911. Son fils aîné, Jean, est mort en 1914 à l’âge de 46 ans. Malgré ces tragédies, Monet a vécu jusqu’à 86 ans. Il est décédé en 1926 après avoir enfin atteint une immense renommée.
7. Il a détruit des centaines de ses peintures
Le perfectionnisme a poussé Monet à déchirer, brûler ou détruire de toute autre manière les toiles qu’il jugeait insatisfaisantes tout au long de sa carrière, éliminant ainsi peut-être jusqu’à une centaine d’œuvres. Lors d’un seul incident en 1908, il a détruit au moins quinze toiles majeures représentant des nénuphars juste avant une exposition.
8. Il a rejeté la formation artistique classique
Après avoir brièvement fréquenté l’Académie Suisse, l’artiste a refusé la formation académique traditionnelle qui mettait l’accent sur les techniques classiques et le travail en atelier. Sa rencontre avec le peintre paysagiste Eugène Boudin au Havre s’est avérée décisive, car Boudin l’a pris sous son aile et l’a encouragé à peindre en plein air.
9. La cataracte n'a pas empêché la création des panneaux des Nymphéas
La série des Nymphéas, qui comprend environ 250 tableaux, a dominé sa production des années 1890 aux années 1920, malgré une grave déficience visuelle. Les grands panneaux créés spécialement au cours de sa dernière décennie, y compris les œuvres monumentales données à la France et installées à l’Orangerie, ont été peints alors qu’il souffrait de cataracte.
10. Il a refusé les derniers sacrements
Monet a été baptisé catholique dans son enfance, mais est devenu athée à l’âge adulte. Il a refusé les derniers sacrements à sa mort, le 5 décembre 1926, afin de rester fidèle jusqu’à la fin aux idéaux républicains laïques. Ses opinions s’alignaient sur le mariage civil et le rejet des rituels religieux.
Passons maintenant aux peintures époustouflantes qui ont consolidé la réputation de Monet comme l’un des artistes les plus influents et les plus appréciés de l’histoire.
1. Impression, soleil levant (1872)
Cette peinture à l’huile représente le port du Havre à l’aube. Elle a été réalisée en 1872 depuis la fenêtre de l’hôtel de Monet, qui donnait sur le port industriel. Le critique Louis Leroy l’a utilisée de manière moqueuse pour inventer le terme « impressionnisme » afin de désigner l’ensemble du mouvement. Le soleil semble plus brillant en raison de sa couleur orange intense, mais il s’harmonise avec la luminosité du ciel environnant.
2. Série des Nymphéas (années 1890-1926)
Cette série comprend environ 250 peintures à l’huile et a été créée entre la fin des années 1890 et la mort de Monet en 1926. Huit grands panneaux décoratifs offerts à la France en symbole de paix après la Première Guerre mondiale ont été installés au musée de l’Orangerie en 1927.
3. Femme à l'ombrelle (1875)
Représentant la première femme de Monet, Camille, et son fils Jean sur une colline venteuse d’Argenteuil, cette œuvre a été peinte en plein air. Monet a utilisé un point de vue bas, regardant les personnages vers le haut, avec des coups de pinceau lâches et spontanés qui traduisent le mouvement du vent dans la robe et le voile de Camille.
4. La passerelle japonaise (1899)
Le Pont japonais représente un pont de style japonais que Monet a conçu et construit au-dessus de son étang de nénuphars dans le jardin qu’il a acquis à Giverny. En 1899, Monet a peint une douzaine de versions à partir de points de vue identiques, et s’est concentré sur le pont au milieu du microcosme de son jardin aquatique.
5. Série sur la cathédrale de Rouen (1892-1894)
Monet a peint plus de trente vues de la façade ouest de la cathédrale de Rouen pendant les hivers et les printemps 1892-1893. Il travaillait simultanément sur plusieurs toiles, passant de l’une à l’autre au fur et à mesure que la lumière changeait au cours de la journée. Une vingtaine d’entre elles ont été exposées ensemble en 1895 à la Galerie Durand-Ruel à Paris.
6. Série des meules de foin (1890-1891)
La série principale se compose d’environ vingt-cinq peintures représentant des meules de blé dans les champs près de la maison de Monet à Giverny. Monet travaillait sur jusqu’à douze toiles à la fois, en fonction des conditions changeantes, explorant la lumière, le temps et les changements saisonniers sur des motifs identiques.
7. Coquelicots (1873)
Officiellement intitulée Le Champ de coquelicots près d’Argenteuil, cette œuvre représente des coquelicots d’un rouge vif avec, au premier plan, sa femme Camille et son fils Jean. La composition utilise de grandes taches de coquelicots disproportionnées au premier plan pour créer un impact visuel, avec des coups de pinceau impressionnistes lâches qui soulignent la lumière et le mouvement.
8. La série des Chambres du Parlement (1900-1904)
Monet a peint près d’une centaine de vues de la Tamise à Londres, dont environ dix-neuf du palais de Westminster depuis la terrasse de l’hôpital St Thomas pendant ses séjours. Toutes partagent des points de vue identiques et des dimensions approximatives de toile d’environ 81 x 92 centimètres, variant selon l’heure, la météo et les effets de brouillard.
9. La Grenouillère (1869)
Ce tableau représente un lieu de baignade très prisé et un café flottant sur la Seine, près de Bougival. Monet l’a peint en plein air, aux côtés de Pierre-Auguste Renoir. « La Grenouillère » est le surnom donné à cet endroit en raison de sa foule animée et séductrice.
10. La Pie (1868-1869)
La Pie, une scène hivernale, montre une pie solitaire perchée sur une barrière enneigée dans un champ rural, peinte pendant le séjour de Monet en Normandie. Elle utilise des bleus, des violets et des roses subtils pour les ombres de la neige, démontrant un intérêt précoce pour les effets de lumière colorée plutôt que pour la neige d’un blanc pur.