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Un accord fantôme qui prend la poussière

credit : saviezvousque.net (image IA)

Imaginez la scène : un contrat important est sur la table. Les avocats l’ont relu, les négociateurs ont apposé leurs initiales sur chaque page, et trois versions impeccables attendent simplement une signature finale. Pourtant, rien ne bouge. C’est exactement la situation dénoncée par Harry Tseng, le représentant du Bureau économique et culturel de Taipei au Canada.

Selon le diplomate, tout est prêt depuis avril 2025. Absolument tout. Les équipes d’Ottawa et de Taipei ont travaillé d’arrache-pied pour produire trois versions du document : en anglais, en français et en mandarin. Harry Tseng est formel : « Il ne restait plus rien à négocier. Ça vous dit à quel point on était proche de la signature finale. »

Normalement, dans le monde feutré de la diplomatie, un document paraphé par les deux parties est considéré comme définitif. « Il faut respecter cela », insiste M. Tseng, qui ne cache pas son incompréhension. Cet accord-cadre, d’une dizaine de pages, n’est pas anecdotique. Il vise à solidifier les liens avec Taïwan, sixième partenaire commercial du Canada en Asie. Au menu ? Le commerce numérique, la transition énergétique et, sujet brûlant s’il en est, la résilience des chaînes d’approvisionnement, notamment pour les précieux semi-conducteurs.

L’ombre de Pékin plane sur Ottawa

credit : lanature.ca (image IA)

Alors, pourquoi ce silence radio ? Pour le représentant taïwanais, la réponse se trouve du côté de la Chine. Il soupçonne ouvertement Ottawa de jouer la montre pour ne pas froisser le géant asiatique. Il faut dire que le calendrier est troublant. Le diplomate pointe du doigt une contradiction entre les discours et les actes du gouvernement de Mark Carney.

Depuis son arrivée au pouvoir, Mark Carney joue la carte du pragmatisme avec Pékin. En janvier dernier, il s’est même rendu en Chine pour sceller un « nouveau partenariat stratégique », incluant la suppression de plusieurs droits de douane. Mais ce rapprochement a un prix. Quelques jours avant ce voyage officiel, un incident a mis la puce à l’oreille des observateurs : le gouvernement a demandé à deux députées libérales, Marie-France Lalonde et Helena Jazcek, d’écourter leur mission parlementaire à Taïwan. La raison invoquée ? Éviter toute « confusion » avec la politique étrangère canadienne et ne pas irriter le régime chinois.

Harry Tseng appelle aujourd’hui Ottawa à faire preuve de « courage ». Il s’interroge : « Nous faisons du commerce avec tous les pays. Nous faisons même du commerce avec la Chine. Pourquoi Pékin pourrait-il empêcher des pays de commercer avec Taïwan ? » De son côté, Affaires mondiales Canada joue la prudence. Le ministère nous a confirmé par courriel qu’un accord avait bien été conclu en mars 2025, mais précise que « l’examen des prochaines étapes » est toujours en cours.

Une occasion manquée pour l’économie ?

Cette hésitation ne passe pas inaperçue à la Chambre des communes. Pour Simon-Pierre Savard-Tremblay, député et porte-parole du Bloc québécois en matière de commerce international, il n’y a pas de fumée sans feu. « Je ne vois pas d’autres raisons », lance-t-il, persuadé que le gouvernement retarde la signature par crainte de représailles chinoises.

Pour l’élu, qui s’est rendu sur place en 2022, c’est un non-sens économique. « On n’arrête pas de dire qu’il faut faire de la diversification, qu’on a besoin de partenaires qui sont fiables », rappelle-t-il. Il souligne que Taïwan coche toutes les cases : c’est une démocratie et une économie de marché. Le Québec, en particulier, aurait beaucoup à gagner dans ce rapprochement, notamment dans des secteurs de pointe comme les technologies vertes ou l’intelligence artificielle.

Ironie du sort, le Royaume-Uni a, pour sa part, franchi le pas en signant une entente similaire avec Taïwan en juin dernier. Pendant ce temps, Ottawa rappelle par la voix de Samantha Lafleur, porte-parole d’Affaires mondiales Canada, que sa stratégie indo-pacifique de 2022 prévoit bien de développer des liens avec l’île. Mais attention : toujours dans le cadre strict de la politique « d’une seule Chine », qui limite les relations à des échanges non officiels.

Le mot de la fin

En résumé, nous avons un accord finalisé, traduit et prêt à l’emploi qui dort dans un tiroir ministériel. D’un côté, une opportunité économique claire avec un partenaire démocratique clé pour les technologies du futur. De l’autre, la crainte diplomatique de perturber la relation complexe et rétablie avec la Chine. Reste à savoir si le « courage » réclamé par Taïwan finira par l’emporter sur la prudence calculée d’Ottawa.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

Accord commercial : Taïwan redoute qu’Ottawa renonce à cause de Pékin

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