Une machine de guerre qui fait trembler les budgets
Le F-35 Lightning II n’est pas un simple avion de chasse. C’est une plateforme technologique volante, un concentré de puissance militaire qui représente ce que l’industrie aérospatiale américaine fait de mieux. Avec ses capacités furtives, ses systèmes d’armes intégrés et son interopérabilité avec les forces de l’OTAN, le F-35 incarne la modernité militaire. Le Canada a déjà payé pour 16 appareils, dont le premier vient d’être célébré dans l’usine de Lockheed Martin à Fort Worth, Texas. Le commandant de l’Aviation royale canadienne, le lieutenant-général Jamie Speiser-Blanchet, a même signé le fuselage du premier appareil canadien lors d’une cérémonie en février 2026. Un geste symbolique fort qui semblait sceller l’engagement du Canada envers l’avion américain.
Mais voilà le problème avec les symboles : ils ne signifient rien quand la volonté politique vacille. Cette signature sur un fuselage, c’était censé être un moment de fierté nationale. Au lieu de ça, elle ressemble maintenant à une promesse faite du bout des lèvres, un engagement pris sans conviction réelle. Parce que derrière les sourires et les poignées de main, Mark Carney continue de garder ses cartes serrées contre sa poitrine.
Section 3 : L'offre suédoise qui change la donne
Saab joue la carte de l’indépendance économique
La Suède n’est pas venue les mains vides. L’entreprise Saab propose au Canada un package qui fait saliver les politiciens en quête de retombées économiques : 72 chasseurs Gripen-E et 6 avions de surveillance GlobalEye, le tout accompagné d’une promesse de créer 12 600 emplois directs et indirects sur le territoire canadien. L’offre inclut la construction d’usines en Ontario et au Québec, avec un réseau de fournisseurs pancanadien. Le GlobalEye serait produit en collaboration avec Bombardier, dont les jets Global 6500 servent de plateforme pour les systèmes de surveillance. C’est une proposition qui transforme un simple achat militaire en projet industriel d’envergure nationale.
Et là, je dois l’admettre, l’offre suédoise a quelque chose de séduisant. Elle parle directement aux tripes des Canadiens qui en ont assez de voir leur pays traité comme un vassal économique des États-Unis. Elle promet des emplois, de la technologie, de l’autonomie. Elle murmure à l’oreille d’un pays qui cherche désespérément à affirmer sa souveraineté face à un voisin de plus en plus imprévisible et agressif.
Section 4 : Trump, le facteur chaos dans l'équation
Quand la diplomatie devient un champ de mines
Impossible de parler de ce dossier sans évoquer l’éléphant dans la pièce : Donald Trump. Le président américain a transformé les relations canado-américaines en véritable cauchemar diplomatique. Menaces de tarifs à 100% sur les importations canadiennes, menaces de retirer la certification des avions fabriqués au Canada, et même des déclarations sur l’annexion du Canada comme 51e État américain. Ce n’est plus de la diplomatie, c’est du harcèlement institutionnalisé. Dans ce contexte toxique, chaque décision d’achat militaire devient un acte politique chargé de symbolisme. Acheter des F-35, c’est se soumettre. Choisir le Gripen, c’est défier Washington.
Trump a réussi l’exploit de transformer une décision militaire rationnelle en dilemme existentiel. Chaque fois qu’il ouvre la bouche pour menacer le Canada, il renforce les arguments de ceux qui veulent tourner le dos aux F-35. C’est presque comique si ce n’était pas si tragique. Le président américain est en train de saboter les intérêts de sa propre industrie de défense par pure arrogance et incompétence diplomatique.
Section 5 : Le discours de Davos qui a tout changé
Carney annonce un virage vers l’Europe et la Chine
En janvier 2026, Mark Carney a prononcé un discours au Forum économique mondial de Davos qui a fait l’effet d’une bombe. Le Premier ministre canadien y a déploré le déclin de l’hégémonie américaine et appelé à une nouvelle ère où la Chine jouerait un rôle prééminent sur la scène mondiale. Ce positionnement géopolitique radical suggère que le Canada pourrait chercher à se distancer de son allié traditionnel américain pour se rapprocher de partenaires européens et asiatiques. Dans ce nouveau paradigme, l’achat de chasseurs suédois plutôt qu’américains prendrait tout son sens comme signal politique fort.
Ce discours m’a laissé sans voix. Carney vient essentiellement de dire au monde que le Canada ne considère plus les États-Unis comme son principal allié. C’est un changement tectonique dans la politique étrangère canadienne, une rupture historique qui aura des conséquences pendant des décennies. Et le choix entre F-35 et Gripen devient soudainement bien plus qu’une simple décision d’achat militaire, c’est un référendum sur l’avenir géopolitique du pays.
Section 6 : L'opinion publique canadienne bascule
Les sondages révèlent un rejet massif du F-35
Un sondage Ekos réalisé entre novembre et décembre 2025 révèle un changement spectaculaire dans l’opinion publique canadienne. Seulement 13% des Canadiens soutiennent l’achat d’une flotte uniquement composée de F-35, tandis que 43% préfèrent une flotte exclusivement composée de Gripen et 29% favorisent une flotte mixte. Les variations régionales sont frappantes : au Québec et en Colombie-Britannique, le soutien au F-35 tombe à seulement 9%, tandis qu’il atteint 18% en Alberta. Le rejet du F-35 est particulièrement marqué chez les électeurs du NPD (60% pour le Gripen) et du Parti libéral (51% pour le Gripen).
Ces chiffres me glacent le sang. Non pas parce qu’ils révèlent un rejet du F-35 en soi, mais parce qu’ils montrent à quel point les décisions de défense nationale sont devenues otages de l’opinion publique et des calculs politiques à court terme. La défense d’un pays ne devrait pas se décider par sondage. Elle devrait se baser sur des analyses stratégiques, des capacités militaires réelles, des menaces identifiées. Mais nous vivons à une époque où l’émotion prime sur la raison.
Section 7 : Les experts militaires sonnent l'alarme
L’interopérabilité avec NORAD en danger
Les experts en défense tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences d’une flotte mixte ou d’un abandon complet du F-35. Philippe Lagassé, professeur à l’École Norman Paterson d’affaires internationales de l’Université Carleton, souligne que le Canada ne peut pas se permettre d’avoir seulement 16 F-35 d’un point de vue militaire. L’ambassadeur américain au Canada, Pete Hoekstra, a averti que le NORAD devrait être reconfiguré si le Canada n’assure plus l’interopérabilité complète avec les systèmes américains. Le Gripen, bien que performant, n’offre pas le même niveau d’intégration avec les systèmes de défense nord-américains que le F-35.
Voilà où nous en sommes : coincés entre la fierté nationale et la réalité stratégique. Oui, le Gripen est un excellent avion. Oui, l’offre suédoise est généreuse. Mais pouvons-nous vraiment nous permettre de compromettre notre intégration avec NORAD au moment où les tensions géopolitiques atteignent des sommets historiques? C’est la question qui me hante, celle qui devrait hanter chaque Canadien.
Section 8 : Le piège de la dépendance technologique
Qui contrôle vraiment les F-35 canadiens
L’un des arguments les plus puissants contre le F-35 concerne la dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis. Bien que Lockheed Martin nie vigoureusement l’existence d’un « kill switch » permettant de désactiver à distance les appareils, plusieurs experts soulignent que les États-Unis contrôlent les mises à jour logicielles et l’accès aux pièces de rechange. Cette dépendance pourrait théoriquement permettre à Washington de paralyser la flotte canadienne en cas de désaccord politique majeur. Le Gripen, en revanche, offrirait une plus grande autonomie opérationnelle et un contrôle national sur la maintenance et les upgrades.
Cette question de souveraineté technologique me ronge. Imaginez un instant : le Canada achète 88 F-35 pour 27 milliards, et dans dix ans, lors d’un différend commercial ou politique, les États-Unis décident de couper l’accès aux mises à jour critiques. Nos avions deviennent des presse-papiers volants de plusieurs tonnes. C’est un scénario cauchemardesque, mais est-il vraiment si improbable à l’ère Trump?
Section 9 : Les promesses d'emplois sous la loupe
Saab peut-elle vraiment tenir ses engagements
L’offre de 12 600 emplois de Saab fait l’objet d’un examen minutieux par les experts de l’industrie. Pour tenir cette promesse, le Canada devrait non seulement acheter les 72 Gripen et 6 GlobalEye pour ses propres besoins, mais Saab devrait également réussir à transformer le Canada en hub de production pour l’exportation internationale. L’Ukraine a manifesté son intérêt pour plus de 100 Gripen, tandis que la France et l’Allemagne sont des clients potentiels pour le GlobalEye. Mais ces contrats d’exportation restent hypothétiques. De son côté, Lockheed Martin promet 15 milliards de dollars de retombées économiques si le Canada maintient sa commande complète de 88 F-35.
Les promesses d’emplois, c’est toujours la même chanson. On nous vend du rêve, des usines rutilantes, des milliers de travailleurs qualifiés. Mais combien de ces promesses se sont réellement concrétisées dans le passé? Combien de projets industriels ont fini en coquilles vides? Je veux croire Saab. Je veux croire que ces 12 600 emplois sont réels. Mais le sceptique en moi refuse de baisser sa garde.
Conclusion : Un pays à la croisée des chemins
Le moment de vérité approche
Le Canada se trouve aujourd’hui face à un choix qui dépassera largement la simple acquisition d’avions de chasse. C’est un choix de société, un choix géopolitique, un choix qui définira la place du pays sur l’échiquier mondial pour les décennies à venir. Mark Carney peut continuer à temporiser, à commander des études supplémentaires, à peser chaque option avec une prudence maladive. Mais tôt ou tard, il devra trancher. Les 16 premiers F-35 arriveront cette année, et la question des 72 appareils restants ne peut rester en suspens indéfiniment. Entre la souveraineté technologique promise par la Suède et l’interopérabilité stratégique garantie par les États-Unis, entre les emplois et la sécurité nationale, le Canada doit choisir son camp.
Je ne sais pas quelle décision Carney prendra finalement. Peut-être optera-t-il pour une flotte mixte, ce compromis bancal qui ne satisfera personne. Peut-être cédera-t-il aux pressions américaines et commandera-t-il les 88 F-35. Peut-être aura-t-il le courage de tout annuler et de parier sur le Gripen. Ce que je sais, c’est que cette décision me terrifie. Parce qu’elle sera prise dans un contexte de tensions géopolitiques extrêmes, sous la pression d’un président américain imprévisible, avec une opinion publique divisée et des experts qui se contredisent. Et au final, ce sont les Canadiens ordinaires qui vivront avec les conséquences de ce choix pendant les 40 prochaines années. Nous méritons mieux que cette indécision chronique. Nous méritons un leadership qui ose trancher, qui assume ses responsabilités, qui regarde l’avenir en face plutôt que de se cacher derrière des comités et des révisions sans fin. Le temps des tergiversations est révolu. Le moment de vérité est arrivé.
Signé Jacques Provost
Sources
19FortyFive – « Canada’s F-35 Stealth Fighter Debate Has No Expiration Date » par Brent M. Eastwood (4 février 2026)
CBC News – « Canadian military goes to U.S. for F-35 ceremony despite renewed trade tensions » par Daniel Leblanc (2 février 2026)
CBC News – « Saab wants Canada to buy 72 Gripens and 6 GlobalEyes to fulfil promise of 12,600 jobs » par Daniel Leblanc (14 janvier 2026)
Global News – « Canada’s defence minister says F-35 fighter jet purchase ‘remains under review' » (janvier 2026)
Macdonald-Laurier Institute – « Canada must settle the F-35 debate before Trump forces the issue » par J.L. Granatstein (2026)
Simple Flying – « Backtrack? Why The US Is Worried Over Canada’s Order For New F-35 Jets » (2026)
AeroTime – « Canada weighs split fighter fleet, US concerned by F-35 cuts » (2026)
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