2020, le précédent qui hante encore
Pour comprendre la gravité de ces nouvelles déclarations, il faut revenir en arrière. Novembre 2020. Trump perd face à Joe Biden. Mais il ne l’accepte pas. Jamais. Plus de 60 procès intentés, tous perdus. Un schéma d’électeurs fictifs orchestré pour perturber la certification du Collège électoral. Et puis, le 6 janvier 2021 — cette date gravée dans l’histoire comme une cicatrice. Une foule de loyalistes trumpistes prend d’assaut le Capitole, interrompant pendant des heures la cérémonie de certification. Trump les regardait faire, refusant de les rappeler jusqu’à ce que la situation devienne intenable. Aujourd’hui, en 2026, il affirme avoir remporté « l’une des plus grandes élections de l’histoire » en 2024, alors que les chiffres montrent qu’il a gagné avec l’une des marges les plus étroites jamais enregistrées. Il prétend même qu’il y a eu de la triche dans les États qu’il n’a pas remportés. Aucune preuve. Jamais de preuves. Juste des affirmations répétées jusqu’à ce qu’elles deviennent des vérités alternatives pour ses partisans.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette capacité à réécrire l’histoire en temps réel. Trump ne se contente pas de mentir — il crée une réalité parallèle où ses mensonges deviennent la norme. Et nous, spectateurs impuissants, assistons à cette dérive sans vraiment savoir comment l’arrêter. Chaque nouvelle déclaration repousse un peu plus les limites de l’acceptable. Jusqu’où ira-t-on avant que quelqu’un dise stop?
Section 3 : La "nationalisation" des élections, un projet autoritaire
Quand Trump veut prendre le contrôle
Lundi 3 février 2026, lors d’une interview avec Dan Bongino, ancien directeur adjoint du FBI, Trump lâche le mot: « nationaliser ». « Les républicains devraient dire: nous voulons prendre le contrôle du vote dans au moins 15 endroits. Les républicains devraient nationaliser le vote. » Le message est clair. Il veut que le gouvernement fédéral s’empare des processus électoraux dans les États qu’il juge « corrompus » — comprendre: ceux qui ne votent pas pour lui. Pourtant, l’Article I de la Constitution américaine est formel: ce sont les États qui déterminent « les moments, lieux et modalités » de tenue des élections fédérales sur leur territoire. Le Congrès peut réguler, mais pas s’approprier. Mercredi, face à Tom Llamas, Trump nie avoir utilisé le terme « nationaliser ». Un mensonge éhonté alors que l’enregistrement existe. Il pivote ensuite vers le SAVE Act, cette législation qui exigerait une preuve de citoyenneté avant de voter — une mesure que les démocrates dénoncent comme une tentative de suppression du vote déguisée.
Regardez bien ce qui se passe. Trump teste les limites. Il lance une idée scandaleuse, observe les réactions, puis recule légèrement tout en maintenant la pression. C’est une stratégie rodée. Demain, ce qui nous choque aujourd’hui semblera presque raisonnable comparé à ce qu’il proposera. C’est la technique du salami — trancher la démocratie morceau par morceau jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.
Section 4 : Les villes démocrates dans le viseur
Detroit, Philadelphie, Atlanta — le trio maudit
Trump a ses cibles favorites. Detroit, Philadelphie, Atlanta. Trois villes qu’il qualifie d' »extrêmement corrompues » sans jamais fournir le moindre élément de preuve. Trois villes qui votent massivement démocrate. Trois villes avec des populations majoritairement noires. Le schéma est transparent. En 2020, Trump avait déjà appelé le secrétaire d’État de Géorgie, Brad Raffensperger, pour lui demander de « trouver » plus de 11 000 voix — exactement le nombre dont il avait besoin pour renverser le résultat dans cet État. Raffensperger avait refusé. Aujourd’hui, Trump continue de cibler ces mêmes zones urbaines, alimentant un récit de fraude électorale qui n’existe que dans son imagination et celle de ses supporters. Les experts électoraux, les tribunaux, les responsables républicains eux-mêmes ont confirmé l’intégrité du scrutin de 2020. Mais pour Trump, la réalité n’a jamais été un obstacle.
Ce qui me frappe, c’est le racisme à peine voilé de cette rhétorique. Les villes « corrompues » sont toujours celles où vivent des minorités. Les États « honnêtes » sont ceux qui votent pour lui. C’est d’une simplicité brutale. Et ça fonctionne. Parce que Trump sait exactement quels boutons appuyer, quelles peurs exploiter. Il ne s’agit pas de démocratie. Il s’agit de pouvoir. De contrôle. De domination.
Section 5 : Le rôle inquiétant de Tulsi Gabbard
Quand le renseignement s’immisce dans les élections
Début février 2026, une opération inhabituelle a eu lieu dans le comté de Fulton, en Géorgie. Le Département de la Justice et le Bureau du Directeur du Renseignement National, dirigé par Tulsi Gabbard, ont mené un raid dans un centre électoral. Objectif: obtenir des informations personnelles sur les électeurs de 2020, l’élection que Trump a tenté de renverser. L’implication de Gabbard est particulièrement troublante. Le Bureau du DNI se concentre normalement sur la sécurité nationale et la politique étrangère, pas sur les élections locales. Gabbard justifie sa participation en invoquant son « autorité statutaire étendue pour coordonner, intégrer et analyser les renseignements liés à la sécurité électorale ». Mais les experts craignent que ces informations ne soient utilisées pour identifier de nouvelles façons de priver les électeurs de leurs droits sous couvert de « réforme électorale ». L’enquête de Gabbard, distincte de celle du DOJ, pourrait se concentrer sur les allégations infondées d’ingérence étrangère dans l’élection de 2020 — une des nombreuses théories du complot que Trump a promues après sa défaite.
Voilà où nous en sommes. Les agences de renseignement, censées protéger la nation, sont détournées pour servir les obsessions d’un homme. Gabbard, autrefois démocrate, est devenue l’instrument de cette dérive autoritaire. Et pendant ce temps, les données personnelles de millions d’électeurs sont entre les mains d’un gouvernement qui ne cache plus son intention de manipuler le système. C’est vertigineux. C’est effrayant. C’est réel.
Section 6 : La menace d'un troisième mandat
Quand Trump refuse de partir
Lors de l’interview avec Tom Llamas, une autre question a été posée. Existe-t-il un scénario dans lequel Trump briguerait un troisième mandat? Sa réponse: « Ne serait-ce pas terrible si je vous donnais la réponse que vous cherchez? Cela rendrait la vie tellement moins excitante. Je ne fais cela que pour une seule raison: rendre l’Amérique grande à nouveau. » Pas de démenti clair. Pas de « non, jamais ». Juste cette ambiguïté calculée qui laisse la porte ouverte. Pourtant, le 22e amendement de la Constitution américaine est formel: aucun président ne peut être élu pour plus de deux mandats. Mais Trump a déjà montré qu’il se moque des règles constitutionnelles. En janvier 2026, il avait même suggéré qu’il devrait être autorisé à « annuler » les élections de mi-mandat, avant de se raviser en prétendant que les médias le traiteraient de dictateur. « Ils m’appellent toujours dictateur », avait-il ajouté, comme si c’était une accusation injuste plutôt qu’une description précise de ses aspirations.
Je me souviens d’un temps où de telles déclarations auraient provoqué un tollé général. Aujourd’hui, elles passent presque inaperçues. Nous sommes devenus insensibles. Anesthésiés. Trump peut dire n’importe quoi, la machine médiatique tourne, et puis on passe à autre chose. Mais ces mots ont un poids. Ils préparent le terrain. Ils normalisent l’impensable. Et un jour, peut-être plus proche qu’on ne le croit, l’impensable deviendra réalité.
Section 7 : Le silence complice des républicains
Quand le parti ferme les yeux
Face aux appels de Trump à « nationaliser » les élections, la réaction des républicains au Congrès a été… le silence. Quelques murmures embarrassés, mais aucune condamnation ferme. Aucun leader républicain n’a osé se lever pour dire: « Non, Monsieur le Président, vous allez trop loin. » La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a tenté de minimiser les propos de Trump en affirmant qu’il faisait simplement référence au SAVE Act. Mais Trump lui-même a continué à marteler son message sur la nécessité pour le gouvernement fédéral de « s’impliquer » dans les élections des États. Les républicains savent. Ils savent que Trump ment. Ils savent qu’il n’y a aucune preuve de fraude électorale généralisée. Ils savent que ses attaques contre les villes démocrates sont infondées. Mais ils se taisent. Par calcul politique. Par lâcheté. Par peur de perdre leur base électorale trumpiste. Ce silence est une complicité. Une trahison de leurs serments constitutionnels.
Comment peut-on regarder ses enfants dans les yeux quand on a trahi tout ce qu’on prétendait défendre? Ces élus républicains qui se taisent, qui détournent le regard, qui trouvent des excuses — ils portent une responsabilité écrasante dans cette dérive. L’histoire les jugera. Mais d’ici là, combien de dégâts auront-ils laissé se produire? Combien de lignes rouges auront été franchies pendant qu’ils comptaient leurs voix et calculaient leurs chances de réélection?
Section 8 : Les conséquences pour 2026 et au-delà
Un scrutin sous haute tension
Les élections de mi-mandat de novembre 2026 s’annoncent comme un test crucial pour la démocratie américaine. Trump a déjà posé les bases de sa contestation potentielle des résultats. Si les républicains perdent le contrôle du Congrès, il criera à la fraude. Il mobilisera ses partisans. Il utilisera tous les leviers du pouvoir exécutif pour remettre en question la légitimité du scrutin. Steve Bannon, ancien stratège de Trump, a même appelé à ce que l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) « entoure les bureaux de vote » en novembre — une forme d’intimidation des électeurs à peine déguisée. Les experts en démocratie tirent la sonnette d’alarme. Les données collectées lors du raid en Géorgie pourraient être utilisées pour identifier et cibler des électeurs spécifiques. Les appels à la « nationalisation » des élections pourraient servir de prétexte à une intervention fédérale dans les États clés. Et si Trump refuse d’accepter les résultats, que se passera-t-il? Une nouvelle insurrection? Une crise constitutionnelle? Personne ne le sait. Mais tout le monde devrait s’inquiéter.
Nous sommes à un tournant. Pas demain. Pas dans un futur hypothétique. Maintenant. Les choix que nous faisons aujourd’hui, les lignes que nous acceptons de laisser franchir, détermineront si la démocratie américaine survivra à cette épreuve. Et je ne suis pas sûr que nous mesurions vraiment l’ampleur de ce qui est en jeu. Nous vivons peut-être les derniers mois d’une Amérique démocratique telle que nous la connaissons. Cette pensée me glace.
Section 9 : Le SAVE Act, un cheval de Troie
Quand la sécurité électorale cache la suppression du vote
Le SAVE Act (Safeguard American Voter Eligibility Act) est présenté par Trump et les républicains comme une mesure de bon sens pour garantir l’intégrité des élections. Il exigerait que tous les électeurs présentent une preuve de citoyenneté avant de pouvoir voter. En surface, cela semble raisonnable. Mais creusez un peu, et vous découvrez la véritable intention. Des millions d’Américains, particulièrement parmi les minorités, les personnes âgées et les populations à faible revenu, n’ont pas facilement accès aux documents requis. Obtenir un acte de naissance, un passeport ou d’autres preuves de citoyenneté coûte de l’argent et du temps — des ressources que beaucoup n’ont pas. Le SAVE Act créerait effectivement une barrière au vote pour des millions de citoyens légitimes. C’est exactement le but recherché. Trump l’a dit lui-même: « Si les démocrates ne veulent pas d’identification des électeurs, cela signifie qu’ils veulent tricher. » Une logique simpliste qui ignore la réalité complexe de l’accès au vote en Amérique. Les études montrent que la fraude électorale est extrêmement rare. Mais la suppression du vote, elle, est bien réelle.
C’est toujours la même tactique. Créer un problème imaginaire pour justifier une solution qui aggrave un problème réel. La fraude électorale n’existe pas à l’échelle que Trump prétend. Mais la suppression du vote, elle, est documentée, prouvée, systématique. Et maintenant, ils veulent l’institutionnaliser sous couvert de « sécurité ». C’est cynique. C’est calculé. C’est efficace. Et ça me rend malade.
Conclusion : Le moment de vérité approche
Quand l’Amérique devra choisir son camp
Nous voici donc au bord du précipice. Trump a clairement exprimé ses intentions: il n’acceptera les résultats des élections de 2026 que s’ils lui conviennent. Il a appelé à la prise de contrôle fédérale des processus électoraux dans les États démocrates. Il a refusé d’exclure un troisième mandat inconstitutionnel. Il a mobilisé les agences de renseignement pour enquêter sur ses ennemis politiques. Et pendant ce temps, le Parti républicain reste silencieux, complice par son inaction. Les élections de novembre 2026 ne seront pas simplement un scrutin de mi-mandat ordinaire. Elles seront un référendum sur la démocratie américaine elle-même. Soit les Américains se lèvent pour défendre leurs institutions, soit ils acceptent de glisser vers un régime où les élections ne sont légitimes que lorsqu’elles produisent le résultat souhaité par le pouvoir en place. Il n’y a pas de troisième voie. Le temps des demi-mesures et des compromis est révolu. L’Amérique doit choisir.
Je termine cette chronique avec un sentiment de lourdeur dans la poitrine. Pas de la peur, exactement. Plutôt une tristesse profonde face à ce que nous sommes devenus. Face à ce que nous acceptons. J’ai grandi en croyant que la démocratie américaine était indestructible. Que les institutions tiendraient. Que les garde-fous fonctionneraient. Aujourd’hui, je ne sais plus. Je regarde Trump dicter ses conditions pour accepter un scrutin démocratique, et je me demande comment nous avons pu en arriver là. Comment nous avons laissé les choses dégénérer à ce point. Et surtout, je me demande si nous aurons le courage de dire non. De tracer une ligne et de refuser de la franchir. Parce que si nous ne le faisons pas maintenant, il sera peut-être trop tard. L’histoire nous observe. Nos enfants nous jugeront. Et la question qui restera sera simple: qu’avons-nous fait quand la démocratie était en danger? Avons-nous combattu? Ou avons-nous regardé ailleurs?
Signé Jacques Provost
Sources
Truthout – « Trump Says He’ll Only Accept 2026 Midterms If He Deems Them ‘Honest' » par Chris Walker, publié le 5 février 2026 (https://truthout.org/articles/trump-says-hell-only-accept-2026-midterms-if-he-deems-them-honest/)
The Independent – « Trump says he will only accept the midterm results ‘if the elections are honest’ and again pushes to ‘nationalize’ voting » par Graig Graziosi, publié le 5 février 2026 (https://www.independent.co.uk/news/world/americas/us-politics/trump-midterm-election-results-voting-nationalize-b2914259.html)
NBC News – Interview de Donald Trump par Tom Llamas, diffusée le 5 février 2026
Truthout – « Trump Tells Republicans to ‘Nationalize’ State-Run Elections » par Chris Walker, publié le 3 février 2026
Truthout – « Tulsi Gabbard Is Running Her Own 2020 Election Inquiry, Separate From DOJ’s » par Chris Walker, publié le 3 février 2026
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