Une impopularité qui atteint des sommets historiques
Les sondages ne mentent pas, même quand on voudrait qu’ils le fassent. Le taux d’approbation de Trump stagne à 42,2% tandis que sa désapprobation grimpe à 54,6%, selon la moyenne compilée par Decision Desk HQ. Mais ce sont les détails qui font vraiment mal. Un sondage Harvard CAPS/Harris publié début février révèle que 51% des électeurs pensent que Trump fait un travail pire que Joe Biden. Pire que Biden. Laissez cette phrase résonner un instant. Un sondage CNN/SSRS de mi-janvier montre que 55% des Américains estiment que les politiques de Trump ont empiré les conditions économiques, contre seulement 32% qui pensent le contraire. Et le coup de grâce vient d’un sondage Fox News — oui, Fox News — où 54% des électeurs inscrits affirment que le pays va plus mal aujourd’hui qu’il y a un an, tandis que 7 électeurs sur 10 jugent l’économie en mauvais état.
Ces chiffres me glacent le sang. Pas parce que je suis surpris — je ne le suis pas — mais parce qu’ils révèlent l’ampleur du désastre qui se prépare. Trump a promis de « rendre l’Amérique grande à nouveau », mais ce qu’il livre, c’est une économie chancelante, une inflation galopante et des politiques d’immigration si brutales qu’elles révulsent même ses propres électeurs. Les républicains du Sénat le savent. Ils le sentent dans leurs circonscriptions, dans les regards fuyants de leurs électeurs, dans les appels téléphoniques de plus en plus hostiles. Mais que font-ils? Rien. Ils restent silencieux, complices, terrifiés à l’idée de contrarier le chef.
Section 3 : Le Minnesota et la débâcle de l'immigration
Quand la fermeté devient cruauté
À Minneapolis, les opérations d’ICE ont pris une tournure qui choque même les électeurs républicains modérés. Les raids d’immigration agressifs, les séparations familiales, les arrestations spectaculaires — tout cela a créé un climat de terreur dans les communautés immigrées. Les images de familles déchirées, d’enfants pleurant, de parents menottés devant leurs maisons ont inondé les réseaux sociaux et les chaînes d’information. L’administration Trump a même dû retirer 700 agents fédéraux du Minnesota face à la pression publique et aux manifestations massives. Mais le mal était fait. Les électeurs indépendants, ce groupe crucial qui fait basculer les élections, ont commencé à se détourner massivement du GOP. Selon plusieurs sénateurs républicains interrogés anonymement, la gestion de l’immigration par Trump est devenue un boulet électoral impossible à porter.
Il y a une différence entre appliquer la loi et terroriser des communautés entières. Trump a franchi cette ligne depuis longtemps. Et maintenant, les républicains du Sénat paient le prix de son extrémisme. Ils ont laissé faire. Ils ont applaudi. Ils ont défendu l’indéfendable. Et aujourd’hui, ils découvrent avec horreur que les électeurs n’ont pas oublié. Que les images de ces familles brisées ne s’effacent pas. Que la cruauté a un coût politique. Un coût énorme.
Section 4 : Susan Collins et le Maine en ligne de mire
La modérée qui ne peut plus se cacher
La sénatrice Susan Collins du Maine est devenue le symbole vivant du dilemme républicain. Élue depuis des décennies grâce à son image de modérée raisonnable, elle se retrouve aujourd’hui piégée entre sa loyauté au parti et la réalité de son électorat. Le Maine a voté pour Biden en 2020 et pour Kamala Harris en 2024. Collins est la seule républicaine sortante à se présenter dans un État qui a rejeté Trump deux fois de suite. Son taux de désapprobation atteint 54% selon un sondage Morning Consult de fin janvier. Elle a passé des années à se construire une réputation d’indépendance, mais ses votes répétés en faveur des politiques de Trump ont érodé cette image. Lors des réunions du caucus républicain, Collins ne cesse de mettre en garde ses collègues : l’environnement politique se détériore rapidement et si les choses ne changent pas d’ici le deuxième trimestre 2026, novembre sera un bain de sang.
Collins incarne tout ce qui ne va pas avec le Parti républicain moderne. Elle parle de modération mais vote comme une trumpiste. Elle exprime des inquiétudes en privé mais reste silencieuse en public. Elle sait qu’elle va perdre — tout le monde le sait — mais elle continue à jouer le jeu, à faire semblant que tout ira bien. C’est pathétique et tragique à la fois. Et le pire, c’est qu’elle n’est pas seule. Des dizaines de républicains au Sénat vivent dans le même déni, la même lâcheté.
Section 5 : La Caroline du Nord et la retraite forcée de Tillis
Quand Trump détruit ses propres alliés
L’histoire de Thom Tillis est peut-être la plus révélatrice de toutes. Le sénateur de Caroline du Nord avait prévu de se représenter en 2026. Il était un républicain solide, loyal, prévisible. Mais il a commis l’erreur fatale de s’opposer aux coupes dans Medicaid proposées dans le « One Big Beautiful Bill Act » de Trump. La réaction a été immédiate et brutale. Trump l’a attaqué sur les réseaux sociaux avec une violence inouïe, le traitant de traître et de faible. Quelques semaines plus tard, Tillis annonçait sa retraite surprise. Il ne voulait plus se battre. Il ne voulait plus subir les attaques. Et maintenant, les démocrates ont recruté l’ancien gouverneur populaire Roy Cooper pour briguer ce siège ouvert. La Caroline du Nord, un État que Trump a remporté de 3 points en 2024, est devenue du jour au lendemain l’une des meilleures opportunités de gain pour les démocrates.
Tillis a été sacrifié sur l’autel de la loyauté trumpiste. Il a osé avoir une conscience, une once d’indépendance, et il a été détruit pour cela. C’est le message que Trump envoie à tous les républicains : obéissez ou disparaissez. Et les sénateurs ont compris. Ils se taisent, ils acquiescent, ils votent en ligne. Mais cette soumission a un prix. Elle transforme le parti en une secte, en une machine à perdre des élections. Parce que les électeurs, eux, ne sont pas aveugles. Ils voient la lâcheté. Ils voient la capitulation. Et ils s’en souviennent.
Section 6 : L'Ohio, l'Alaska et les autres dominos
Des bastions qui vacillent
Les républicains contrôlent actuellement le Sénat avec 53 sièges. Avec le vice-président JD Vance qui peut briser les égalités, les démocrates ont besoin d’un gain net de 4 sièges pour reprendre le contrôle. Cela semblait impossible il y a encore six mois. Aujourd’hui, c’est devenu plausible. En Ohio, le sénateur Jon Husted fait face à une opposition démocrate revigorée dans un État que Trump a remporté confortablement. En Alaska, Dan Sullivan affiche un taux de désapprobation de 47%, le deuxième plus élevé du pays après Mitch McConnell. Même au Texas et en Floride, des États profondément rouges, les sénateurs John Cornyn et Ashley Moody ne peuvent plus tenir leur victoire pour acquise. L’onde de choc de l’élection spéciale texane a changé tous les calculs.
Regardez cette carte électorale et dites-moi que vous ne voyez pas le désastre qui approche. Chaque État, chaque siège, chaque sondage raconte la même histoire : les républicains sont en chute libre. Et ce n’est pas une question d’argent ou de stratégie de campagne. C’est une question de fond. Les électeurs rejettent Trump. Ils rejettent ses politiques. Ils rejettent son style. Et par extension, ils rejettent tous ceux qui l’ont soutenu aveuglément. Les républicains du Sénat peuvent dépenser des dizaines de millions de dollars en publicités, ça ne changera rien. On ne peut pas acheter la confiance qu’on a trahie.
Section 7 : Le poids de l'histoire et la malédiction du second mandat
Les leçons ignorées du passé
L’histoire est cruelle avec les présidents en second mandat. En 2014, lors des élections de mi-mandat du second mandat d’Obama, les républicains ont arraché 9 sièges démocrates au Sénat, reprenant le contrôle de la chambre haute après huit ans dans la minorité. En 2006, pendant le second mandat de George W. Bush, les démocrates ont repris le Sénat dans une vague bleue dévastatrice. C’est un schéma qui se répète encore et encore : les électeurs se lassent, se rebellent, punissent le parti au pouvoir. Les républicains le savent. Ils ont étudié ces élections. Ils connaissent les statistiques. Et pourtant, ils semblent incapables d’apprendre la leçon. Un sénateur républicain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, l’a dit crûment : « C’est l’élection typique de la sixième année, le second mi-mandat. Il va y avoir une vague bleue. La question n’est pas de savoir si elle va arriver, mais quelle sera sa hauteur : 2 pieds, 5 pieds ou plus encore. »
Cette résignation me frappe. Ce sénateur sait qu’ils vont perdre. Il le dit ouvertement. Et pourtant, que fait le parti? Rien. Ils continuent sur la même trajectoire suicidaire, espérant contre toute logique que les choses vont s’arranger miraculeusement. C’est de la folie. De l’aveuglement volontaire. Ils préfèrent couler avec le navire plutôt que d’affronter Trump et de changer de cap. Cette lâcheté collective est stupéfiante.
Section 8 : Tim Scott et le message qu'on refuse d'entendre
Le président du comité sénatorial qui sonne l’alarme
Le sénateur Tim Scott de Caroline du Sud, président du Comité sénatorial républicain national (NRSC), marche sur une corde raide. Lors d’un briefing mardi avec les sénateurs républicains, il a tenté de ne pas sonner trop alarmiste, mais ses inquiétudes privées sont bien connues. Les tendances des sondages récents l’ont profondément préoccupé. Le leader de la majorité au Sénat, John Thune, a reconnu que les républicains doivent « améliorer leur jeu » et « mieux communiquer » sur leurs efforts pour réduire les impôts et la réglementation. Mais ces mots sonnent creux. « Mieux communiquer » ne résoudra pas le problème fondamental : les électeurs ne veulent pas de ce que les républicains vendent. Ils ne veulent pas des coupes dans Medicaid. Ils ne veulent pas des raids d’immigration brutaux. Ils ne veulent pas d’un président qui partage des vidéos racistes sur les réseaux sociaux. Le message est clair, mais personne ne veut l’entendre.
Scott est piégé dans un rôle impossible. Il doit motiver les troupes tout en sachant que la bataille est probablement perdue. Il doit lever des fonds tout en voyant les donateurs hésiter. Il doit défendre Trump tout en sachant que Trump est le problème. C’est une position intenable. Et au fond, Scott le sait. Tous les sénateurs républicains le savent. Mais ils continuent à jouer la comédie, à faire semblant que tout va bien, que c’est juste une question de « message » ou de « stratégie ». Non. C’est une question de substance. Et la substance est pourrie.
Section 9 : Les démocrates qui doivent se défendre aussi
Une carte électorale qui reste favorable au GOP
Il serait malhonnête de prétendre que les républicains n’ont aucune chance. La carte électorale reste objectivement favorable au GOP. Les démocrates doivent défendre des sièges dans des États pivots comme la Géorgie, où le sénateur Jon Ossoff est une cible républicaine prioritaire, ainsi qu’au Michigan, au Minnesota et au New Hampshire, où des sortants démocrates prennent leur retraite. Ces courses seront serrées, coûteuses et imprévisibles. Dans des circonstances normales, les républicains auraient toutes les raisons d’être optimistes. Mais ces circonstances ne sont pas normales. Trump a transformé ce qui aurait dû être une année favorable en un champ de mines politique. Chaque gaffe, chaque controverse, chaque politique impopulaire rend la tâche des candidats républicains plus difficile. Et le temps joue contre eux.
Oui, les démocrates ont des sièges vulnérables. Oui, ils peuvent perdre en Géorgie ou au Michigan. Mais la dynamique globale est claire : c’est Trump qui est le boulet, pas les candidats démocrates. Les républicains devraient dominer cette élection. Ils devraient consolider leur majorité. Au lieu de cela, ils se battent pour leur survie. C’est un retournement spectaculaire, et il n’y a qu’un seul responsable : Donald Trump. Lui et tous ceux qui ont choisi de le suivre aveuglément dans l’abîme.
Conclusion : Le naufrage annoncé d'un parti qui refuse de voir
Novembre approche et personne ne tient la barre
Nous sommes en février 2026. Il reste neuf mois avant les élections de mi-mandat. Neuf mois pour que les républicains changent de trajectoire, pour qu’ils trouvent un message qui résonne, pour qu’ils se distancient des aspects les plus toxiques de l’agenda trumpiste. Mais rien n’indique qu’ils vont le faire. Au contraire, ils semblent déterminés à doubler la mise, à défendre l’indéfendable, à rester loyaux jusqu’au bout. Le sénateur Ted Cruz a qualifié la défaite au Texas de « nuit difficile » et a souligné « le besoin de mobilisation républicaine en novembre ». Mais la mobilisation ne suffira pas si les électeurs indépendants fuient en masse. Elle ne suffira pas si les électeurs latinos, qui ont aidé Trump en 2024, se détournent du GOP à cause des politiques d’immigration. Elle ne suffira pas si l’économie continue à stagner et que l’inflation reste élevée. Les républicains du Sénat sont assis sur un baril de poudre, et Trump joue avec des allumettes.
Je regarde ce désastre se dérouler en temps réel et je ne peux m’empêcher de ressentir un mélange de fascination et d’horreur. Fascination parce que c’est rare de voir un parti politique s’autodétruire avec une telle efficacité. Horreur parce que les conséquences vont bien au-delà des calculs électoraux. Des millions d’Américains souffrent à cause de ces politiques. Des familles sont déchirées. Des communautés sont terrorisées. Et pendant ce temps, les sénateurs républicains se demandent comment sauver leurs sièges. Pas comment sauver le pays. Pas comment faire ce qui est juste. Juste comment survivre politiquement. C’est écœurant. Et en novembre, les électeurs vont leur envoyer un message qu’ils ne pourront pas ignorer. Un message qui dira : assez. Assez de lâcheté. Assez de complicité. Assez de Trump. Le Sénat républicain est au bord du gouffre. Et franchement, ils l’ont bien cherché.
Signé Jacques Provost
Sources
Alexander Bolton, « Republicans fear Trump backlash could cost them Senate control », The Hill, 5 février 2026
Decision Desk HQ, Moyenne des sondages d’approbation de Trump, février 2026
Harvard CAPS/Harris Poll, « Press Release: January 2026 », février 2026
CNN/SSRS, Sondage sur l’économie sous Trump, janvier 2026
Fox News Poll, « Donald Trump starts 2026 with 44% approval », janvier 2026
Morning Consult, Sondage de suivi des sénateurs par État, janvier 2026
Divers médias, Couverture de l’élection spéciale de Taylor Rehmet au Texas, 1-6 février 2026
NPR, « Minneapolis now has daily deportation flights », 6 février 2026
Associated Press, « 700 immigration officers will immediately leave Minnesota », 4 février 2026
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