De l’opposant farouche au disciple zélé
Retour en arrière. 2016. JD Vance n’est pas encore le vice-président que nous connaissons aujourd’hui. C’est un jeune auteur à succès, celui qui a écrit Hillbilly Elegy, ce livre qui prétendait expliquer l’Amérique profonde. Et à l’époque, Vance déteste Trump. Il le dit haut et fort. Il le traite d’idiot, de répugnant, compare même le futur président à Hitler dans des messages privés. Il vote pour un candidat indépendant plutôt que pour Trump. Vance est alors ce qu’on appelle un never-Trump guy, un républicain qui refuse catégoriquement de soutenir cet homme qu’il juge dangereux pour l’Amérique.
La métamorphose calculée d’un opportuniste
Mais quelque chose change. Ou plutôt, quelqu’un change. En 2021, Vance décide de se lancer en politique. Il veut devenir sénateur de l’Ohio. Et soudain, miraculeusement, toutes ses convictions s’évaporent. Trump n’est plus un danger. Trump est un génie. Trump est le leader dont l’Amérique a besoin. Vance supprime ses anciens tweets critiques, présente ses excuses publiques, et se transforme en l’un des défenseurs les plus acharnés du trumpisme. Cette volte-face spectaculaire n’est pas le fruit d’une révélation politique. C’est du calcul pur et simple. Vance a compris que pour exister dans le parti républicain moderne, il fallait s’agenouiller devant Trump. Alors il s’est agenouillé. Et il a attendu.
Comment peut-on se regarder dans un miroir après ça? Comment peut-on prétendre avoir des principes quand on les abandonne aussi facilement? Vance savait qui était Trump. Il l’a dit lui-même, noir sur blanc. Et pourtant, il a choisi de fermer les yeux, de se taire, de mentir. Pour le pouvoir. Juste pour le pouvoir. Ça me dégoûte profondément, cette capacité à trahir ses propres convictions sans même ciller.
Section 3 : Le masque de la normalité sur un visage extrémiste
L’art de rendre l’extrême acceptable
Voici où réside le véritable génie machiavélique de JD Vance. Là où Trump provoque, insulte et choque, Vance explique calmement. Là où Trump divise brutalement, Vance divise poliment. Il a cette capacité extraordinaire de prendre les positions les plus radicales du mouvement MAGA et de les présenter comme du simple bon sens. Lors d’une interview avec Megyn Kelly, il a défendu les politiques les plus extrêmes de Trump avec un sourire, une voix posée, l’air de l’adulte responsable dans la pièce. Et ça marche. Les gens écoutent. Les gens acquiescent. Parce que Vance ne ressemble pas à un extrémiste. Il ressemble à votre voisin sympathique, à ce collègue intelligent avec qui vous pourriez prendre un café.
Le danger de l’extrémisme bien élevé
C’est précisément cette apparence de normalité qui rend Vance si dangereux. Trump fait peur aux modérés. Vance les rassure. Trump repousse les indécis. Vance les attire. Pendant que Trump continue de polariser le pays avec ses excès, Vance construit patiemment une base de soutien plus large, plus stable, plus durable. Il ne crie pas que les élections de 2020 ont été volées, il explique calmement pourquoi il aurait refusé de certifier les résultats. Il ne hurle pas contre les immigrants, il parle posément de sécurité des frontières. Le message est le même. L’emballage est différent. Et c’est cet emballage qui pourrait permettre au trumpisme de survivre à Trump.
C’est ça qui me terrifie le plus. Pas la violence de Trump, mais la douceur de Vance. Pas les tweets rageux à trois heures du matin, mais les discours posés en plein jour. Parce qu’on peut combattre un fou furieux. Mais comment combat-on quelqu’un qui sourit en détruisant la démocratie? Comment dénonce-t-on quelqu’un qui parle calmement en proposant l’inacceptable?
Section 4 : Les milliards de la Silicon Valley derrière le masque
Quand les géants de la tech achètent un vice-président
Derrière JD Vance se cache une armée de milliardaires de la Silicon Valley. Peter Thiel, le fondateur de Palantir, a investi 15 millions de dollars dans la campagne sénatoriale de Vance. C’est Thiel qui a personnellement fait pression sur Trump pour qu’il choisisse Vance comme vice-président. Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, a également soutenu activement la nomination de Vance, utilisant sa plateforme X pour promouvoir le ticket Trump-Vance auprès de ses plus de 200 millions d’abonnés. David Sacks, un autre milliardaire de la tech, a organisé des dîners de collecte de fonds à 300 000 dollars le couvert pour Vance.
Le cheval de Troie de la tech dans la Maison Blanche
Ces investissements massifs ne sont pas de la charité. Ce sont des paris sur l’avenir. Vance n’est pas seulement le vice-président de Trump, il est le représentant de la Silicon Valley au cœur du pouvoir américain. Lors du sommet sur l’intelligence artificielle à Paris, Vance a clairement indiqué que l’administration ne s’embarrasserait pas de régulations sur l’IA. Il a défendu Apple contre le gouvernement britannique qui voulait accéder aux données chiffrées. Il a participé à des événements organisés par des fonds d’investissement technologiques, rassurant les dirigeants de la tech sur leur place dans le mouvement MAGA. Vance est le pont entre le populisme trumpiste et les intérêts des géants technologiques. Un pont construit avec des milliards de dollars.
Vous voyez l’ironie? Le type qui prétend défendre l’Amérique des travailleurs, l’Amérique oubliée, l’Amérique de sa grand-mère Mamaw qui galérait pour mettre de la nourriture sur la table… ce type-là est financé par les hommes les plus riches de la planète. Des milliardaires qui n’ont jamais connu la pauvreté, qui n’ont jamais eu à choisir entre payer le loyer ou acheter à manger. Et on est censés croire que Vance représente le peuple? Sérieusement?
Section 5 : L'idéologie autoritaire sous le vernis démocratique
Quand la démocratie devient négociable
Voici peut-être l’élément le plus alarmant du profil politique de JD Vance. En février 2024, il a déclaré publiquement que s’il avait été vice-président en 2020, il n’aurait pas certifié les résultats de l’élection présidentielle. Il aurait demandé aux États que Trump avait perdus d’envoyer de faux électeurs pro-Trump à Washington, forçant ainsi le Congrès à décider de l’issue de l’élection. Ce n’est pas une position politique normale. C’est un appel ouvert à subvertir le processus démocratique. C’est exactement ce que les partisans de Trump ont tenté de faire le 6 janvier 2021, et Vance dit clairement qu’il aurait participé à ce coup d’État constitutionnel.
Le projet de purge de l’administration fédérale
Mais Vance ne s’arrête pas là. En 2021, il a conseillé à Trump de virer tous les fonctionnaires fédéraux et de les remplacer par des loyalistes trumpistes. Quand les tribunaux tenteraient d’arrêter cette purge, Vance a suggéré que Trump ignore simplement les décisions de justice. Lisez bien cette phrase. Un futur vice-président des États-Unis propose ouvertement d’ignorer les décisions de la justice. C’est la définition même de l’autoritarisme. Vance a même comparé son projet de transformation de l’Amérique à la dénazification de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Il veut une dé-wokification complète du pays, une purge idéologique de toutes les institutions américaines.
Là, je ne peux plus rester calme. On parle d’un homme qui veut détruire les fondations mêmes de la démocratie américaine. Qui veut transformer l’administration fédérale en armée de loyalistes. Qui veut ignorer les tribunaux. Qui veut subvertir les élections. Et cet homme est à un battement de cœur de la présidence. Comment en est-on arrivés là? Comment avons-nous laissé ça se produire?
Section 6 : Les positions sociales d'un autre siècle
La croisade contre les femmes sans enfants
Les positions sociales de JD Vance révèlent une vision profondément rétrograde de la société américaine. En 2021, il a qualifié le Parti démocrate de cabale de gens sans enfants, affirmant que les personnes sans enfants sont plus sociopathes et ne devraient pas avoir autant de poids dans la démocratie. Il a suggéré que les parents devraient avoir plus de voix que les non-parents, proposant même de donner aux parents le contrôle des votes de leurs enfants. Il a traité Kamala Harris, Pete Buttigieg et Alexandria Ocasio-Cortez de dames aux chats misérables qui veulent rendre le reste du pays malheureux.
L’obsession nataliste et le contrôle des corps
Vance veut interdire l’avortement au niveau national. Il a comparé l’avortement à l’esclavage. Il a suggéré que même les mariages violents devraient parfois continuer pour le bien des enfants. Il veut criminaliser les soins d’affirmation de genre pour les mineurs au niveau fédéral. Il s’oppose au mariage homosexuel. Il a proposé d’augmenter les impôts des personnes sans enfants pour punir les choses que nous pensons être mauvaises. Cette vision de la société est celle d’un contrôle total sur les choix reproductifs et personnels des Américains, particulièrement des femmes.
Ça me met hors de moi. Qui est-il pour juger les choix de vie des gens? Qui est-il pour décider que les femmes sans enfants sont des sociopathes? Qui est-il pour dire que certains Américains méritent plus de droits que d’autres selon qu’ils ont ou non des enfants? Cette obsession malsaine pour contrôler les corps et les vies des autres, c’est du fascisme pur et simple. Et le pire, c’est qu’il le dit avec le sourire.
Section 7 : La politique étrangère du chaos calculé
L’abandon de l’Ukraine et le mépris de l’Europe
Sur la scène internationale, Vance représente un virage radical dans la politique étrangère américaine. Il s’oppose fermement à l’aide militaire à l’Ukraine, déclarant qu’il se fiche de ce qui arrive à ce pays. Il veut forcer l’Ukraine à céder des territoires à la Russie et à renoncer à rejoindre l’OTAN. Lors de la conférence de sécurité de Munich en 2024, il a déclaré que l’Europe devait se réveiller au fait que les États-Unis allaient se concentrer sur l’Asie de l’Est, pas sur l’Europe. Il a même suggéré sarcastiquement que le Royaume-Uni pourrait devenir le premier pays islamiste à obtenir l’arme nucléaire après la victoire du Parti travailliste.
Le soutien inconditionnel à Israël et la menace iranienne
Paradoxalement, alors qu’il abandonne l’Ukraine, Vance est un fervent défenseur d’Israël. Il soutient sans réserve les actions israéliennes à Gaza, affirmant que le Hamas est entièrement responsable de toutes les morts civiles. Il a critiqué l’administration Biden pour avoir prétendument privé Israël d’armes de précision. Il veut qu’Israël termine la guerre aussi rapidement que possible pour former un front uni avec les États arabes sunnites contre l’Iran. Cette politique étrangère sélective révèle une vision du monde où les alliances américaines sont purement transactionnelles et idéologiques.
C’est vertigineux de voir à quel point Vance est prêt à abandonner les alliés historiques de l’Amérique. L’Ukraine qui se bat pour sa survie contre l’agression russe? Peu importe. L’Europe qui a été le partenaire stratégique des États-Unis depuis 75 ans? Qu’elle se débrouille. Mais Israël? Soutien total, sans questions, sans limites. Cette incohérence n’est pas de la politique étrangère. C’est de l’opportunisme géopolitique.
Section 8 : La campagne présidentielle qui ne dit pas son nom
Le candidat 2028 déjà en campagne
Ne vous y trompez pas. JD Vance ne se contente pas d’être vice-président. Il mène déjà sa campagne pour 2028. En mars 2025, il a été nommé président financier du Comité national républicain, un rôle sans précédent pour un vice-président en exercice. Cela lui permet d’interagir régulièrement avec les méga-donateurs du parti, de construire son propre réseau de financement, de créer des loyautés qui lui seront utiles dans deux ans. Les sondages le placent déjà à près de 50% pour la nomination républicaine en 2028, loin devant Donald Trump Jr et Marco Rubio.
Le soutien des poids lourds du mouvement MAGA
Vance a déjà reçu le soutien de figures clés du mouvement conservateur. Erika Kirk, la veuve de Charlie Kirk, a jeté le poids de Turning Point USA derrière lui. Glenn Youngkin, le gouverneur de Virginie, l’a qualifié de futur excellent candidat présidentiel. Vance voyage constamment à travers le pays, officiellement pour soutenir les républicains aux élections de mi-mandat, mais en réalité pour construire sa propre machine politique. Il évite soigneusement les guerres intestines entre les différentes factions MAGA, se positionnant comme un unificateur naturel du mouvement.
Regardez-le jouer. Chaque déplacement, chaque discours, chaque poignée de main est calculée pour 2028. Il ne fait rien par hasard. Tout est stratégie. Tout est ambition. Et pendant ce temps, il prétend servir humblement comme vice-président. La duplicité est totale. L’hypocrisie est absolue. Et ça marche. Parce que Vance sait jouer le jeu mieux que quiconque.
Section 9 : Pourquoi Vance est plus dangereux que Trump
Le chaos contre la méthode
Voici la différence fondamentale entre Trump et Vance. Trump est chaotique, impulsif, imprévisible. Il agit sur un coup de tête, change d’avis constamment, se contredit d’un jour à l’autre. Cette imprévisibilité crée du chaos, certes, mais elle limite aussi son efficacité. Trump est tellement occupé à créer des controverses qu’il peine à mettre en œuvre une vision cohérente. Vance, lui, est méthodique, patient, stratégique. Il sait où il veut aller et il avance pas à pas vers cet objectif. Il ne se laisse pas distraire. Il ne se disperse pas. Il construit.
L’idéologie contre le culte de la personnalité
Trump est un mouvement basé sur une personnalité. Quand Trump partira, le trumpisme pourrait s’effondrer. Mais Vance représente quelque chose de différent et de plus durable. Il représente une idéologie structurée, un projet politique cohérent qui peut survivre à son créateur. Vance a les connexions avec la Silicon Valley, le soutien des think tanks conservateurs, l’appui des jeunes militants de Turning Point USA. Il a construit une coalition qui va au-delà du simple culte de la personnalité. Et c’est précisément ce qui le rend si dangereux. Parce qu’un mouvement idéologique est beaucoup plus difficile à combattre qu’un culte de la personnalité.
Voilà pourquoi je ne dors plus la nuit. Parce que Trump, aussi terrible soit-il, finira par partir. Mais Vance? Vance est là pour durer. Vance a 41 ans. Il pourrait dominer la politique américaine pendant les 30 prochaines années. Et contrairement à Trump, il sait exactement ce qu’il fait. Il a un plan. Il a les ressources. Il a le soutien. Et il a la patience. C’est terrifiant.
Conclusion : Le moment de vérité approche
L’Amérique à la croisée des chemins
Nous sommes à un moment charnière de l’histoire américaine. Pendant que tout le monde regarde Trump, JD Vance construit patiemment l’infrastructure qui pourrait transformer définitivement la démocratie américaine. Il ne s’agit plus de savoir si le trumpisme survivra à Trump. La vraie question est de savoir si la démocratie américaine survivra à Vance. Parce que là où Trump détruit par chaos, Vance pourrait détruire par méthode. Là où Trump choque et repousse, Vance séduit et attire. Là où Trump divise brutalement, Vance divise subtilement. Et c’est précisément cette subtilité qui rend Vance si dangereux.
Le choix qui nous attend
Les analystes ont raison de s’inquiéter. JD Vance pourrait effectivement représenter une menace encore plus grande pour la démocratie américaine que Trump lui-même. Non pas parce qu’il est plus extrême, mais parce qu’il est plus efficace. Non pas parce qu’il est plus radical, mais parce qu’il est plus présentable. Non pas parce qu’il est plus dangereux dans ses intentions, mais parce qu’il est plus dangereux dans sa capacité à les réaliser. L’Amérique doit se réveiller. Elle doit comprendre que le vrai danger ne vient pas toujours de celui qui crie le plus fort. Parfois, le vrai danger vient de celui qui sourit le plus calmement.
Je ne sais pas comment finir cette chronique. Je ne sais pas comment conclure face à une menace aussi immense. Tout ce que je sais, c’est que nous ne pouvons plus nous permettre d’être naïfs. Nous ne pouvons plus nous permettre de croire que tout ira bien. Parce que tout n’ira pas bien. Pas si nous laissons Vance continuer à construire son empire dans l’ombre. Pas si nous continuons à regarder ailleurs pendant qu’il pose les fondations d’un régime autoritaire. Le temps presse. Et je ne suis pas sûr que nous en ayons conscience.
Signé Jacques Provost
Sources
Raw Story, « JD Vance could be an even bigger threat to US democracy than Trump: analysts », 6 février 2026
The Guardian, « JD Vance: ‘despicable toady for Trump’ – and 2028 candidate in all but name », 18 janvier 2026
Wikipedia, « Political positions of JD Vance », consulté en février 2026
Le Grand Continent, « Découvrir J. D. Vance: de l’Ohio à Washington, une profession de foi nationaliste », 16 juillet 2024
Fondation Jean-Jaurès, « À Munich, J.D. Vance rompt avec l’Europe et les valeurs démocratiques », 2024
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