Une opération militaire d’une audace inouïe
Le 3 janvier 2026, à 2 heures du matin heure locale, le ciel de Caracas s’est embrasé. Cent cinquante avions américains. Des F-22, des F-35, des bombardiers B-1B Lancer. Une armada venue du ciel pour une mission baptisée « Absolute Resolve ». Résolution absolue. Le nom dit tout. Les explosions ont résonné dans toute la capitale vénézuélienne. Fort Tiuna, la base aérienne de La Carlota, l’aéroport de Higuerote. Les défenses anti-aériennes vénézuéliennes n’ont rien pu faire. Trump a même révélé l’utilisation d’une arme secrète, un « discombobulateur » qui aurait neutralisé les systèmes russes et chinois. Science-fiction ou réalité, peu importe. Le résultat est là. En moins de trente minutes, l’infrastructure militaire vénézuélienne était détruite. Et Nicolás Maduro, président en exercice d’un pays souverain, était capturé dans son bunker par les forces spéciales Delta Force. Menotté, les yeux bandés, un survêtement Nike gris sur le dos. Transporté sur l’USS Iwo Jima puis vers New York pour y être jugé. Quarante-sept soldats vénézuéliens tués. Trente-deux militaires cubains abattus. Deux civils morts dans les frappes. Sept soldats américains blessés. Le bilan d’une nuit qui a redéfini les rapports de force dans l’hémisphère occidental.
Cette nuit-là, j’ai compris que nous étions entrés dans une nouvelle ère. Une ère où les États-Unis n’ont plus besoin de justifications, de résolutions de l’ONU, de coalitions internationales. Trump a simplement décidé que Maduro devait tomber, et Maduro est tombé. Point final. Les experts parlent de violation du droit international, de crime de guerre, d’agression caractérisée. Mais qui va arrêter Trump? Qui va sanctionner l’Amérique? Personne. Parce que la force crée le droit. Parce que celui qui possède les F-35 dicte les règles du jeu.
Le pétrole, toujours le pétrole
Trump n’a même pas essayé de cacher ses véritables motivations. Lors de sa conférence de presse du 3 janvier, il a été clair comme de l’eau de roche. Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde. Trois cents milliards de barils. Dix-sept pour cent des réserves mondiales. Et Trump veut ce pétrole. Il a déclaré que le Venezuela avait « volé » le pétrole américain lors des nationalisations de 1976 et 2007. Que les États-Unis avaient « construit » l’industrie pétrolière vénézuélienne avec leur « talent, leur dynamisme et leurs compétences ». Que ce pétrole leur appartenait de droit. Une réécriture de l’histoire qui ferait rougir les plus cyniques. Mais Trump s’en fiche. Il a annoncé que les compagnies pétrolières américaines allaient investir cent milliards de dollars pour « réparer l’infrastructure pétrolière gravement endommagée » et « commencer à gagner de l’argent pour le pays ». Pour quel pays? Le Venezuela ou les États-Unis? La réponse est évidente. Trump a même précisé que les revenus générés iraient « au peuple vénézuélien, aux compagnies pétrolières américaines, et aux États-Unis d’Amérique sous forme de remboursement pour les dommages causés par ce pays ». Dans cet ordre. Le peuple vénézuélien en dernier. Après les profits des multinationales. Après le « remboursement » d’un préjudice imaginaire.
Section 3 : Petro, du rebelle au vassal
Les insultes d’hier, les courbettes d’aujourd’hui
Il faut se souvenir des mots de Gustavo Petro avant le raid. Trump était un « lunatique », un « homme malade », un « fasciste », un « complice de génocide ». Petro, ancien guérillero du M-19, premier président de gauche de l’histoire colombienne, se posait en défenseur de la souveraineté latino-américaine. Il dénonçait l’impérialisme américain, critiquait les politiques migratoires de Trump, refusait de s’aligner sur Washington. Et Trump lui rendait bien. Il avait averti Petro qu’il « ferait mieux de surveiller son cul », avait évoqué la possibilité d’envahir la Colombie en disant que « ça sonne bien ». Les deux hommes se détestaient publiquement. Leurs gouvernements étaient en conflit ouvert. Et puis, le 3 janvier est arrivé. Le raid sur Caracas. La capture de Maduro. Et soudain, Petro a compris. Il a compris que Trump ne bluffait pas. Que les menaces n’étaient pas rhétoriques. Que l’empire pouvait frapper n’importe où, n’importe quand. Alors, quand l’invitation à la Maison-Blanche est arrivée, Petro a dit oui. Quand Trump lui a tendu la main, il l’a serrée. Quand on lui a offert la casquette MAGA, il l’a mise. Et il a souri pour les caméras.
J’essaie d’imaginer ce qui s’est passé dans la tête de Petro cette nuit-là. La peur, probablement. La peur de finir comme Maduro, menotté dans un avion militaire, direction une prison américaine. La peur pour son pays, pour son peuple, pour sa propre survie politique. Mais aussi, peut-être, une forme de pragmatisme cynique. Se dire que résister ne sert à rien. Que l’Amérique latine a toujours été le jardin des États-Unis. Que mieux vaut négocier sa soumission que de la subir. Je ne sais pas ce qui est pire. La lâcheté ou le calcul froid.
La rencontre du 3 février, ou l’art de la capitulation
Le 3 février 2026, Gustavo Petro est donc entré dans le Bureau ovale. Trump l’a accueilli avec des compliments. « Terrific », a-t-il dit. Formidable. Un changement radical par rapport aux insultes d’avant. Les deux hommes ont échangé des chapeaux, des autographes. Ils ont posé pour les photographes. Trump a déclaré que Petro était « coopératif », qu’ils avaient une « très bonne relation ». Rubio, le secrétaire d’État, a confirmé que Petro avait accepté de collaborer sur tous les dossiers importants. Le trafic de drogue, l’immigration, le Venezuela. Petro, de son côté, a qualifié la rencontre de « constructive ». Il a parlé de « dialogue », de « respect mutuel », de « coopération bilatérale ». Pas un mot sur la souveraineté. Pas un mot sur le droit international. Pas un mot sur l’invasion du Venezuela. Et puis, en sortant de la Maison-Blanche, il a mis la casquette. Ce foutu chapeau rouge avec le « S » ajouté au marqueur. « Make Americas Great Again ». Comme si ce pluriel changeait quoi que ce soit. Comme si l’Amérique latine pouvait être « grande » sous la botte américaine. Les journalistes ont immortalisé la scène. Petro, souriant, fier presque, exhibant son allégeance. Le symbole était parfait. L’opposant était devenu collaborateur. Le rebelle était devenu vassal.
Section 4 : Delcy Rodríguez, la survivante
De vice-présidente à présidente par intérim
Pendant que Maduro était transporté vers New York, une femme prenait les rênes du Venezuela. Delcy Rodríguez, vice-présidente, figure historique du chavisme, sœur de Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale. Une politicienne aguerrie, réputée pour son pragmatisme et sa capacité à naviguer dans les eaux troubles de la politique vénézuélienne. Dès l’annonce de la capture de Maduro, elle a dénoncé un « enlèvement », une « agression impérialiste ». Elle a exigé des preuves que Maduro était vivant. Elle a appelé à la résistance. Mais très vite, le ton a changé. Le 5 janvier, elle était assermentée comme présidente par intérim par son propre frère. L’armée vénézuélienne a annoncé qu’elle la reconnaissait. La Cour suprême a validé sa nomination. Et Delcy Rodríguez a commencé à parler de « coopération » avec les États-Unis. Selon des sources anonymes citées par The Guardian et le Miami Herald, elle aurait même négocié en secret avec l’administration Trump via des canaux qataris pendant des mois avant le raid. Elle aurait dit aux Américains que « Maduro devait partir » et qu’elle « travaillerait avec ce qui viendrait après ». Une trahison? Ou un calcul politique pour sauver ce qui pouvait l’être? La vérité est probablement quelque part entre les deux.
Delcy Rodríguez me fascine et me révulse à la fois. Elle incarne cette génération de politiciens qui ont appris à survivre en s’adaptant. Chaviste convaincue hier, collaboratrice des Américains aujourd’hui. Mais peut-on vraiment la blâmer? Que pouvait-elle faire d’autre? Résister et finir comme Maduro? Refuser et voir son pays envahi? Elle a choisi la survie. La sienne, celle de son régime, celle de son pays peut-être. Mais à quel prix? Le Venezuela est devenu un protectorat américain de fait. Le pétrole coule vers les États-Unis. Les prisonniers politiques sont libérés sur ordre de Washington. La souveraineté n’est plus qu’une fiction.
Le double jeu permanent
Mais Delcy Rodríguez n’est pas une simple marionnette. Elle joue un jeu dangereux, un double jeu permanent. Devant les caméras américaines, elle parle de coopération, de transition, de réconciliation. Mais devant son peuple, elle tient un discours différent. Le 26 janvier, lors d’un meeting avec des travailleurs du pétrole, elle a déclaré: « Assez des ordres de Washington sur les politiciens du Venezuela! » Une phrase qui a fait le tour des médias. Trump, interrogé, a haussé les épaules. Il a dit qu’il n’avait pas entendu ces remarques mais qu’il croyait avoir une « très bonne relation » avec elle. Rubio a minimisé, parlant de « rhétorique pour la consommation intérieure ». Mais le message était clair. Rodríguez marche sur une corde raide. Elle doit satisfaire Washington pour éviter une deuxième vague d’attaques. Mais elle doit aussi maintenir une apparence d’indépendance pour ne pas perdre toute légitimité auprès de son peuple. Jusqu’à présent, elle s’en sort. Elle a libéré 383 prisonniers politiques sur environ 800 détenus. Elle a fait passer une loi de privatisation de l’industrie pétrolière. Elle a signé un accord pour livrer cinquante millions de barils de pétrole aux États-Unis. Mais elle refuse de se présenter comme une collaboratrice. Elle nie l’existence d’un « accord » avec Washington. Elle maintient la fiction de la souveraineté vénézuélienne. Combien de temps pourra-t-elle tenir cette position? Personne ne le sait.
Section 5 : La doctrine Monroe ressuscitée
Le retour de l’impérialisme assumé
Trump n’a pas inventé l’impérialisme américain en Amérique latine. Mais il l’a dépoussiéré, modernisé, assumé. Il a ressuscité la doctrine Monroe, cette vieille politique du XIXe siècle qui faisait de l’hémisphère occidental la chasse gardée des États-Unis. Mais Trump l’a rebaptisée. La « doctrine Donroe ». Don pour Donald. Un jeu de mots narcissique qui résume parfaitement sa vision du monde. Lors de sa conférence de presse du 3 janvier, il a déclaré: « La domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question. » Plus jamais. C’est un avertissement à tous les pays de la région. Le Brésil, l’Argentine, le Mexique, le Chili. Tous doivent comprendre que l’ère de l’indépendance est terminée. Que Washington dicte les règles. Que ceux qui résistent finiront comme Maduro. Trump a même évoqué la possibilité d’une occupation militaire du Venezuela, financée par les revenus pétroliers du pays. Une occupation qui ne coûterait « rien » aux États-Unis puisqu’elle serait « remboursée » par le pétrole volé. Un cynisme à couper le souffle. Mais qui fonctionne. Parce que personne n’ose s’opposer. Parce que la force prime sur le droit.
La doctrine Donroe. Ce nom ridicule pour une politique terrifiante. Trump a réussi là où ses prédécesseurs avaient échoué. Il a brisé le tabou de l’intervention militaire directe. Il a montré que les États-Unis pouvaient envahir un pays souverain, kidnapper son président, et s’en tirer sans conséquences. Aucune sanction de l’ONU. Aucune condamnation internationale qui compte vraiment. Juste des déclarations indignées qui ne changent rien. L’Amérique latine est redevenue ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être aux yeux de Washington: une colonie. Un réservoir de ressources. Un terrain de jeu pour l’empire.
Les autres pays observent et tremblent
Tous les dirigeants latino-américains ont compris le message. Le président argentin Javier Milei, fervent allié de Trump, a applaudi l’opération. Il a salué le « courage » du président américain. Mais les autres se taisent. Lula au Brésil, López Obrador au Mexique, Boric au Chili. Tous ont condamné mollement l’invasion, parlé de « violation du droit international », appelé au « respect de la souveraineté ». Mais aucun n’a pris de mesures concrètes. Aucun n’a rompu les relations diplomatiques. Aucun n’a imposé de sanctions. Parce qu’ils ont peur. Peur d’être les prochains sur la liste. Trump a menacé d’envahir la Colombie. Il a évoqué des frappes au Mexique contre les cartels. Il a parlé de « nettoyer » l’Amérique centrale. Personne ne sait où s’arrêtera cette folie. Alors les dirigeants se taisent. Ils courbent l’échine. Ils espèrent passer entre les gouttes. Et quand Trump les convoque à Washington, ils viennent. Ils sourient. Ils serrent la main. Et certains, comme Petro, mettent même la casquette.
Section 6 : Le pétrole, nerf de la guerre
Trois cents milliards de barils convoités
Tout tourne autour du pétrole. Toujours. Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole brut au monde. Trois cents milliards de barils. Plus que l’Arabie saoudite. Plus que le Canada. Plus que la Russie. Un trésor enfoui sous le sol vénézuélien. Un trésor que Trump veut à tout prix. Il a été clair dès le début. Lors de sa conférence de presse de 2023, il avait dit: « Le Venezuela était sur le point de s’effondrer. Nous aurions pu le prendre… et garder tout ce pétrole. » En 2026, il est passé à l’acte. Le raid contre Maduro n’était pas une opération anti-drogue. C’était une guerre pour le pétrole. Une guerre coloniale déguisée en mission de maintien de l’ordre. Trump a annoncé que les compagnies pétrolières américaines allaient investir cent milliards de dollars dans l’infrastructure vénézuélienne. ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips. Les géants du pétrole américain. Mais lors d’une réunion avec ces mêmes compagnies le 9 janvier, les PDG se sont montrés réticents. Darren Woods, patron d’ExxonMobil, a déclaré que le Venezuela était « non investissable » en raison du cadre juridique du pays. Trump était furieux. Il a menacé d’exclure ExxonMobil du Venezuela, disant qu’il n’aimait pas leur « réponse » et qu’ils « jouaient trop finement ». Mais peu importe. Avec ou sans les majors pétrolières, Trump obtiendra ce pétrole. Par la force si nécessaire.
Le pétrole. Toujours le pétrole. Combien de guerres, combien de morts, combien de pays détruits pour cette substance noire et visqueuse? L’Irak, la Libye, maintenant le Venezuela. Trump ne se cache même plus. Il dit ouvertement qu’il veut le pétrole vénézuélien. Qu’il le considère comme une propriété américaine volée. Une réécriture de l’histoire tellement grotesque qu’elle en devient presque comique. Sauf que ce n’est pas drôle. Des gens sont morts pour ce pétrole. Des soldats vénézuéliens, des militaires cubains, des civils innocents. Et ce n’est que le début.
Les sanctions levées, le pétrole coule
Le 20 janvier 2026, le Venezuela a reçu les premiers trois cents millions de dollars d’un accord pétrolier avec les États-Unis. Cinquante millions de barils à livrer. Le pétrole vénézuélien, saisi par la marine américaine lors du blocus maritime de décembre 2025, est maintenant vendu par Washington. Les revenus sont « contrôlés » par les États-Unis, qui décident de leur utilisation. Officiellement pour « bénéficier au peuple vénézuélien ». En réalité pour enrichir les compagnies américaines et « rembourser » les États-Unis pour des dommages imaginaires. Le 29 janvier, Delcy Rodríguez a fait passer une loi de privatisation de l’industrie pétrolière. Les compagnies privées peuvent désormais contrôler la production et la vente de pétrole. Une révolution pour un pays où le pétrole était nationalisé depuis 1976. Les sanctions américaines sur le commerce pétrolier vénézuélien ont été levées. Le pétrole coule à nouveau. Vers les États-Unis. Vers les raffineries américaines. Vers les profits américains. Le Venezuela est devenu ce que Trump voulait qu’il soit: un fournisseur docile de pétrole bon marché. Un État pétrolier sous tutelle américaine. Une colonie moderne.
Section 7 : Les prisonniers politiques, monnaie d'échange
Trois cent quatre-vingt-trois libérations calculées
Delcy Rodríguez sait jouer le jeu. Dès le 8 janvier, elle a commencé à libérer des prisonniers politiques. Des opposants au régime chaviste, des journalistes, des militants des droits de l’homme. Certains étaient détenus depuis des années. D’autres depuis les manifestations post-électorales de 2024. Au 5 février, 383 prisonniers avaient été libérés sur environ 800 détenus politiques estimés par les organisations de droits humains. Une amnistie partielle, calculée, stratégique. Trump a immédiatement revendiqué le crédit. Il a dit que ces libérations étaient le résultat de sa « pression » sur le Venezuela. Que Rodríguez avait « compris le message ». Que c’était la preuve que sa stratégie fonctionnait. Et il a ajouté que ces libérations avaient contribué à éviter une « deuxième vague d’attaques ». Un chantage à peine voilé. Libérez les prisonniers ou nous frapperons à nouveau. Rodríguez a annoncé le 30 janvier une loi d’amnistie couvrant la période de 1999 à aujourd’hui. Une amnistie générale pour tous les crimes politiques commis sous Chávez et Maduro. Une tentative de tourner la page. De passer à autre chose. De construire une « réconciliation nationale » sous supervision américaine. Mais combien de prisonniers restent encore derrière les barreaux? Combien ne seront jamais libérés? Et surtout, à quel prix cette amnistie a-t-elle été obtenue?
Ces libérations me laissent un goût amer. Bien sûr, je suis heureux pour ces hommes et ces femmes qui retrouvent leur liberté. Pour leurs familles qui les attendaient. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’ils sont devenus des pions dans un jeu qui les dépasse. Que leur libération n’est pas un acte de justice mais un calcul politique. Rodríguez les libère pour satisfaire Washington. Trump les utilise pour justifier son invasion. Et pendant ce temps, le Venezuela perd son indépendance, son pétrole, sa dignité. Quel est le prix de la liberté quand elle est accordée par l’occupant?
La réconciliation nationale sous tutelle
Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a présenté un plan en trois phases pour le Venezuela. Stabilisation, récupération, transition. La première phase consiste à empêcher le pays de « sombrer dans le chaos » après les frappes. La deuxième vise à assurer l’accès des compagnies étrangères au pétrole vénézuélien et à « créer un processus de réconciliation nationale » permettant aux forces d’opposition d’être « amnistiées et libérées des prisons ou ramenées dans le pays ». La troisième phase est la « transition », où « ce sera au peuple vénézuélien de transformer son pays ». Mais sous supervision américaine. Avec des « conseillers » américains. Avec des « observateurs » américains. Avec des compagnies pétrolières américaines contrôlant l’économie. Une transition démocratique orchestrée par l’envahisseur. Une réconciliation nationale imposée de l’extérieur. Un processus politique sous tutelle impériale. Edmundo González, le candidat de l’opposition qui aurait gagné l’élection de 2024 selon les observateurs internationaux, est toujours en exil en Espagne. María Corina Machado, leader de l’opposition, attend son heure. Mais leur retour dépend du bon vouloir de Washington. Leur avenir politique est entre les mains de Trump. Le Venezuela n’est plus maître de son destin.
Section 8 : Les réactions internationales, entre indignation et impuissance
L’ONU condamne, mais ne fait rien
Les Nations unies ont condamné le raid américain. Des experts en droit international ont déclaré que l’opération violait la Charte de l’ONU et la souveraineté du Venezuela. Le Conseil de sécurité a été convoqué à la demande du Venezuela. Des discours indignés ont été prononcés. La Russie et la Chine ont dénoncé une « agression caractérisée ». Les pays non-alignés ont appelé au « respect du droit international ». Mais aucune résolution n’a été adoptée. Aucune sanction n’a été imposée. Parce que les États-Unis ont un droit de veto au Conseil de sécurité. Parce que personne n’ose vraiment défier Washington. L’ONU, cette institution censée maintenir la paix et la sécurité internationales, s’est révélée une fois de plus impuissante face à la force brute. Trump s’en fiche. Il a déclaré que la seule limite à son pouvoir global était sa « propre moralité » et son « propre esprit ». Une déclaration qui en dit long sur sa vision du monde. Un monde où la force crée le droit. Où l’empire fait ce qu’il veut. Où les institutions internationales ne sont que des façades sans pouvoir réel.
L’ONU est morte. Elle est morte le 3 janvier 2026, quand les bombes américaines sont tombées sur Caracas et que personne n’a rien fait. Oh, il y a eu des condamnations. Des déclarations. Des résolutions qui ne mènent nulle part. Mais aucune action concrète. Aucune conséquence pour Trump. L’ONU n’est plus qu’un théâtre où les diplomates jouent la comédie de l’indignation avant de rentrer chez eux et de ne rien faire. Le droit international n’existe plus. Il n’y a plus que la loi du plus fort. Et le plus fort, c’est l’Amérique.
L’Europe se tait, l’Amérique latine tremble
L’Union européenne a publié un communiqué exprimant sa « préoccupation » face à l’escalade de la violence au Venezuela. Un communiqué tiède, sans condamnation claire, sans appel à des sanctions. Les capitales européennes se taisent. Paris, Berlin, Londres. Tous observent en silence. Parce qu’ils dépendent des États-Unis pour leur sécurité. Parce qu’ils ne veulent pas contrarier Trump. Parce qu’au fond, le sort du Venezuela ne les intéresse pas vraiment. En Amérique latine, c’est la peur qui domine. Les dirigeants savent qu’ils pourraient être les prochains. Alors ils se taisent. Ils coopèrent. Ils viennent à Washington quand on les convoque. Seuls quelques voix isolées osent encore critiquer. Mais elles sont de plus en plus rares. De plus en plus faibles. L’Amérique latine a compris que l’ère de l’indépendance était terminée. Que le rêve bolivarien était mort. Que l’empire était de retour. Et qu’il ne partirait plus.
Section 9 : Les conséquences à long terme
Un précédent terrifiant
Le raid du 3 janvier 2026 a créé un précédent. Un précédent terrifiant. Pour la première fois depuis des décennies, les États-Unis ont envahi un pays souverain, capturé son président, et l’ont emmené de force pour le juger sur leur territoire. Sans déclaration de guerre. Sans autorisation du Congrès. Sans mandat de l’ONU. Juste parce que Trump l’a décidé. Ce précédent ouvre la porte à d’autres interventions. Trump a déjà menacé d’envahir la Colombie, le Mexique, plusieurs pays d’Amérique centrale. Il a parlé de « nettoyer » la région des cartels, des dictateurs, des « ennemis de l’Amérique ». Qui sera le prochain? Ortega au Nicaragua? Díaz-Canel à Cuba? Arce en Bolivie? Personne ne le sait. Mais tous savent que c’est possible. Que Trump peut frapper n’importe où, n’importe quand. Et que personne ne pourra l’arrêter. Ce précédent détruit également ce qui restait du droit international. Si les États-Unis peuvent envahir le Venezuela sans conséquences, pourquoi la Russie ne pourrait-elle pas envahir l’Ukraine? Pourquoi la Chine ne pourrait-elle pas envahir Taïwan? Pourquoi n’importe quelle puissance ne pourrait-elle pas faire ce qu’elle veut? Le monde est entré dans une nouvelle ère. Une ère où la force prime sur le droit. Où les traités ne valent rien. Où seule compte la capacité militaire.
J’ai peur. Peur de ce monde qui se dessine. Un monde sans règles, sans limites, sans justice. Un monde où les puissants font ce qu’ils veulent et où les faibles subissent. Trump a ouvert la boîte de Pandore. Il a montré que l’on pouvait violer le droit international sans conséquences. D’autres suivront. D’autres imiteront. Et nous glisserons lentement vers un nouveau Moyen Âge, où la force brute dicte la loi. Où les empires se partagent le monde. Où les peuples n’ont plus leur mot à dire.
Le Venezuela, laboratoire du néo-colonialisme
Le Venezuela est devenu un laboratoire. Un laboratoire du néo-colonialisme américain. Trump teste une nouvelle forme de domination. Plus directe que les coups d’État de la Guerre froide. Plus brutale que les interventions « humanitaires » des années 2000. Une domination assumée, revendiquée, célébrée. Le Venezuela est occupé de fait. Son pétrole est contrôlé par les États-Unis. Son gouvernement est sous tutelle. Ses décisions politiques sont dictées par Washington. Mais il n’y a pas de troupes américaines dans les rues de Caracas. Pas d’administration militaire visible. Juste une présence diffuse, une pression constante, une menace permanente. C’est le colonialisme du XXIe siècle. Efficace, discret, rentable. Et si ça marche au Venezuela, pourquoi ne pas l’appliquer ailleurs? Au Mexique pour contrôler la frontière? En Colombie pour combattre les cartels? Au Nicaragua pour renverser Ortega? Les possibilités sont infinies. Et Trump a montré qu’il était prêt à tout. Que rien ne l’arrêterait. Que l’Amérique latine était redevenue son terrain de jeu. Son empire. Sa propriété.
Conclusion : La casquette rouge, symbole d'une époque
Quand la dignité se vend au plus offrant
Revenons à cette image. Gustavo Petro sortant de la Maison-Blanche avec sa casquette MAGA modifiée. Ce « S » ajouté au marqueur, pathétique tentative de sauver les apparences. « Make Americas Great Again ». Comme si ce pluriel changeait quoi que ce soit. Comme si l’Amérique latine pouvait être « grande » sous domination américaine. Cette casquette est devenue le symbole d’une époque. L’époque où les dirigeants latino-américains ont abandonné toute prétention à l’indépendance. Où ils ont accepté leur statut de vassaux. Où ils ont troqué leur dignité contre la promesse de ne pas finir comme Maduro. Petro n’est pas le seul. D’autres suivront. D’autres porteront la casquette. D’autres souriront pour les caméras. D’autres feindront de croire que la soumission est une forme de partenariat. Mais nous savons tous la vérité. Nous savons que l’empire est de retour. Que la doctrine Monroe a ressuscité. Que l’Amérique latine a perdu sa liberté. Et que cette casquette rouge, ce foutu chapeau MAGA, est le symbole parfait de notre défaite collective.
Je regarde cette photo et je pleure. Je pleure pour Bolívar, pour Martí, pour tous ceux qui ont rêvé d’une Amérique latine libre et souveraine. Je pleure pour les générations futures qui grandiront dans un continent colonisé. Je pleure pour nous tous qui assistons impuissants à cette tragédie. Petro a mis la casquette. D’autres la mettront. Et un jour, peut-être, nous oublierons même qu’il fut un temps où nous étions libres. Où nous pouvions dire non. Où nous avions encore notre dignité. Ce jour-là, l’empire aura gagné. Définitivement.
Signé Jacques Provost
Sources
Salon.com – « Trump foe dons MAGA hat after Maduro raid » par Heather Digby Parton, publié le 5 février 2026
Wikipedia – « 2026 United States intervention in Venezuela », consulté le 5 février 2026
Al Jazeera – « Trump-Petro updates: US, Colombia leaders meet at White House amid tensions », publié le 3 février 2026
The New York Times – « At White House, Trump Calls Colombia’s Petro ‘Great,’ Defying Expectations », publié le 3 février 2026
BBC News – « Colombian president Gustavo Petro calls Trump meeting ‘constructive' », publié le 3 février 2026
Reuters – Articles sur la capture de Maduro et les développements au Venezuela, janvier-février 2026
The Guardian – « Delcy Rodríguez secret negotiations with Trump administration », janvier 2026
Miami Herald – « Venezuelan officials outlined post-Maduro roadmap », janvier 2026
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