11 milliards de dollars de matériel militaire
En décembre 2025, l’administration Trump a annoncé le plus gros paquet d’armes jamais vendu à Taïwan : 11,1 milliards de dollars. Un chiffre qui donne le vertige. Des systèmes de roquettes HIMARS, des obusiers, des missiles antichars Javelin, des drones de munitions rôdantes Altius. Du matériel de pointe, du matériel qui tue, du matériel conçu pour une seule chose : repousser une invasion chinoise. Le Pentagone a justifié cette vente en invoquant les intérêts nationaux américains et la nécessité pour Taïwan de maintenir une capacité défensive crédible. Traduction : si la Chine attaque, Taïwan doit pouvoir se défendre assez longtemps pour que Washington décide quoi faire.
Et moi, je lis ces chiffres — 11 milliards — et je pense aux vies humaines que cela représente. Pas les vies sauvées, non. Les vies qui seront prises si jamais ces armes doivent servir. Parce que c’est ça, la réalité brutale de l’armement : chaque missile vendu est une promesse de destruction future.
Section 3 : La réponse de Pékin ne se fait pas attendre
Des exercices militaires baptisés Mission Justice 2025
La Chine n’a pas attendu longtemps pour répondre. Fin décembre 2025, quelques jours seulement après l’annonce américaine, Pékin a lancé des exercices militaires massifs autour de Taïwan. Nom de code : Mission Justice 2025. L’armée, la marine, l’aviation et les forces de missiles ont été déployées. Des exercices à feu réel simulant la prise et le blocus des zones clés de l’île. Le ministère taïwanais de la Défense a détecté 89 avions militaires chinois et 28 navires de guerre et garde-côtes près de l’île. Un message sans équivoque : nous sommes prêts, nous sommes là, et nous n’hésiterons pas.
Mission Justice. Le nom même me glace le sang. Comme si la guerre pouvait être juste. Comme si envoyer des milliers de jeunes hommes et femmes mourir pour un bout de terre pouvait être qualifié de justice. Mais c’est le langage de la puissance, le vocabulaire de ceux qui décident du sort des autres depuis des bureaux climatisés.
Section 4 : Taïwan pris en étau
Entre le marteau américain et l’enclume chinoise
Le président taïwanais Lai Ching-te se retrouve dans une position impossible. D’un côté, il affirme que les liens avec Washington sont solides comme le roc. De l’autre, il doit gérer la pression militaire constante de Pékin. En octobre 2025, il a annoncé un budget de défense supplémentaire de 40 milliards de dollars sur sept ans. Un effort colossal pour une île de 23 millions d’habitants. Mais ce budget est bloqué par le parlement contrôlé par l’opposition. Même à Taïwan, tout le monde n’est pas convaincu que l’escalade militaire soit la solution. Les sondages montrent que la majorité des Taïwanais veulent maintenir le statu quo — ni réunification, ni indépendance formelle.
Je pense à ces gens ordinaires, à Taipei, à Kaohsiung, qui se lèvent chaque matin en se demandant si aujourd’hui sera le jour où tout basculera. Qui envoient leurs enfants à l’école en espérant qu’ils rentreront le soir. Qui vivent sous cette épée de Damoclès permanente, cette menace qui ne se matérialise jamais complètement mais qui ne disparaît jamais non plus.
Section 5 : Trump, le négociateur imprévisible
Entre affaires et géopolitique
L’appel du 4 février entre Trump et Xi n’a pas porté que sur Taïwan. Les deux hommes ont aussi discuté de la guerre en Ukraine, de l’Iran, et surtout… de soja. Oui, de soja. Trump a annoncé que la Chine envisageait d’acheter 20 millions de tonnes de soja américain cette saison, contre 12 millions la saison précédente. Le président américain a également confirmé qu’il se rendrait en Chine en avril 2026, sa première visite officielle de son second mandat. Pour Trump, tout est négociable, tout est transactionnel. Même la sécurité de Taïwan pourrait-elle faire partie d’un grand marchandage commercial.
Et voilà comment fonctionne le monde moderne : on mélange les missiles et le soja, les menaces militaires et les contrats commerciaux. Tout devient monnaie d’échange. Tout peut se négocier. Sauf que derrière ces tractations, il y a des vies humaines, des destins, des peuples entiers qui attendent de savoir si leur avenir sera décidé autour d’une table de négociation entre deux hommes puissants.
Section 6 : Le Japon entre dans la danse
Tokyo prend position et Pékin s’énerve
Les tensions ne se limitent plus au triangle Washington-Pékin-Taipei. Le Japon s’est invité dans l’équation. En décembre 2025, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a suggéré que les forces d’autodéfense japonaises pourraient intervenir si la Chine attaquait Taïwan. Une déclaration explosive qui a fait bondir Pékin. Les relations sino-japonaises ont plongé à leur niveau le plus bas depuis des années. La Chine a émis des avertissements à ses citoyens contre les voyages au Japon. Début février 2026, des avions de chasse chinois ont verrouillé leurs radars sur des appareils japonais, une manœuvre considérée comme extrêmement agressive. Tokyo a protesté, Pékin a accusé le Japon de harcèlement.
Le Japon. Encore le Japon. Comme si l’histoire ne suffisait pas, comme si les blessures du passé n’étaient pas assez profondes. Maintenant, Tokyo veut jouer les héros, défendre Taïwan, se poser en rempart contre l’expansionnisme chinois. Mais à quel prix. À quel prix humain, à quel coût en vies perdues, en familles brisées.
Section 7 : La guerre asymétrique comme dernier espoir
David contre Goliath version XXIe siècle
Face à la puissance militaire écrasante de la Chine, Taïwan mise sur la guerre asymétrique. Des armes mobiles, plus petites, souvent moins chères, mais redoutablement efficaces. Des drones, des missiles antichars, des systèmes de défense côtière. L’idée : rendre toute invasion si coûteuse en vies humaines et en matériel que Pékin y réfléchira à deux fois. Les HIMARS vendus par les États-Unis ont fait leurs preuves en Ukraine contre les forces russes. Ils pourraient jouer un rôle essentiel dans la destruction d’une force d’invasion chinoise. Mais tout cela repose sur une hypothèse fragile : que Taïwan aura le temps de se préparer, que l’attaque ne sera pas une surprise totale, que les systèmes fonctionneront comme prévu.
Guerre asymétrique. Un terme technique pour dire : nous sommes plus faibles, alors nous devons être plus malins. Mais la malice ne suffit pas toujours face à la force brute. Et je me demande si tous ces calculs stratégiques, toutes ces simulations militaires, prennent vraiment en compte la réalité du chaos, de la peur, de la confusion qui règnent quand les bombes commencent à tomber.
Section 8 : Le piège de Thucydide
Quand une puissance montante défie une puissance établie
Les historiens parlent du piège de Thucydide : quand une puissance montante menace de détrôner une puissance établie, la guerre devient presque inévitable. C’est ce qui s’est passé entre Athènes et Sparte, entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne au début du XXe siècle. Aujourd’hui, c’est la Chine qui monte, les États-Unis qui défendent leur hégémonie. Et Taïwan se trouve exactement au point de friction. L’île n’est pas qu’un symbole pour Pékin — c’est une question de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale, de fierté. Pour Washington, c’est une question de crédibilité stratégique, de maintien de l’ordre régional, de démonstration de force. Deux visions du monde qui s’affrontent, et au milieu, une île qui veut juste vivre en paix.
Le piège de Thucydide. Encore un concept académique pour décrire quelque chose de terriblement simple : l’orgueil humain, la soif de pouvoir, l’incapacité à partager, à coexister, à accepter que le monde est assez grand pour tout le monde. Nous n’avons rien appris de l’histoire. Absolument rien.
Section 9 : Les sanctions et la spirale infernale
Quand la diplomatie cède la place aux représailles
En réponse aux ventes d’armes américaines, la Chine a imposé des sanctions contre des entreprises de défense américaines. Une mesure largement symbolique, mais qui montre la détermination de Pékin. Les États-Unis, de leur côté, continuent de renforcer leurs alliances dans la région. Le Japon, la Corée du Sud, les Philippines, l’Australie — tous sont courtisés, tous reçoivent des assurances de sécurité, tous sont encouragés à se préparer à un éventuel conflit. C’est une spirale classique : chaque action provoque une réaction, chaque réaction justifie une nouvelle action. Et pendant ce temps, la température monte, degré par degré, jusqu’au point d’ébullition.
Sanctions. Contre-sanctions. Exercices militaires. Démonstrations de force. C’est un langage que je comprends trop bien, le langage de l’escalade, de la provocation calculée, du bord du gouffre. Et je me demande qui sera assez sage, assez courageux, pour faire un pas en arrière avant qu’il ne soit trop tard.
Conclusion : Au bord du précipice
L’heure des choix n’est pas encore venue mais elle approche
Nous voilà donc en février 2026, avec Trump qui prévoit de visiter Pékin en avril, avec Xi qui multiplie les avertissements, avec Taïwan qui se prépare au pire tout en espérant le meilleur. Les ventes d’armes américaines continuent, les exercices militaires chinois se multiplient, et le monde retient son souffle. Personne ne veut vraiment la guerre — ni Washington, ni Pékin, ni Taipei. Mais parfois, les guerres arrivent non pas parce que quelqu’un les veut, mais parce que personne n’a su les empêcher. Parce qu’un calcul a été mal fait, parce qu’un signal a été mal interprété, parce qu’un incident mineur a dégénéré. L’histoire est pleine de ces moments où tout bascule sans que personne ne l’ait vraiment voulu.
Je termine cette chronique avec un sentiment de malaise profond. Pas de la peur, non — quelque chose de plus sombre, de plus résigné. La certitude que nous marchons vers quelque chose de terrible, que nous le voyons venir, et que nous sommes incapables de l’arrêter. Parce que les mécanismes sont en place, les engrenages tournent, et personne n’a le courage de tout arrêter. Alors je regarde cette scène se dérouler, cette danse macabre entre grandes puissances, et je me demande combien de temps encore avant que la musique ne s’arrête brutalement, remplacée par le fracas des armes.
Signé Jacques Provost
Sources
The Guardian, « Be ‘prudent’ about supplying arms to Taiwan, Xi tells Trump in call », 5 février 2026
Reuters, « US announces $11 billion arms package for Taiwan, largest ever », 18 décembre 2025
BBC News, « China holds military drills around Taiwan as warning to ‘separatist forces' », 29 décembre 2025
NBC News, « Taiwan-U.S. ties are ‘rock-solid,’ its president says, after Xi warns Trump on arms sales », 5 février 2026
Financial Times, « China warns that US arms sales to Taiwan could jeopardise Trump visit », février 2026
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