Quand le FBI devient l’instrument de la vengeance présidentielle
Le 28 janvier 2026, des agents du FBI ont fait irruption dans l’entrepôt électoral du comté de Fulton, en Géorgie. Ils sont venus avec un mandat signé par la juge Catherine M. Salinas. Ils sont repartis avec tous les bulletins physiques de l’élection de 2020, toutes les images de bulletins, tous les registres électoraux. Le comté de Fulton — là où vivent des centaines de milliers d’électeurs noirs et latinos. Le comté de Fulton — là où Trump a perdu. Le comté de Fulton — là où la démocratie a fonctionné malgré ses mensonges, malgré ses pressions, malgré cet appel téléphonique infâme où il exigeait qu’on lui « trouve » exactement 11 780 voix.
Robb Pitts, président de la commission du comté de Fulton, a dit quelque chose qui me hante : « Je ne peux plus garantir que ces bulletins resteront en sécurité. » Pensez-y une seconde. Le président des États-Unis vient de voler les preuves de sa propre défaite. Et personne ne sait où ces bulletins vont finir. Personne ne peut garantir qu’ils ne seront pas détruits, falsifiés, manipulés. C’est ça, la démocratie américaine en 2026 ? Un président qui pille les urnes comme un dictateur de république bananière ?
Section 3 : Eddie Glaude sonne l'alarme
Un professeur de Princeton crie au feu
Eddie Glaude Jr., professeur à l’université de Princeton et analyste politique respecté, n’a pas mâché ses mots. Pour lui, les actions de Trump constituent un « incendie à cinq alarmes » qui menace directement l’accès au vote des électeurs noirs. Glaude, qui a passé sa carrière à étudier la politique raciale américaine, voit dans cette offensive une stratégie délibérée pour démanteler le pouvoir politique noir. Trump ne se contente pas de contester une élection qu’il a perdue — il prépare méthodiquement le terrain pour les élections de mi-mandat de novembre 2026.
Quand un intellectuel comme Glaude utilise l’expression « incendie à cinq alarmes », ce n’est pas de l’hyperbole. C’est un cri d’alarme. C’est un homme qui connaît l’histoire américaine, qui a étudié Jim Crow, qui comprend les mécanismes de la suppression du vote noir, et qui nous dit : attention, ça recommence. Sous nos yeux. En 2026. Avec des agents fédéraux, des mandats judiciaires, et un président qui ne cache même plus ses intentions.
Section 4 : La stratégie de nationalisation, un coup d'État constitutionnel
Quinze États dans le viseur
Trump a été clair sur le podcast de Bongino : « Les républicains devraient dire : ‘Nous voulons prendre le contrôle — nous devrions prendre le contrôle du vote dans au moins, beaucoup, 15 endroits.’ Les républicains devraient nationaliser le vote. Nous avons des États qui sont tellement corrompus, et ils comptent les votes. » Quinze États. Pas tous. Juste ceux qu’il juge « corrompus » — c’est-à-dire ceux où il a perdu. La Constitution américaine est pourtant explicite : l’Article I stipule que les « temps, lieux et manières de tenir les élections » relèvent de la compétence de chaque État. Mais Trump s’en fiche. La Constitution ? Un obstacle à contourner.
Vous comprenez ce qui se passe ? Trump ne parle pas de réforme électorale. Il ne parle pas d’améliorer le système. Il parle de prendre le contrôle. De nationaliser. De centraliser le pouvoir entre les mains du parti républicain. Et quand il dit « 15 États », il ne parle pas du Wyoming ou du Montana. Il parle de la Géorgie, de la Pennsylvanie, du Michigan, de l’Arizona. Il parle des États où vivent des millions d’électeurs noirs et latinos. Il parle des États qui ont osé voter contre lui.
Section 5 : Le ciblage systématique des électeurs noirs
Une histoire qui se répète
Marcus W. Robinson, stratège démocrate, a résumé la situation avec une clarté brutale : « Nous avons vu ce schéma de ciblage des électeurs noirs pendant des années — des cartes électorales découpées racialement, un ministère de la Justice de Trump déterminé à vider de sa substance le Voting Rights Act, et des attaques incessantes contre le vote par correspondance dont beaucoup d’électeurs noirs dépendent. En appelant les républicains à ‘prendre le contrôle’ des élections, Trump double la mise sur un effort calculé pour effacer le pouvoir politique noir. » Le comté de Fulton n’est pas un hasard. C’est un bastion démocrate où la majorité des électeurs inscrits sont noirs et latinos. C’est là que Trump a perdu en 2020. C’est là qu’il veut sa revanche.
Il y a quelque chose de profondément obscène dans cette obsession. Trump a perdu la Géorgie. Deux recomptages ont confirmé la victoire de Biden. Des audits indépendants ont validé les résultats. Mais Trump ne peut pas accepter qu’une majorité d’électeurs noirs aient voté contre lui. Alors il envoie le FBI. Il saisit les bulletins. Il menace de « nationaliser » les élections. Et pendant ce temps, des millions d’Américains noirs se demandent si leur vote comptera encore en novembre.
Section 6 : Les élections de mi-mandat dans la ligne de mire
Novembre 2026, le véritable enjeu
Les sondages sont catastrophiques pour les républicains. Un sondage Fox News donne aux démocrates une avance de six points. Un sondage Economist/YouGov leur donne cinq points d’avance. Au Texas, une élection spéciale pour un siège au Sénat d’État a vu la victoire de la démocrate Taylor Rehmet avec 14 points d’avance — dans un district que Trump avait remporté de 17 points en 2024. Les républicains voient venir la vague. Trump voit venir la défaite. Et plutôt que d’accepter le verdict des urnes, il prépare le terrain pour contester, saboter, invalider les résultats.
C’est ça qui me terrifie le plus. Trump ne se prépare pas à gagner les élections de mi-mandat. Il se prépare à les voler. Il met en place les pièces du puzzle : le FBI qui saisit des bulletins, le ministère de la Justice qui poursuit les comtés récalcitrants, les républicains du Congrès qui parlent de « nationaliser » les élections. Et quand les démocrates gagneront en novembre — parce qu’ils vont gagner, les sondages sont clairs — Trump aura déjà construit son récit : l’élection était truquée, les votes étaient frauduleux, la démocratie est corrompue.
Section 7 : Les réactions politiques, un pays divisé
Entre célébration républicaine et indignation démocrate
Josh McKoon, président du Parti républicain de Géorgie, a célébré le raid du FBI comme « attendu depuis longtemps« . Charlie Bailey, président du Parti démocrate de Géorgie, a dénoncé « un tyran fragile qui brandit les forces de l’ordre fédérales pour pousser ses mensonges dangereux et infondés« . Le sénateur Jon Ossoff, qui se présente à sa réélection en novembre, a qualifié l’action de « croisade d’un mauvais perdant« . Mandela Barnes, ancien lieutenant-gouverneur du Wisconsin candidat au poste de gouverneur, a averti : « Le président a démontré tant de fois qu’on ne peut pas lui faire confiance. Il a démontré tant de fois que cela n’a rien à voir avec l’intérêt de la sécurité, l’intérêt de l’intégrité, ou l’intérêt de faire avancer la cause de la majorité des Américains. »
Écoutez ces voix. Écoutez ces élus qui crient au scandale. Et puis écoutez le silence assourdissant des républicains modérés. Où sont-ils ? Où sont ceux qui prétendaient défendre la Constitution ? Où sont ceux qui juraient que Trump était allé trop loin après le 6 janvier ? Ils se taisent. Ils regardent ailleurs. Ils laissent Trump transformer la démocratie américaine en autocratie, et ils ne disent rien.
Section 8 : Le SAVE Act, un cheval de Troie législatif
Quand la suppression du vote se déguise en sécurité électorale
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a tenté de justifier les propos de Trump en affirmant qu’il faisait référence au SAVE Act, un projet de loi républicain qui exigerait que les électeurs présentent une pièce d’identité et une preuve de citoyenneté pour voter aux élections fédérales. Mais cette explication ne tient pas : pourquoi Trump parle-t-il de « nationaliser » seulement 15 États et pas tous ? Le leader démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a qualifié le SAVE Act de « Jim Crow 2.0« . Derrick Johnson, président de la NAACP, a déclaré : « Cela nous rappelle une fois de plus que l’administration Trump ne cherche qu’à épuiser notre nation avec ces manœuvres déplorables et inconstitutionnelles dans l’espoir que nous nous lasserons et céderons. Malheureusement pour eux, nous sommes bien réveillés, et nous ne renoncerons jamais à quelque chose pour lequel notre peuple s’est battu, a saigné et est mort. »
Jim Crow 2.0. Laissez ces mots résonner. Nous sommes en 2026, et des élus américains utilisent cette expression pour décrire une loi proposée par le parti au pouvoir. Nous sommes en 2026, et des millions d’Américains noirs doivent se battre pour le droit de vote que leurs grands-parents ont arraché dans le sang et les larmes. Nous sommes en 2026, et un président américain utilise le FBI pour intimider, harceler, terroriser les communautés noires qui osent voter contre lui.
Section 9 : Steve Bannon et l'intimidation des électeurs
Quand l’extrême droite appelle à militariser les bureaux de vote
Steve Bannon, ancien stratège de Trump, a franchi un nouveau cap dans la rhétorique d’intimidation. Il a appelé à déployer des agents de l’ICE et des troupes militaires autour des bureaux de vote lors des élections de mi-mandat. « Vous avez raison, nous allons avoir l’ICE qui entoure les bureaux de vote en novembre« , a-t-il déclaré. Cette déclaration n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une stratégie délibérée d’intimidation des électeurs, particulièrement dans les communautés noires et latinos où la présence de forces de l’ordre fédérales est déjà source d’anxiété et de peur.
Des agents de l’ICE autour des bureaux de vote. Des militaires qui surveillent les électeurs. C’est ça, l’Amérique de Trump ? C’est ça, la démocratie qu’on nous vend ? Imaginez être un électeur noir ou latino, imaginez voir des agents fédéraux en uniforme devant votre bureau de vote, imaginez la peur, l’intimidation, la certitude qu’on ne veut pas de votre vote. C’est exactement ce que Bannon veut. C’est exactement ce que Trump prépare.
Conclusion : Le moment de vérité approche
Novembre 2026, un test pour la démocratie américaine
Les élections de mi-mandat de novembre 2026 ne seront pas des élections ordinaires. Elles seront un test existentiel pour la démocratie américaine. Trump a clairement indiqué qu’il n’acceptera les résultats que s’il les juge « honnêtes » — c’est-à-dire favorables aux républicains. Il a mis en place tous les éléments pour contester, saboter, invalider tout résultat qui ne lui convient pas. Le raid du FBI à Fulton County n’est que le début. Les appels à « nationaliser » les élections ne sont que le début. L’intimidation des électeurs noirs et latinos ne fait que commencer. Et pendant ce temps, la démocratie américaine se meurt sous nos yeux.
Je pense à tous ces Américains noirs qui ont marché, qui ont manifesté, qui ont été battus, emprisonnés, tués pour le droit de vote. Je pense à Selma. Je pense au Voting Rights Act de 1965. Je pense à tout ce sang versé, à toutes ces vies sacrifiées. Et je vois Trump en train de tout détruire. En 2026. Avec l’aide du FBI, du ministère de la Justice, du Congrès républicain. Et je me demande : est-ce que ça va suffire ? Est-ce que les Américains vont se réveiller ? Est-ce qu’ils vont comprendre que leur démocratie est en train de mourir ? Ou est-ce qu’ils vont regarder ailleurs, comme ils l’ont toujours fait, jusqu’à ce qu’il soit trop tard ?
Signé Jacques Provost
Sources
Yahoo News, « Trump raises concern for Black voters after threat to ‘nationalize’ elections, seizing ballots in Atlanta », 3 février 2026
Truthout, « Trump Tells Republicans to ‘Nationalize’ State-Run Elections », 3 février 2026
Georgia Recorder, « FBI raids Fulton County elections warehouse seeking 2020 ballots », 28 janvier 2026
MSN, « ‘Five-alarm fire’: Eddie Glaude says Trump’s election rhetoric threatens Black voter access », février 2026
Politico, « Steve Bannon calls for Trump to deploy ICE and military troops to polling sites », 4 février 2026
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