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673 fois Jack Lang

Les documents déclassifiés par le ministère américain de la Justice sont accablants. Parmi les millions de pages, le nom de Jack Lang apparaît 673 fois dans les échanges d’Epstein. Des mails, des notes, des demandes de services. En 2017, il écrit : « Cher Jeffrey, […] votre générosité est infinie. Puis-je encore abuser ? » avant de solliciter un transport en voiture pour une soirée. En 2015, il négocie avec Epstein la vente d’un riad à Marrakech. En 2016, son nom figure dans les statuts d’un fonds offshore doté de 1,4 million d’euros, créé par Epstein. Un fonds que Lang dit découvrir avec « stupéfaction », attribuant son inscription à une « très belle idée » de sa fille Caroline pour acheter des œuvres d’art. Sauf que Caroline, elle, a démissionné dès le 3 février, après la révélation de cette société offshore cofondée avec Epstein.

Pire : Lang a personnellement sollicité Epstein pour un virement de 57 897 dollars en faveur d’une association de proches, destinée à financer un film sur « les années Lang-Mitterrand ». « Solliciter un mécène, ce n’est quand même pas un délit », a-t-il plaidé sur BFMTV. Peut-être. Mais quand le mécène en question est un homme condamné pour exploitation sexuelle de mineures, quand ses méthodes sont connues, quand ses cercles sont sulfureux, la naïveté n’est plus une excuse. Elle devient une insulte à l’intelligence. Et quand on découvre que Lang a aussi signé, en 1977, une pétition défendant les relations sexuelles entre adultes et mineurs – aux côtés de Sartre et Foucault –, la question se pose : où s’arrête la naïveté, où commence la complicité ?

Le site Mediapart, à l’origine des révélations, a aussi mis au jour des échanges financiers troubles. Des virements, des favours, des transactions dont Lang assure qu’« aucun centime » n’est venu dans sa poche. Peut-être. Mais l’argent n’est pas le seul enjeu. Ce qui choque, c’est l’aisance avec laquelle un ancien ministre, un homme respecté, a pu fréquenter un homme comme Epstein. Ce qui choque, c’est l’absence de curiosité, de distance, de simple prudence. Ce qui choque, surtout, c’est cette impression que, pour certains, les règles du commun des mortels ne s’appliquent pas. Que les amitiés douteuses, les financements opaques, les fréquentation dangereuses sont des détails. Jusqu’à ce que les preuves s’accumulent. Jusqu’à ce que les médias s’emparent de l’affaire. Jusqu’à ce que l’opinion publique exige des comptes.


673 fois. Six cent soixante-treize fois, le nom de Jack Lang apparaît dans les archives d’un homme condamné pour avoir exploité, violé, détruit des centaines de jeunes filles. Six cent soixante-treize fois, il a écrit, négocié, sollicité. Et aujourd’hui, il parle de naïveté. Comme si, à 86 ans, après une carrière politique aussi longue, on pouvait ignorer qui est Jeffrey Epstein. Comme si, en 2017, on pouvait encore croire que ce milliardaire était juste un « amateur d’art ». La naïveté, c’est un luxe que se réservent les puissants. Ceux qui savent que, quoi qu’il arrive, ils s’en sortiront. Ceux qui savent que leurs réseaux, leurs titres, leurs amitiés les protégeront. Et quand la vérité éclate, ils jouent les victimes. Ils parlent de complot, de calomnie, de malentendu. Mais les faits sont là. Les mails sont là. Les virements sont là. Et les victimes, elles, attendent toujours.

Sources

– « Affaire Epstein : Jack Lang annonce sa démission de l’Institut du monde arabe », Le Figaro, 7 février 2026.
– « Jack Lang démissionne de l’Institut du monde arabe, éclaboussé par l’affaire Epstein », France Info, 8 février 2026.
– « Affaire Epstein : Jack Lang a proposé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe », France Culture, 8 février 2026.
– « Jack Lang, visage immuable de la culture rattrapé par ses liens avec Epstein », AFP, 7 février 2026.
– « France’s former culture minister resigns over Epstein-linked tax fraud probe », Associated Press, 8 février 2026.
– « Affaire Epstein : l’ex-ministre français Jack Lang contraint de démissionner de l’Institut du monde arabe », La Presse, 7 février 2026.
– « Jack Lang démissionne de la présidence de l’Institut du monde arabe », Mediapart, 8 février 2026.
– « Après la démission de Jack Lang, pourquoi la désignation de son successeur à l’IMA n’est pas si simple », Huffington Post, 8 février 2026.
– « Affaire Epstein : Jack Lang a annoncé sa démission de l’Institut du monde arabe », 20 Minutes, 7 février 2026.
– « Affaire Epstein : la folle semaine qui a acculé Jack Lang à la démission », Le Figaro, 8 février 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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