Storm-1516 et Matryoshka : les noms codes de la manipulation
Les services français de lutte contre la désinformation, notamment l’agence Viginum, ont identifié deux réseaux principaux derrière cette campagne : Storm-1516 et Matryoshka. Le premier, lié au renseignement militaire russe, est responsable d’au moins 77 opérations de désinformation depuis fin 2023. Le second, un réseau de bots massifs, a été utilisé pour amplifier des contenus falsifiés, comme un article prétendant que Macron aurait assisté à des soirées chez Epstein à Paris, ou pire, qu’il aurait visité son île privée à 18 reprises alors qu’il était ministre de l’Économie. Des allégations totalement infondées, comme l’ont confirmé les autorités américaines et françaises. Pourtant, ces fausses informations ont été partagées des centaines de milliers de fois sur X (ex-Twitter), TikTok et d’autres plateformes, souvent par des comptes aux allures de médias légitimes, mais en réalité créés de toutes pièces pour tromper l’opinion publique:refs[3-17,18,22].
Parmi les cibles : des médias français usurpés, comme France-Soir, où un faux article signé d’un journaliste du Parisien – dont l’identité a été volée – accusait Macron de liens avec Epstein. Le vrai journaliste, Victor Cousin, a dû porter plainte pour usurpation d’identité, expliquant comment des individus pro-russes avaient utilisé son nom pour diffuser ces calomnies:refs[5-1,5,6]. Une méthode cynique, mais redoutablement efficace : en s’appuyant sur des supports qui ressemblent à des médias reconnus, les auteurs de cette campagne jouent sur la crédibilité résiduelle de la presse pour faire passer leurs mensonges.
Il y a quelque chose de profondément glaçant à voir des vies brisées par des clics. Victor Cousin, 26 ans, se retrouve propulsé malgré lui au cœur d’un complot international, simplement parce que son nom a été détourné. Et Macron ? Il devient la cible d’une chasse aux sorcières numérique, où la présomption d’innocence n’a plus cours. On est loin des débats d’idées, loin même de la politique traditionnelle. Ici, il s’agit de détruire, de salir, de discréditer coûte que coûte. Et le plus terrifiant, c’est que ces méthodes ne sont pas nouvelles. Elles ont été testées en Ukraine, aux États-Unis, et maintenant en France. Nous sommes tous des cibles potentielles. Tous.
Section 3 : Pourquoi Macron ? Pourquoi maintenant ?
La France, nouvelle cible de la guerre hybride russe
La timing de cette campagne n’est pas un hasard. Elle intervient alors que la France joue un rôle clé dans le soutien à l’Ukraine, et que Macron est perçu comme l’un des principaux opposants à la Russie en Europe. En ciblant le président français, Moscou cherche à affaiblir la cohésion européenne, à semer la division, et à discréditer ceux qui résistent à son aggression en Ukraine. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a d’ailleurs profité de la publication des documents Epstein pour lancer des attaques contre « l’élite occidentale », accusée de « traiter les enfants comme du bétail » – une rhétorique qui rappelle les pires heures de la propagande soviétique:refs[7-1,6,7].
Mais pourquoi Epstein ? Parce que ce nom est devenu un symbole universel de la corruption des puissants. En associant Macron à ce scandale, les propagandistes russes savent qu’ils touchent une corde sensible : celle de la défiance envers les élites. Et dans un contexte où les théories du complot prospèrent, une telle accusation, même dénuée de fondement, trouve un écho inquiétant. D’autant que la France n’est pas la seule visée : des faux documents ont aussi ciblé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, accusé sans preuve d’être lié au réseau Epstein:refs[9-2,22].
Je me demande parfois à quel point nous sommes préparés à cette guerre. Pas celle des chars et des bombes, mais celle des algorithmes et des fake news. Une guerre où l’arme principale, c’est notre propre crédulité. Parce que oui, nous voulons croire au pire. Oui, nous préférons parfois une histoire sordide à une vérité moins spectaculaire. Et c’est exactement ce que Moscou exploite. Chaque like, chaque partage d’un article truqué, chaque commentaire outré sous une vidéo manipulée… c’est une victoire pour eux. Une victoire sur notre esprit critique, sur notre capacité à distinguer le vrai du faux. Et ça, c’est bien plus dangereux qu’un char à la frontière.
Section 4 : Les méthodes de la désinformation moderne
Deepfakes, faux médias et usurpation d’identité
Les outils utilisés dans cette campagne sont ceux de la désinformation 2.0 : deepfakes, sites clonés, comptes bots coordonnés. Une vidéo, diffusée massivement sur X, prétendait ainsi montrer des « preuves » de la présence de Macron chez Epstein. En réalité, il s’agissait d’un montage grossier, mais suffisant pour tromper des milliers d’internautes. D’autres faux documents, imitant des rapports du Département de la Justice américain, ont circulé, affirmant que Macron était mentionné dans les échanges d’Epstein. Pourtant, comme l’a confirmé l’AFP, aucun document officiel ne corrobore ces allégations:refs[11-3,17,18].
Les réseaux sociaux, et notamment X, sont devenus le terrain de jeu privilégié de ces opérations. Selon Viginum, certains posts ont cumulé près de 700 000 vues en quelques heures, avant d’être (parfois) supprimés. Trop tard : le mal est fait. La rumeur a pris son envol, et même un démenti officiel ne suffit pas toujours à l’arrêter:refs[13-3,16].
Nous vivons à l’ère de l’hyper-connexion, mais aussi de l’hyper-manipulation. Un clic, un partage, et une information – vraie ou fausse – fait le tour du monde. Les plateformes promettent de lutter contre la désinformation, mais les résultats sont mitigés. Pendant ce temps, des vies sont brisées, des réputations salies, des démocraties ébranlées. Et nous, dans tout ça ? Nous sommes à la fois victimes et complices. Parce que partager une info choc sans vérifier, c’est déjà participer à la machine. Parce que croire ce qui nous arrange, c’est donner des munitions à ceux qui veulent nous diviser. Alors oui, la technologie a changé la donne. Mais c’est à nous, humains, de décider si nous laissons les mensonges l’emporter.
Section 5 : Les réactions françaises et internationales
Viginum en première ligne, mais jusqu’où peut-on aller ?
Face à cette offensive, la France a réagi rapidement. Viginum a alerté sur la campagne dès le 4 février, et les plateformes ont été sommées de retirer les contenus frauduleux. Mais la partie est inégale : pour chaque compte suspendu, dix autres apparaissent. Emmanuel Macron lui-même a mis en garde contre les « campagnes de désinformation russes en Europe », rappelant que ces méthodes visent à « déstabiliser nos sociétés »:refs[15-1,18].
Du côté international, l’Union européenne et les États-Unis ont exprimé leur soutien à la France. Mais les solutions restent limitées. Comment lutter contre des réseaux qui opèrent depuis l’étranger, qui utilisent des serveurs anonymes, et qui s’adaptent en temps réel aux mesures de modération ? La réponse n’est pas seulement technique : elle est aussi politique, éducative, citoyenne.
Je me souviens d’une phrase de George Orwell : « Dans une époque de tromperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. » Aujourd’hui, cet acte révolutionnaire, c’est refuser de partager une info non vérifiée. C’est prendre deux minutes pour croiser les sources. C’est accepter que la vérité soit parfois moins spectaculaire que le mensonge. Mais c’est aussi exiger des plateformes qu’elles assument leurs responsabilités. Parce que la liberté d’expression, ce n’est pas la liberté de mentir. Et la démocratie, ce n’est pas un champ de bataille où tout est permis.
Section 6 : Epstein, un scandale instrumentalisé
Quand la tragédie devient une arme politique
L’affaire Epstein est, en elle-même, un scandale monstrueux. Des centaines de victimes, des puissants impliqués, une justice qui a mis des années à agir. Mais aujourd’hui, ce drame est récupéré, détourné, transformé en outil de propagande. Les vraies victimes – celles qui ont subi les abus d’Epstein et de son réseau – se retrouvent noyées dans un flot de théories du complot et de manipulations. Leur souffrance est instrumentalisée pour servir des intérêts géopolitiques:refs[17-17,19,21].
Pire : en associant Macron à Epstein sans preuve, les propagandistes russes banalisent la pédocriminalité. Ils en font un simple outil de communication, un moyen de discréditer un adversaire. Comme si les crimes d’Epstein n’étaient plus qu’un prétexte, une munition de plus dans leur arsenal.
Il y a des choses qui devraient rester sacrées. La souffrance des victimes en fait partie. Les utiliser comme monnaie d’échange dans une guerre d’influence, c’est ajouter l’insulte à l’injure. Et nous, en relayant ces rumeurs, nous devenons complices de cette seconde victimisation. Alors oui, il faut dénoncer les mensonges. Oui, il faut exiger des comptes. Mais n’oublions jamais que derrière les noms d’Epstein, de Maxwell, ou des autres, il y a des vies brisées. Des vies qui méritent mieux que d’être réduites à des hashtags ou à des armes politiques.
Section 7 : Comment reconnaître une campagne de désinformation ?
Les signes qui ne trompent pas
Face à l’ampleur de ces opérations, comment distinguer le vrai du faux ? Plusieurs indices doivent alerter :
La source : un article publié sur un site inconnu, ou imitant un média reconnu (comme France-Soir dans ce cas).
<strong-le ton : des accusations sensationnalistes, sans nuances ni preuves tangibles.
La viralité : une info qui explose soudainement sur les réseaux, souvent partagée par des comptes aux comportements suspects (créés récemment, peu d’abonnés, activité intense sur un seul sujet).
L’absence de recoupement : aucune mention dans les médias traditionnels, ou des démentis rapides des autorités.
Dans le cas de Macron et Epstein, aucun document officiel ne mentionne de lien entre les deux. Les « preuves » avancées sont soit des faux, soit des montages:refs[19-17,18,20].
Nous avons tous un rôle à jouer. Pas besoin d’être expert pour repérer un fake. Il suffit parfois de se poser une question simple : « Est-ce que cette info me semble trop belle (ou trop horrible) pour être vraie ? » Si la réponse est oui, c’est probablement le cas. Et dans le doute, le meilleur réflexe reste de ne pas partager. Parce qu’une info fausse, ça se propage à la vitesse de la lumière. Mais une réputation salie, ça se répare beaucoup moins vite.
Section 8 : Les leçons d’une crise annoncée
La désinformation, menace permanente
Cette affaire n’est qu’un épisode de plus dans une guerre qui dure depuis des années. La Russie n’est pas la seule à utiliser ces méthodes : la Chine, l’Iran, et même des acteurs internes aux démocraties, recourent à la désinformation pour influencer l’opinion. Mais l’ampleur et la sophistication des opérations russes en font une menace particulière.
Pour les démocraties, le défi est immense : comment protéger la liberté d’expression tout en luttant contre la manipulation ? Comment éduquer les citoyens sans tomber dans la censure ? Les réponses ne sont pas simples, mais une chose est sûre : l’inaction n’est pas une option. Parce que chaque campagne de désinformation qui passe, c’est un peu plus de confiance qui s’effrite. Et une démocratie sans confiance, c’est une démocratie en danger.
Je ne suis ni optimiste ni pessimiste. Je suis en colère. En colère contre ceux qui mentent, bien sûr. Mais aussi contre nous, qui laissons faire. Parce que nous avons les outils pour résister. Parce que nous savons, au fond, que la vérité vaut la peine d’être défendue. Alors oui, c’est un combat de tous les jours. Oui, c’est épuisant. Mais c’est le prix à payer pour vivre dans une société où les faits comptent encore plus que les rumeurs. Et ça, ça n’a pas de prix.
Section 9 : Et maintenant, que faire ?
Résister, vérifier, éduquer
Face à cette menace, plusieurs pistes s’offrent à nous :
Renforcer les moyens des agences comme Viginum, pour détecter et contrer les campagnes de désinformation.
Exiger plus de transparence des plateformes, sur les comptes bots, les algorithmes de recommandation, et les contenus sponsorisés.
Éduquer dès l’école à l’esprit critique, à la vérification des sources, à la détection des fake news.
Soutenir un journalisme indépendant et rigoureux, capable de résister aux pressions et aux manipulations.
Mais surtout, chacun d’entre nous doit devenir un acteur de la résistance. En vérifiant avant de partager. En signalant les contenus suspects. En refusant de laisser les mensonges dicter le débat public.
Je ne crois pas aux solutions miracles. Je crois en revanche à la somme des petits gestes. À chaque fois que vous ne partagez pas une info non vérifiée, vous gagnez une bataille. À chaque fois que vous croisez les sources, vous affaiblissez les manipulateurs. Et à chaque fois que vous exigez la vérité, vous renforcez la démocratie. Alors oui, c’est un combat de longue haleine. Mais c’est le nôtre. Et il en va de notre avenir commun.
Conclusion : La vérité comme acte de résistance
Ne laissons pas les mensonges écrire notre histoire
L’affaire des fake news sur Macron et Epstein est un rappel brutal : la désinformation n’est pas une fatalité. C’est une arme, et comme toute arme, elle peut être contrée. Mais pour cela, il faut en avoir conscience. Il faut refuser de devenir des soldats involontaires dans une guerre qui nous dépasse. Il faut choisir, chaque jour, le camp de la vérité.
Parce que au fond, c’est ça, la vraie question : quel monde voulons-nous laisser à ceux qui nous suivent ? Un monde où les mensonges triomphent, où la défiance est reine, où la démocratie n’est plus qu’un mot vide de sens ? Ou un monde où les faits comptent encore, où le débat est possible, où la vérité reste une valeur ?
Je n’ai pas de réponse toute faite. Juste une certitude : si nous baissons les bras, nous aurons déjà perdu. Alors oui, c’est difficile. Oui, c’est décourageant, parfois. Mais nous n’avons pas le choix. Parce que la démocratie, ça se défend. Pas avec des armes, pas avec la violence. Mais avec des actes simples, quotidiens. En restant vigilants. En refusant de nous laisser manipuler. En continuant à croire que la vérité, même fragile, même attaquée de toutes parts, finit toujours par triompher. Alors aujourd’hui, demain, et tous les jours qui suivent, choisissons de résister. Parce que c’est ça, être citoyen. Pas seulement voter. Mais défendre, chaque jour, ce en quoi nous croyons.
Signé Jacques Provost
Sources
– Euronews, « Russian actors behind smear campaign to frame Macron in the Epstein files », 6 février 2026:refs[21-17].
– AFP, « France detects Russia-linked Epstein smear attempt against Macron », 6 février 2026:refs[23-1,18].
– RFI, « France uncovers Russian disinformation campaign falsely linking Macron to Epstein », 6 février 2026:refs[25-3,16].
– The Insider/UNITED24 Media, « Russia Turns Epstein Files Into a Disinformation Weapon Against Macron and Ukraine », 4 février 2026:refs[27-2,22].
– Reuters, « Pro-Russia disinformation falsely links Macron to Epstein », 6 février 2026:refs[29-20].
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.