Une stratégie qui ne cache même plus ses ambitions
Fini le temps où les ventes d’armes servaient à renforcer les alliances ou à promouvoir la stabilité régionale. Désormais, chaque contrat doit d’abord profiter à l’industrie américaine. Le décret est sans ambiguïté : les États-Unis « utiliseront les ventes et les transferts d’armes pour renforcer les activités d’acquisition et de maintien en condition opérationnelle du Pentagone ». Traduction : les alliés devront acheter américain, et si possible, les systèmes les plus chers, les plus sophistiqués, ceux qui garantissent des marges juteuses pour Lockheed Martin, RTX ou Boeing. Les Européens, déjà sous pression pour financer l’Ukraine, en savent quelque chose : depuis août 2025, ils doivent passer par Washington pour armer Kiev, avec une « marge de 10 % » prélevée par Trump sur chaque transaction. Une aubaine pour le Trésor américain, une facture salée pour des pays déjà exsangues. Et ce n’est qu’un début. Dans les 120 jours, un catalogue des armes « prioritaires » sera établi, et un groupe de travail sera chargé de « promouvoir » ces ventes. Autrement dit, de faire pression sur les partenaires réticents.
On nous serine que c’est pour notre bien, que c’est pour « renforcer la dissuasion », que c’est pour « se défendre contre les menaces ». Mais qui décide de ces menaces ? Qui fixe les prix ? Qui choisit les bénéficiaires ? Trump, bien sûr. Avec ses conseillers, ses lobbies, ses généraux acquis à sa cause. Et pendant ce temps, les pays qui n’ont pas les moyens de suivre – ou qui osent développer leur propre industrie de défense – se retrouvent dans le collimateur. La France, avec ses missiles franco-allemands, en a déjà fait les frais. L’Europe, qui rêvait d’autonomie stratégique, se voit rappelée à l’ordre : soit vous achetez américain, soit vous assumez les conséquences. C’est du chantage, mais un chantage élégant, habillé en « coopération stratégique ». Et le plus terrifiant, c’est que personne ne semble en mesure de dire non.
Section 3 : La fin des garde-fous – quand les droits humains deviennent un détail
Trump enterre la directive Biden sur le respect du droit international
En février 2024, Joe Biden avait adopté une directive exigeant que les armes américaines vendues à l’étranger ne soient pas utilisées en violation du droit humanitaire international. Un texte inspiré par les exactions commises à Gaza, où des bombes américaines ont été utilisées contre des civils. Trump l’a purement et simplement annulée. Résultat : plus de garanties, plus de contrôles, plus de questions embarrassantes. Les sénateurs républicains applaudissent, les industriels de l’armement se frottent les mains, et les organisations de défense des droits humains hurlent au scandale. Mais à quoi bon ? Quand le président lui-même qualifie cette annulation d’« excellente nouvelle », qui osera le contredire ? Désormais, peu importe comment les armes seront utilisées – du moment qu’elles sont vendues. Peu importe si elles finissent entre les mains de régimes répressifs ou de milices douteuses. L’important, c’est le chiffre d’affaires.
Il fut un temps où l’Amérique se voulait le gendarme du monde, le défenseur des valeurs démocratiques, le champion des droits humains. Aujourd’hui, elle est devenue le premier fournisseur d’armes sans scrupules, un marchand de canon qui ne pose plus de questions. On nous parle de « réalisme », de « pragmatisme », de « nécessité stratégique ». Mais quand on vend des armes à des dictatures, quand on ferme les yeux sur les crimes de guerre, quand on transforme la souffrance en business, on ne fait pas de la politique étrangère – on fait du commerce. Un commerce lucratif, certes, mais qui laisse des traces indélébiles. Des traces de sang, de destruction, de chaos. Et un jour, ces traces nous rattraperont. Parce que l’histoire, tôt ou tard, présente l’addition.
Section 4 : Le piège ukrainien – comment Trump fait payer l’Europe
100 milliards de dollars et une marge de 10 % : la facture de la guerre
L’Ukraine est le laboratoire de cette nouvelle doctrine. Pour continuer à armer Kiev, les Européens doivent passer par Washington – et accepter de payer une « marge de 10 % » sur chaque achat. Une somme qui, selon le secrétaire au Trésor Scott Bessent, servira à financer la « protection de l’espace aérien ukrainien ». En clair : les Européens paient pour une guerre qui les concerne au premier chef, mais aussi pour les frais de fonctionnement de l’armée américaine. Un comble. Pourtant, personne ne bronche. Ou presque. Parce que dans l’immédiat, il n’y a pas d’alternative. Les usines européennes tournent au ralenti, les stocks sont vides, et l’urgence est là. Alors on signe, on paie, et on espère que Trump ne relèvera pas ses tarifs. Mais jusqu’à quand ?
C’est un hold-up en règle. Un hold-up qui se fait au grand jour, avec la bénédiction des dirigeants européens, trop heureux de pouvoir se défausser sur Washington. Mais à force de dépendre des États-Unis, l’Europe perd bien plus que de l’argent : elle perd sa crédibilité, sa souveraineté, sa capacité à peser sur le cours des événements. Et pendant ce temps, Trump peut se permettre de jouer les arbitres, de distribuer les bonnes et les mauvaises notes, de décider qui mérite d’être protégé et qui ne l’est pas. On est loin de l’OTAN des origines, cette alliance fondée sur la solidarité et la confiance mutuelle. Aujourd’hui, c’est chacun pour soi – et Dieu pour les États-Unis. Le pire, c’est que les Européens, divisés et affaiblis, n’ont même plus la force de protester. Ils se contentent de négocier les modalités de leur soumission.
Section 5 : La Chine et la Russie dans le viseur – une course aux armements sans limites
Quand la vente d’armes devient une arme de guerre économique
Officiellement, le décret vise à « contrer l’influence de la Chine et de la Russie ». En réalité, il risque de déclencher une course aux armements sans précédent. Pékin et Moscou n’ont pas attendu Trump pour moderniser leurs arsenaux, mais cette nouvelle politique américaine va les pousser à accélérer la cadence. Résultat : un monde plus dangereux, où chaque pays cherchera à se doter des armes les plus destructrices, où les tensions régionales vont s’exacerber, où le risque d’escalade devient une certitude. Déjà, la fin du traité New Start entre Washington et Moscou, en février 2026, a fait sauter le dernier verrou du désarmement nucléaire. Trump réclame un « nouveau traité modernisé », mais en attendant, c’est la loi de la jungle qui prévaut. Et dans cette jungle, les États-Unis entendent rester les rois.
On nous parle de « dissuasion », de « supériorité stratégique », de « nécessité géopolitique ». Mais quand on regarde les faits, une seule logique s’impose : celle de la surenchère. Plus d’armes, plus de missiles, plus de bombes. Comme si la sécurité pouvait se mesurer en tonnes d’explosifs, comme si la paix pouvait s’acheter à coups de contrats juteux. Pourtant, l’histoire nous a montré que les courses aux armements ne mènent jamais à la stabilité. Elles mènent à la guerre. À Sarajebo en 1914, à Hiroshima en 1945, à Cuba en 1962. Et aujourd’hui, on recommence. Avec les mêmes recettes, les mêmes illusions, les mêmes risques. Sauf qu cette fois, les enjeux sont bien plus grands. Parce que dans un monde où les armes nucléaires prolifèrent, où les cyberattaques se multiplient, où les conflits se mondialisent, une étincelle peut suffire à embraser la planète. Et cette étincelle, Trump et ses décrets la rendent chaque jour un peu plus probable.
Section 6 : Les perdants de la nouvelle donne – l’Europe en première ligne
Quand l’autonomie stratégique devient un rêve inaccessible
Pour l’Europe, le message est clair : soit vous achetez américain, soit vous disparaissez. Les projets franco-allemands, les ambitions industrielles, les rêves d’autonomie – tout cela compte pour du beurre face à la machine de guerre commerciale de Trump. Pire : les restrictions américaines à l’exportation, les pressions sur les chaînes d’approvisionnement, les menaces de sanctions contre ceux qui osent développer leurs propres systèmes, rendent toute alternative quasi impossible. Résultat : l’industrie européenne de défense étouffe, les emplois disparaissent, et les pays du Vieux Continent se retrouvent pieds et poings liés. Même la France, qui avait misé sur le missile MICA pour échapper à la tutelle américaine, doit aujourd’hui composer avec les réalités du marché. Un marché dominé par Washington, où la loyauté se paie en euros – et en renoncements.
L’Europe avait un choix : se battre pour son indépendance, ou se résigner à devenir un protectorat américain. Elle a choisi la résignation. Parce que c’est plus facile, parce que c’est moins risqué, parce que ça évite les conflits. Mais à quel prix ? À force de dépendre des États-Unis, elle perd ce qui fait sa force : sa diversité, son ingéniosité, sa capacité à innover. Et surtout, elle perd sa voix. Parce que quand on n’a plus les moyens de se défendre, on n’a plus les moyens de parler. On se contente d’écouter, d’obéir, de suivre. Et ça, c’est une défaite bien plus grave que toutes les batailles perdues.
Section 7 : Le rôle des lobbies – quand l’industrie dicte la politique
Lockheed Martin, RTX, Boeing : les grands gagnants de la nouvelle stratégie
Derrière ce décret, il y a une armée de lobbies. Ceux de l’industrie de l’armement, bien sûr, qui voient leurs carnets de commandes se remplir à un rythme effréné. Mais aussi ceux du Congrès, où les sénateurs républicains – à l’image de Jim Risch, président de la commission des Affaires étrangères – applaudissent des deux mains. Pour eux, c’est une victoire : moins de contrôles, plus de ventes, des profits records. Peu importe si ces ventes alimentent des conflits, si elles renforcent des dictatures, si elles sapent les efforts de paix. L’important, c’est que l’argent rentre. Et avec des marges comme celles imposées par Trump, il rentre à flots. Les actionnaires sont ravis, les dirigeants des grands groupes sourient, et les travailleurs de l’armement peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Le complexe militaro-industriel n’a jamais eu aussi bonne mine.
Il y a quelque chose de profondément malsain à voir une poignée d’entreprises dicter la politique étrangère d’un pays. À voir des sénateurs, grassement financés par les donateurs de l’industrie, voter des lois qui enrichissent leurs mécènes. À voir un président, lui-même issu du monde des affaires, transformer la diplomatie en simple opération commerciale. On nous parle de « patriotisme », de « défense des intérêts nationaux ». Mais de quels intérêts parle-t-on ? Ceux des Américains ordinaires, qui paient leurs impôts et espèrent vivre en paix ? Ou ceux des actionnaires, des PDG, des lobbies qui tirent les ficelles dans l’ombre ? Quand l’argent devient la seule boussole, quand le profit prime sur l’éthique, quand la guerre devient un marché comme un autre, alors on a perdu bien plus qu’une bataille – on a perdu notre âme.
Section 8 : Les conséquences humanitaires – quand les armes tuent deux fois
Des conflits prolongés, des civils sacrifiés, un monde plus dangereux
Les armes américaines sont déjà utilisées dans des dizaines de conflits à travers le monde. Au Yémen, en Syrie, en Irak, en Ukraine, en Afrique… Partout, elles laissent derrière elles des villes en ruines, des familles détruites, des générations traumatisées. Avec la fin des garde-fous, la situation ne peut qu’empirer. Les régimes autoritaires, les groupes armés, les milices de tous bords vont pouvoir s’approvisionner sans crainte de représailles. Les civils paieront le prix fort, comme toujours. Et les États-Unis, eux, continueront à vendre. Parce que dans cette équation, les vies humaines ne pèsent pas lourd face aux milliards de dollars en jeu.
Chaque arme vendue, c’est une vie en danger. Chaque bombe livrée, c’est une famille déchirée. Chaque missile tiré, c’est un espoir anéanti. Pourtant, on nous explique que c’est pour notre bien, que c’est pour « protéger nos intérêts », que c’est pour « assurer notre sécurité ». Mais quelle sécurité y a-t-il dans un monde où la violence est monnayée, où la paix se négocie à coups de contrats, où la justice s’efface devant le profit ? Quand on regarde les chiffres – 300 milliards de dollars de ventes annuelles, des marges de 10 %, des bénéfices records –, on se dit que quelqu’un, quelque part, doit bien en tirer profit. Mais ce quelqu’un, ce n’est jamais ceux qui souffrent. Ce n’est jamais ceux qui pleurent leurs morts. Ce n’est jamais ceux qui, chaque jour, prient pour que la guerre s’arrête. Non, ceux qui profitent, ce sont ceux qui vendent les armes. Ceux qui signent les chèques. Ceux qui, depuis leurs bureaux climatisés, décident du sort des autres. Et ça, c’est une honte.
Section 9 : La résistance s’organise – mais sera-t-elle entendue ?
ONG, parlementaires, opinions publiques : les voix qui disent non
Face à cette dérive, des voix s’élèvent. Des ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch dénoncent une politique « immorale et dangereuse ». Des parlementaires démocrates tentent de bloquer certains contrats. Des opinions publiques, en Europe comme aux États-Unis, commencent à s’indigner. Mais dans un système où l’argent parle plus fort que la morale, où les lobbies ont plus de poids que les citoyens, où les médias se contentent trop souvent de relayer les communiqués officiels, la résistance semble dérisoire. Pourtant, elle existe. Et elle grandit. Parce que quand on touche aux fondements mêmes de la paix, quand on joue avec le feu, tôt ou tard, le feu vous brûle.
Je crois profondément que rien n’est jamais écrit d’avance. Que même les machines les plus puissantes peuvent être arrêtées. Que même les systèmes les plus verrouillés peuvent être brisés. Mais pour ça, il faut oser. Oser dire non. Oser résister. Oser exiger que la politique ne soit pas une simple affaire de profits, que la sécurité ne soit pas une marchandise, que la paix ne soit pas un luxe. Oui, c’est difficile. Oui, c’est risqué. Oui, ça demande du courage. Mais c’est le seul moyen d’éviter le pire. Parce que si on ne fait rien, si on se tait, si on laisse faire, alors on devient complices. Complices d’un monde où la guerre est un business, où la vie humaine n’a pas de prix, où la seule loi est celle du plus fort. Et ça, je ne peux pas l’accepter. Personne ne devrait l’accepter.
Conclusion : L’Amérique au carrefour – entre hégémonie et déclin
Un choix qui engagera des décennies
Avec ce décret, Trump ne fait pas que modifier les règles des ventes d’armes. Il redéfinit le rôle des États-Unis dans le monde. Plus question de jouer les arbitres, les garants de la stabilité, les défenseurs des valeurs démocratiques. Désormais, l’Amérique sera un acteur comme un autre – mais un acteur plus puissant, plus riche, plus impitoyable. Un acteur qui vendra sa protection au plus offrant, qui monnayera sa loyauté, qui transformera chaque alliance en transaction. Une Amérique qui, à force de tout vouloir contrôler, risque de tout perdre. Parce que l’histoire nous a montré que les empires qui ne savent que dominer finissent toujours par s’effondrer. Et que les nations qui oublient leur âme finissent toujours par se perdre.
Je ne sais pas ce que sera demain. Je ne sais pas si les Européens se réveilleront, si les Américains réaliseront l’ampleur des dégâts, si le monde trouvera le courage de dire stop. Mais une chose est sûre : nous sommes à un tournant. Un tournant où il faut choisir entre deux visions du monde. Celle de Trump, où tout s’achète et tout se vend, où la force prime sur le droit, où la peur est un outil de gouvernement. Et celle d’un monde où la paix vaut plus que l’or, où la justice compte plus que les profits, où la dignité humaine n’a pas de prix. Entre ces deux visions, il n’y a pas de place pour la neutralité. Il n’y a pas de place pour l’indifférence. Il n’y a que le choix. Et ce choix, c’est à nous de le faire. Maintenant.
Signé Jacques Provost
Sources
– Lignes de Défense, « La nouvelle stratégie américaine de transferts d’armes : faire passer des commandes d’armes US aux alliés pour renforcer la BITD des USA », 9 février 2026.
– BFMTV, « Maintenir la domination militaire et la supériorité technologique des États-Unis : la nouvelle politique américaine d’exportation d’armement va renforcer la priorité aux équipements du Pentagone », 9 février 2026.
– Pravda FR, « Les États-Unis vont renforcer le contrôle sur le transfert d’armes à des tiers », 7 février 2026.
– Le Devoir, « En réorganisant le département de la Défense, le président américain Donald Trump est accusé de politiser l’armée », 25 février 2025.
– L’Orient-Le Jour, « Ventes d’armes : Trump annule une directive se souciant des droits humains », 25 février 2025.
– TF1 Info, « Armes pour l’Ukraine : les États-Unis vont réaliser une marge de 10 % sur leurs ventes aux Européens », 20 août 2025.
– AFP, « Désarmement nucléaire : Trump réclame un nouveau traité « modernisé » avec la Russie », 4 février 2026.
– Le Rubicon, « Trump 2 : quelles conséquences pour l’industrie de défense européenne ? », 5 novembre 2025.
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