Une vision élargie des maladies cardiaques

Les maladies cardiaques touchent aujourd’hui près de la moitié des adultes aux États-Unis, une statistique qui révèle l’ampleur du défi sanitaire actuel. Cependant, des données récentes indiquent que les problèmes cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les maladies rénales et le diabète se développent souvent à partir des mêmes causes profondes.
Un rapport majeur de l’American Heart Association met en lumière la manière dont le mode de vie, un dépistage précoce et une meilleure sensibilisation pourraient prévenir une grande partie de ces dommages. Il ne s’agit plus seulement d’observer le cœur isolément, mais de comprendre ses interactions avec le reste de l’organisme.
Les facteurs de risque de maladie cardiaque sont en effet étroitement liés à la glycémie, à la pression artérielle, au cholestérol, au poids corporel, au sommeil et à la fonction rénale. Cette interconnexion redéfinit la manière dont la médecine appréhende la prévention et le traitement.
Le syndrome CKM : une nouvelle classification médicale

Les médecins utilisent désormais le terme de syndrome cardiovasculaire, rénal et métabolique, ou syndrome CKM, pour décrire cette connexion physiologique complexe. Le syndrome CKM suit une trajectoire précise allant d’un état de santé sain à une maladie avancée, évoluant à travers plusieurs étapes au fil du temps.
Les données issues des enquêtes nationales, notamment l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES), révèlent à quel point ce syndrome est devenu courant. Parmi les adultes, seulement 10,6 % environ demeurent au stade 0, ce qui correspond à une santé optimale. À l’inverse, près de la moitié de la population adulte se situe au stade 2, tandis que plus de 14 % atteignent les stades avancés 3 ou 4.
Le risque de décès par maladie cardiaque augmente brusquement dans ces stades avancés du CKM. Il est à noter que les femmes présentent des augmentations de risque encore plus élevées que les hommes à travers ces différents stades.
Diabète et reins : des signaux d’alarme omniprésents

Le diabète continue de gagner du terrain. Des données nationales récentes montrent que 29,5 millions d’adultes souffrent d’un diabète diagnostiqué, tandis que 9,6 millions d’adultes vivent avec un diabète non diagnostiqué. Par ailleurs, 96 millions d’adultes vivent avec un prédiabète. Cette tendance touche également la jeunesse : environ 8,4 millions d’adolescents âgés de 12 à 17 ans présentent des signes de prédiabète. L’élévation de la glycémie au fil du temps endommage les vaisseaux sanguins, accroît le risque de crise cardiaque et nuit aux reins.
Les maladies rénales sont fortement liées aux maladies cardiaques et au diabète. Les données montrent que les cas d’insuffisance rénale avancée ont augmenté depuis le début des années 2000, bien que les taux de nouveaux cas aient légèrement diminué ces dernières années. Même des problèmes rénaux légers augmentent le danger : une fonction rénale réduite et de petites quantités de protéines dans les urines doublent le risque de décès et multiplient par près de trois le risque de décès d’origine cardiaque.
Malgré ce risque sérieux, de nombreux essais cliniques excluent encore les patients atteints de maladies rénales, ce qui limite les connaissances sur les meilleurs traitements disponibles pour cette population spécifique.
Les 8 essentiels de la vie et les prévisions pour 2050

L’American Heart Association a introduit les « 8 essentiels de la vie » (Life’s Essential 8) pour mesurer la santé cardiovasculaire. Ces huit domaines clés incluent l’alimentation, l’activité physique, le statut tabagique, le sommeil, le poids corporel, la pression artérielle, le cholestérol et la glycémie. Une méta-analyse de 59 études a révélé qu’une santé cardiovasculaire idéale est liée à un risque de maladie cardiaque inférieur de 74 % par rapport à une mauvaise santé cardiovasculaire.
Cependant, les prévisions pour l’avenir sont préoccupantes si les tendances actuelles persistent. Les projections suggèrent que l’hypertension pourrait passer de 51,2 % en 2010 à 61,0 % d’ici 2050. Le diabète pourrait quant à lui passer de 16,3 % à 26,8 % sur la même période.
L’obésité, autre facteur majeur, pourrait augmenter de 43,1 % à 60,6 %. L’hypertension, le diabète, l’obésité et le cholestérol anormal continuent déjà de progresser dans de nombreux groupes de population, soulignant l’urgence d’une prise en charge globale.
Sommeil, activité et nutrition : des habitudes à revoir

Le sommeil joue un rôle majeur dans la santé cardiaque et métabolique. Environ 30,5 % des adultes signalent au moins une heure de dette de sommeil. Un mauvais sommeil est lié à des taux plus élevés d’hypertension, de diabète de type 2, d’obésité et d’inactivité.
L’activité physique reste par ailleurs insuffisante. Seulement 1 jeune sur 5 atteint les objectifs d’activité quotidienne. À l’échelle mondiale, environ un tiers des adultes ne parviennent pas à respecter les niveaux d’activité recommandés.
La nutrition nécessite également des améliorations significatives. Les scores relatifs à l’alimentation demeurent parmi les composantes les plus faibles des « 8 essentiels de la vie ». Ces habitudes quotidiennes façonnent directement le risque de développer une maladie cardiaque.
AVC et insuffisance cardiaque : un bilan contrasté

L’ensemble des maladies cardiovasculaires affecte 48,9 % des adultes âgés de plus de 20 ans. Si le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) a diminué au fil des décennies, des disparités persistent : les adultes noirs sont toujours confrontés à des taux beaucoup plus élevés par rapport aux adultes blancs.
Les cas d’insuffisance cardiaque continuent d’augmenter. Environ 7,7 millions d’adultes vivent aujourd’hui avec une insuffisance cardiaque. Pour la seule année 2023, l’insuffisance cardiaque a causé près de 90 000 décès aux États-Unis.
Ces chiffres rappellent que la santé cardiovasculaire ne dépend pas d’un seul organe. Les vaisseaux sanguins, les reins, le métabolisme, le sommeil, l’alimentation et l’activité physique façonnent tous le risque futur.
Prévention : agir aujourd’hui pour demain
Jusqu’à 80 % des crises cardiaques et des AVC peuvent être évités grâce à un dépistage précoce, un mode de vie sain et un traitement approprié. Des contrôles réguliers de la pression artérielle, du cholestérol, de la glycémie, de la fonction rénale et du tour de taille permettent de déceler les problèmes tôt.
Stacey E. Rosen, médecin et présidente bénévole de l’American Heart Association, souligne l’importance de cette approche globale : « Nous encourageons les gens à prendre conscience du lien entre ces affections afin qu’ils puissent, avec leur équipe soignante, réfléchir à leur santé globale au-delà des pathologies individuelles ».
Elle ajoute une précision cruciale pour l’avenir des patients : « Comprendre ce lien vous aide à mieux prévenir les complications grâce à des changements de mode de vie et un traitement approprié ». La sensibilisation et l’action aujourd’hui peuvent prévenir l’invalidité, réduire les coûts médicaux et sauver des vies demain. Cette étude est publiée dans la revue Circulation.
Selon la source : earth.com
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Santé cardiaque : pourquoi le véritable danger ne vient pas seulement du cœur
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