Les mots qu’on adresse à un peuple qu’on bombarde
La partie la plus glaçante de la vidéo n’est pas l’annonce des frappes. C’est ce qui vient après. Trump se tourne vers le peuple iranien. Pas vers ses dirigeants. Vers le peuple. Et il dit : « Finally, to the great, proud people of Iran, I say tonight that the hour of your freedom is at hand. » L’heure de votre liberté est arrivée. Puis : « When we are finished, take over your government. It will be yours to take. This will be probably your only chance for generations. »
Relisons. « Quand nous aurons terminé, prenez votre gouvernement. » Terminé quoi ? De bombarder ? De détruire les infrastructures ? De tuer les généraux, les scientifiques, les civils qui se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment ? Et ensuite, le peuple iranien est censé — quoi ? — sortir des décombres et construire une démocratie ? Avec quelles institutions ? Quelle infrastructure ? Quels dirigeants ? Ceux qu’on vient d’éliminer ?
« Prenez votre gouvernement. » C’est la phrase la plus cynique de cette guerre. Parce qu’elle suppose que bombarder un pays crée les conditions de sa libération. Que les décombres sont un terreau fertile pour la démocratie. L’Irak a prouvé le contraire. La Libye a prouvé le contraire. L’Afghanistan a prouvé le contraire. Vingt ans de guerres américaines au Moyen-Orient n’ont libéré personne. Elles ont créé des vides. Et les vides, au Moyen-Orient, ne restent jamais vides très longtemps.
L’ultimatum aux Gardiens de la Révolution
Trump ne s’est pas arrêté au peuple. Il s’est adressé directement aux forces armées iraniennes. Aux Gardiens de la Révolution. À la police. « I say tonight that you must lay down your weapons and have complete immunity, or in the alternative, face certain death. » Déposez vos armes et recevez l’immunité totale. Ou faites face à une mort certaine.
Immunité totale. Pour des hommes qui ont réprimé les manifestations de décembre-janvier — 12 000 morts selon les estimations indépendantes. L’immunité pour des commandants qui ont ordonné de tirer sur des manifestants désarmés. Et pourtant, cette offre révèle quelque chose : Trump ne veut pas détruire l’armée iranienne. Il veut la retourner. Comme les Américains avaient tenté — et échoué — de retourner l’armée irakienne en 2003.
Les contradictions — quand un président se contredit lui-même
« Oblitéré » hier, « menace imminente » aujourd’hui
En juin 2025, l’opération Midnight Hammer avait frappé trois installations nucléaires iraniennes : Fordow, Natanz, Isfahan. Soixante-quinze armes de précision. Des bombes anti-bunker de 30 000 livres — les plus lourdes jamais utilisées en combat par les États-Unis. Après l’opération, Trump avait déclaré : « Iran’s key nuclear enrichment facilities have been completely and totally obliterated. » Complètement et totalement oblitéré. Ce sont ses mots.
Huit mois plus tard, le même homme annonce des opérations de combat majeures contre le même pays pour la même raison. Le programme nucléaire. Celui qu’il avait « oblitéré ». Lors de son discours sur l’état de l’Union du 24 février, Trump avait averti : « They’ve already developed missiles that can threaten Europe and our bases overseas, and they’re working to build missiles that will soon reach the United States. » L’Iran développe des missiles qui menacent l’Europe et bientôt les États-Unis. Mais attendez — le programme n’était-il pas « oblitéré » ?
C’est la contradiction fondamentale de cette guerre. Si le programme nucléaire iranien a été « complètement et totalement oblitéré » en juin, pourquoi faut-il le bombarder à nouveau en février ? Les deux affirmations ne peuvent pas être vraies en même temps. Soit l’opération Midnight Hammer a échoué — et Trump a menti au peuple américain en déclarant victoire. Soit elle a réussi — et les frappes de février n’ont pas de justification nucléaire. Dans les deux cas, quelqu’un ment. Et ce quelqu’un est le même homme qui annonce la guerre.
Le régime change qu’on nie en le faisant
Le vice-président JD Vance a dit publiquement que l’objectif n’était pas le changement de régime. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a dit la même chose. Pas de régime change. Des frappes ciblées. Contre les capacités nucléaires. Point. Puis Trump a posté sur Truth Social : « If the current Iranian Regime is unable to MAKE IRAN GREAT AGAIN, why wouldn’t there be a Regime change??? »
Et pourtant, dans sa vidéo de huit minutes, il dit au peuple iranien de « prendre son gouvernement ». Il dit aux militaires de « déposer les armes ». Il parle de « l’heure de votre liberté ». Ce n’est pas le vocabulaire d’une frappe limitée. C’est le vocabulaire d’un changement de régime. Mot pour mot. Sauf qu’on ne peut pas le dire officiellement. Parce que le changement de régime, légalement, nécessite une autorisation du Congrès. Alors on dit « frappes ciblées » devant les caméras et « prenez votre gouvernement » sur Truth Social.
Le fantôme de l'Irak — 2003 en boucle
Le même script, les mêmes mots
En mars 2003, George W. Bush avait justifié l’invasion de l’Irak par un « grave danger » posé par un « dictateur » armé d’armes de destruction massive. En février 2026, Trump justifie les frappes contre l’Iran par une « menace imminente » posée par un « régime terroriste » en quête d’armes nucléaires. L’analyste Osama Abu Irshaid a résumé : « L’administration met à jour le dictionnaire visuel de la peur. »
Les parallèles sont vertigineux. Bush avait des renseignements manipulés — les armes de destruction massive qui n’existaient pas. Trump a sa propre version : la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard avait d’abord affirmé que l’Iran ne poursuivait pas de programme d’armes nucléaires. Puis, sous pression de Trump, elle a changé de position. Le renseignement américain se plie à nouveau au récit présidentiel. Comme en 2003. Comme si rien n’avait été appris.
Tulsi Gabbard. L’ancienne candidate démocrate qui dénonçait les guerres interventionnistes. L’ancienne congressiste qui avait rencontré Assad en Syrie pour prôner le dialogue. Aujourd’hui directrice du renseignement national de Trump. Et aujourd’hui, elle plie ses analyses pour justifier une guerre. Le pouvoir transforme les gens. Ou peut-être qu’il les révèle. Dans les deux cas, l’ironie est si épaisse qu’on pourrait la couper au couteau.
Ce que l’Irak aurait dû nous apprendre
L’Irak en 2003. « Mission Accomplished » en mai. Puis vingt ans de chaos. 4 500 soldats américains morts. L’État islamique né des décombres. La Libye en 2011 : Kadhafi éliminé, marchés d’esclaves à ciel ouvert. L’Afghanistan : vingt ans d’occupation, 2 400 soldats morts, les Talibans de retour en 2021.
Trois guerres. Trois régimes renversés. Trois catastrophes. Et pourtant, en 2026, Trump dit aux Iraniens : « Prenez votre gouvernement. » Comme si les Irakiens n’avaient pas essayé. Comme si les Afghans n’avaient pas essayé. Chaque fois, les Américains sont venus avec des bombes et des promesses de liberté. Chaque fois, les bombes sont restées. La liberté, non.
L'isolement diplomatique — seul avec Israël
L’Europe qui regarde ses pieds
En 2003, Tony Blair avait au moins eu le courage — ou l’aveuglement — de monter dans le train de Bush. En 2026, personne ne monte dans le train de Trump. Le Royaume-Uni a refusé l’utilisation de ses bases militaires pour les frappes. Emmanuel Macron, Keir Starmer, Friedrich Merz — les leaders européens ont émis des communiqués tièdes. Le site Responsible Statecraft a qualifié la réponse européenne de « pathétique ». Et il a raison.
L’Union européenne n’a même pas reconnu que les frappes violaient le droit international. La Charte des Nations Unies interdit l’usage de la force sauf en légitime défense contre une attaque imminente ou avec l’autorisation du Conseil de sécurité. L’Iran n’a pas attaqué les États-Unis. Le Conseil de sécurité n’a rien autorisé. Et pourtant, l’Europe se tait. Parce que l’Europe a peur. Pas de l’Iran. De Trump. La coercition utilisée contre Téhéran pourrait se retourner contre Bruxelles. Alors on baisse les yeux. On marmonne. On attend que ça passe.
L’Europe se tait pendant qu’un pays est bombardé sans autorisation du Conseil de sécurité. L’Europe se tait pendant qu’un président appelle au changement de régime sur un réseau social. L’Europe se tait parce qu’elle a peur des tarifs douaniers. Les tarifs douaniers. Voilà ce qui vaut plus cher que le droit international en 2026. Voilà ce qui vaut plus cher que 90 millions d’Iraniens. La peur d’une taxe sur les voitures allemandes est plus forte que le courage de dire : « C’est illégal. »
La Chine et la Russie dans l’ombre
Pendant que l’Europe se tait, la Chine agit. Pékin finalisait la vente de missiles antinavires supersoniques CM-302 à l’Iran. Des navires espions chinois fournissaient du renseignement à Téhéran. En janvier, la Chine, la Russie et l’Iran avaient signé un pacte stratégique trilatéral. Pas un traité de défense mutuelle. Mais un signal que l’Iran n’est pas seul — même si ni la Chine ni la Russie n’enverront de soldats mourir pour Téhéran.
Le secrétaire général de l’ONU Guterres a appelé à la « voie diplomatique ». C’est ce qu’il fait toujours. Appeler à la diplomatie pendant que les bombes tombent.
Les négociations sabotées — le dialogue qu'on refuse
Trois rounds pour rien
Il y avait eu des négociations. Trois rounds. À Oman. En Suisse. Début février. L’Iran et les États-Unis s’étaient assis à la même table. Ils avaient parlé. Ils avaient même prévu un quatrième round à Vienne. Mais Trump avait une exigence : zéro enrichissement. L’Iran devait renoncer à tout enrichissement d’uranium. Pas le réduire. Pas le plafonner. L’abandonner.
C’est une exigence qu’aucun pays souverain n’accepterait. Le droit à l’enrichissement pacifique est garanti par le Traité de non-prolifération. Poser cette exigence, c’est poser une condition conçue pour être refusée. Transformer les négociations en alibi. « On a essayé la diplomatie » — sauf qu’on a posé des conditions impossibles pour s’assurer qu’elle échoue. Le scénario est écrit d’avance.
L’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, affirmait que Téhéran était « à une semaine » de la bombe. Au même moment, la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt affirmait que l’opération Midnight Hammer avait « oblitéré » le programme nucléaire. Les deux affirmations sortent de la même administration. Le même jour. Le chaos informationnel n’est pas un accident. C’est une stratégie. Quand personne ne sait ce qui est vrai, tout devient justifiable.
Les 972 livres d’uranium dans la pièce
Les faits : en juin 2025, l’Iran possédait 972 livres d’uranium enrichi à 60 %. Le seuil militaire est 90 %. Le renseignement estimait trois à huit mois pour une arme nucléaire. C’est réel. C’est inquiétant. Mais c’est aussi la même situation qu’en 2003 : une menace réelle mais exagérée, transformée en prétexte pour une action dont les objectifs dépassent la non-prolifération.
Si l’objectif était uniquement nucléaire, on ne dirait pas au peuple de « prendre son gouvernement ». On frapperait les centrifugeuses et on rentrerait chez soi. Ce qui se passe, c’est un changement de régime habillé en opération de non-prolifération. Et tout le monde le voit.
Le prix de la guerre — ce que personne ne calcule
Le pétrole, le détroit, la facture
Le Brent a bondi à 73 dollars le baril dans les heures suivant l’annonce des frappes. Une hausse de 3,7 % en une journée. Bloomberg prévoit que le pétrole pourrait atteindre 91 dollars d’ici la fin de 2026. Et si l’Iran ferme le détroit d’Ormuz — ce passage de quelques kilomètres par lequel transitent 20 millions de barils par jour, soit 20 % de la consommation mondiale — les prix dépasseraient 100 dollars. Ce n’est pas une hypothèse. C’est un scénario modélisé par le CSIS, Oxford Economics et Columbia University.
Et pourtant, Trump a lancé les frappes sans mentionner une seule fois l’impact économique. Pas un mot sur le prix de l’essence pour les Américains. Pas un mot sur l’inflation. Pas un mot sur les chaînes d’approvisionnement qui dépendent du pétrole du Golfe. Huit minutes de vidéo. Des promesses de liberté. Des menaces de mort. Et zéro mot sur le portefeuille de l’Américain moyen. Celui-là même qui l’a élu sur la promesse de baisser les prix.
Chaque dollar de hausse du pétrole, c’est une taxe invisible sur chaque famille américaine. Chaque famille européenne. Chaque famille du monde qui dépend de l’énergie fossile — c’est-à-dire toutes. Trump a été élu pour baisser les prix. Il vient de lancer une opération qui va les augmenter. Et personne dans son administration ne semble avoir fait ce calcul. Ou peut-être l’ont-ils fait. Et peut-être que le calcul ne les concerne pas.
Les pertes acceptées à l’avance
Trump a dit une chose remarquable dans sa vidéo. Une chose que personne n’a assez relevée. « The lives of courageous American heroes may be lost and we may have casualties. That often happens in war. » Les vies de héros américains pourraient être perdues. On pourrait avoir des victimes. « That often happens in war. » Ça arrive souvent en guerre.
« Ça arrive souvent en guerre. » Comme si la mort de soldats américains était un coût opérationnel. Une ligne budgétaire. Un risque accepté. Par qui ? Pas par les soldats. Pas par leurs familles. Par un homme qui n’a jamais porté d’uniforme. Qui a évité le Vietnam grâce à des « bone spurs » — des éperons osseux aux pieds. Et qui annonce maintenant, depuis son réseau social, que des jeunes Américains pourraient mourir. « That often happens. » Oui. Ça arrive. Mais ça ne devrait pas arriver aussi facilement.
Le Congrès absent — la démocratie en pause
Les garde-fous qui n’existent plus
Après l’Irak, le Congrès américain avait promis de renforcer le contrôle parlementaire sur les décisions de guerre. Plus jamais un président n’irait en guerre sans autorisation. Plus jamais les renseignements ne seraient manipulés. Plus jamais le Congrès ne serait contourné. Vingt-trois ans plus tard, les garde-fous sont pulvérisés. Le président annonce des opérations de combat majeures sur un réseau social. Le Congrès l’apprend en même temps que le reste du monde.
Les représentants Ro Khanna et Thomas Massie — un démocrate et un républicain — ont tenté une « discharge petition » pour bloquer la guerre non autorisée. Leurs chances de succès sont minimes. Marjorie Taylor Greene — pourtant alliée de Trump — a déclaré : « Americans do not want to go to war with Iran. » Même Rachel Campos-Duffy sur Fox News a questionné la justification. Quand Fox News doute de votre guerre, c’est que quelque chose ne va vraiment pas.
La Constitution américaine est claire. L’Article I, Section 8 donne au Congrès — et au Congrès seul — le pouvoir de déclarer la guerre. Pas au président. Pas sur Truth Social. Pas en huit minutes entre deux posts. Le Congrès. Mais la Constitution est devenue un document décoratif. Un cadre accroché au mur de la démocratie. Joli. Ancien. Et complètement ignoré quand ça arrange le président.
La riposte iranienne qui arrive
L’Iran a déjà répondu. Trois barrages de missiles balistiques sur Israël. Trois morts. Des dizaines de blessés. Un député iranien, Ebrahim Azizi, a posté sur X : « We warned you! Now you have started down a path whose end is no longer in your control. » Nous vous avions prévenus. Vous avez emprunté un chemin dont la fin ne dépend plus de vous.
En juin 2025, après Midnight Hammer, l’Iran avait riposté avec 550 missiles balistiques et 1 000 drones suicide. 28 morts en Israël. 3 238 hospitalisés. Cette fois, les capacités sont réduites. Mais l’Iran a encore le détroit d’Ormuz — 20 % du pétrole mondial — et la rage d’un pays bombardé qui n’a rien à perdre.
Les civils qu'on ne compte pas — le peuple invisible
« Restez chez vous, il y aura des bombes partout »
Dans sa vidéo, Trump a adressé un avertissement au peuple iranien : « Do not leave your homes because there will be bombs everywhere. » Ne quittez pas vos maisons. Il y aura des bombes partout. Partout. C’est le président des États-Unis qui dit ça. Pas un analyste. Pas un général. Le commandant en chef. Il dit aux 90 millions d’Iraniens de rester chez eux parce qu’il va bombarder leur pays. Et dans la même phrase, il leur promet la liberté.
Et pourtant, ces maisons ne sont pas des abris. Téhéran n’a pas de réseau de bunkers civils. Pas de pièce sécurisée. Pas de système d’alerte. Quand Trump dit « restez chez vous », il dit en réalité : priez. Priez que la liberté promise n’arrive pas sous la forme d’un cratère dans votre salon.
« Restez chez vous, il y aura des bombes partout. » C’est peut-être la phrase la plus terrifiante de toute cette guerre. Pas parce qu’elle est menaçante. Parce qu’elle est dite sur le ton de quelqu’un qui donne un conseil pratique. Comme si « il y aura des bombes partout » était l’équivalent de « il va pleuvoir, prenez un parapluie ». La banalisation de la destruction. La normalisation du bombardement. Comme si raser les quartiers d’une capitale était un inconvénient mineur dans le grand plan de libération. L’histoire jugera cette phrase. Et elle ne sera pas tendre.
Les douze mille morts qu’on instrumentalise
Trump a justifié les frappes en partie par la répression des manifestations iraniennes de décembre-janvier. Il a parlé de 32 000 morts — un chiffre que les estimations indépendantes situent plutôt autour de 12 000. L’Iran a dénoncé des « big lies », des gros mensonges. Le chiffre exact est quelque part entre les deux. Mais ce qui est certain, c’est que des milliers d’Iraniens sont morts dans les rues, tués par leur propre gouvernement.
Et Trump utilise ces morts comme justification. La logique est circulaire : le régime tue ses citoyens, donc les États-Unis bombardent le pays de ces mêmes citoyens. Pour les « libérer ». En leur disant de « rester chez eux » parce qu’il y aura « des bombes partout ». La libération par la destruction. On a déjà vu ce film.
Conclusion : La guerre annoncée sur Truth Social
Ce que huit minutes révèlent
Huit minutes. C’est le temps qu’il a fallu à Donald Trump pour annoncer une guerre qui pourrait remodeler le Moyen-Orient pour une génération. Huit minutes sur un réseau social. Sans vote du Congrès. Sans coalition internationale. Sans plan d’après-guerre. Avec des contradictions dans chaque phrase. Un programme nucléaire « oblitéré » qu’il faut re-bombarder. Un changement de régime qu’on nie en le proclamant. Des pertes américaines acceptées d’avance par un homme qui n’a jamais risqué la sienne.
Et au milieu de tout ça, 90 millions d’Iraniens. À qui on demande de rester chez eux parce qu’il y aura « des bombes partout ». Et à qui on promet que quand les bombes s’arrêteront, ils pourront « prendre leur gouvernement ». Comme si les Irakiens avaient pris le leur. Comme si les Libyens avaient pris le leur. Comme si les Afghans avaient pris le leur.
« The hour of your freedom is at hand. » L’heure de votre liberté est arrivée. C’est ce qu’ils disent toujours. Avant les bombes. Avant les morts. Avant le chaos. Avant les vingt ans d’occupation. Avant le retrait humiliant. Avant que le prochain dictateur ne prenne la place de l’ancien. L’heure de la liberté. Sur Truth Social. En huit minutes. Entre deux posts. On aimerait y croire. On aimerait vraiment. Mais l’histoire a une mémoire que les présidents n’ont pas. Et l’histoire dit : ça ne marche jamais comme ça. Jamais.
La question que personne ne pose
La question n’est pas de savoir si le régime iranien mérite de tomber. Un régime qui tue 12 000 de ses propres citoyens dans les rues ne mérite aucune sympathie. La question est : est-ce que les bombes américaines vont libérer l’Iran ou le transformer en un nouvel Irak ? Est-ce que « prenez votre gouvernement » est une promesse ou un abandon déguisé ? Est-ce que Trump sera encore là quand les Iraniens auront besoin d’aide pour reconstruire ?
Ou est-ce que, comme en Irak, comme en Libye, comme en Afghanistan, les Américains laisseront les décombres et rentreront chez eux en déclarant victoire ? Pendant que le peuple qu’ils ont « libéré » cherche de l’eau potable dans les ruines.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cet éditorial analyse le discours de Donald Trump du 28 février 2026 annonçant des opérations de combat majeures contre l’Iran. Il documente les contradictions entre les déclarations officielles et les actions, les parallèles avec l’invasion de l’Irak en 2003, et l’absence de contrôle parlementaire. Cette analyse ne défend pas le régime iranien — un régime qui massacre ses citoyens ne mérite aucune défense. Elle questionne la méthode, les motivations et les conséquences de la réponse américaine. Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur et j’assume mes positions.
Méthodologie et sources
Les citations de Trump proviennent de sa vidéo Truth Social du 28 février 2026, retranscrites par ABC News, CBS News, NBC News et le Times of Israel. Les données économiques proviennent de Bloomberg NEF et du CSIS. L’analyse comparative avec l’Irak s’appuie sur Al Jazeera et The Daily Beast. Les données nucléaires proviennent du renseignement américain rapporté par CBS News.
Nature de l’analyse
Ce texte est un éditorial qui prend position sur les méthodes et la rhétorique de la guerre américano-iranienne. Les parallèles historiques sont des outils d’analyse. Les citations sont exactes et vérifiables. Les opinions exprimées sont celles de l’auteur. Cet article a été rédigé avec l’aide de Claude, développé par Anthropic.
Sources
Sources primaires
ABC News — Iran live updates: Trump announces ‘major combat operations,’ calls for regime change
NBC News — Live updates: U.S. military begins major combat operations in Iran
White House — Fact Sheet: President Trump Addresses Threats by the Government of Iran
Sources secondaires
Al Jazeera — How Trump’s 2026 Iran war script echoes and twists the 2003 Iraq playbook
The Daily Beast — Trump’s War Lie Obliterated by His Own Words
Responsible Statecraft — The EU’s pathetic response to Trump’s Iran attack
Bloomberg NEF — Oil Can Hit $91 a Barrel in Late 2026 on Iran Disruption
CSIS — If Trump Strikes Iran: Mapping the Oil Disruption Scenarios
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.