On ne se souvient pas des costumes de cinéma simplement parce qu’ils sont jolis. Ceux qui marquent les esprits recèlent généralement une véritable histoire sous tout ce tissu, ces perles, ces baleines et ce vernis. On le sent quand un costume s’inspire des vêtements que les gens portaient réellement dans l’Angleterre des Tudor, dans les salons de la Régence, dans le New York des années 1870 ou pendant l’époque fastueuse et glamour du Jazz Age. Certains films restent plus fidèles à la réalité que d’autres, mais ce sont les meilleurs dont on se souvient. Ces 20 costumes montrent à quel point Hollywood puise souvent ses meilleures idées dans le passé.
1. Elizabeth (1998) et la fraise d'Élisabeth Ire
La garde-robe de Cate Blanchett reprend la fraise de la fin du XVIe siècle à la manière des portraits de l’époque Tudor, c’est-à-dire d’abord comme un signe de statut social et ensuite seulement comme un choix de mode. Dans les années 1590, ces cols en lin amidonnés, largement évasés grâce à des armatures métalliques, confèrent à Élisabeth, dans le film, une allure solennelle, réservée, et très consciente de son rang social élevé.
2. La dernière sœur Boleyn (2008) et les Tudor Hoods
Le film tire pleinement parti de la coiffe française et de l’ancienne coiffe à pignon, deux accessoires incontournables à la cour d’Henri VIII. La coiffe française d’Anne Boleyn dégage une impression de modernité, d’élégance continentale et d’une certaine audace, comparée à la coiffe anglaise plus massive que porte Marie. La différence entre ces deux coiffes contribue grandement à la narration subliminale.
3. Les Liaisons dangereuses (1988) et La Robe à la française
Les robes de Glenn Close s’inspirent de la robe à la française, cette tenue de cérémonie du XVIIIe siècle dont les plis tombent des épaules et dont la jupe s’évasait grâce à des paniers. Cette silhouette caractérisait la mode de l’élite française dans les années 1760 et 1770, et le film s’en sert pour mettre en évidence le rang social, la richesse et la mise en scène devant le public.
4. Barry Lyndon (1975) et la mode masculine du XVIIIe siècle
Kubrick a su rendre la tenue masculine du milieu du XVIIIe siècle avec précision et une certaine raideur, en respectant fidèlement l’époque. Manteaux justaucorps, gilets, culottes ajustées, soie, broderies et signes distinctifs de classe intégrés à la coupe. Dans les années 1750 et 1760, les hommes s’habillaient avec un soin manifeste, et ce film ne vous laisse jamais l’oublier.
5. Marie-Antoinette (2006) et la robe chemise
Les robes chemises d’un blanc délicat que l’on voit dans le film s’inspirent d’une véritable évolution de la mode française haut de gamme à la fin du XVIIIe siècle. Marie-Antoinette portait des tenues en mousseline plus légères au Petit Trianon, et le public était scandalisé par leur aspect trop décontracté pour une reine. Les tenues de cour étaient censées être bien plus sophistiquées que cela.
6. Emma. (2020) Et la veste Spencer
Tout au long du film, la veste Spencer courte et ajustée vient se superposer aux robes à taille haute d’Emma Woodhouse, reflétant ainsi le véritable vêtement qui était en vogue au début du XIXe siècle. Pratique par temps frais, elle contribuait à accentuer la silhouette étroite et rehaussée qui caractérisait la mode entre 1800 et 1820 environ.
7. Autant en emporte le vent (1939) et la crinoline en os
Les jupes imposantes de Scarlett O’Hara reposaient sur la crinoline, cette armature en acier qui a marqué la mode féminine des années 1850 et 1860. Ces robes n’étaient pas discrètes, et ce n’était pas leur but. À l’époque de la guerre de Sécession, à Atlanta, le volume lui-même faisait partie du message.
8. Les Quatre Filles du docteur March (2019) et les robes de jour de la guerre civile
Dans « Les Quatre Filles du docteur March » de Greta Gerwig, les tenues de tous les jours des années 1860 sont parfaitement rendues, ce qui explique en partie pourquoi les vêtements des sœurs March semblent particulièrement usés. Des tabliers de travail, des robes en laine, des superpositions de vestes pratiques et des chemisiers parfaitement adaptés aux saisons rudes et changeantes de Concord, dans le Massachusetts.
9. L'Âge de l'innocence (1993) et l'effervescence
Ce film rend mieux compte que la plupart des autres de la silhouette imposante des années 1870. Alors que Newland Archer souffrait dans les salons, les jupes à volants, les garnitures lourdes et le passage à la silhouette du corsage « cuirass » reflétaient fidèlement la mode new-yorkaise de l’époque.
10. Titanic (1997) et la mode édouardienne
La garde-robe de Rose s’inspire de la mode édouardienne, en particulier de la silhouette en S marquée par le corset, en vogue entre 1900 et 1912 environ. Keira Winslet apparaissait souvent vêtue de longues robes de soirée, de robes de thé et de tenues de jour superposées qui ne manquaient pas de souligner son rang élevé.
11. Gatsby le Magnifique (2013) et le style flapper à perles
Baz Luhrmann met fortement en avant les années 20, mais sous tout cet éclat, les tenues de soirée de Daisy s’inspirent véritablement de l’ère du jazz. Les tailles basses, les coupes plus droites et les perles qui recouvrent abondamment la surface étaient déjà des éléments centraux de la mode du début des années 1920, en particulier pour les femmes qui évoluaient dans des pièces somptueuses et bondées où les vêtements devaient refléter la lumière.
12. Expiation (2007) et la robe en biais
Cette robe verte du film est devenue célèbre pour une bonne raison. Sa ligne allongée et son drapé fluide sont le fruit de la coupe en biais, une technique qui a révolutionné les tenues de soirée des années 1930 en permettant à la soie de moulir et de tomber avec plus de souplesse. Intimiste, un peu audacieuse, et fidèle à l’époque.
13. The Woman King (2022) et la tenue de guerrière du Dahomey
Les costumes s’inspirent des traditions vestimentaires du Dahomey du XIXe siècle, ce qui confère au film une authenticité visuelle que de nombreuses épopées historiques ne parviennent jamais à atteindre. Les vêtements drapés, les textures tissées et les détails en cauris ancrent les Agojie dans une véritable culture militaire et politique de ce qui est aujourd’hui le Bénin.
14. Mulan (2020) et l'armure lamellaire
Cette armure s’inspire de la véritable technique chinoise de fabrication lamellaire, dans laquelle de petites plaques sont entrelacées pour former une protection souple. Cette forme se retrouve dans les tenues militaires chinoises de plusieurs dynasties, et les armures du film s’inspirent donc d’un modèle concret plutôt que de l’univers fantastique qui fait la renommée de Disney.
15. Amadeus (1984) et la robe de cour rococo
Amadeus s’inspire de la mode de la cour viennoise de la fin du XVIIIe siècle, en particulier des manteaux de soie, des gilets brodés, des perruques poudrées et des robes à panier portés dans les cercles aristocratiques des années 1770 et 1780. Les costumes conservent intact ce langage formel propre à la cour.
16. Shakespeare in Love (1998) et les crinolines élisabéthaines
Dans *Shakespeare in Love*, on retrouve les corsages rigides, les jupes larges et les crinolines structurées caractéristiques de la mode anglaise de la fin du XVIe siècle. Ces silhouettes s’inspirent directement des années 1590, époque à laquelle les tenues de cour féminines s’appuyaient sur des armatures moulantes, des tissus épais et des ornements apparents pour donner l’impression sociale souhaitée.
17. La Jeune Victoria (2009) et les tenues de cour du début de l'époque victorienne
Le film « The Young Victoria » s’inspire de la fin des années 1830 et du début des années 1840, une époque où la mode féminine privilégiait les corsages ajustés, les tailles marquées, les jupes évasées et des manches aux formes soigneusement étudiées. Les robes de cérémonie, les tenues de cour et la garde-robe de couronnement de la reine Victoria reflètent toutes l’univers authentique du début de l’époque victorienne, où le protocole influençait la mode presque autant que les goûts personnels.
18. Le Fil fantôme (2017) et la couture des années 50
La confection de ces robes s’inspire des véritables pratiques de la haute couture des années 1950. Armatures, finitions à la main, jupes structurées et tout le travail acharné qui se cache derrière ces vêtements destinés à paraître si simples.
19. Anna Karénine (2012) et la robe de soirée impériale russe
Le film prend quelques libertés avec la chronologie, mais les robes de Keira Knightley s’inspirent tout d’abord des silhouettes de la fin du XIXe siècle portées par les femmes de l’aristocratie russe. Corsages ajustés, jupes d’apparat, dentelle noire et broderies de pierres précieuses : autant d’éléments qui convenaient parfaitement à une femme évoluant dans la haute société de Saint-Pétersbourg.
20. Le Guépard (1963) et les tenues d'apparat de l'aristocratie sicilienne
Visconti rend compte avec un soin presque obsessionnel des tenues de l’élite sicilienne du XIXe siècle. Les costumes d’apparat de Burt Lancaster respectent la coupe et la sobriété propres aux tenues de soirée aristocratiques, tandis que les robes de bal de Claudia Cardinale font la part belle au volume, aux garnitures et aux tissus somptueux, conformément aux codes de l’époque. Il suffit de regarder ces scènes pour saisir la hiérarchie sociale avant même que quiconque n’ait prononcé un mot.