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« Civilisation » — quand le vocabulaire dépasse le génocide

Les mots ont un poids juridique. « Éradiquer une civilisation entière » n’est pas une menace militaire — c’est une menace existentielle. La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée en 1948, définit le génocide comme l’intention de « détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Le mot « civilisation » va au-delà. Il englobe non seulement les personnes mais leur héritage, leur mémoire, leur existence historique. Un président américain a menacé publiquement quelque chose qui dépasse les catégories du droit international.

Et pourtant, le Département d’État n’a émis aucune clarification. Le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz n’a pas nuancé. Marco Rubio, secrétaire d’État, n’a pas rappelé que les États-Unis étaient signataires de la Convention de 1948. Le mot « civilisation » a traversé le cycle de nouvelles comme un caillou dans un étang — quelques ondulations, puis rien. L’accoutumance a fait son travail. Quand un président dit l’indicible tous les mardis, l’indicible devient le bruit de fond.

Je relis la phrase. « Éradiquer une civilisation entière. » Je la relis encore. Pas un éditorialiste, pas un constitutionnaliste, pas un historien n’a demandé publiquement si cette phrase constitue une incitation au génocide au sens du droit international. Ce silence-là est peut-être plus effrayant que la phrase elle-même.

Vingt-quatre heures plus tôt, Ansari avait dit « lunatique »

La veille, Yassamin Ansari, députée démocrate de l’Arizona, avait appelé à invoquer le 25ᵉ amendement en qualifiant Trump de « dérangé lunatique ». Les réseaux avaient débattu de la pertinence du mot. Vingt-quatre heures plus tard, l’homme en question menaçait de rayer une civilisation de la carte. Le mot « lunatique » paraît soudain d’une retenue presque aristocratique. Ansari avait été critiquée pour son excès. L’excès, c’était de ne pas avoir été assez loin.

Bernie Sanders, Chris Murphy, Melanie Stansbury, Marjorie Taylor Greene — tous avaient questionné la santé mentale du président lundi. Mardi, le président confirmait leurs inquiétudes en menaçant un génocide civilisationnel avant le déjeuner et en déclarant la victoire avant le dîner. La chronologie seule est un diagnostic. Pas un diagnostic psychiatrique — je laisse ça aux professionnels. Un diagnostic institutionnel. Le système conçu pour contenir l’exécutif ne contient plus rien.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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