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Naissance d’un principe fondamental après la guerre civile

Pour comprendre l’ampleur de ce qui se joue aujourd’hui, il faut remonter aux racines. Le 14e amendement n’est pas né par hasard. Il a été adopté en 1868, dans le contexte brûlant de l’après-guerre de Sécession. L’Amérique sortait d’une guerre civile dévastatrice qui avait fait plus de six cent mille morts. L’esclavage venait d’être aboli par le 13e amendement en 1865, mais la question restait entière : quel statut pour les anciens esclaves ? Étaient-ils citoyens ? Avaient-ils des droits ? La réponse est venue avec le 14e amendement, dont la première section stipule clairement : toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et soumise à leur juridiction est citoyenne des États-Unis et de l’État où elle réside. C’était révolutionnaire. C’était une rupture totale avec l’arrêt Dred Scott de 1857, qui avait déclaré que les Noirs, qu’ils soient esclaves ou libres, ne pouvaient jamais être citoyens américains. Le 14e amendement renversait cette décision infâme. Il établissait que la citoyenneté n’était pas une question de race ou d’origine, mais de lieu de naissance. Un principe simple, puissant, universel.

Ce principe du droit du sol — ou jus soli en latin — s’opposait au droit du sang pratiqué dans de nombreux pays européens, où la citoyenneté se transmettait par filiation. L’Amérique choisissait une voie différente. Une voie plus inclusive. Plus ouverte. Et ce choix n’était pas anodin. Il reflétait la nature même de cette nation d’immigrants, où des gens venus du monde entier se retrouvaient pour construire quelque chose de nouveau. Le 14e amendement a été ratifié le 9 juillet 1868, après avoir été approuvé par les trois quarts des États. Depuis lors, il a été appliqué sans interruption pendant plus de cent cinquante ans. Des millions d’enfants sont nés sur le sol américain et sont automatiquement devenus citoyens, indépendamment du statut de leurs parents. Des générations entières ont grandi avec cette certitude : naître en Amérique fait de vous un Américain. Point final. Pas de conditions. Pas d’exceptions. C’était un droit inaliénable, gravé dans le marbre de la Constitution. Jusqu’à ce que Trump décide de remettre tout cela en question.

Plus d’un siècle de jurisprudence constante

La Cour suprême elle-même a confirmé à maintes reprises l’interprétation large du 14e amendement. L’affaire la plus célèbre reste United States v. Wong Kim Ark en 1898. Wong Kim Ark était né à San Francisco de parents chinois. À l’époque, les lois d’exclusion chinoises interdisaient aux immigrants chinois de devenir citoyens américains. Mais Wong Kim Ark était né sur le sol américain. Était-il citoyen ? La Cour suprême a répondu oui, de manière catégorique. Elle a établi que le 14e amendement s’appliquait à tous les enfants nés aux États-Unis, à l’exception des enfants de diplomates étrangers et des membres de tribus indiennes non imposées. Cette décision a fait jurisprudence. Elle a été citée, confirmée, réaffirmée pendant plus d’un siècle. Aucune administration, aucun président, aucun Congrès n’avait osé remettre en cause ce principe. Même les présidents les plus conservateurs, même ceux qui avaient fait de la lutte contre l’immigration leur cheval de bataille, avaient respecté le droit du sol. Parce que c’était la Constitution. Parce que c’était l’Amérique.

Mais Donald Trump n’est pas un président comme les autres. Dès sa première campagne en 2016, il avait évoqué la possibilité de mettre fin au droit du sol. À l’époque, beaucoup avaient pensé que c’était de la rhétorique électorale. Personne ne croyait vraiment qu’il irait jusqu’au bout. Personne ne pensait qu’il oserait s’attaquer à un principe constitutionnel aussi fondamental. Et pourtant. Le 20 janvier 2025, jour de son retour à la Maison Blanche, Trump a signé ce décret présidentiel. Un décret qui ordonne au gouvernement fédéral de ne plus reconnaître la citoyenneté automatique des enfants nés de parents en situation irrégulière ou en séjour temporaire. L’administration Trump justifie cette mesure en affirmant que le 14e amendement a été mal interprété pendant des décennies. Selon eux, la clause et soumise à leur juridiction exclut les enfants de parents qui ne sont pas légalement présents sur le territoire. C’est une lecture restrictive, une interprétation qui va à l’encontre de plus d’un siècle de jurisprudence. Mais c’est la lecture que Trump veut imposer. Et maintenant, c’est à la Cour suprême de décider si cette lecture tient la route.

Quand je lis l’histoire du 14e amendement, je suis saisi par la force de ce texte. Il a été écrit dans le sang et les cendres de la guerre civile. Il a été conçu pour réparer une injustice monstrueuse, pour donner une dignité à ceux qui en avaient été privés pendant des siècles. Et maintenant, on voudrait le réduire, le limiter, l’affaiblir. Au nom de quoi ? De la lutte contre l’immigration illégale ? Mais à quel prix ? Le prix de trahir les principes fondateurs de cette nation ? Le prix de revenir sur une promesse faite il y a plus de cent cinquante ans ? Je ne peux pas accepter ça. Je ne peux pas rester silencieux face à cette tentative de réécrire l’histoire, de redéfinir ce que signifie être américain. Parce que si on commence à dire que certains enfants nés en Amérique ne sont pas vraiment américains, où est-ce qu’on s’arrête ?

Sources

Sources primaires

The Jerusalem Post, Supreme Court to decide legality of Trump move to limit birthright citizenship, 5 décembre 2025. France 24, La Cour suprême américaine va examiner le décret de Trump revenant sur le droit du sol, 5 décembre 2025. Le Figaro, La Cour suprême américaine examine le décret de Trump revenant sur le droit du sol, 6 décembre 2025. Ouest-France, La Cour suprême américaine va examiner la constitutionnalité du décret de Donald Trump revenant sur le droit du sol, 5 décembre 2025. La Presse, La Cour suprême américaine va examiner le décret sur le droit du sol, 5 décembre 2025.

Sources secondaires

United States v. Wong Kim Ark, 169 U.S. 649, 1898. Constitution des États-Unis, 14e amendement, ratifié le 9 juillet 1868. American Civil Liberties Union, communiqué de presse, 5 décembre 2025. National Immigration Law Center, analyses juridiques sur le droit du sol, 2025. The Conversation, États-Unis : nouveau feu vert de la Cour suprême à une présidence monarchique, 2025.

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