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La promesse des vingt-quatre heures

Durant sa campagne électorale de 2024, Donald Trump a répété à l’envi qu’il mettrait fin à la guerre en Ukraine dans les vingt-quatre heures suivant son entrée en fonction. Cette déclaration, martelée lors de meetings et d’interviews, est devenue l’un des piliers de son discours sur la politique étrangère. Le candidat républicain affirmait détenir une solution secrète et imparable, qui permettrait de résoudre ce conflit complexe en un temps record. Il suggérait que l’administration précédente, celle de Joe Biden, manquait soit de volonté, soit de compétence pour régler ce dossier, et que son propre leadership suffirait à persuader les belligérants de déposer les armes. Cette promesse, aussi audacieuse qu’irréaliste, a été réitérée à maintes reprises, créant une attente forte chez les électeurs américains lassés par ce conflit qui s’éternise et dont les répercussions économiques se font sentir sur les prix de l’énergie et des denrées alimentaires.

La réalité s’est avérée cruellement différente. Onze mois après l’investiture de Trump, la guerre russo-ukrainienne continue de faire rage avec la même intensité, les lignes de front oscillant au gré des offensives et contre-offensives. Les pertes humaines s’accumulent des deux côtés, les villes ukrainiennes continuent d’être bombardées, et les populations civiles subissent les conséquences d’un conflit sans fin visible. Contrairement aux assurances présidentielles, aucune solution miracle n’a émergé, aucun cessez-le-feu durable n’a été conclu, et les pourparlers de paix piétinent. Face à l’évidence, Trump a tenté de minimiser sa promesse initiale. Lorsqu’un journaliste l’a confronté à ce décalage en juin 2025, le président a prétendu être « sarcastique » dans ses déclarations initiales, avant d’admettre que la résolution de ce conflit était « plus difficile que les gens ne pourraient l’imaginer ». Ce revirement spectaculaire, passant de la certitude triomphante à l’excuse sur l’ironie, illustre parfaitement la facilité avec laquelle le président peut réécrire l’histoire de ses propres engagements.

Il y a quelque chose d’obscène à minimiser ainsi une guerre qui tue, chaque jour, des innocents par centaines. Dire qu’on plaisantait sur la possibilité d’y mettre fin en vingt-quatre heures, c’est piétiner la mémoire de ceux qui sont morts en attendant cette paix qui ne vient jamais. Je ne peux m’empêcher de penser aux familles ukrainiennes qui ont peut-être cru, un instant, que ce changement de président leur apporterait enfin le répit. L’espoir est une chose précieuse, fragile ; le briser avec autant de légèreté me laisse sans voix. Comment peut-on traiter la souffrance humaine avec une telle inconséquence ? Cette promesse n’était pas seulement mensongère, elle était cruelle. Et ce qui me glace le sang, c’est que cette cruauté semble ne provoquer aucune remise en question, aucun regret visible, juste une pirouette rhétorique pour faire passer la pilule.

Les raisons d’un échec prévisible

Les experts en relations internationales s’accordent à dire que la promesse de résoudre le conflit ukrainien en vingt-quatre heures était non seulement irréaliste, mais fondamentalement méconnaissait la nature même de cette guerre. Le conflit oppose deux puissances déterminées, chacune avec des objectifs stratégiques clairement définis et une volonté farouche de ne pas céder. La Russie, sous la direction de Vladimir Poutine, considère cette guerre comme existentielle pour son projet de restauration de la grandeur impériale russe. L’Ukraine, quant à elle, se bat pour sa survie en tant qu’État souverain et a démontré une résistance farouche qui a surpris le monde entier. Aucun de ces deux acteurs n’a la moindre intention de compromettre sur ce qu’il considère comme ses intérêts vitaux, ce qui rend toute négociation rapide extrêmement improbable.

Par ailleurs, la complexité géopolitique de ce conflit dépasse largement la volonté d’un seul dirigeant, aussi puissant soit-il. La guerre en Ukraine s’inscrit dans un contexte plus large de confrontation entre l’Occident et la Russie, avec des implications qui touchent à la sécurité européenne, à l’équilibre des puissances mondiales et à l’architecture de sécurité internationale mise en place après la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis, en tant que leader de l’Occident, ne peuvent pas simplement décréter la fin du conflit sans prendre en compte les engagements envers leurs alliés de l’OTAN et les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale qu’ils ont historiquement défendus. De plus, la question des garanties de sécurité pour l’Ukraine, le sort des territoires occupés et le sort des crimes de guerre commis constituent autant d’obstacles supplémentaires à une résolution rapide. Enfin, l’isolation de la Russie par les sanctions économiques occidentales, bien que douloureuse pour l’économie russe, ne s’est pas avérée suffisante pour forcer Moscou à la négociation, ce qui rend toute solution rapide extrêmement improbable.

Sources

Sources primaires

Raw Story – Bevy of broken Trump promises laid bare in new analysis – Erik De La Garza, 2 janvier 2026

MS NOW – Tracking Trump’s first-year promises: What he delivered, what he didn’t – Julianne McShane, janvier 2026

White House.gov – Fact Sheet: President Donald J. Trump Announces Actions to Lower Costs and Expand Access to In Vitro Fertilization (IVF) and High-Quality Fertility Care – octobre 2025

White House.gov – Ending Radical and Wasteful Government DEI Programs and Preferencing – 29 janvier 2025

DHS.gov – ICE Ends 2025 With More Arrests of Worst Worst Criminal Illegal Aliens – 30 décembre 2025

Federal Register – Ending Radical And Wasteful Government DEI Programs And Preferencing – 2025

Sources secondaires

NBC News – Trump vowed to end the Ukraine war in 24 hours, conflict still rages – 2025

AP News – How Trump backed away from promising to end the Russia-Ukraine war in 24 hours – 2025

CNN – Fact check: It wasn’t ‘in jest.’ Here are 53 times Trump said he’d end the Russia-Ukraine war ‘in 24 hours’ – avril 2025

Politico – Trump continues shrinking the Education Department, but full abolition remains elusive – 2025

PolitiFact – Trump Truth-O-Meter: Abolish the Education Department – 2025

Econofact – Are Tariffs Raising U.S. Retail Prices? – 2025

Tax Foundation – Trump Tariffs: The Economic Impact of the Trump Trade War – 2025

Cato Institute – 5% of People Detained By ICE Have Violent Convictions, 73% Have No Convictions – 2025

NBC News – ICE has arrested nearly 75,000 people with no criminal records, data shows – 2025

PBS NewsHour – Judge dismisses cases against James Comey, Letitia James after finding the prosecutor was illegally appointed – 2025

CNN – Justice Department confirms in court filing it may prosecute James Comey – décembre 2025

Harvard Law School Forum on Corporate Governance – President Trump Acts to Roll Back DEI Initiatives – février 2025

St. Louis Fed – How Tariffs Are Affecting Prices in 2025 – octobre 2025

Yale Budget Lab – Where We Stand: The Fiscal, Economic, and Distributional Effects of All U.S. Tariffs Enacted 2025 Through April – 2025

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