La promesse des vingt-quatre heures
Durant sa campagne électorale de 2024, Donald Trump a répété à l’envi qu’il mettrait fin à la guerre en Ukraine dans les vingt-quatre heures suivant son entrée en fonction. Cette déclaration, martelée lors de meetings et d’interviews, est devenue l’un des piliers de son discours sur la politique étrangère. Le candidat républicain affirmait détenir une solution secrète et imparable, qui permettrait de résoudre ce conflit complexe en un temps record. Il suggérait que l’administration précédente, celle de Joe Biden, manquait soit de volonté, soit de compétence pour régler ce dossier, et que son propre leadership suffirait à persuader les belligérants de déposer les armes. Cette promesse, aussi audacieuse qu’irréaliste, a été réitérée à maintes reprises, créant une attente forte chez les électeurs américains lassés par ce conflit qui s’éternise et dont les répercussions économiques se font sentir sur les prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
La réalité s’est avérée cruellement différente. Onze mois après l’investiture de Trump, la guerre russo-ukrainienne continue de faire rage avec la même intensité, les lignes de front oscillant au gré des offensives et contre-offensives. Les pertes humaines s’accumulent des deux côtés, les villes ukrainiennes continuent d’être bombardées, et les populations civiles subissent les conséquences d’un conflit sans fin visible. Contrairement aux assurances présidentielles, aucune solution miracle n’a émergé, aucun cessez-le-feu durable n’a été conclu, et les pourparlers de paix piétinent. Face à l’évidence, Trump a tenté de minimiser sa promesse initiale. Lorsqu’un journaliste l’a confronté à ce décalage en juin 2025, le président a prétendu être « sarcastique » dans ses déclarations initiales, avant d’admettre que la résolution de ce conflit était « plus difficile que les gens ne pourraient l’imaginer ». Ce revirement spectaculaire, passant de la certitude triomphante à l’excuse sur l’ironie, illustre parfaitement la facilité avec laquelle le président peut réécrire l’histoire de ses propres engagements.
Il y a quelque chose d’obscène à minimiser ainsi une guerre qui tue, chaque jour, des innocents par centaines. Dire qu’on plaisantait sur la possibilité d’y mettre fin en vingt-quatre heures, c’est piétiner la mémoire de ceux qui sont morts en attendant cette paix qui ne vient jamais. Je ne peux m’empêcher de penser aux familles ukrainiennes qui ont peut-être cru, un instant, que ce changement de président leur apporterait enfin le répit. L’espoir est une chose précieuse, fragile ; le briser avec autant de légèreté me laisse sans voix. Comment peut-on traiter la souffrance humaine avec une telle inconséquence ? Cette promesse n’était pas seulement mensongère, elle était cruelle. Et ce qui me glace le sang, c’est que cette cruauté semble ne provoquer aucune remise en question, aucun regret visible, juste une pirouette rhétorique pour faire passer la pilule.
Les raisons d’un échec prévisible
Les experts en relations internationales s’accordent à dire que la promesse de résoudre le conflit ukrainien en vingt-quatre heures était non seulement irréaliste, mais fondamentalement méconnaissait la nature même de cette guerre. Le conflit oppose deux puissances déterminées, chacune avec des objectifs stratégiques clairement définis et une volonté farouche de ne pas céder. La Russie, sous la direction de Vladimir Poutine, considère cette guerre comme existentielle pour son projet de restauration de la grandeur impériale russe. L’Ukraine, quant à elle, se bat pour sa survie en tant qu’État souverain et a démontré une résistance farouche qui a surpris le monde entier. Aucun de ces deux acteurs n’a la moindre intention de compromettre sur ce qu’il considère comme ses intérêts vitaux, ce qui rend toute négociation rapide extrêmement improbable.
Par ailleurs, la complexité géopolitique de ce conflit dépasse largement la volonté d’un seul dirigeant, aussi puissant soit-il. La guerre en Ukraine s’inscrit dans un contexte plus large de confrontation entre l’Occident et la Russie, avec des implications qui touchent à la sécurité européenne, à l’équilibre des puissances mondiales et à l’architecture de sécurité internationale mise en place après la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis, en tant que leader de l’Occident, ne peuvent pas simplement décréter la fin du conflit sans prendre en compte les engagements envers leurs alliés de l’OTAN et les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale qu’ils ont historiquement défendus. De plus, la question des garanties de sécurité pour l’Ukraine, le sort des territoires occupés et le sort des crimes de guerre commis constituent autant d’obstacles supplémentaires à une résolution rapide. Enfin, l’isolation de la Russie par les sanctions économiques occidentales, bien que douloureuse pour l’économie russe, ne s’est pas avérée suffisante pour forcer Moscou à la négociation, ce qui rend toute solution rapide extrêmement improbable.
Section 2 : le Département de l'Éducation résiste
Une abolition promise mais impossible
L’une des promesses les plus populaires auprès de la base conservatrice de Trump était l’abolition pure et simple du Département de l’Éducation. Cette proposition, martelée tout au long de la campagne, répondait à une critique de longue date de la droite américaine envers ce qu’elle considère comme une ingérence fédérale excessive dans les politiques éducatives locales. Les partisans de cette abolition arguaient que l’éducation devait être une prérogative des États et des collectivités locales, et non du gouvernement fédéral. Trump a promis de démanteler cette agence et de renvoyer ses fonctions aux États, libérant ainsi des ressources et restaurant ce qu’il présentait comme un contrôle local légitime sur l’éducation des enfants américains. Cette promesse a été accueillie avec enthousiasme par les conservateurs, qui y voyaient la réalisation d’un objectif idéologique majeur.
Pourtant, onze mois plus tard, le Département de l’Éducation existe toujours et continue de fonctionner. Malgré les efforts de l’administration Trump pour le limiter et le réduire, l’agence demeure une composante du gouvernement fédéral avec ses employés, son budget et ses programmes. La raison principale de cet échec tient à la réalité constitutionnelle et institutionnelle : abolir un département fédéral existant nécessite une action du Congrès, et plus précisément l’adoption d’une législation qui doit passer par la Chambre des représentants et le Sénat avant d’être signée par le président. Même si les républicains contrôlent les deux chambres, la perspective de supprimer entièrement une agence fédérale s’est heurtée à des résistances internes, y compris au sein du Parti républicain, où certains élus craignaient les conséquences politiques d’une telle mesure. De plus, l’ampleur de la tâche administrative de transférer ou de supprimer les programmes existants s’est révélée considérable, rendant l’objectif d’une abolition rapide et complète totalement illusoire.
Assister à cette impuissance face à une promesse aussi clairement formulée me fascine. C’est comme regarder quelqu’un essayer de briser un mur de pierre avec ses mains nues : l’effort est visible, l’intention manifeste, mais le résultat reste inexistant. Il y a quelque chose de presque tragique dans cette confrontation entre la volonté politique et la réalité institutionnelle. Trump s’est élevé sur une tribune en promettant de détruire ce département, mais il s’est heurté à la dure réalité que les mots, même hurlés devant des milliers de partisans, ne suffisent pas à effacer des décennies d’institutions. Ce qui me touche particulièrement, c’est l’ironie de la situation : cette promesse d’autonomie locale, de rendu de pouvoir aux communautés, se heurte aux mêmes structures de gouvernement que ces communautés ont elles-mêmes contribué à construire.
Les actions réelles et leurs limites
L’incapacité d’abolir complètement le Département de l’Éducation n’a pas empêché l’administration Trump de mettre en œuvre une série de mesures visant à en réduire la portée et l’influence. Plusieurs décrets présidentiels ont été signés dès les premiers jours du mandat, visant à limiter les programmes d’équité et d’inclusion, à restreindre les directives fédérales sur les politiques scolaires et à redéfinir les priorités de financement. Ces actions ont eu des effets concrets : certains programmes ont été réduits, d’autres ont vu leurs budgets amputés, et le ton général des politiques éducatives fédérales a considérablement évolué vers une approche plus conservatrice. Les fonctionnaires du département ont fait l’objet de pressions et de menaces de licenciement, créant un climat de tension et d’incertitude au sein de l’agence.
Cependant, ces mesures restent bien en deçà de la promesse d’abolition totale. Les programmes essentiels du département, comme les aides financières aux étudiants, les financements pour les écoles en difficulté et les initiatives en matière d’éducation spéciale, continuent de fonctionner. Le processus de modification ou de suppression de ces programmes s’avère complexe et prend du temps, ce qui explique pourquoi la structure de base du département demeure intacte. De plus, les États continuent de dépendre de financements fédéraux pour de nombreux programmes éducatifs, ce qui rend toute suppression brutale extrêmement difficile politiquement. L’administration a donc dû se contenter de modifications marginales et de changements de ton, sans réussir à transformer radicalement le paysage éducatif fédéral comme promis. Cette réalité révèle les limites du pouvoir exécutif et la résilience des institutions gouvernementales face aux tentatives de démantèlement.
Section 3 : les tarifs douaniers et leurs conséquences
La promesse de richesse pour tous
Sur le plan économique, Trump a bâti une grande partie de son discours sur la mise en place de tarifs douaniers massifs qu’il présentait comme le moyen de générer de la richesse pour les Américains moyens. Selon sa rhétorique, ces tarifs, imposés aux produits importés, obligeraient les entreprises étrangères à payer pour l’accès au marché américain, créant ainsi une source de revenus considérable qui pourrait être utilisée pour réduire les impôts ou financer des programmes domestiques. Cette promesse s’inscrivait dans la continuité de la politique protectionniste que Trump avait déjà commencée à mettre en œuvre lors de son premier mandat, mais avec une ambition et une échelle considérablement accrues. Le candidat républicain affirmait que les Américains ordinaires bénéficieraient directement de cette politique, que les emplois manufacturiers reviendraient des pays étrangers et que l’économie nationale serait revitalisée.
L’analyse économique des douze premiers mois de cette politique révèle une réalité bien différente. Certes, l’administration Trump a déclaré que les nouveaux tarifs avaient généré environ 200 milliards de dollars de revenus supplémentaires cette année. Cependant, ce chiffre, présenté comme une victoire, masque une réalité économique plus complexe : les tarifs douaniers ne sont pas payés par les entreprises ou gouvernements étrangers, mais par les importateurs américains eux-mêmes, qui répercutent ensuite ces coûts sur les consommateurs sous forme de prix plus élevés. Les économistes s’accordent à dire que ces tarifs fonctionnent essentiellement comme une taxe sur les importations, payée en fin de compte par les ménages américains. Plutôt que de créer de la richesse pour les consommateurs, ces politiques ont contribué à maintenir une inflation persistante, particulièrement dans les secteurs dépendants des importations comme l’électronique, les vêtements et certains produits alimentaires.
Ce qui me révolte dans cette histoire, c’est la manipulation pure et simple de la réalité économique. Présenter une taxe comme un cadeau aux Américains, c’est le comble du cynisme. Je vois les familles de la classe moyenne, déjà sous tension, devoir payer plus pour leurs courses, pour les vêtements de leurs enfants, pour l’électronique qui fait partie intégrante de la vie moderne. Et ce qui me rend malade, c’est que ces mêmes gens ont voté pour cette politique en pensant qu’elle les aiderait. C’est comme si on leur avait vendu un médicament qui rendrait malade. La trahison est double : économique, certes, mais aussi morale. Comment peut-on utiliser la crédulité des gens pour les mettre dans une situation encore plus précaire ? Cette politique ne crée pas de richesse, elle la transfère des consommateurs vers le gouvernement, mais en faisant croire l’inverse. C’est cette manipulation consciente qui me laisse amer.
L’impact réel sur les ménages américains
Les données économiques accumulées au cours de l’année 2025 montrent que les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump ont eu un impact significatif sur le coût de la vie pour les ménages américains. Selon plusieurs études menées par des institutions économiques indépendantes, les coûts supplémentaires liés aux tarifs ont été répercutés sur les consommateurs à un taux compris entre 80 et 100%, ce qui signifie que la quasi-totalité de la charge financière repose finalement sur les ménages. Cette réalité contredit directement les promesses de campagne, qui suggéraient que les tarifs seraient payés par les étrangers. Les secteurs les plus touchés sont ceux qui dépendent fortement des importations, comme l’électronique grand public, où les prix ont augmenté de manière significative, ou l’industrie textile, où les vêtements et articles ménagers ont vu leurs coûts grimper.
De plus, ces tarifs ont engendré des réactions en chaîne dans l’économie mondiale. Les pays touchés par les droits de douane américains ont mis en place des mesures de rétorsion, imposant à leur tour des tarifs sur les produits américains, ce qui a affecté les exportations américaines et les emplois dans les secteurs exportateurs. Les agriculteurs américains, en particulier, ont souffert de ces représailles, perdant des parts de marché importantes à l’étranger et voyant leurs revenus diminuer. Contrairement à la promesse d’une renaissance industrielle fondée sur le protectionnisme, la réalité est celle d’un commerce international perturbé, de coûts plus élevés pour les consommateurs et d’une instabilité économique accrue. L’administration a tenté de compenser ces effets négatifs par des aides financières aux secteurs touchés, mais ces mesures ont coûté cher au budget fédéral et n’ont que partiellement compensé les pertes subies.
Section 4 : la FIV et ses réformes insuffisantes
Une promesse mal comprise
La question de l’accès à la fécondation in vitro (FIV) est devenue un sujet politique majeur aux États-Unis après la décision de la Cour suprême de 2022 qui a annulé le droit constitutionnel à l’avortement. Face à l’inquiétude croissante de nombreux Américains quant à l’avenir des technologies de procréation assistée, Trump a promis pendant sa campagne d’étendre l’accès à la FIV et de soutenir les couples confrontés à l’infertilité. Cette promesse visait à rassurer les électeurs modérés et les femmes qui s’inquiétaient des conséquences potentielles des politiques conservatrices en matière de santé reproductive. Trump a présenté son engagement comme une preuve que l’administration défendrait le droit des familles à avoir des enfants, tout en respectant les valeurs conservatrices sur la protection de la vie.
La mise en œuvre de cette promesse s’est révélée complexe et contradictoire. D’une part, l’administration Trump a effectivement publié un décret présidentiel et un plan visant à « abaisser les coûts et étendre l’accès à la fécondation in vitro et aux soins de fertilité de haute qualité ». D’autre part, le président a également exprimé son soutien aux efforts législatifs visant à définir le fœtus comme une personne juridique dès la conception, une mesure qui, si elle était adoptée, pourrait menacer l’ensemble des pratiques de FIV. Cette contradiction entre les déclarations publiques de soutien à la FIV et le soutien simultané à des politiques qui pourraient la restreindre crée une confusion majeure pour les patients et les professionnels de santé. Les organisations médicales spécialisées dans la procréation assistée ont exprimé leur inquiétude face à cette incohérence.
Cette ambivalence me bouleverse profondément. Comment un dirigeant peut-il simultanément promettre d’aider les couples à fonder une famille et soutenir des politiques qui menacent les outils mêmes qui rendent cette possibilité réalité ? Je pense aux femmes qui ont passé des années à essayer de concevoir, qui ont investi émotionnellement et financièrement dans des traitements de FIV, et qui vivent maintenant dans l’incertitude quant à l’avenir de ces traitements. C’est une violence psychologique insupportable. L’espoir suscité par les promesses d’élargissement de l’accès à la FIV est immédiatement miné par la peur que ces mêmes traitements deviennent illégaux. Comment peut-on jouer avec les désirs les plus intimes et les plus vulnérables des gens de cette manière ? Ce n’est pas seulement de l’incohérence politique, c’est une cruauté délibérée.
Des réformes limitées et incertaines
Les mesures concrètes prises par l’administration Trump en matière de FIV restent modestes et n’ont pas significativement transformé l’accès aux traitements de fertilité aux États-Unis. Le décret présidentiel publié en octobre 2025 se contente principalement de demander aux agences fédérales d’examiner les moyens possibles d’abaisser les coûts de la FIV, d’améliorer l’accès aux soins de fertilité et d’étendre la couverture d’assurance pour ces traitements. Cependant, ces directives restent largement vagues et ne créent pas d’obligations nouvelles pour les assureurs privés ni de financements dédiés pour les couples infertiles. Les organismes spécialisés dans la fertilité ont noté que l’absence de mesures législatives concrètes et de financement significatif limite considérablement l’impact de ces déclarations.
Par ailleurs, le paysage politique en matière de procréation assistée reste fragmenté et incertain. Plusieurs États conservateurs ont adopté ou envisagent des législations qui restreignent l’accès à la FIV, notamment en limitant le nombre d’embryons qui peuvent être créés ou utilisés dans le cadre de ces traitements. Ces mesures, motivées par des considérations morales et religieuses sur le statut de l’embryon, créent un environnement juridique complexe et variable selon les États, ce qui complique encore davantage l’accès uniforme à la FIV sur l’ensemble du territoire américain. L’absence de leadership fédéral clair en la matière laisse les patients et les professionnels de santé dans l’incertitude, contraints de naviguer entre des promesses d’élargissement de l’accès et des menaces potentielles de restriction.
Section 5 : les déportations au-delà des criminels
La promesse de cibler uniquement les pires éléments
Pendant sa campagne, Trump a constamment insisté sur le fait que sa politique d’immigration et de déportation se concentrerait exclusivement sur les « pires des pires » parmi les immigrants en situation irrégulière. Cette formulation, reprise à maintes reprises lors de meetings et d’interviews, visait à rassurer l’opinion publique quant à l’humanité supposée de son approche. Le candidat républicain affirmait qu’il n’y aurait pas de déportations massives de familles ou d’individus sans casier judiciaire, mais plutôt une action ciblée contre les criminels violents, les membres de gangs et les individus représentant une menace pour la sécurité publique. Cette promesse était destinée à présenter la politique d’immigration comme à la fois ferme et raisonnée, éloignée des images de familles séparées qui avaient marqué le premier mandat de Trump.
Cependant, les données officielles de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) pour l’année 2025 contredisent cette promesse. Les statistiques montrent que la grande majorité des personnes détenues par l’ICE ne présentent pas de casier judiciaire. Selon plusieurs analyses indépendantes, moins de 5% des détenus de l’ICE ont des condamnations pour des crimes violents, tandis que près de 73% n’ont aucune condamnation criminelle. Ces chiffres révèlent que la réalité des déportations sous la deuxième administration Trump est bien plus large que la promesse d’une action ciblée sur les criminels. Les arrestations concernent des centaines de milliers de personnes sans casier judiciaire, y compris des parents d’enfants américains, des travailleurs de longue date établis aux États-Unis et des individus n’ayant commis aucun crime autre que leur présence irrégulière sur le territoire.
Je me sens physiquement mal à l’aise devant ces chiffres. Choisir des mots comme « pires des pires » pour justifier ensuite des politiques qui affectent des centaines de milliers de personnes ordinaires, c’est une manipulation d’une violence inouïe. Je pense à ces parents arrêtés devant leurs enfants, à ces travailleurs qui ont passé des années à contribuer à la société américaine, à ces êtres humains réduits à des statistiques impersonnelles. La promesse de cibler uniquement les criminels était censée être une limite morale, une forme de retenue dans la fermeté de la politique d’immigration. Briser cette promesse, c’est briser le contrat moral qui lie un gouvernement à tous ceux qui vivent sous son autorité. Cette trahison me glace le sang parce qu’elle révèle une facilité effrayante à utiliser la peur et la démagogie pour justifier des politiques qui détruisent des vies innocentes.
La réalité des arrestations et déportations
Les opérations de l’ICE en 2025 ont atteint des niveaux records, avec plus de 2,5 millions d’immigrants en situation irrégulière ayant quitté les États-Unis sous différentes formes, que ce soit par arrestation, expulsion ou retour volontaire sous la menace. Ce chiffre représente une augmentation significative par rapport aux années précédentes et dépasse largement les objectifs annoncés par l’administration. Ces opérations ont été menées avec une intensité particulière, incluant des raids dans des lieux de travail, des arrestations à domicile et des patrouilles accrues dans les communautés immigrantes. L’administration Trump a également mis en place des politiques de collaboration plus étroite entre les forces locales de l’ordre et l’ICE, malgré les résistances de certaines villes et États qui se sont déclarés « sanctuaires » pour les immigrants.
Les conséquences humaines de cette politique sont immenses et dévastatrices. Les séparations familiales sont devenues monnaie courante, des milliers d’enfants américains se retrouvant sans un ou deux parents à la suite de déportations. Les communautés immigrées vivent dans la peur constante de l’arrestation, ce qui affecte leur capacité à accéder aux services essentiels comme la santé ou l’éducation. De plus, l’économie américaine dans certains secteurs dépendants de la main-d’œuvre immigrée, comme l’agriculture, la construction ou les services, a souffert de la disparition soudaine de travailleurs. Contrairement à la promesse d’une action ciblée et humaine, la réalité est celle d’une politique de terreur systématique qui affecte des millions de personnes dont le seul crime est d’avoir cherché une vie meilleure aux États-Unis.
Section 6 : la Justice Department soi-disant dépoliticienne
L’engagement de ne plus armer la justice
Lors de son discours d’investiture en janvier 2025, Trump a fait une déclaration solennelle : « Jamais plus l’immense pouvoir de l’État ne sera instrumentalisé pour persécuter des opposants politiques — quelque chose dont je sais un peu ce dont il s’agit ». Cette promesse visait à répondre aux critiques qui avaient accusé son administration précédente et l’administration Biden d’avoir utilisé le système judiciaire à des fins politiques. Trump présentait son retour à la Maison Blanche comme l’occasion de restaurer l’intégrité du Département de la Justice et de mettre fin à ce qu’il décrivait comme l’« armement » de la justice contre ses ennemis politiques. Cet engagement a été accueilli avec scepticisme par de nombreux observateurs, qui notaient la contradiction entre cette promesse et la longue histoire de Trump d’appels à des poursuites contre ses adversaires politiques.
Pourtant, dès les premiers mois de son mandat, l’administration Trump a entamé des procédures contre plusieurs de ses critiques les plus éminents. L’ancien directeur du FBI, James Comey, et le procureur général de New York, Letitia James, ont fait l’objet d’enquêtes et de menaces de poursuites judiciaires de la part du Département de la Justice. Ces actions ont été justifiées comme des enquêtes sur des infractions potentielles, mais le timing et la sélection des cibles ont suggéré une motivation politique. Susie Wiles, la chef de cabinet de la Maison Blanche, a même concédé dans un article de magazine que ces poursuites « pourraient être de la rétribution », admettant implicitement la nature politique de ces actions judiciaires. Cette réalité contredit directement la promesse solennelle faite lors de l’investiture de mettre fin à l’instrumentalisation de la justice.
Il y a quelque chose de particulièrement insupportable dans cette inversion morale. Se présenter comme la victime d’un système de justice politisé, pour ensuite utiliser ce même système pour poursuivre ses ennemis, c’est le comble de l’hypocrisie. Je ressens une colère profonde devant cette manipulation du langage et des principes démocratiques. La justice est censée être le refuge de l’impartialité, l’endroit où le pouvoir politique doit s’arrêter. Transformer ce refuge en arme de vengeance politique, c’est corrompre l’un des fondements les plus précieux de la démocratie. Et ce qui me terrifie, c’est la normalisation de cette corruption. Quand on peut dire ouvertement que des poursuites sont de la « rétribution » sans que cela ne provoque de scandale majeur, on a franchi une ligne dangereuse. La promesse de dépoliticienne la justice s’est révélée être non seulement mensongère, mais destructrice pour l’État de droit lui-même.
Les poursuites contre Comey et James
Les procédures judiciaires contre James Comey et Letitia James illustrent parfaitement la contradiction entre les promesses de Trump et les actions réelles de son administration. Comey, qui avait dirigé le FBI sous la présidence de Barack Obama et au début de la première administration Trump, avait été au centre de plusieurs controverses concernant l’enquête sur les liens entre la campagne Trump et la Russie. Son audience publique en 2025 devant un grand jury fédéral pour des accusations de divulgation d’informations classifiées a été largement interprétée comme une tentative de vengeance politique pour son rôle dans ces enquêtes. De même, Letitia James, la procureure générale de New York qui avait mené plusieurs enquêtes civiles contre Trump et ses entreprises, a fait l’objet de pressions et de menaces de poursuites fédérales en représailles à ses actions contre l’ex-président.
Ironiquement, ces poursuites ont fini par échouer pour des raisons techniques et juridiques plutôt que politiques. Un grand jury a refusé d’inculper Letitia James en décembre 2025, et un juge a fini par rejeter les cas contre Comey et James après avoir constaté que le procureur nommé pour mener ces affaires avait été illégalement nommé. Ces échecs judiciaires, bien que juridiquement significatifs, n’effacent pas l’intention politique initiale de ces poursuites. Ils soulignent plutôt l’inefficacité de l’administration Trump à utiliser le système judiciaire comme arme politique, mais aussi sa volonté persistante de le faire. Ces épisodes révèlent que la promesse de mettre fin à l’armement de la justice était non seulement mensongère, mais qu’elle masquait en réalité une intention d’intensifier cette pratique.
Section 7 : les initiatives DEI sous le feu
Une croisade contre la diversité
L’hostilité de Trump envers les initiatives de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) constitue l’un des fils conducteurs de son discours politique depuis sa première campagne. Présentant ces politiques comme une forme de « discrimination inversée » et comme une menace pour le mérite, il a promis de démanteler l’ensemble des programmes fédéraux liés à la DEI. Cette promesse a trouvé un écho particulièrement fort parmi les électeurs conservateurs qui considèrent ces initiatives comme des exemples de « wokisme » envahissant les institutions gouvernementales et éducatives. Trump a bâti une partie importante de sa campagne sur l’idée que son administration éliminerait radicalement ce qu’il présentait comme l’idéologie progressiste imposée par le gouvernement fédéral.
Dès les premiers jours de son second mandat, Trump a signé une série de décrets présidentiels visant à abolir les programmes DEI dans l’ensemble du gouvernement fédéral. L’exécutif intitulé « Ending Radical and Wasteful Government DEI Programs and Preferencing » a marqué le début d’une offensive systématique contre ces politiques. Le Département de l’Éducation a reçu des instructions précises pour éliminer tous les programmes DEI, les autres agences fédérales ont été sommées de révoquer les politiques en faveur de la diversité, et les entreprises travaillant avec le gouvernement ont été averties que les programmes DEI pourraient compromettre leurs chances d’obtenir des contrats fédéraux. Cette offensive a été complétée par la révocation de l’ordonnance exécutive 11246, qui depuis 1965 obligeait les entrepreneurs fédéraux à prendre des mesures affirmatives pour garantir l’égalité des chances en matière d’emploi.
Assister à cette croisade contre les programmes DEI me laisse avec un sentiment de désespoir profond. Ces programmes, imparfaits certes, représentaient une reconnaissance, même partielle, que l’égalité des chances n’existe pas encore dans notre société. Les démanteler, c’est faire semblant que le racisme, le sexisme et la discrimination ont disparu, qu’ils appartiennent à un lointain passé. C’est refuser de voir les inégalités structurelles qui continuent de marquer la vie de millions de personnes. Je pense aux employés fédéraux noirs et latino-américains qui ont vu des opportunités s’ouvrir grâce à ces programmes, aux femmes qui ont pu accéder à des positions de leadership, aux personnes handicapées qui ont trouvé des accommodements. Effacer ces politiques, c’est effacer ces espoirs et ces progrès. Ce qui me brise le cœur, c’est que cette annihilation est présentée comme un retour au mérite et à l’équité, alors qu’elle est en réalité un retour à l’inégalité systémique.
Les conséquences pour les employés fédéraux
L’impact de l’offensive anti-DEI sur les employés fédéraux a été immédiat et profond. Des milliers de fonctionnaires travaillant sur des programmes de diversité et d’inclusion ont perdu leur emploi ou ont été réaffectés à d’autres fonctions. Les ressources allouées aux initiatives DEI ont été coupées, les formations sur les préjugés inconscients ont été annulées et les objectifs de représentation des minorités ont été abandonnés. De plus, les employés fédéraux ont reçu des instructions explicites de ne pas utiliser de langage ou de concepts liés à la justice raciale ou sociale dans leurs communications officielles, ce qui a créé un climat de censure et d’autocensure au sein des agences gouvernementales.
Ces changements ont eu des effets dévastateurs sur le moral et l’engagement des employés fédéraux. De nombreux fonctionnaires, en particulier ceux issus de communautés minoritaires, ont exprimé leur sentiment que le gouvernement fédéral n’était plus un employeur accueillant ou respectueux de la diversité. Les associations représentant les employés fédéraux ont signalé une augmentation du turnover et des difficultés croissantes à recruter et retenir des talents issus de communautés sous-représentées. De plus, l’annulation des programmes DEI a potentiellement compromis l’efficacité de certaines agences gouvernementales, car ces programmes avaient été mis en place en réponse à des problèmes documentés de discrimination et d’inégalité au sein de la fonction publique. L’administration Trump a présenté ces changements comme un retour au mérite pur, mais la réalité est celle d’une fuite des talents et d’une détérioration du climat de travail dans de nombreuses agences.
Section 8 : les agences fédérales promises au démantèlement
L’obsession de la réduction de l’État
Au-delà du Département de l’Éducation, Trump a promis de démanteler ou de réduire drastiquement plusieurs autres agences fédérales qu’il jugeait inutiles, inefficaces ou politiquement hostiles. Cette obsession de la réduction de la taille du gouvernement s’inscrit dans la continuité de l’idéologie conservatrice qui voit l’État fédéral comme intrusif et inefficient. Trump a particulièrement ciblé l’Agence de protection de l’environnement (EPA), le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS) et diverses agences de régulation économique comme la Commission fédérale du commerce (FTC) et la Securities and Exchange Commission (SEC). Sa promesse était de réduire considérablement le budget, le personnel et les pouvoirs de ces agences, voire de les abolir complètement dans certains cas.
Les obstacles constitutionnels et politiques à cette promesse se sont révélés insurmontables, tout comme pour le Département de l’Éducation. Abolir une agence fédéral existante nécessite une action du Congrès, et même les réorganisations importantes nécessitent des changements législatifs. Bien que les républicains contrôlent les deux chambres, les propositions d’abolition des agences fédérales ont rencontré une résistance significative, y compris au sein du Parti républicain. De nombreux législateurs se sont inquiétés des conséquences politiques de telles suppressions, particulièrement pour les électeurs qui bénéficient des services de ces agences. De plus, la complexité administrative de transférer ou de supprimer les fonctions de ces agences a rendu l’objectif d’une abolition rapide et complète extrêmement difficile.
Cette obsession de détruire ce que des générations ont construit me fascine par sa nihilisme. Trump semble animé par une rage contre les institutions elles-mêmes, comme si l’existence d’un gouvernement complexe et régulateur était une offense à sa vision du monde. Ce qui me touche personnellement, c’est l’absence de réflexion sur ce que ces destructions signifieraient pour la vie quotidienne des gens. L’EPA protège l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons. Le HHS assure que les personnes les plus vulnérables reçoivent des soins. Les agences de régulation protègent les consommateurs contre les abus. Promettre de démanteler ces protections, c’est promettre de rendre la vie des gens plus dangereuse et plus précaire. Et ce qui me terrifie, c’est que cette promesse de destruction est vendue comme une libération, comme si se débarrasser de ces protections était une forme de liberté. C’est une vision sombre et réductrice de ce que signifie vivre ensemble en société.
Les réductions budgétaires et leurs effets
L’incapacité d’abolir complètement ces agences n’a pas empêché l’administration Trump de mettre en œuvre des réductions budgétaires significatives qui ont gravement affecté leur fonctionnement. L’EPA a vu son budget réduit de près de 30%, entraînant des licenciements massifs et l’abandon de nombreux programmes de protection de l’environnement. Le HHS a subi des coupes similaires, affectant particulièrement les programmes de santé publique et les recherches médicales. Les agences de régulation ont vu leurs effectifs drastiquement réduits, limitant leur capacité à surveiller les marchés financiers et à protéger les consommateurs contre les fraudes et les abus.
Les conséquences de ces réductions sont multiples et inquiétantes. L’environnement a subi une détérioration mesurable, avec une augmentation de la pollution dans plusieurs régions du pays et l’abandon des programmes de surveillance des émissions de gaz à effet de serre. Les programmes de recherche médicale ont été ralentis ou annulés, compromettant potentiellement des avancées futures dans le traitement de maladies graves. La surveillance des marchés financiers a diminué, augmentant le risque de crises financières et d’abus contre les consommateurs. De plus, ces réductions ont envoyé un message clair aux industries régulées : le gouvernement fédéral n’était plus aussi engagé à faire respecter les règles environnementales et économiques qu’auparavant. Ce message a été interprété par beaucoup comme un feu vert pour ignorer ou contourner les régulations existantes.
Section 9 : les guerres promises mais jamais terminées
L’illusion de la résolution rapide des conflits
Au-delà de l’Ukraine, Trump a promis de résoudre rapidement plusieurs autres conflits internationaux qui ensanglantaient le monde. Son discours suggérait que les guerres qui se prolongeaient depuis des années, voire des décennies, pouvaient être terminées rapidement si les États-Unis étaient dirigés par le bon leader. Cette promesse s’inscrivait dans une vision plus large de la politique étrangère trumpienne : l’idée que les problèmes internationaux complexes étaient principalement dus à l’incompétence ou à la faiblesse des dirigeants précédents, et qu’une approche plus ferme et plus directe suffirait à les résoudre. Cette rhétorique a été particulièrement forte sur les conflits au Moyen-Orient, où Trump a promis de mettre fin aux guerres en Syrie, en Irak et dans la région du Golfe.
La réalité géopolitique s’est révélée bien plus résistante à cette vision simpliste. Les conflits au Moyen-Orient continuent de faire rage, avec les mêmes acteurs, les mêmes revendications et les mêmes impasses qu’auparavant. La guerre en Syrie est entrée dans sa quinzième année sans perspective de résolution claire. L’Irak continue de faire face à des violences et à des instabilités politiques majeures. Les tensions entre l’Iran et ses voisins, ainsi qu’entre Israël et les groupes militants dans la région, persistent malgré les tentatives de médiation américaine. Contrairement à la promesse d’une résolution rapide sous un leadership trumpien, la réalité est celle d’une continuité des conflits et même, dans certains cas, d’une escalade.
Cette croyance en la toute-puissance du leader individuel pour résoudre des conflits qui déchirent des régions entières me terrifie par sa naïveté dangereuse. Les guerres ne sont pas des problèmes de gestion qui peuvent être résolus avec une bonne poignée de main ou un tweet fort. Elles sont le résultat de décennies d’histoires complexes, de revendications territoriales, de griefs historiques, d’intérêts stratégiques contradictoires. Promettre de les résoudre rapidement, c’est méconnaître fondamentalement la nature de la violence humaine et des conflits. Et ce qui me désespère, c’est que ces promesses simplistes sont entendues et crues par des gens qui vivent avec l’espoir sincère de voir leurs familles épargnées par la guerre. Briser cet espoir, c’est commettre une violence supplémentaire contre ceux qui ont déjà tant souffert.
La persistance des conflits malgré le changement d’administration
La continuation des conflits internationaux sous l’administration Trump révèle les limites fondamentales du pouvoir présidentiel en politique étrangère. Même avec une volonté politique affichée de résoudre rapidement ces crises, les États-Unis ne peuvent pas imposer unilatéralement la paix à des acteurs étrangers qui ne sont pas disposés à faire des compromis. Les gouvernements concernés par ces conflits ont leurs propres agendas, leurs propres contraintes internes et leurs propres calculs stratégiques qui ne s’alignent pas nécessairement sur les préférences américaines. De plus, la complexité des relations internationales, avec ses alliances, ses rivalités et ses équilibres de pouvoir, rend toute intervention extérieure extrêmement délicate.
Par ailleurs, l’approche de Trump en politique étrangère, caractérisée par un certain isolationnisme et un scepticisme envers les alliances traditionnelles, a parfois compliqué plutôt que simplifié la résolution des conflits. Le retrait américain de certains engagements internationaux et la critique fréquente des organisations multilatérales ont réduit la capacité des États-Unis à servir de médiateur crédible dans ces crises. Les alliés européens et asiatiques, traditionnellement partenaires clés dans la gestion des conflits internationaux, ont exprimé leurs réserves quant à l’approche trumpienne, ce qui a rendu la coordination internationale plus difficile. Dans ce contexte, la promesse de résoudre rapidement les conflits mondiaux s’est révélée être non seulement irréaliste, mais potentiellement contre-productive.
Section 10 : l'économie grande mais pour qui
La promesse d’une prospérité partagée
L’un des slogans centraux de la campagne de Trump était « Make America Great Again », un cri de ralliement qui promettait de restaurer la prospérité économique perdue et de créer une économie qui fonctionnerait pour tous les Américains. Trump a martelé l’idée que ses politiques économiques, centrées sur les réductions d’impôts, la dérégulation et le protectionnisme commercial, généreraient une croissance robuste, des emplois bien rémunérés et une amélioration du niveau de vie pour la classe moyenne et les travailleurs américains. Cette promesse de prospérité partagée a résonné particulièrement chez les électeurs qui se sentaient oubliés par la croissance économique de l’après-crise financière et qui percevaient les élites économiques comme les principales bénéficiaires de la reprise.
Après un an de la deuxième administration Trump, le bilan économique est mitigé et complexe. Certes, le taux de chômage reste relativement bas et le PIB continue de croître, mais ces indicateurs macroéconomiques masquent des réalités plus sombres. L’inflation, bien que réduite par rapport à son pic de 2024, reste supérieure à l’objectif de la Réserve fédérale, érodant le pouvoir d’achat des ménages. Les salaires, malgré une certaine croissance, n’ont pas suffisamment augmenté pour compenser l’inflation, ce qui signifie que le revenu réel moyen a stagné, voire diminué pour certaines catégories de travailleurs. De plus, les inégalités économiques ont continué de se creuser, avec les plus riches capturant une part disproportionnée des gains de croissance économique.
Ce qui me brise le cœur dans cette histoire, c’est l’écart abyssal entre la promesse d’une prospérité partagée et la réalité de ceux qui continuent de lutter pour joindre les deux bouts. Je pense aux familles qui ont cru que cette fois serait différente, que les politiques de Trump leur apporteraient enfin le soulagement économique qu’elles attendaient depuis des années. Voir leurs espoirs se heurter à la réalité d’un pouvoir d’achat en baisse, de factures qui augmentent et d’un avenir économique incertain me remplit d’une tristesse profonde. La promesse d’un partage de la richesse s’est révélée être, une fois de plus, une promesse aux riches par les riches. Ce qui me révolte, c’est l’utilisation du désir légitime de prospérité des gens ordinaires comme un outil pour justifier des politiques qui profitent principalement à ceux qui sont déjà très riches.
La concentration des bénéfices économiques
Les données économiques accumulées au cours de l’année 2025 montrent que les bénéfices de la croissance économique ont été concentrés de manière disproportionnée au sommet de la distribution des revenus. Les marchés boursiers ont atteint des niveaux records, enrichissant considérablement les actionnaires et les investisseurs, tandis que les entreprises ont annoncé des profits exceptionnels, souvent attribués à la réduction des coûts liée aux réductions d’impôts et à la dérégulation. Cependant, ces gains n’ont pas significativement « suinté » vers la classe moyenne et les travailleurs comme promis. Les entreprises ont préféré utiliser ces bénéfices pour racheter leurs propres actions, augmentant ainsi la valeur pour les actionnaires, plutôt que pour augmenter les salaires ou créer de nouveaux emplois.
De plus, les politiques économiques de l’administration ont exacerbé certaines tendances inégalitaires. Les réductions d’impôts ont bénéficié de manière disproportionnée aux ménages à revenus élevés et aux grandes entreprises, tandis que les tarifs douaniers ont augmenté le coût de la vie pour les ménages à revenus moyens et faibles. La dérégulation environnementale et financière a profité aux grandes entreprises aux dépens des communautés locales et des consommateurs. Dans ce contexte, la promesse d’une économie « grande » pour tous s’est traduite par une économie qui fonctionne bien pour quelques privilégiés, mais qui laisse derrière elle une grande partie de la population américaine.
Section 11 : les mégas structures de mensonges
L’architecture systématique de la tromperie
L’examen de l’ensemble des promesses non tenues de Trump révèle quelque chose de plus profond qu’une série d’échecs individuels : une véritable architecture systématique de la tromperie. Ce qui distingue l’approche de Trump de celle d’autres politiques qui ont également rompu des promesses, c’est l’échelle, la systématisation et l’absence apparente de conséquences. Contrairement aux présidents précédents qui ont dû rendre des comptes pour leurs promesses non tenues, Trump semble avoir opéré dans un espace politique où le mensonge ne coûte rien, voire où il est récompensé. Cette réalité soulève des questions fondamentales sur l’état de la démocratie américaine et sur la capacité des citoyens à demander des comptes à leurs dirigeants.
L’architecture de cette tromperie repose sur plusieurs éléments clés. Premièrement, l’utilisation constante des médias sociaux et des meetings publics pour faire des promesses spectaculaires sans égard pour leur faisabilité. Deuxièmement, la normalisation du mensonge par la répétition constante de déclarations fausses ou exagérées. Troisièmement, la délégitimation systématique des sources d’information qui pourraient remettre en question ces promesses, qualifiant les médias traditionnels et les experts d’ennemis du peuple. Quatrièmement, la capacité à réécrire l’histoire après coup, en prétendant que les promesses n’étaient pas sérieuses ou qu’elles ont été tenues même lorsque la réalité dit le contraire. Cette combinaison d’éléments crée un écosystème où le mensonge peut prospérer sans entrave.
Cette normalisation du mensonge me terrifie plus que n’importe quelle politique spécifique. Quand un dirigeant peut mentir systématiquement sans que cela ne provoque de conséquences politiques majeures, on a perdu quelque chose de fondamental dans notre démocratie. Je pense à mes enfants, qui grandissent dans un monde où la vérité politique est devenue une notion flexible, optionnelle, où les mots ne signifient plus ce qu’ils signifiaient. C’est cette érosion progressive de la confiance dans la parole publique qui me désespère. Comment peut-on construire une société commune si l’on ne peut pas se fier à ce que disent nos dirigeants ? Cette architecture de tromperie n’est pas simplement un problème politique, c’est une menace existentielle pour le tissu même de notre vie commune.
La complicité passive des institutions
La persistance de cette architecture de tromperie ne serait pas possible sans une certaine complicité, même passive, des institutions démocratiques censées garantir la vérité et la responsabilité. Le Congrès, malgré ses pouvoirs de contrôle et d’enquête, n’a pas réussi à imposer des conséquences significatives aux mensonges présidentiels. Les médias, bien qu’ils aient documenté les promesses non tenues, ont souvent traité ces mensonges comme des faits politiques ordinaires plutôt que comme des violations fondamentales de la confiance publique. Le système judiciaire, malgré quelques actions contre les fausses déclarations électorales, n’a pas pu ou n’a pas voulu intervenir de manière significative pour rétablir la vérité politique.
Cette complicité passive s’explique par plusieurs facteurs. Premièrement, la polarisation politique extrême qui signifie que les élus du même parti que le président refusent de critiquer ses mensonges de peur d’aliéner leur base électorale. Deuxièmement, la transformation des médias en entreprises cherchant l’audience plutôt que la vérité, ce qui les pousse à traiter les déclarations de Trump comme du divertissement plutôt que comme des informations factuelles. Troisièmement, la saturation du public par un flux constant d’informations et de scandales, qui réduit l’impact de chaque mensonge individuel. Dans ce contexte, les institutions censées protéger la vérité et la démocratie se sont révélées impuissantes face à l’assaut systématique contre la vérité.
Conclusion : le coût des mensonges
Les conséquences pour la démocratie américaine
L’accumulation des promesses non tenues de Trump a des conséquences profondes et durables pour la démocratie américaine. La plus évidente est l’érosion de la confiance dans les institutions politiques et dans la parole publique. Les citoyens, bombardés de promesses non tenues et de déclarations contredites par la réalité, deviennent de plus en plus cyniques et désabusés. Ce cynisme peut mener à deux extrémités également dangereuses : l’abstention électorale et le rejet complet de la politique, ou le soutien aux figures qui promettent de « tout casser » sans se soucier des conséquences. Dans les deux cas, le résultat est une démocratie affaiblie, incapable de fonctionner correctement sans la confiance de ses citoyens.
De plus, la normalisation du mensonge politique crée un précédent dangereux pour les futurs dirigeants. Si un président peut promettre n’importe quoi et ne rien tenir sans conséquences, pourquoi les futurs candidats ne suivraient-ils pas cet exemple ? Cette dynamique risque d’entraîner une course vers le bas dans la qualité du discours politique, où chaque candidat chercherait à faire des promesses de plus en plus irréalistes pour attirer l’attention et les votes. À terme, cela pourrait aboutir à une situation où aucune promesse politique n’est plus crédible, où la politique n’est plus qu’un spectacle sans substance, et où la capacité des démocraties à résoudre les problèmes réels est gravement compromise.
Assister à cette érosion de la démocratie est comme regarder une maison s’effondrer lentement, pierre par pierre. Chaque promesse non tenue est une brique qui tombe, chaque mensonge une fissure qui s’agrandit. Ce qui me désespère le plus, c’est le sentiment d’impuissance face à cette destruction. Nous, citoyens ordinaires, nous regardons ce qui se passe, nous voyons les mensonges, nous constatons les promesses brisées, et pourtant nous nous sentons incapables d’arrêter cette chute. La démocratie n’est pas seulement un système de vote ou d’institutions, c’est un pacte de confiance entre les citoyens et leurs dirigeants. Quand ce pacte est brisé de manière aussi systématique, on ne perd pas seulement une élection, on perd quelque chose de plus précieux : la croyance que nous pouvons, ensemble, construire un monde meilleur. C’est cette perte qui me terrifie par-dessus tout.
Un appel à la responsabilité collective
Face à cette crise de la vérité politique, il ne suffit pas de constater les promesses non tenues de Trump et de s’indigner. Il est nécessaire de réfléchir aux moyens de restaurer l’intégrité du discours politique et de reconstruire la confiance dans la démocratie. Cela exige un effort collectif impliquant tous les acteurs de la vie démocratique : les médias qui doivent résister à la tentation du sensationnalisme pour se concentrer sur les faits, les élus qui doivent avoir le courage de dire la vérité même quand elle est impopulaire, les citoyens qui doivent s’informer et participer activement à la vie publique, et les institutions qui doivent être réformées pour mieux protéger la vérité et la responsabilité.
La restauration de la confiance ne sera ni facile ni rapide. Elle exigera de résister à la tentation de choisir le mensonge confortable plutôt que la vérité difficile, de privilégier le court terme plutôt que le long terme, et de céder à la polarisation plutôt que de chercher le compromis. Cependant, cette entreprise est essentielle si nous voulons préserver la démocratie comme système capable de servir le bien commun. Les promesses non tenues de Trump constituent un avertissement sévère sur ce qui arrive quand la vérité est sacrifiée sur l’autel du pouvoir politique. Il nous appartient de tirer les leçons de cet avertissement et de nous engager collectivement à restaurer l’intégrité de notre démocratie.
Sources
Sources primaires
Raw Story – Bevy of broken Trump promises laid bare in new analysis – Erik De La Garza, 2 janvier 2026
MS NOW – Tracking Trump’s first-year promises: What he delivered, what he didn’t – Julianne McShane, janvier 2026
White House.gov – Fact Sheet: President Donald J. Trump Announces Actions to Lower Costs and Expand Access to In Vitro Fertilization (IVF) and High-Quality Fertility Care – octobre 2025
White House.gov – Ending Radical and Wasteful Government DEI Programs and Preferencing – 29 janvier 2025
DHS.gov – ICE Ends 2025 With More Arrests of Worst Worst Criminal Illegal Aliens – 30 décembre 2025
Federal Register – Ending Radical And Wasteful Government DEI Programs And Preferencing – 2025
Sources secondaires
NBC News – Trump vowed to end the Ukraine war in 24 hours, conflict still rages – 2025
AP News – How Trump backed away from promising to end the Russia-Ukraine war in 24 hours – 2025
CNN – Fact check: It wasn’t ‘in jest.’ Here are 53 times Trump said he’d end the Russia-Ukraine war ‘in 24 hours’ – avril 2025
Politico – Trump continues shrinking the Education Department, but full abolition remains elusive – 2025
PolitiFact – Trump Truth-O-Meter: Abolish the Education Department – 2025
Econofact – Are Tariffs Raising U.S. Retail Prices? – 2025
Tax Foundation – Trump Tariffs: The Economic Impact of the Trump Trade War – 2025
Cato Institute – 5% of People Detained By ICE Have Violent Convictions, 73% Have No Convictions – 2025
NBC News – ICE has arrested nearly 75,000 people with no criminal records, data shows – 2025
PBS NewsHour – Judge dismisses cases against James Comey, Letitia James after finding the prosecutor was illegally appointed – 2025
CNN – Justice Department confirms in court filing it may prosecute James Comey – décembre 2025
Harvard Law School Forum on Corporate Governance – President Trump Acts to Roll Back DEI Initiatives – février 2025
St. Louis Fed – How Tariffs Are Affecting Prices in 2025 – octobre 2025
Yale Budget Lab – Where We Stand: The Fiscal, Economic, and Distributional Effects of All U.S. Tariffs Enacted 2025 Through April – 2025
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