Une démonstration de force sans précédent
Les exercices « Justice Mission 2025 » ne ressemblent à rien de ce que la Chine avait organisé auparavant. Pendant deux jours, les 29 et 30 décembre, les forces chinoises ont déployé près de 130 aéronefs, dont des chasseurs J-20, J-16 et J-10, des bombardiers et des drones. Sur mer, au moins 14 navires de guerre et 14 vedettes des garde-côtes ont encerclé l’île. Pour la première fois depuis 2022, des roquettes ont été tirées dans le détroit, certaines atterrissant près de la ligne des 24 milles nautiques. Les exercices simulaient explicitement un blocus des ports stratégiques de Keelung et Kaohsiung — les poumons économiques de Taïwan. Ces manœuvres interviennent après l’annonce d’une vente d’armes américaine de 11,1 milliards de dollars à Taipei, provoquant la fureur de Pékin.
Ce qui distingue Justice Mission 2025, c’est la proximité des zones d’opération. Sept zones de tir réel formaient un anneau quasi complet autour de l’île, certaines empiétant sur les eaux territoriales taïwanaises. Plus de 6 000 voyageurs ont été affectés, avec l’annulation de 76 vols domestiques et le retard potentiel de 300 vols internationaux. Taipei a détecté 89 avions de guerre dans les cieux environnants, dont 67 entrés dans sa zone de réponse. Le ministre de la Défense Wellington Koo a condamné ces « actions hautement provocatrices » qui « minent gravement la paix régionale ».
Une géométrie opérationnelle inédite
Les analystes militaires parlent d’une évolution doctrinale majeure : Pékin teste désormais sa capacité à opérer à proximité immédiate de l’île, compressant les temps de réaction de Taipei. Les stratèges chinois appellent cela la « guerre de destruction des systèmes » — weaponiser la géographie, le temps et la dominance sensorielle pour paralyser l’adversaire avant les premiers tirs. Le colonel Shi Yi, porte-parole du Commandement du Théâtre Est, a qualifié ces exercices d’« avertissement sévère contre les forces séparatistes prônant l’indépendance de Taïwan » et, fait nouveau, contre les « forces d’intervention extérieures » — message direct à Washington et Tokyo.
Il y a quelque chose de profondement déstabilisant dans la normalisation de ces exercices. Chaque année, les manœuvres chinoises se rapprochent de Taïwan, durent plus longtemps, impliquent plus de matériel. Et le monde s’habitue. C’est exactement ce que Pékin recherche : brouiller la frontière entre temps de paix et temps de guerre, faire en sorte que le jour où l’encerclement deviendra un blocus réel, personne ne puisse dire exactement quand la ligne a été franchie.
Section 3 : Le J-20 Mighty Dragon — anatomie d'un prédateur
Une machine de cinquième génération
Le J-20 Mighty Dragon représente le fleuron de l’aviation militaire chinoise. Avec son envergure de 13 mètres et sa vitesse maximale de Mach 2.0, ce bimoteur est conçu pour la supériorité aérienne et les frappes de précision. Sa configuration canard-delta et ses matériaux absorbants radar réduisent considérablement sa signature. L’armement est entièrement internalisé pour préserver la furtivité : missiles PL-15 à guidage radar actif dont la portée dépasse 200 kilomètres, et missiles PL-10 à courte portée. Son radar AESA JLJ-5 et son système de ciblage électro-optique lui confèrent une conscience situationnelle exceptionnelle. Récemment, des percées chinoises dans les semi-conducteurs au carbure de silicium auraient triplé la portée de détection de son radar.
Malgré ces spécifications, le J-20 a des faiblesses. Les premiers exemplaires utilisaient des moteurs russes AL-31F moins performants. La Chine a développé le WS-10C et travaille sur le WS-15 pour atteindre la capacité de supercruise. Autre particularité : le J-20 est le seul chasseur furtif sans canon interne, le rendant vulnérable en dogfight. Le général américain Kenneth Wilsbach s’est dit « relativement impressionné par le commandement et contrôle associé au J-20 », tout en notant que les avions E-3 Sentry seraient « insuffisants pour une détection en temps opportun ». Cependant, le chef d’état-major de l’USAF a tempéré en déclarant qu’il ne « perdrait pas le sommeil ». Plus de 300 exemplaires ont été construits — la menace est autant quantitative que qualitative.
Ce qui me frappe avec le J-20, ce n’est pas tant ses performances que ce qu’il représente. Il y a vingt ans, l’idée qu’un pays autre que les États-Unis puisse produire un chasseur furtif opérationnel semblait relever de la science-fiction. Aujourd’hui, la Chine en aligne des centaines. C’est une leçon d’humilité. Sous-estimer un adversaire n’a jamais été une stratégie gagnante.
Section 4 : Pingtung — le cœur stratégique de Taïwan
Une concentration d’installations critiques
La base de Pingtung n’est pas n’importe quelle installation. C’est la plus grande base aérienne de Taïwan et un pilier de sa défense. Le comté héberge aussi la base de Jiupeng, principal centre de recherche et d’essais de missiles — l’équivalent local de White Sands —, ainsi que la station radar de Dahanshan pour l’alerte avancée. Si un J-20 a réellement pu s’approcher sans être détecté, les implications sont vertigineuses : la Chine possèderait la capacité de frapper des cibles critiques avant que Taipei n’ait le temps de réagir. La compression des temps de réaction est l’un des avantages décisifs que recherche toute force aérienne moderne.
L’ancien lieutenant-général Chang Yen-ting a formulé un aveu glaçant lors d’une émission télévisée : Taïwan ne dispose pas de radar quantique pour détecter les avions furtifs. « Nous n’avons que des radars Doppler, qui ne détectent pas les avions furtifs. Pour le J-20, nous ne pouvons pas le détecter », a-t-il déclaré. Si le ministère avait pu identifier des J-20, « il l’aurait annoncé ». Face à cette vulnérabilité, Taïwan a commandé des systèmes IRST (Infrared Search and Track) pour ses F-16V — mais les experts chinois relativisent : l’IRST ne peut verrouiller qu’à courte distance, alors que le J-20 détecte un F-16 de bien plus loin.
Les aveux du général Chang m’ont frappé par leur brutalité. Voilà un ancien officier supérieur qui admet publiquement que son pays est aveugle face à la menace la plus redoutée. Est-ce du réalisme courageux ou un aveu de défaite anticipée ? Je penche pour la première option. Reconnaître un problème est la première étape pour le résoudre. Mais le temps presse.
Section 5 : Propagande ou prouesse ? Le débat fait rage
Les arguments des sceptiques
Le député taïwanais Wang Ting-yu, du Parti démocrate progressiste, a contesté les affirmations chinoises. Selon lui, la vidéo aurait été tournée dans la province du Guangdong, en Chine, dont le paysage ressemble à Pingtung. Si c’est vrai, la vidéo ne serait qu’un coup de propagande. D’autres experts soulignent les incohérences : pourquoi Pékin n’a-t-il pas diffusé d’images plus explicites montrant clairement des éléments identifiables ? Une hypothèse : la Chine préserve le mystère sur les capacités réelles de son chasseur. Un analyste chinois a noté : « Ces secrets devraient être gardés pour un combat futur. Révéler ses caractéristiques lors d’exercices est inutile. » Le fait que Pékin diffuse cette vidéo pourrait paradoxalement suggérer que l’affirmation est exagérée.
Les arguments de ceux qui y croient
Ce n’est pas la première fois que la Chine prétend que ses J-20 ont opéré près de Taïwan sans être détectés. En 2023, le capitaine Yang Juncheng avait affirmé avoir survolé l’intégralité de l’île. « Je pouvais voir toute la côte et les montagnes. J’étais fier », avait-il déclaré à CCTV. Le ministère taïwanais n’avait jamais confirmé avoir détecté ce vol. Fait révélateur : Taïwan publie régulièrement des rapports détaillés sur les incursions chinoises — J-16, J-10, H-6, drones — mais le J-20 est systématiquement absent. Soit Taipei détecte les J-20 mais ne divulgue pas l’information, soit l’île est incapable de les repérer. Son silence est révélateur : confirmer serait risqué, nier serait mensonger.
La vérité est peut-être entre les deux. Le J-20 peut-il voler jusqu’à Pingtung sans être repéré de manière systématique ? Probablement pas. Mais peut-il exploiter des angles morts, se faufiler à travers des corridors de moindre surveillance ? Cela me semble plausible. C’est peut-être là le vrai danger. Un chasseur furtif n’a pas besoin d’être totalement invisible — il lui suffit d’être assez discret pour semer le doute.
Section 6 : La guerre de l'information
Une stratégie millimétrée
La vidéo s’inscrit dans une stratégie de guerre informationnelle perfectionnée par Pékin. Peu importe que le J-20 ait réellement survolé Pingtung — ce qui compte, c’est que des millions de personnes croient que c’est possible. Cette perception mine la confiance de la population taïwanaise, force Taipei à consacrer des ressources pour enquêter, et renforce le moral des forces chinoises. Une affiche diffusée avant les manœuvres montrait des images satellite des bases taïwanaises avec la légende : « Comment pouvez-vous même envisager l’indépendance ? » Le Commandement du Théâtre Est a orchestré sa communication pour créer un sentiment d’encerclement et d’inévitabilité.
Les conséquences concrètes sont déjà tangibles. Taïwan doit investir des ressources considérables pour analyser l’incident, déterminer si des angles morts existent et prendre des mesures correctives. Les analystes appellent cela la « coercition en zone grise » — des actions en deçà du seuil de guerre qui érodent progressivement la position de l’adversaire. L’impact psychologique sur la population taïwanaise est plus difficile à mesurer mais potentiellement dévastateur. La Chine compte sur cette fatigue psychologique pour affaiblir la détermination de l’île.
Comment se défendre contre des images ? Contre des doutes injectés goutte à goutte dans la conscience collective ? La Chine a compris que la vraie bataille se joue dans les esprits. Les démocraties sont structurellement désavantagées : nous ne pouvons pas répondre par la propagande. Alors que reste-t-il ? La vérité, l’éducation aux médias, la résilience civique. Ce sont des armes imparfaites contre une machine de désinformation étatique. Mais ce sont les seules que nous avons.
Section 7 : Les implications pour la défense taïwanaise
Repenser l’architecture de surveillance
Si un chasseur de cinquième génération peut s’approcher d’installations stratégiques sans être repéré, toute l’architecture de défense doit être repensée. Les radars conventionnels peinent à détecter les appareils à faible signature. Plusieurs pistes sont explorées : les radars passifs qui analysent les perturbations des signaux ambiants (TV, radio FM), les réseaux de capteurs distribués dont la redondance garantit la continuité même si certains éléments sont détruits, et les systèmes IRST exploitant la signature thermique. Le président Lai Ching-te a dévoilé le concept « T-Dome », intégrant NASAMS, Patriot PAC-3 et intercepteurs Tien Kung — mais face aux chasseurs furtifs, même les systèmes sophistiqués ont leurs limites.
Le temps joue contre Taïwan. Les estimations suggèrent que Xi Jinping veut que l’APL soit prête à envahir d’ici 2027. Cela laisse à peine deux ans pour moderniser les défenses. L’île mise aussi sur la stratégie du hérisson — rendre toute invasion si coûteuse que Pékin y renoncera : missiles antinavires mobiles, mines marines, drones kamikazes. Dans cette logique, même si un J-20 pénètre l’espace aérien, il doit encore accomplir sa mission face à des cibles dispersées, camouflées, fortifiées.
Je repense à Sun Tzu : « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; en cent batailles tu ne seras jamais en péril. » Taïwan connaît-elle vraiment ses propres vulnérabilités ? L’incident de Pingtung suggère que non. Se connaître, c’est admettre ses faiblesses sans céder au désespoir. C’est regarder la réalité en face et agir.
Section 8 : Les réactions internationales
Washington entre inquiétude et minimisation
Le Pentagone a qualifié les activités militaires chinoises d’actions qui « augmentent inutilement les tensions ». Mais le président Donald Trump a semblé minimiser. « J’ai une excellente relation avec le président Xi. Je ne crois pas qu’il va le faire », a-t-il déclaré. Cette position tranche avec les évaluations militaires. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait averti : « Chaque jour, l’armée chinoise harcèle Taïwan. Ces activités s’accompagnent d’énormes investissements dans les armes nucléaires, les hypersoniques et les capacités d’assaut amphibie. » Le général Charles Flynn avait déclaré que « la menace d’une invasion n’est plus distante ou théorique ».
Le Royaume-Uni a condamné les exercices. Plus significativement, le secrétaire d’État Marco Rubio, le ministre japonais Takeshi Iwaya et le sud-coréen Cho Tae-yul ont souligné « l’importance de la paix dans le détroit comme facteur indispensable à la sécurité internationale ». Le Japon occupe une position délicate : ses déclarations sur une possible intervention militaire ont provoqué la colère de Pékin. Justice Mission 2025 est le premier exercice à mentionner explicitement l’objectif de « dissuader les forces d’intervention extérieures » — message direct à Tokyo.
Ce qui me frappe, c’est le contraste entre rhétorique et action. Tout le monde condamne, tout le monde appelle à la retenue. Mais que fait-on concrètement ? J’ai parfois l’impression que nous regardons un drame au ralenti dont la fin est écrite, en espérant que quelque chose va interrompre la trajectoire. La dissuasion peut fonctionner — si elle est crédible. Mais pour être crédible, il faut être prêt à l’employer. Sommes-nous vraiment prêts à risquer une guerre avec la Chine pour Taïwan ?
Section 9 : Le spectre de la sixième génération
J-36 et J-XDS — les successeurs sont là
Alors que le monde débat encore des capacités du J-20, la Chine travaille sur la génération suivante. En décembre 2024, deux prototypes de chasseurs de sixième génération ont été photographiés : le J-36 et le mystérieux J-XDS, sur une base secrète près de Lop Nur. Le J-36, avec une envergure d’environ 20 mètres et propulsé par trois moteurs — configuration inédite pour un chasseur tactique —, suggère des performances exceptionnelles. Les États-Unis travaillent sur le NGAD, mais avec des retards. Le F-47 de Boeing ne devrait pas voler avant 2028. La Chine, qui accusait un retard de décennies, semble désormais combler l’écart à une vitesse vertigineuse.
Cette émergence illustre une réalité inconfortable : la course aux armements s’accélère. Pékin produit désormais plus de navires de guerre que les États-Unis chaque année ; il pourrait bientôt faire de même avec les chasseurs furtifs. Selon certaines estimations, la PLAAF pourrait aligner plus de 500 chasseurs de cinquième et sixième génération d’ici 2030. Pour Taïwan, la seule option est de miser sur l’asymétrie : drones, munitions rôdeuses, essaims autonomes capables d’infliger des pertes inacceptables même si les intercepteurs sont neutralisés.
Quand j’ai vu les premières images du J-36, j’ai ressenti fascination et inquiétude. Fascination devant le génie ingénierique — quel que soit notre avis sur Pékin, il faut reconnaître l’exploit. Inquiétude parce que cette technologie sera dirigée contre des gens qui veulent simplement vivre en paix. La course aux armements a quelque chose d’absurde. Mais tant que des puissances autoritaires existeront, les démocraties n’auront pas le choix.
Section 10 : Le radar quantique — la parade de demain ?
Une technologie prometteuse mais immature
Certains placent leurs espoirs dans le radar quantique. Utilisant l’intrication quantique, il divise un photon en deux particules « jumelles », envoie l’une vers la cible et conserve l’autre. Lorsque la particule envoyée interagit avec un objet — même furtif —, l’effet se manifeste sur sa jumelle. En théorie, cette méthode pourrait détecter des appareils invisibles aux radars traditionnels, tout en étant résistante au brouillage. La Chine prétend avoir testé un radar quantique capable de détecter des cibles à 100 kilomètres. Si vrai, Pékin travaillerait simultanément sur des chasseurs furtifs et sur les moyens de les détecter.
Cependant, le radar quantique reste une technologie immature. La décohérence — les états quantiques se dégradent sur de longues distances — limite la portée. Les prototypes fonctionnels n’ont démontré des avantages qu’à quelques mètres. La plupart des experts estiment qu’un radar quantique opérationnel est à quinze ou vingt ans. En attendant, les défenseurs doivent composer avec les technologies existantes : radars VHF à basse fréquence, réseaux multistatiques, systèmes IRST. Leur combinaison peut créer un maillage défensif plus robuste.
Le radar quantique me fait penser à la fusion nucléaire — toujours « à vingt ans de distance » depuis des décennies. On ne peut pas bâtir une stratégie sur des technologies hypothétiques. On doit travailler avec ce qu’on a. Et ce qu’on a, ce sont des radars qui ne voient pas bien les chasseurs furtifs, des F-16 désavantagés face aux J-20, et une dépendance envers un allié américain dont l’engagement reste ambigu.
Section 11 : Le facteur humain
Formation, moral et cohésion sociale
Dans les débats sur les capacités comparées, on oublie souvent le facteur humain. Les pilotes de la RoCAF sont parmi les plus expérimentés au monde en termes de confrontation avec des appareils chinois — ils décollent presque quotidiennement pour intercepter des intrus. Cette expérience forge des compétences irremplaçables. Les pilotes de J-20, malgré leur entraînement, n’ont jamais été testés au combat. La question du moral est aussi cruciale : les forces taïwanaises défendent leur foyer, leur famille, leur mode de vie. L’Ukraine a démontré comment des forces initialement inférieures peuvent faire preuve d’une résilience stupéfiante.
La cohésion de la société taïwanaise est un sujet de débat. Les sondages montrent que la majorité des Taïwanais se considèrent comme Taïwanais — identité renforcée par des décennies de démocratie. Le rejet de l’annexion est quasi unanime. Mais des divisions politiques entre le DPP et le KMT peuvent affaiblir la réponse collective. Les exercices Justice Mission 2025 testent cette cohésion. La vie continue largement comme d’habitude sur l’île — signe de résilience ou de déni ? Probablement un peu des deux.
J’ai visité Taïwan il y a quelques années. Ce qui m’a frappé, c’est à quel point la vie semblait normale. Des couples au bord du fleuve, des étudiants riant dans les rues, des marchés nocturnes débordant d’énergie. On oubliait presque qu’à quelques centaines de kilomètres, une puissance autoritaire attendait son heure. Cette normalité est admirable et effrayante. J’espère que cette guerre n’arrivera jamais. Mais si elle arrive, les Taïwanais méritent d’avoir été préparés.
Section 12 : Scénarios d'avenir
Conflit ou statu quo ?
Dans un scénario de conflit, Pékin commencerait par une campagne massive de frappes visant les défenses aériennes et infrastructures de commandement. Les J-20 joueraient un rôle central, pénétrant les défenses pour désigner des cibles et éliminer les systèmes de détection. L’objectif : atteindre la supériorité aérienne en quelques heures. Si les chasseurs chinois peuvent opérer impunément — comme le suggère l’incident de Pingtung —, cette capacité de réaction serait compromise. Les F-16V pourraient être détruits au sol avant de décoller.
Cependant, un conflit reste improbable à court terme. Une invasion amphibie serait d’une complexité sans précédent, nécessitant des centaines de milliers de troupes traversant 180 kilomètres de détroit. Le coût économique serait astronomique — Taïwan produit plus de 90 % des semi-conducteurs avancés mondiaux. L’intervention américaine reste une hypothèse que Pékin ne peut écarter. Les bases américaines au Japon et en Corée positionnent des forces considérables. Un conflit sino-américain serait dévastateur pour les deux parties. C’est pourquoi le statu quo a des chances de perdurer — des manœuvres qui visent moins à préparer une invasion qu’à user la résistance et dissuader les interventions.
Je refuse de céder au fatalisme. La dissuasion fonctionne — elle a fonctionné pendant des décennies de guerre froide. Ce qui compte, c’est la volonté. La volonté de Taïwan de se défendre. La volonté des alliés de soutenir cette défense. Si cette volonté existe, le dragon furtif restera une menace abstraite. Si elle faiblit… alors tout devient possible. C’est entre nos mains.
Conclusion : Le silence des radars et le bruit du monde
Une image qui en dit long
Quelques secondes de vidéo. Un chasseur sombre sur fond de montagnes. Un silence radar où devrait résonner l’alarme. L’incident présumé du J-20 survolant Pingtung cristallise tous les enjeux du détroit de Taïwan. Vraie ou fausse, cette séquence révèle les vulnérabilités d’une île démocratique face à un voisin autoritaire. Elle illustre le saut technologique chinois et la sophistication de la guerre informationnelle moderne. Et elle pose une question que l’humanité préférerait éviter : que sommes-nous prêts à faire pour défendre la liberté d’autrui ?
L’incident doit servir de signal d’alarme. Pour Taïwan, qui doit accélérer la modernisation de ses défenses. Pour les États-Unis, qui doivent clarifier leur engagement. Pour les alliés régionaux et l’Europe, qui ne peuvent plus ignorer ce qui se passe. La sécurité est indivisible. Ce qui menace Taïwan aujourd’hui pourrait menacer d’autres démocraties demain. Le dragon invisible a montré ses griffes. Peut-être n’a-t-il fait que feindre. Peut-être a-t-il réellement percé les défenses. La vérité importe moins que la dynamique qu’elle illustre : une puissance montante teste les limites, une île libre résiste, et le monde observe. Espérer ne suffit pas. Il faut agir, se préparer, dissuader. Car lorsque le dragon décidera de frapper pour de bon, il sera trop tard pour se découvrir démuni.
En écrivant ces lignes, je pense aux vingt-trois millions de Taïwanais qui se réveillent chaque matin sans savoir si ce jour sera celui où tout bascule. À ces pilotes qui décollent pour intercepter des intrus, sachant que chaque mission pourrait être la dernière. Il y a quelque chose de profondément injuste dans cette situation — une démocratie vibrante menacée d’absorption par un régime qui nie les libertés élémentaires. Mais l’histoire est rarement juste. Ce qui compte, c’est ce que nous en faisons. Taïwan mérite notre attention, notre soutien, notre solidarité. Non pas parce que c’est stratégiquement utile — bien que ce le soit — mais parce que c’est juste. Et parfois, dans un monde de calculs cyniques, faire ce qui est juste est la seule boussole qui vaille.
Sources
Sources primaires
South China Morning Post – « Did a PLA stealth fighter approach a key Taiwan airbase? New video sparks debate » – 2 janvier 2026. EurAsian Times – « China’s J-20 Flies ‘Undetected’ Over Taiwan Again, PLAAF Claims » – 3 janvier 2026. CNN – « China stages war games around Taiwan after hitting out at major US arms deal » – 30 décembre 2025. Wikipedia – « Justice Mission 2025 » – consultée le 3 janvier 2026.
Sources secondaires
Interesting Engineering – « China’s stealth fighter jet approached key Taiwanese airbase without detection » – 2 janvier 2026. Defence Security Asia – « PLA’s J-20 Stealth Fighter Flies Within Visual Range of Taiwan » – 31 décembre 2025. The Aviationist – « China Conducts ‘Justice Mission 2025’ Exercise Around Taiwan » – 31 décembre 2025. Focus Taiwan – « China’s live-fire drill around Taiwan ‘unilateral provocation’ » – 29 décembre 2025. The War Zone – « China’s New Tailless Stealth Fighters Both Appear At Secretive Test Base » – 4 novembre 2025. National Interest – « How Good a Fighter Plane Is China’s J-20 Mighty Dragon? » – 19 septembre 2025. CBS News – « U.S. says China’s military activities near Taiwan ‘increase tensions unnecessarily’ » – 31 décembre 2025.
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