Skip to content

Des racines ukrainiennes profondes et une engagement précoce

L’histoire de Chrystia Freeland avec l’Ukraine ne date pas d’hier. Elle puise ses racines dans son enfance même, avec une mère ukrainienne, Halyna Chomiak, qui a grandi en Alberta après que sa famille eut fui les persécutions soviétiques. Cette double identité culturelle a façonné la perspective de Freeland dès son plus jeune âge, créant un lien émotionnel et intellectuel avec l’Ukraine qui ne s’est jamais démenti. Adolescent, elle a passé une année en tant qu’étudiante d’échange à l’Université Taras Chevtchenko de Kiev en 1988-1989, alors que l’Ukraine était encore une république soviétique. C’est là qu’elle a découvert la réalité du régime soviétique et a commencé à développer une conscience politique critique. Pendant ce séjour, elle a travaillé avec le journaliste Bill Keller du New York Times pour documenter les fosse communes de Bykivnia, où le NKVD, la police secrète soviétique, avait enterré des dizaines de milliers de dissidents.

Son activisme pendant cette période a attiré l’attention du KGB, qui lui a attribué le nom de code « Frida » et a surveillé ses moindres gestes. Les journaux soviétiques l’ont accusée d’être une étrangère s’immisçant dans les affaires intérieures du pays. Le rapport du KGB la décrivait comme une « individu remarquable », « érudite, sociable, perspicace et inventive dans la réalisation de ses objectifs ». Après son retour d’un voyage à Londres en mars 1989, elle s’est vu refuser l’entrée en Union soviétique, mettant fin à son séjour. Cette expérience précoce avec les mécanismes répressifs du régime soviétique a indéniablement forgé sa vision politique et sa compréhension profonde de la réalité ukrainienne. Elle a vu de ses propres yeux comment un système autoritaire pouvait écraser les espoirs d’un peuple, ce qui explique sans doute son engagement si ferme en faveur de l’Ukraine aujourd’hui.

Vous vous rendez compte ? Une adolescente canadienne qui se fait étiqueter par le KGB comme une menace potentielle parce qu’elle ose documenter les crimes du passé. C’est de la science-fiction, et pourtant c’est vrai. Moi ce qui me touche profondément, c’est cette constance dans l’engagement. Elle n’a pas découvert l’Ukraine en 2022, en regardant les nouvelles à la télévision. Elle la connaît depuis l’intérieur, depuis ses rues, ses universités, ses souffrances enfouies. C’est ça qui rend cette nomination tellement légitime. Ce n’est pas une technocrate parachutée pour gérer des budgets. C’est quelqu’un dont l’engagement remonte à des décennies, quand personne ne se souciait vraiment de ce qui se passait dans cette partie du monde. Il y a une beauté dans cette fidélité, cette loyauté envers une cause qui n’était pas à la mode.

Une carrière journalistique au cœur de l’Europe de l’Est

Après ses études à Harvard et à Oxford, où elle a obtenu une bourse Rhodes, Chrystia Freeland a entamé une carrière de journaliste qui l’a menée au cœur même des transformations de l’Europe de l’Est. Elle a travaillé comme correspondante pour le Financial Times, d’abord à Londres puis comme chef de bureau à Moscou et correspondante pour l’Europe de l’Est. C’est pendant cette période qu’elle a couvert la transition tumultueuse de la Russie du communisme au capitalisme, témoin privilégié de l’émergence des oligarques russes et des inégalités économiques massives que cela a engendrées. Son livre « Sale of the Century: Russia’s Wild Ride from Communism to Capitalism », publié en 2000, est le résultat de cette immersion profonde dans la réalité russe de la décennie 1990. Basé sur des entretiens avec les principaux hommes d’affaires russes de 1994 à 1998, le livre retrace comment les « jeunes réformateurs » comme Anatoly Chubais et Yegor Gaidar ont tenté de prendre le contrôle de l’industrie russe.

Son expertise en matière d’économie post-soviétique s’est encore affirmée avec son ouvrage « Plutocrats: The Rise of the New Global Super-Rich and the Fall of Everyone Else », paru en 2012 et devenu un best-seller du New York Times. Ce livre, qui a remporté le prix Lionel Gelber pour le reportage sur les affaires étrangères, analyse l’émergence d’une classe de super-riches transnationale et ses conséquences pour les sociétés dans lesquelles ils opèrent. Freeland y avance que cette nouvelle aristocratie financière forme une communauté globale dont les liens entre eux sont plus étroits que leurs liens avec leurs compatriotes dans leurs pays d’origine. Cette analyse éclairée des dynamiques économiques globales lui a donné une perspective unique sur les défis économiques auxquels font face les pays en transition comme l’Ukraine. Elle comprend les pièges de la corruption systémique, les dangers de la concentration excessive de richesse et l’importance de mettre en place des cadres institutionnels solides pour permettre une croissance économique durable et équitable.

Ce qui fascine chez Freeland, c’est cette capacité à passer du journalisme d’investigation à l’action politique sans perdre son regard critique. Elle a vu comment la Russie est passée du communisme à une forme de capitalisme sauvage, comment une poignée d’individus s’est appropriée les richesses du pays pendant que la population souffrait. Elle connaît les pièges, les dangers, les tentations qui guettent un pays en reconstruction. Moi je me dis que c’est exactement ce dont l’Ukraine a besoin maintenant. Quelqu’un qui a vu les scénarios catastrophes se dérouler sous ses yeux et qui sait comment les éviter. C’est une forme de sagesse précieuse, acquise à travers des années d’observation critique des mécanismes économiques et politiques. Elle n’est pas dupe, elle ne s’est jamais laissée impressionner par les discours lénifiants des élites économiques. Et c’est ça qui la rend si pertinente aujourd’hui.

Sources

Sources primaires

Politico – « Zelenskyy appoints ex-Canadian deputy PM as economic adviser » – 5 janvier 2026. CBC News – « Ukraine’s Zelenskyy appoints Liberal MP Chrystia Freeland as an economic adviser » – 5 janvier 2026. Kyiv Post – « Zelensky Taps Chrystia Freeland as Economic Advisor in Broader Government Reshuffle » – 5 janvier 2026.

Sources secondaires

Wikipedia – « Chrystia Freeland » – mis à jour en janvier 2026. Al Jazeera – « Ukraine’s Zelenskyy names GUR chief Kyrylo Budanov as top aide » – 2 janvier 2026. BNN Bloomberg – « Chrystia Freeland named as economic adviser by Zelenskyy » – 5 janvier 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu