Renee Nicole Good : une vie fauchée en plein jour
Le 7 janvier 2026, vers midi, dans un quartier résidentiel du sud de Minneapolis, un agent d’ICE a tiré trois balles sur Renee Nicole Good, une citoyenne américaine de 37 ans, mère de trois enfants. Elle est morte sur le coup. Les vidéos prises par des témoins montrent une scène qui contredit radicalement la version officielle. Deux agents masqués s’approchent de sa voiture arrêtée en travers de la rue. L’un d’eux ordonne à Renee de sortir et tente d’ouvrir sa portière. La voiture recule brièvement, puis avance en tournant vers la droite, apparemment pour quitter les lieux. Un troisième agent, qui filmait la scène, dégaine son arme et tire trois fois tout en reculant. Les derniers coups sont tirés à travers la vitre conducteur alors que le pare-chocs de la voiture semble déjà avoir dépassé son corps. L’agent reste debout. Il marche après l’incident. Il est emmené à l’hôpital et libéré le jour même.
Renee Nicole Good n’était pas une criminelle. Elle était poète, diplômée en littérature anglaise de l’université Old Dominion en Virginie où elle avait remporté un prix de poésie. Elle avait une fille de 15 ans et deux fils de 12 et 6 ans. Elle venait du Colorado, avait vécu à Kansas City avant de s’installer à Minneapolis. Une vie ordinaire, une mère qui essayait de joindre les deux bouts, une femme qui écrivait des poèmes. Et maintenant elle est morte, abattue par un agent fédéral dans une rue de Minneapolis, devant des témoins horrifiés. Le Département de la Sécurité intérieure et la secrétaire Noem ont immédiatement qualifié l’incident de « légitime défense » et accusé Renee d’avoir tenté de « percuter » les agents dans un acte de « terrorisme domestique ». Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a qualifié ces affirmations de « conneries » après avoir visionné les vidéos des témoins. Le président Trump a affirmé sur les réseaux sociaux que Renee avait « écrasé l’agent ICE ». Les faits, eux, racontent une histoire différente.
Une enquête confisquée par le FBI
L’affaire prend une tournure encore plus sombre quand le Bureau d’enquête criminelle du Minnesota annonce le 8 janvier qu’il se retire de l’enquête. Initialement, le BCA avait convenu avec le FBI de mener une enquête conjointe sur la fusillade. Mais le FBI a « fait marche arrière » et pris le contrôle exclusif de l’enquête. Résultat : les enquêteurs de l’État n’ont plus accès aux preuves sur la scène, aux matériaux du dossier, ni aux entretiens. Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, qualifie cette décision de « profondément troublante » et affirme que les preuves qu’il a vues indiquent que des accusations au niveau de l’État sont possibles. Le gouverneur Tim Walz affirme que toute enquête fédérale menée sans implication de l’État sera probablement perçue comme un « blanchiment ». Le vice-président JD Vance, lors d’un briefing à la Maison Blanche le 8 janvier, qualifie à plusieurs reprises les actions de Renee d' »attaque » contre les forces de l’ordre et affirme que l’agent mérite « une dette de gratitude ».
Quand le FBI confisque une enquête pour protéger un des siens, quand le vice-président qualifie une mère de trois enfants de terroriste domestique, quand le président ment ouvertement sur les faits — que reste-t-il de la justice? Renee Good méritait mieux que ça. Ses enfants méritent mieux que ça. Nous méritons tous mieux que ça.
L'escalade : 100 agents supplémentaires déployés
La réponse de Trump aux manifestations
Au lieu de calmer le jeu après la fusillade mortelle, l’administration Trump a choisi l’escalade. Selon le New York Times, plus de 100 agents supplémentaires de la Patrouille des douanes et de la protection des frontières ont été déployés à Minneapolis dans les jours suivant la mort de Renee Good. Parmi eux se trouve le commandant Gregory Bovino, un officier dont les tactiques controversées ont fait l’objet d’un examen minutieux dans plusieurs villes. Le gouverneur Walz et le maire Frey ont tous deux appelé Trump à retirer les agents fédéraux de la ville, affirmant que leur présence sème le chaos dans les rues. Mais l’administration n’a aucune intention de reculer. Les écoles publiques de Minneapolis ont été fermées jeudi et vendredi 8 et 9 janvier par mesure de précaution. Le gouverneur a mis la Garde nationale en état d’alerte. Des milliers de personnes descendent dans les rues chaque jour pour protester. Les affrontements sont quotidiens, violents, désespérés.
Une opération sans précédent historique
L’ampleur de cette opération dépasse tout ce qui a été vu auparavant dans l’histoire de l’application des lois sur l’immigration aux États-Unis. 2000 agents fédéraux dans une seule zone métropolitaine — c’est du jamais vu. Les trois quarts de ces agents proviennent des Opérations d’application et d’expulsion d’ICE. Le reste comprend des agents de Homeland Security Investigations et du personnel des douanes et de la protection des frontières. Des unités tactiques spécialisées sont également impliquées. Sur le terrain, les témoignages racontent une histoire troublante. Des citoyens américains d’origine somalienne sont arrêtés, interrogés, détenus pendant des heures avant d’être relâchés. Le chef de la police de Minneapolis a critiqué les « méthodes douteuses » des agents fédéraux. Mais rien n’arrête la machine.
Il y a quelque chose de profondément américain dans cette tragédie. La répétition. Le même quartier, les mêmes méthodes, la même violence. Comme si nous étions condamnés à revivre nos pires moments encore et encore, incapables d’apprendre, incapables de changer.
La communauté somalienne : une cible politique
Des décennies d’hostilité trumpienne
L’hostilité de Donald Trump envers les Somaliens ne date pas d’hier. Pendant des années, il a attaqué les Somaliens vivant aux États-Unis et les dirigeants somaliens comme la représentante Ilhan Omar. Cette rhétorique n’est pas anodine. Elle a des conséquences réelles, tangibles, mortelles. Elle crée un climat où les agents fédéraux se sentent autorisés à traiter les Somaliens — citoyens ou non — comme des ennemis, des criminels, des menaces. Jaylani Hussein, directeur exécutif de la section du Minnesota du Conseil des relations américano-islamiques, identifie un schéma clair : « Chaque fois, le même schéma émerge : isoler un cas, le généraliser à un groupe entier, et utiliser la peur pour légitimer la discrimination. La communauté somalienne des villes jumelles est majoritairement composée de familles travailleuses, de propriétaires de petites entreprises, de travailleurs de la santé, d’étudiants et de contribuables qui contribuent chaque jour à l’économie du Minnesota. »
Le poids de la stigmatisation
Les Somaliens et leurs défenseurs soulignent que le petit groupe de personnes accusées de fraude ne reflète pas leur communauté de plusieurs milliers de personnes. Mais cette nuance est perdue dans la rhétorique incendiaire de Trump et dans la couverture médiatique sensationnaliste. Quand une communauté entière est stigmatisée, l’impact est immédiat : les familles vivent dans la peur, les entreprises souffrent, et la confiance dans les institutions publiques s’érode. Les citoyens américains d’origine somalienne portent maintenant leurs passeports en permanence, terrifiés à l’idée d’être arrêtés. Des enfants ont peur d’aller à l’école. Des parents ont peur d’aller au travail. C’est ça, le coût réel de cette opération — pas les arrestations de criminels, mais la terreur infligée à des milliers d’innocents.
La vérité, c’est que la fraude existe partout, dans toutes les communautés. Mais seule la communauté somalienne se retrouve avec 2000 agents fédéraux dans ses rues. Seule la communauté somalienne voit ses enfants terrorisés, ses mères abattues, ses pères déportés. C’est ça, le racisme systémique. Pas subtil. Pas caché. Juste là, brutal et sans honte.
Les manifestations : une ville en colère
Des milliers dans les rues chaque jour
Depuis la fusillade de Renee Good le 7 janvier, Minneapolis est en ébullition. Des milliers de manifestants descendent dans les rues chaque jour, scandant « honte » et « meurtre » devant les agents fédéraux armés et masqués. Jeudi 8 janvier au matin, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant un bâtiment fédéral abritant un tribunal d’immigration. Les agents ont utilisé des gaz lacrymogènes et des balles de poivre contre les manifestants. Les images montrent des scènes de chaos : des gens qui courent, qui toussent, qui pleurent, des agents en tenue de combat qui avancent en formation. Ce n’est pas une manifestation pacifique qui a mal tourné. C’est une confrontation militaire entre le gouvernement fédéral et les citoyens qu’il est censé protéger. Les manifestations ne se limitent pas à Minneapolis. Des rassemblements ont eu lieu ou sont prévus à New York, Chicago, Seattle, Los Angeles et Philadelphie.
Addie Flewelling, 17 ans, a assisté à la manifestation de Minneapolis jeudi après que les cours ont été annulés. Elle est venue condamner la fusillade et montrer son opposition à la répression de l’immigration, y compris un raid dans son lycée plus tôt cette semaine. « Les étudiants ont été chassés de leur lieu d’éducation », dit-elle. « Ce n’est pas acceptable. J’ai peur d’aller à l’école. » Voilà où nous en sommes : des adolescents qui ont peur d’aller à l’école parce que des agents fédéraux pourraient y faire irruption. Des familles qui cachent leurs documents d’identité. Des citoyens américains qui portent leurs passeports sur eux en permanence. Ce n’est pas l’Amérique que nous connaissions. C’est quelque chose de nouveau, de sombre, de dangereux.
La réponse brutale des autorités fédérales
La réponse du gouvernement fédéral aux manifestations a été d’une brutalité choquante. Les agents utilisent des tactiques de contrôle des foules généralement réservées aux émeutes : gaz lacrymogènes, balles de poivre, formations tactiques, équipement militaire. Des journalistes de CNN ont dû courir pour échapper aux gaz lacrymogènes lors d’une diffusion en direct. Des manifestants pacifiques ont été arrêtés, détenus pendant des heures sans inculpation, puis relâchés. Le message est clair : le gouvernement ne tolérera aucune dissidence. Le maire Jacob Frey a publié une déclaration appelant ICE à quitter la ville. Mais ses appels sont restés lettre morte. Le gouvernement fédéral n’a aucune intention de partir. Au contraire, il envoie plus d’agents, plus d’équipement, plus de force.
Regarder ces images de manifestants gazés, matraqués, arrêtés pour avoir osé dire « non » — ça me brise. Parce que c’est ça, la démocratie qui meurt. Pas dans un coup d’État spectaculaire, mais dans ces petits moments, ces petites victoires de l’autoritarisme sur la liberté.
L'agent Jonathan Ross : un passé troublant
L’homme derrière la gâchette
Bien que le Département de la Sécurité intérieure n’ait pas confirmé l’identité de l’agent impliqué dans la fusillade, le vice-président JD Vance a fourni des indices révélateurs. Il a déclaré que le même agent avait été traîné par une voiture l’année dernière et avait subi des blessures nécessitant 33 points de suture. Cette description correspond à un cas de juin 2025, lorsqu’un migrant a tenté de s’enfuir en voiture alors que des agents d’ICE tentaient de l’arrêter à Bloomington, Minnesota. L’agent, identifié dans les dossiers judiciaires comme Jonathan Ross, a subi des blessures au bras et à la main nécessitant 33 points de suture. Cette information soulève des questions troublantes. Un agent qui a vécu un incident traumatisant impliquant une voiture devrait-il être autorisé à continuer à effectuer des arrestations sur le terrain? A-t-il reçu un soutien psychologique approprié?
Un schéma de violence répétée
L’incident de Renee Good n’est pas isolé. Selon The Marshall Project, les agents d’immigration ont utilisé à plusieurs reprises la force meurtrière ces dernières années, souvent dans des circonstances controversées. Les enquêtes internes aboutissent presque toujours à des conclusions de tirs justifiés. Les poursuites pénales sont extrêmement rares. Le commandant Gregory Bovino, maintenant déployé à Minneapolis, incarne ce problème. Ses tactiques lors d’opérations fédérales précédentes ont fait l’objet d’un examen minutieux. À Chicago, ses méthodes ont été qualifiées d’excessivement agressives. Mais il continue à être promu, à être déployé, à diriger des opérations de plus en plus importantes. Pourquoi? Parce que dans l’administration Trump, l’agressivité n’est pas un défaut — c’est une qualité.
Combien de Renee Good faudra-t-il avant que nous disions « assez »? Combien de mères devront mourir dans les rues avant que nous exigions des comptes? Combien d’enfants devront grandir sans leurs parents avant que nous reconnaissions que ce système est brisé, corrompu, meurtrier?
Les implications juridiques : qui jugera les juges?
La bataille pour la juridiction
La question de savoir qui enquêtera sur la fusillade de Renee Good et qui poursuivra éventuellement l’agent responsable est devenue un champ de bataille juridique et politique. Le FBI a pris le contrôle exclusif de l’enquête, excluant les autorités de l’État du Minnesota. Le procureur général Keith Ellison affirme que l’État a le droit d’enquêter et de poursuivre indépendamment. Mais le vice-président JD Vance a rejeté cette possibilité, affirmant qu’un agent fédéral ne peut pas être poursuivi par les autorités de l’État pour des actions entreprises dans l’exercice de ses fonctions officielles. C’est une interprétation controversée de la loi qui pourrait être contestée devant les tribunaux. La doctrine de la suprématie fédérale protège généralement les agents fédéraux, mais cette protection n’est pas absolue. La question clé sera de savoir si le tir de l’agent était une utilisation raisonnable de la force ou un homicide injustifié.
Les précédents et leurs limites
Il existe des précédents d’agents fédéraux poursuivis au niveau de l’État, mais ils sont rares. Le problème fondamental est que le système est conçu pour protéger les agents fédéraux, pas pour les tenir responsables. Les enquêtes internes sont menées par les mêmes agences qui emploient les agents. Les procureurs fédéraux travaillent en étroite collaboration avec les forces de l’ordre fédérales. Le gouverneur Walz a raison de dire que toute enquête fédérale sans implication de l’État sera perçue comme un « blanchiment ». Comment le public peut-il avoir confiance dans une enquête menée par les collègues de l’agent, supervisée par l’agence qui l’emploie, et contrôlée par une administration qui a déjà déclaré publiquement que l’agent avait raison? C’est impossible.
La justice n’est pas aveugle. Elle voit très bien. Elle voit le pouvoir, elle voit l’argent, elle voit l’uniforme. Et elle détourne le regard quand il le faut. Renee Good ne l’obtiendra jamais, sa justice. Parce que le système n’est pas fait pour elle. Il est fait pour protéger ceux qui l’ont tuée.
L'impact sur les familles et les communautés
Des vies brisées par la peur
Au-delà des statistiques et des débats juridiques, il y a des vies humaines brisées par cette opération. Des enfants qui pleurent parce que papa n’est pas rentré du travail. Des mères qui cachent leurs documents dans leurs vêtements. Des familles qui dorment habillées, prêtes à fuir si les agents viennent frapper à leur porte. Les citoyens américains d’origine somalienne racontent qu’ils ont commencé à porter leurs passeports en permanence, terrifiés à l’idée d’être arrêtés. Les écoles sont devenues des zones de guerre. Des agents fédéraux ont fait irruption dans des lycées, poursuivant des étudiants dans les couloirs, créant la panique. Les entreprises souffrent. Les clients ont peur de sortir. Les employés ont peur de venir travailler. Les propriétaires d’entreprises somaliens rapportent une baisse drastique de leur chiffre d’affaires. Certains envisagent de fermer. D’autres pensent à déménager.
Le traumatisme intergénérationnel
Pour beaucoup de Somaliens vivant aux États-Unis, cette opération ravive des traumatismes profonds. Beaucoup ont fui la guerre civile en Somalie, ont vécu dans des camps de réfugiés, ont perdu des membres de leur famille à la violence. Ils sont venus en Amérique cherchant la sécurité. Et maintenant, ils se retrouvent à nouveau confrontés à des hommes armés, à la violence de l’État, à la peur constante. Leurs enfants, nés en Amérique, citoyens américains, grandissent en apprenant que leur pays ne les protégera pas, que leur citoyenneté ne signifie rien. Les professionnels de la santé mentale dans la communauté rapportent une augmentation massive des demandes de soutien. Anxiété, dépression, syndrome de stress post-traumatique — les symptômes sont omniprésents. Et les ressources sont insuffisantes.
Je pense aux enfants de Renee Good. Quinze ans, douze ans, six ans. Comment expliquez-vous à un enfant de six ans que sa maman ne reviendra jamais parce qu’un agent du gouvernement l’a tuée? Vous ne pouvez pas. Parce que ça n’a aucun sens. Parce que c’est injuste, cruel, monstrueux.
Les réactions politiques : un pays divisé
Les démocrates dénoncent, les républicains applaudissent
La réponse politique à l’opération de Minneapolis reflète la profonde division du pays. Les démocrates, du gouverneur Walz au maire Frey en passant par le procureur général Ellison, ont unanimement condamné l’opération et la fusillade. Walz a qualifié l’opération de « guerre menée contre le Minnesota ». Frey a appelé les affirmations du gouvernement fédéral de « conneries ». La représentante Ilhan Omar a qualifié l’opération de « terrorisme d’État » et la fusillade de « meurtre ». Les républicains, en revanche, ont largement soutenu l’opération. Le président Trump a tweeté que Renee Good avait « écrasé l’agent ICE ». Le vice-président Vance a qualifié les actions de Good d' »attaque ». La secrétaire Noem a qualifié l’incident de « terrorisme domestique ». La division n’est pas seulement politique — elle est morale, éthique, fondamentale.
Le silence assourdissant des modérés
Ce qui est peut-être le plus troublant, c’est le silence relatif des républicains modérés et des démocrates conservateurs. Où sont les voix qui devraient appeler à la modération, à l’enquête, à la justice? Ils sont silencieux, soit par peur, soit par calcul politique, soit par simple lâcheté. Ce silence est complice. Il permet à l’administration Trump de continuer à escalader sans conséquences politiques. Quelques voix isolées se sont élevées, mais ce sont des murmures, pas des cris. Et pendant ce temps, les agents fédéraux continuent à patrouiller, les manifestants continuent à être gazés, et la famille de Renee Good continue à pleurer sans justice. Le système politique américain a échoué.
Le silence tue autant que les balles. Chaque politicien qui reste silencieux, chaque citoyen qui détourne le regard — nous sommes tous responsables. Nous laissons cela se produire. Nous permettons à notre pays de devenir quelque chose que nous ne reconnaissons plus.
Les médias et la désinformation
Les images générées par IA sèment la confusion
Comme si la situation n’était pas assez compliquée, des images générées par intelligence artificielle de l’agent d’ICE impliqué dans la fusillade ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Selon NPR, ces images, créées par l’outil d’IA Grok d’Elon Musk, montrent un homme qui n’est pas l’agent réel. Elles ont été partagées des milliers de fois. C’est une nouvelle frontière dans la guerre de l’information : l’utilisation de l’IA pour créer des « preuves » visuelles de choses qui ne se sont jamais produites. Le problème est que beaucoup de gens ne peuvent pas faire la différence entre les vraies photos et les images générées par IA. Dans ce brouillard d’information et de désinformation, la vérité devient une victime collatérale.
La couverture médiatique biaisée
La couverture médiatique a été profondément divisée selon les lignes partisanes. Les médias conservateurs ont largement adopté le récit du gouvernement fédéral. Ils décrivent l’opération comme une application nécessaire de la loi, les agents comme des héros, et Renee Good comme une criminelle. Les médias progressistes ont adopté une approche plus critique, mais souvent insuffisante. Ils parlent de « fusillade controversée » plutôt que de meurtre potentiel. Ils décrivent l' »opération d’immigration » plutôt que l’occupation militaire. Cette fausse équivalence normalise l’inacceptable et rend plus difficile pour le public de comprendre la gravité de ce qui se passe.
Nous vivons dans un monde où la vérité est devenue optionnelle, où les faits sont négociables. Et dans ce monde, la justice devient impossible. Comment tenir quelqu’un responsable quand nous ne pouvons même pas nous mettre d’accord sur ce qui s’est passé?
Les précédents historiques
Les opérations d’immigration passées
L’opération de Minneapolis n’est pas sans précédent, mais son ampleur est remarquable. Sous l’administration Obama, il y a eu des raids importants, mais ils impliquaient des centaines d’agents répartis sur plusieurs États, pas des milliers concentrés dans une seule ville. Pour trouver des parallèles vraiment comparables, il faut remonter plus loin. L’opération Wetback de 1954 a déporté plus d’un million de Mexicains. Les raids Palmer de 1919-1920 ont ciblé les immigrants soupçonnés d’être des anarchistes. L’internement des Japonais-Américains pendant la Seconde Guerre mondiale a vu plus de 120000 personnes emprisonnées. Ces opérations sont maintenant reconnues comme des taches sombres sur l’histoire américaine. Mais à l’époque, elles étaient justifiées par des arguments de sécurité nationale — les mêmes arguments utilisés aujourd’hui.
Les leçons non apprises
L’histoire nous enseigne que ces opérations de masse ciblant des communautés spécifiques finissent toujours mal. Elles créent des traumatismes intergénérationnels. Elles érodent la confiance dans le gouvernement. Elles violent les droits fondamentaux. Et elles ne résolvent jamais les problèmes qu’elles prétendent résoudre. Mais nous ne semblons jamais apprendre ces leçons. Chaque génération répète les erreurs de la précédente. Ce qui rend l’opération de Minneapolis particulièrement troublante, c’est qu’elle se produit à une époque où nous sommes censés savoir mieux. Nous avons l’histoire. Nous avons les leçons. Mais nous le faisons quand même. Parce que c’est politiquement avantageux. Parce que c’est plus facile de désigner un bouc émissaire que de résoudre les vrais problèmes.
Nous sommes condamnés à répéter l’histoire parce que nous refusons de l’apprendre. Chaque génération pense qu’elle est différente, que ses peurs sont légitimes. Mais les schémas sont toujours les mêmes. La déshumanisation. La stigmatisation. La violence. Et puis, des décennies plus tard, les excuses, les monuments, les promesses de « plus jamais ça ». Jusqu’à la prochaine fois.
Conclusion : vers où allons-nous maintenant?
Un point de non-retour?
Minneapolis est à un point de basculement. Pour que la guérison commence, il faut d’abord la justice. Il faut une enquête indépendante et transparente sur la fusillade de Renee Good. Il faut que l’agent responsable soit tenu responsable. Il faut que le gouvernement fédéral reconnaisse les dommages causés. Mais rien de tout cela ne semble probable. L’administration Trump n’a montré aucun signe de recul. Les manifestations continuent. Les affrontements continuent. La tension continue de monter. Minneapolis est devenu un symbole, un champ de bataille dans une guerre plus large sur l’identité américaine, sur qui appartient à ce pays, sur qui mérite protection et qui mérite punition. Si le gouvernement fédéral peut faire cela à Minneapolis, il peut le faire n’importe où. Si les agents fédéraux peuvent tuer des citoyens innocents sans conséquences, personne n’est en sécurité.
L’appel à l’action
Que pouvons-nous faire? D’abord, nous devons exiger la transparence. Nous devons exiger que le FBI publie toutes les preuves. Nous devons exiger qu’une enquête indépendante soit menée. Deuxièmement, nous devons soutenir la communauté somalienne de Minneapolis. Nous devons amplifier leurs voix, partager leurs histoires. Troisièmement, nous devons tenir nos élus responsables. Nous devons appeler nos sénateurs et représentants, exiger qu’ils prennent position. Quatrièmement, nous devons manifester, protester, résister. Et finalement, nous devons nous souvenir. Nous devons nous souvenir de Renee Good, de ses enfants, de sa vie. Parce que si nous oublions, si nous passons à autre chose, alors nous garantissons que cela se reproduira.
Je ne sais pas comment finir cet article. Parce qu’il n’y a pas de fin heureuse ici. Pas de résolution satisfaisante. Juste la douleur, la colère, et la peur. Juste une mère morte et trois enfants orphelins. Juste une communauté traumatisée et un pays divisé. Si nous ne nous levons pas maintenant, si nous ne disons pas « assez » maintenant — alors ce n’est que le début. Minneapolis n’est pas la fin. C’est le commencement d’un cauchemar dont nous ne nous réveillerons peut-être jamais.
Sources
Sources primaires
PBS NewsHour – « 2,000 federal agents sent to Minneapolis area to carry out ‘largest immigration operation ever,’ ICE says » – 6 janvier 2026. Reuters – « Tensions in Minneapolis rise over ICE fatal shooting of woman » – 8 janvier 2026. CNN – « Trump administration plans aggressive immigration crackdown with 2,000 agents in Minnesota amid welfare fraud scandal » – 5 janvier 2026. The New York Times – « After ICE Shooting, Trump Administration Deploys More Agents to Minnesota » – 8 janvier 2026. Associated Press – Multiples dépêches sur l’opération de Minneapolis et la fusillade de Renee Nicole Good – 6-9 janvier 2026.
Sources secondaires
The Guardian – « ‘Poet, writer, wife, mom’: who was Renee Nicole Good, the woman killed by ICE in Minneapolis » – 8 janvier 2026. Al Jazeera – « Who was Renee Nicole Good, the woman killed in ICE Minneapolis shooting » – 8 janvier 2026. Star Tribune Minneapolis – « Mother identifies woman shot, killed by ICE agent » – 8 janvier 2026. The Marshall Project – « Before ICE Shooting, Immigration Agents Repeatedly Used Deadly Force » – 7 janvier 2026. NPR – « AI images of Minneapolis ICE agent spread confusion » – 8 janvier 2026. Minnesota Reformer – « Report: Another 2000 ICE agents are coming to the Twin Cities » – 6 janvier 2026. Ville de Minneapolis – Déclarations officielles du maire Jacob Frey – 7-8 janvier 2026. Bureau du gouverneur du Minnesota – Déclarations du gouverneur Tim Walz – 6-8 janvier 2026.
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