Mars 1947 : quand l’Amérique promettait de défendre l’Europe
Retour en arrière. Mars 1947. Le président Harry Truman prononce un discours de dix-huit minutes qui va façonner le monde pour les huit décennies suivantes. L’Amérique s’engage à défendre l’Europe contre l’expansion soviétique. Pas par charité. Par intérêt stratégique, certes. Mais aussi par conviction : la démocratie, les droits humains, l’État de droit — ces valeurs méritent d’être défendues. Ensemble. L’Amérique crée l’OTAN, la Banque mondiale, le FMI, les Nations Unies. Elle se lie à un système d’obligations mutuelles, de fardeaux partagés. Elle accepte de limiter sa propre souveraineté pour construire quelque chose de plus grand.
Ce système n’était pas parfait. Loin de là. Le Vietnam, l’Irak, les interventions douteuses — l’Amérique a violé ses propres règles plus d’une fois. Mais le principe restait : il existait des règles. Des normes. Des institutions qui comptaient. Et l’Europe, malgré ses faiblesses, ses divisions, ses échecs, partageait ce socle commun avec Washington. Démocratie. Liberté. Droits humains. C’était le ciment de l’alliance transatlantique.
Décembre 2025 : la rupture assumée
Aujourd’hui, ce ciment s’effrite. La nouvelle Stratégie de Sécurité Nationale ne se contente pas de critiquer l’ordre international — elle le démantèle. Elle parle de « soi-disant ordre international fondé sur des règles », avec des guillemets qui suintent le mépris. Elle accuse les « élites de la politique étrangère américaine » d’avoir enchaîné les États-Unis à un réseau d’institutions internationales « animées par un anti-américanisme pur et simple ». Elle promet de faire reculer l’influence des organisations supranationales. Elle affirme que « l’unité politique fondamentale du monde est et restera l’État-nation ». Et elle ajoute, sans détour : « L’influence démesurée des nations plus grandes, plus riches et plus fortes est une vérité intemporelle des relations internationales. »
Traduction : le droit du plus fort. La loi de la jungle. Les grandes puissances font ce qu’elles veulent. Les petites nations s’alignent ou périssent. Et l’Europe ? Elle doit choisir son camp. Parce que l’Amérique de Trump ne défend plus des valeurs — elle défend des intérêts. Et si l’Europe ne partage pas ces intérêts, elle n’est plus une alliée. Elle est un problème.
Le Kremlin a salué ce document. Moscou a dit que beaucoup de choses dans cette stratégie correspondaient à sa propre vision du monde. Laissez ça vous pénétrer un instant. La Russie de Poutine applaudit la nouvelle doctrine américaine. Pendant ce temps, l’Europe — l’alliée historique, celle qui a combattu aux côtés des États-Unis dans toutes les guerres majeures depuis 1945 — se fait traiter comme une civilisation mourante. Il y a des jours où l’absurdité de notre époque me dépasse complètement. Aujourd’hui, c’est un de ces jours.
Le discours de Munich : la déclaration de guerre idéologique
JD Vance lâche les chiens
Si vous aviez encore des doutes sur les intentions de Washington, le vice-président JD Vance les a pulvérisés en février 2025 à la Conférence de sécurité de Munich. Devant un parterre de dirigeants européens médusés, Vance a livré ce que le journal français Le Monde a qualifié de « déclaration de guerre idéologique » contre l’Europe. Pas de langue de bois. Pas de diplomatie. Du brutal, du direct, du sans-filtre.
Selon Vance, la vraie menace pour l’Europe ne vient pas de la Russie. Elle vient de l’intérieur. De ceux qui censurent la liberté d’expression. De ceux qui répriment l’opposition politique. De ceux qui sapent la démocratie européenne. Et il a nommé l’ennemi : le « réseau libéral de gauche ». Pas Poutine. Pas les chars russes aux frontières de l’Ukraine. Non. Les progressistes européens. Les institutions de Bruxelles. Les élites qui, selon lui, détruisent l’Europe de l’intérieur.
L’Europe sous le choc
Dans la salle, le malaise était palpable. Friedrich Merz, le nouveau chancelier allemand, a répondu du tac au tac : l’Europe devra « atteindre l’indépendance » vis-à-vis de l’Amérique et remodeler l’OTAN. Pas dans dix ans. Maintenant. Parce que l’Amérique n’est plus fiable. Parce que Washington ne défend plus les mêmes valeurs. Parce que l’alliance transatlantique, telle qu’on la connaissait, est morte.
Karin von Hippel, ancienne haute fonctionnaire du Département d’État américain et ex-directrice du Royal United Services Institute, ne mâche pas ses mots : « L’Amérique n’est certainement plus le pays qui promouvait les valeurs mondiales en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle se déplace vers un endroit très différent. » Un endroit où les valeurs ne comptent plus. Où seule la force prime. Où l’Europe n’est plus une partenaire mais une cible.
Je regarde les images de cette conférence et je vois des visages figés. Des diplomates qui ne savent plus quoi dire. Des dirigeants qui réalisent, en temps réel, que le monde qu’ils connaissaient vient de basculer. Vance n’est pas venu à Munich pour rassurer. Il est venu pour humilier. Pour dire à l’Europe : vous êtes faibles, vous êtes perdus, vous êtes finis. Et nous, on ne vous sauvera plus. Sauf si vous vous alignez. Sauf si vous devenez ce qu’on veut que vous soyez. C’est ça, la nouvelle alliance transatlantique. Une relation de dominant à dominé. Et ça me révolte.
Le Venezuela : la doctrine Monroe ressuscitée
Caracas en flammes
Théorie, c’est bien. Pratique, c’est mieux. En janvier 2026, l’Amérique de Trump a montré au monde ce que signifie concrètement sa nouvelle doctrine. Une opération militaire éclair au Venezuela. Objectif : capturer Nicolás Maduro et sa femme Cilia Flores. Résultat : au moins 56 morts, selon les sources les plus conservatrices. Certains parlent de 100 victimes. La capitale vénézuélienne transformée en zone de guerre. Le complexe militaire de Fuerte Tiuna en flammes. Et Maduro, menottes aux poignets, transféré aux États-Unis pour y être jugé.
Légal ? Selon le droit international, c’est plus que douteux. Des experts en droit international ont soulevé de sérieuses questions sur la légalité de cette opération, arguant que les États-Unis pourraient avoir violé les statuts internationaux régissant l’usage de la force. Mais Washington s’en fiche. Robert Wilkie, ancien sous-secrétaire à la Défense sous Trump, l’a dit sans détour : « Selon la loi américaine, c’était certainement légal. Maduro — la plupart de nos partenaires européens n’ont pas reconnu son régime, donc c’est une figure illégitime. De ce fait, il est dépouillé des protections normales dont bénéficient les chefs d’État. »
La doctrine Monroe en mode turbo
Ce que Trump vient de faire, c’est ressusciter la doctrine Monroe de 1823 — cette promesse de suprématie américaine dans l’hémisphère occidental. Mais en version musclée. En version brutale. La Stratégie de Sécurité Nationale revendique pour les États-Unis le droit d’être la puissance prééminente dans l’hémisphère occidental, et de plier ses voisins latino-américains et caribéens aux intérêts de Washington. Colombie, Panama, Cuba — tous dans le viseur.
Victoria Coates, vice-présidente de la Heritage Foundation et ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale de Trump, est claire : « Cela commence principalement avec le canal de Panama. Le degré auquel le contrôle du canal est nécessaire aux États-Unis ne peut être surestimé. » La Chine est devenue le plus grand partenaire commercial de l’Amérique latine et un investisseur majeur dans les infrastructures. Trump veut faire reculer l’influence chinoise dans l’arrière-cour de Washington. Et il est prêt à tout pour y parvenir.
Quand j’ai appris l’opération au Venezuela, ma première réaction a été : ils ont vraiment fait ça ? Ils ont vraiment envahi un pays souverain, tué des dizaines de personnes, capturé un chef d’État — aussi pourri soit-il — et ramené ça comme un trophée ? Et ensuite j’ai réalisé : oui. Parce que c’est exactement ce que dit la nouvelle doctrine. Les grandes puissances font ce qu’elles veulent. Les règles ne s’appliquent qu’aux faibles. Et l’Amérique de Trump ne se considère plus liée par aucune règle. Aucune. C’est terrifiant. Et c’est la réalité.
L'Europe dans le collimateur
Effacement civilisationnel
Si vous pensiez que Trump réservait sa brutalité à l’Amérique latine, détrompez-vous. L’Europe est dans le viseur. Et les mots utilisés dans la Stratégie de Sécurité Nationale sont d’une violence inouïe. Le document parle du « déclin économique » de l’Europe, mais ajoute que cela est « éclipsé par la perspective réelle et plus frappante d’un effacement civilisationnel ». Effacement civilisationnel. Laissez ces mots résonner. Washington ne parle pas de difficultés économiques. Il parle de la mort d’une civilisation.
Et ça continue. Le document suggère que « dans quelques décennies au plus tard, certains membres de l’OTAN deviendront majoritairement non-européens », ce qui soulève des doutes sur leur viabilité en tant que partenaires de sécurité à long terme. Traduction : l’immigration change la démographie européenne, et pour Trump, ça signifie que l’Europe ne sera plus européenne. Donc plus digne de confiance. Donc plus alliée.
Un document nativiste et idéologique
Karin von Hippel ne mâche pas ses mots : « C’est un document très nativiste. Très idéologique. Le message sous-jacent est que l’homme blanc chrétien ne dirige plus beaucoup de pays [en Occident] et nous assistons à une menace contre la domination que l’homme blanc chrétien a eue aux États-Unis et en Europe. Ils font très attention à ne rien dire de tout cela explicitement, mais je pense que c’est ce qui est sous-entendu. »
C’est ça, la nouvelle alliance transatlantique. Une alliance basée non plus sur des valeurs démocratiques, mais sur une vision civilisationnelle. Une vision où l’Occident blanc et chrétien doit se défendre contre l’immigration, le multiculturalisme, le progressisme. Une vision où Vladimir Poutine n’est plus un ennemi mais un allié naturel dans la défense de la civilisation blanche et chrétienne. D’ailleurs, la Russie n’est même pas mentionnée comme une puissance hostile dans le document, malgré son invasion de l’Ukraine, un allié occidental.
Je lis ces passages et j’ai la nausée. Parce que ce n’est pas juste de la géopolitique. C’est de l’idéologie raciale. C’est du nationalisme blanc à peine déguisé. Et c’est maintenant la politique officielle des États-Unis. L’Europe doit se réveiller. Parce que Washington ne la voit plus comme une alliée. Il la voit comme une civilisation mourante, infectée par le progressisme, condamnée par l’immigration. Et Trump veut « aider » l’Europe à se corriger. Comment ? En « cultivant la résistance à la trajectoire actuelle de l’Europe au sein des nations européennes ». En d’autres termes : en finançant et en soutenant les partis d’extrême droite. En déstabilisant les démocraties européennes de l’intérieur. C’est ça, le plan.
Cultiver la résistance : l'ingérence assumée
Le soutien aux partis patriotiques
La Stratégie de Sécurité Nationale est explicite : « L’influence croissante des partis patriotiques européens donne en effet de grandes raisons d’être optimiste. Notre objectif devrait être d’aider l’Europe à corriger sa trajectoire actuelle. Nous aurons besoin d’une Europe forte pour nous aider à rivaliser avec succès. » Et l’une des politiques pour y parvenir ? « Cultiver la résistance à la trajectoire actuelle de l’Europe au sein des nations européennes. »
Qu’est-ce que ça signifie concrètement, « cultiver la résistance » ? Le document ne le précise pas. Mais les implications sont claires. Financement de partis politiques. Soutien médiatique. Campagnes de désinformation. Ingérence électorale. Tout ce que Washington reprochait à Moscou pendant des années, il est maintenant prêt à le faire lui-même. Parce que l’objectif n’est plus de défendre la démocratie européenne — c’est de la remodeler selon les intérêts américains.
Elon Musk et la dissolution de l’UE
Et ce n’est pas que de la théorie. En janvier dernier, Elon Musk — conseiller informel de Trump et homme le plus riche du monde — a posté sur X que l’Union européenne devrait être abolie et la souveraineté rendue aux États-nations individuels. Coïncidence ? Non. Alignement parfait avec la doctrine de Trump. Les géants de la tech américains s’opposent aux efforts de l’UE pour réguler leurs activités sur le continent européen. Et maintenant, ils ont le soutien de la Maison-Blanche pour démanteler les institutions européennes.
Victoria Coates le confirme : « La souveraineté est également une question critique. En regardant le projet de l’Union européenne, surtout après le Brexit, je pense que beaucoup de pays se demandent si subordonner l’intérêt national à Bruxelles est une stratégie gagnante. Je pense que c’est l’une des institutions que la Stratégie de Sécurité Nationale remet en question. »
Donc récapitulons. L’Amérique de Trump veut démanteler l’Union européenne. Elle veut soutenir les partis d’extrême droite en Europe. Elle veut « cultiver la résistance » contre les gouvernements démocratiquement élus. Et elle appelle ça « aider l’Europe ». Moi j’appelle ça de l’ingérence. De la déstabilisation. De la subversion. Et le plus fou, c’est qu’ils l’assument. Ils l’écrivent noir sur blanc dans un document officiel. Parce qu’ils savent qu’ils peuvent se le permettre. Parce que l’Europe est faible. Divisée. Incapable de réagir. Et ça me rend malade.
Le dilemme européen : dépendance ou indépendance ?
L’appel de Friedrich Merz
Face à ce tsunami, l’Europe doit choisir. Et vite. Friedrich Merz, le nouveau chancelier allemand, a été le premier à tirer la sonnette d’alarme. Après le discours de Vance à Munich, il a déclaré que l’Europe devrait « atteindre l’indépendance » vis-à-vis de l’Amérique avec une OTAN remodelée. Pas dans dix ans. Maintenant. Parce que l’Amérique n’est plus un allié fiable.
Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Sir Lawrence Freedman, professeur émérite d’études de guerre au King’s College de Londres, est lucide : « Ce n’est pas réalisable à court terme. Les Européens sont devenus très dépendants des États-Unis, et c’était un choix : c’était moins cher et plus simple. Bien qu’en pratique il serait souhaitable de pouvoir agir sans les Américains… en pratique, cela va prendre des années pour se démêler. Et ce sera extrêmement coûteux. »
Le piège de la dépendance
L’Europe est coincée. Elle ne peut plus compter sur l’Amérique. Mais elle ne peut pas non plus fonctionner sans elle. Pas à court terme. Les capacités militaires européennes sont insuffisantes. Les budgets de défense, bien qu’en augmentation, restent largement en deçà des besoins. Et le temps presse. La Russie menace aux frontières. La Chine étend son influence. Et l’Amérique, au lieu de soutenir l’Europe, la déstabilise activement.
Lord Richards, ancien chef d’état-major des forces armées britanniques, est brutal dans son analyse : « [L’Europe] risque de tomber entre les mailles du filet. L’UE ne peut pas être une grande puissance, ni aucune de ses nations constitutives. Le Royaume-Uni et l’UE doivent décider sous quelle sphère d’influence ils devraient se réfugier. La réponse est qu’ils resteront probablement dans celle des États-Unis — et au sein d’une OTAN remodelée. »
Les dépenses de défense : trop peu, trop tard ?
Trump a obtenu des alliés européens un engagement à augmenter les dépenses de défense à 5% du PIB. Un chiffre colossal. Et peut-être, ironiquement, un service rendu à l’Europe en la poussant vers une plus grande indépendance opérationnelle vis-à-vis de Washington. Sir Lawrence Freedman note : « Les dépenses ont augmenté de manière assez significative. Les Allemands ont fait des progrès assez impressionnants. Il y a donc du mouvement, pas aussi rapide que beaucoup le souhaiteraient, mais ça se passe. »
Mais est-ce suffisant ? Et surtout, est-ce assez rapide ? Parce que pendant que l’Europe se réarme lentement, Trump remodèle le monde. Et il ne l’attend pas.
L’Europe est face au choix le plus brutal de son histoire moderne. Rester dans l’orbite américaine et accepter d’être traitée comme un vassal. Ou tenter l’indépendance et risquer de se retrouver seule face à la Russie et à la Chine. Il n’y a pas de bonne option. Juste des options moins catastrophiques que d’autres. Et pendant ce temps, Trump joue aux échecs avec le monde entier. Il déstabilise l’Europe. Il envahit le Venezuela. Il courtise Poutine. Il menace le Groenland. Et nous, on regarde, impuissants, en se demandant comment on a pu en arriver là.
Les guerres culturelles deviennent géopolitiques
DEI, immigration et identité
Ce qui rend cette Stratégie de Sécurité Nationale unique, c’est qu’elle mélange géopolitique et guerres culturelles. Le document s’engage à éliminer certaines pratiques comme la Diversité, Équité et Inclusion (DEI), tournées en dérision par la base de Trump. Les guerres culturelles qui façonnent le discours public américain façonnent maintenant sa politique étrangère — et, par extension, affectent la sécurité du monde occidental.
Victor Mallet, journaliste basé à Paris et auteur d’un livre à paraître sur l’extrême droite française, identifie les préoccupations communes des deux côtés de l’Atlantique : « Préoccupations concernant l’immigration, préoccupations concernant l’économie… et il y a un gouffre culturel extraordinaire entre les partisans de gens comme Donald Trump, le Rassemblement National en France, l’AfD en Allemagne, et l’élite intellectuelle, métropolitaine, éduquée et libérale. C’est définitivement une révolte populaire contre l’establishment. »
Poutine, allié naturel ?
Et voilà où ça devient vraiment dérangeant. Dans cette vision du monde, Vladimir Poutine n’est pas un ennemi. Il est un allié naturel. Parce que dans les guerres culturelles, certains dans la base MAGA de Trump voient en Poutine non pas un adversaire mais un défenseur de la civilisation blanche et chrétienne nationaliste. Un homme qui défend fièrement son pays, ses traditions, son identité — les attributs mêmes qu’ils valorisent et admirent chez Donald Trump.
C’est pour ça que la Russie n’est pas mentionnée comme une puissance hostile dans le document, malgré son invasion de l’Ukraine, un allié occidental. C’est pour ça que le Kremlin a salué cette stratégie. Parce que Trump et Poutine partagent une vision du monde. Une vision où les démocraties libérales sont l’ennemi. Où le progressisme est une maladie. Où l’homme blanc chrétien doit reprendre le contrôle.
Je ne sais pas ce qui me choque le plus. Que Trump voie Poutine comme un allié. Ou que cette vision soit maintenant la politique officielle des États-Unis. L’Amérique qui a combattu le nazisme. L’Amérique qui a défendu la démocratie pendant la Guerre froide. Cette Amérique-là est morte. Et à sa place, il y a un pays qui préfère Poutine à Macron. Qui préfère Orbán à Merz. Qui préfère l’autoritarisme nationaliste à la démocratie libérale. C’est un renversement complet. Et c’est terrifiant.
Conclusion
Le monde d’après
Alors voilà où on en est. L’alliance transatlantique, pilier de la sécurité mondiale depuis 1947, est en ruines. L’ordre international fondé sur des règles est mort. L’Amérique de Trump a choisi la loi du plus fort. La géopolitique des grandes puissances. Le nationalisme blanc. Et l’Europe doit choisir : se soumettre ou s’émanciper. Rester dans l’orbite américaine et accepter d’être traitée comme un vassal. Ou tenter l’indépendance et risquer de se retrouver seule.
Il n’y a pas de bonne option. Juste des options moins catastrophiques. L’Europe peut augmenter ses dépenses de défense, construire son autonomie stratégique, renforcer ses institutions. Mais ça prendra du temps. Des années. Peut-être des décennies. Et pendant ce temps, le monde change. La Russie avance. La Chine s’étend. Et l’Amérique, au lieu de défendre l’Occident, le déstabilise.
Je termine cet article et je me sens vidé. Parce que ce n’est pas juste une analyse géopolitique. C’est la fin d’un monde. Le monde dans lequel j’ai grandi. Celui où l’Amérique et l’Europe étaient alliées. Où la démocratie valait quelque chose. Où les règles comptaient. Ce monde-là est mort. Et je ne sais pas ce qui va le remplacer. Mais je sais une chose : l’Europe doit se réveiller. Maintenant. Parce que personne ne viendra la sauver. Surtout pas l’Amérique. L’ère de la protection américaine est terminée. L’Europe est seule. Et elle doit décider, maintenant, quel genre de puissance elle veut être. Parce que le temps des choix faciles est révolu. Bienvenue dans le monde d’après.
Sources
Sources primaires
BBC News – « Trump’s grand plan to reshape the world order leaves Europe with a difficult choice to make » par Allan Little, Senior correspondent (janvier 2026)
The White House – National Security Strategy (décembre 2025)
Munich Security Conference – Discours du vice-président JD Vance (février 2025)
Le Monde – Couverture de la réaction européenne à la Stratégie de Sécurité Nationale (décembre 2025)
Sources secondaires
Carnegie Endowment for International Peace – « Europe Needs to Hear What America is Saying » (2025)
Brookings Institution – « Breaking down Trump’s 2025 National Security Strategy » (2025)
Center for Strategic and International Studies (CSIS) – « The National Security Strategy: The Good, the Not So Great, and the Alarm Bells » (2025)
NPR – « EU leaders react with alarm to Trump administration’s new national security statement » (décembre 2025)
BBC News – « JD Vance attacks Europe over free speech and migration » (février 2025)
CNN – « Vance uses half-truths to lecture a European audience » (février 2025)
German Marshall Fund – « JD Vance’s speech at the Munich Security Conference should be seen as clarification of Donald Trump’s vision » (2025)
Wikipedia – « 2026 United States strikes in Venezuela » (2026)
House of Commons Library – « The US capture of Nicolás Maduro » (2026)
NATO – « Defence expenditures and NATO’s 5% commitment » (2025)
BBC News – « Germany’s Friedrich Merz signals seismic shift in Europe-US relations » (2025)
Politico – « Germany’s Merz vows ‘independence’ from Trump’s America » (2025)
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tres belle analyse mais pouvez vous expliquez que veut dire l’EUROPE nous n’avons rien en commun chaque pays a ses régles a son image travail ,salaires lois,et j’en passe