Une dette qui explose de 5 800 milliards
Le Committee for a Responsible Federal Budget, une organisation non partisane qui surveille les finances publiques américaines, a fait les calculs. Et les résultats sont terrifiants. Si cette proposition passe, elle ajoutera 5 000 milliards de dollars aux dépenses de défense sur la prochaine décennie. Avec les intérêts — parce que oui, tout cet argent sera emprunté — le total grimpe à 5 800 milliards ajoutés à la dette nationale. Cinq mille huit cents milliards. C’est le genre de chiffre qui fait bugger les cerveaux.
Pour comprendre l’ampleur du désastre, il faut savoir que les tarifs douaniers que Trump a imposés — ceux qu’il brandit comme sa solution miracle pour financer tout et n’importe quoi — rapporteront environ 2 500 milliards sur dix ans selon le Congressional Budget Office. Avec les intérêts, ça monte à 3 000 milliards. Vous voyez le problème ? Les revenus des tarifs ne couvrent même pas la moitié du coût de cette augmentation militaire. Et ça, c’est dans le meilleur des cas, si la Cour Suprême ne déclare pas une partie de ces tarifs illégaux — ce qui pourrait bien arriver.
Plus que la Chine, la Russie et l’Iran réunis
Mettons les choses en perspective avec quelques comparaisons qui font froid dans le dos. Cette augmentation de 500 milliards que Trump réclame dépasse le budget militaire annuel de tous les autres pays sur la planète. La Chine, deuxième puissance militaire mondiale, dépense environ 300 milliards par an pour son armée. La Russie, environ 80 milliards. L’Iran, peut-être 25 milliards. Additionnez tout ça, et vous n’arrivez même pas à 500 milliards.
Autrement dit, Trump veut augmenter le budget militaire américain d’un montant supérieur à ce que dépensent ses trois principaux adversaires géopolitiques combinés. Et ce n’est pas comme si les États-Unis partaient de zéro. Le budget actuel de 1 000 milliards représente déjà plus que les dix pays suivants réunis. L’Amérique dépense plus pour sa défense que la Chine, la Russie, l’Inde, l’Arabie Saoudite, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, la Corée du Sud, le Japon et l’Ukraine additionnés. Et apparemment, ce n’est toujours pas assez.
À ce stade, je ne sais plus si je dois rire ou pleurer. Probablement les deux. Parce que cette course aux armements avec soi-même, c’est de la folie pure. Les États-Unis ont déjà la machine militaire la plus puissante, la plus sophistiquée, la plus coûteuse de l’histoire de l’humanité. Et Trump regarde ça et se dit : « Ouais, mais on pourrait faire mieux. » Mieux comment ? Plus de bombes ? Plus de chars ? Plus d’avions qui coûtent une fortune et qui marchent à moitié ? C’est quoi le plan, exactement ?
Le Pentagone, ce gouffre sans fond
Sept audits ratés d’affilée
Parlons un peu de la façon dont le Pentagone gère l’argent qu’on lui confie déjà. Spoiler alert : c’est catastrophique. Le département de la Défense n’a jamais réussi un audit. Jamais. Pas une seule fois depuis que les audits sont devenus obligatoires. En décembre 2025, le Pentagone a échoué son huitième audit consécutif. Huit fois qu’ils essaient de prouver qu’ils savent où va l’argent. Huit fois qu’ils échouent. Et maintenant, Trump veut leur donner 500 milliards de plus.
Qu’est-ce que ça signifie concrètement, un audit raté ? Ça veut dire que le Pentagone ne peut pas rendre compte de manière fiable de ses actifs, de ses dépenses, de ses inventaires. Des milliards de dollars disparaissent dans un trou noir bureaucratique. Des équipements sont achetés en double, en triple. Des contrats sont signés sans supervision adéquate. Des pièces de rechange coûtent dix fois leur prix réel. Et personne ne sait exactement combien d’argent est gaspillé parce que personne ne peut suivre la trace de cet argent.
Le F-35, ce gouffre financier volant
Prenons un exemple concret de ce gaspillage systémique : le F-35. Ce chasseur furtif de cinquième génération devait être le joyau de l’aviation militaire américaine. Un avion polyvalent, ultra-moderne, capable de tout faire. La réalité ? C’est devenu le programme d’armement le plus coûteux de l’histoire. Le coût total du programme dépasse maintenant 1 700 milliards de dollars sur sa durée de vie. Chaque appareil coûte environ 80 millions de dollars à produire, et les coûts d’exploitation sont tellement élevés que l’armée de l’air peine à maintenir sa flotte opérationnelle.
Et le pire ? Le F-35 est criblé de problèmes techniques. Des systèmes qui plantent. Des capteurs qui déconnent. Une disponibilité opérationnelle qui plafonne autour de 50 pour cent — ce qui signifie que la moitié de la flotte est clouée au sol à tout moment pour maintenance. Des pilotes qui se plaignent de l’ergonomie du cockpit. Des retards de livraison constants. Des dépassements de budget systématiques. Et malgré tout ça, le Pentagone continue de commander des centaines d’appareils supplémentaires, parce qu’on est trop engagés dans le programme pour faire marche arrière.
Le F-35, c’est le symbole parfait de tout ce qui ne va pas avec les dépenses militaires américaines. Un projet pharaonique, vendu comme révolutionnaire, qui finit par coûter une fortune et livrer des performances médiocres. Et au lieu de tirer les leçons de cet échec, au lieu de se dire « peut-être qu’on devrait revoir notre façon de faire », le Pentagone continue sur sa lancée. Parce que pourquoi changer une formule qui marche si bien — pour les contractants, en tout cas. Pas pour les contribuables. Pas pour les soldats qui doivent utiliser ces machines défectueuses. Mais pour les actionnaires de Lockheed Martin, c’est le jackpot.
Les porte-avions à 13 milliards qui coulent l’économie
Autre exemple de démesure budgétaire : les porte-avions de classe Gerald R. Ford. Ces mastodontes flottants coûtent 13 milliards de dollars pièce. Treize milliards. Pour un seul navire. Et ce n’est que le coût de construction — l’exploitation, la maintenance, l’équipage, les avions embarqués, tout ça rajoute des milliards supplémentaires sur la durée de vie du navire. Le premier de la classe, l’USS Gerald R. Ford, a été livré avec des années de retard et des milliards de dépassement de budget, et il a fallu des années supplémentaires pour corriger tous ses problèmes techniques.
Mais voilà le truc : ces porte-avions géants sont de plus en plus vulnérables dans un environnement de combat moderne. Les missiles hypersoniques chinois et russes peuvent les cibler à des centaines de kilomètres de distance. Les sous-marins furtifs peuvent les traquer sans être détectés. Les drones bon marché peuvent saturer leurs défenses. Pour le prix d’un seul porte-avions américain, un adversaire peut développer des dizaines de systèmes capables de le couler. C’est comme investir dans des châteaux forts à l’époque des canons — impressionnant, mais stratégiquement obsolète.
Le Golden Dome, ce rêve impossible
Un bouclier antimissile qui ne marchera jamais
L’une des raisons pour lesquelles Trump veut ce budget délirant, c’est son obsession pour le Golden Dome — un système de défense antimissile censé protéger tout le territoire américain contre n’importe quelle attaque. Un dôme doré impénétrable au-dessus de l’Amérique. Ça sonne bien sur le papier. En réalité, c’est un fantasme technologique qui coûtera des centaines de milliards et ne fonctionnera probablement jamais comme promis.
Les systèmes de défense antimissile existent déjà, bien sûr. Le problème, c’est qu’ils sont d’une efficacité limitée même dans les meilleures conditions. Intercepter un missile balistique en vol, c’est comme essayer de toucher une balle avec une autre balle alors que les deux se déplacent à plusieurs fois la vitesse du son. Les tests en conditions contrôlées montrent des taux de réussite d’environ 50 pour cent dans le meilleur des cas. En conditions réelles, avec des contre-mesures, des leurres, des attaques multiples simultanées ? Les experts sont beaucoup moins optimistes.
Des centaines de milliards pour une illusion de sécurité
Et puis il y a la question du coût. Les estimations pour un système Golden Dome complet varient, mais on parle facilement de plusieurs centaines de milliards de dollars rien que pour le développement et le déploiement initial. Ensuite, il faudra des dizaines de milliards par an pour la maintenance, les mises à jour, le remplacement des composants. Sans compter que la technologie évolue — ce qui signifie que les adversaires développeront de nouveaux missiles, de nouvelles tactiques, de nouvelles contre-mesures, et qu’il faudra constamment adapter le système.
Le vrai problème avec le Golden Dome, c’est qu’il crée une illusion de sécurité dangereuse. Les décideurs politiques pourraient se sentir plus enclins à prendre des risques militaires en pensant que l’Amérique est protégée. Mais cette protection est loin d’être garantie. Un seul missile qui passe à travers le bouclier — et statistiquement, plusieurs passeront — peut causer des dégâts catastrophiques. C’est comme porter un gilet pare-balles troué et se croire invincible.
Le Golden Dome, c’est la quintessence de l’hubris militaire américain. Cette idée qu’on peut résoudre n’importe quel problème de sécurité en y jetant suffisamment d’argent et de technologie. Que la physique, la géométrie, les mathématiques vont se plier devant la volonté américaine et le dollar américain. Sauf que non. Sauf que la réalité est têtue. Et que construire un bouclier parfait contre des missiles qui voyagent à Mach 20, c’est probablement impossible. Mais bon, ça n’empêchera pas les contractants de la défense d’empocher des milliards en essayant.
Les contractants de la défense se frottent les mains
Wall Street en extase malgré les menaces de Trump
Quand Trump a annoncé son budget de 1 500 milliards, les actions des entreprises de défense ont d’abord plongé. Pourquoi ? Parce que quelques heures plus tôt, le président avait publié un autre message rageur sur les réseaux sociaux, menaçant d’interdire aux contractants de la défense de racheter leurs propres actions, de verser des dividendes généreux, et de payer des salaires mirobolants à leurs dirigeants. Trump accusait ces entreprises d’être trop lentes, trop chères, trop gourmandes.
Mais la panique a été de courte durée. Parce que les analystes ont vite compris que même si Trump impose quelques restrictions cosmétiques, l’augmentation massive du budget militaire sera une manne financière pour Lockheed Martin, Raytheon, Northrop Grumman, Boeing et tous les autres géants de l’industrie de la défense. Plus de 500 milliards de dollars de contrats supplémentaires sur la table. De quoi faire saliver n’importe quel PDG, même sans rachats d’actions.
Le complexe militaro-industriel en roue libre
Actuellement, plus de la moitié du budget du Pentagone — environ 500 milliards par an — va directement aux contractants privés. Ces entreprises ne se contentent pas de fabriquer des armes et des équipements. Elles influencent activement la politique de défense, financent des think tanks, emploient d’anciens généraux et responsables politiques, font du lobbying intensif auprès du Congrès. C’est un système où ceux qui profitent de la guerre ont le pouvoir de façonner les décisions qui mènent à plus de dépenses militaires.
Et avec un budget de 1 500 milliards, ce système va passer à la vitesse supérieure. On parle de 750 milliards par an qui iront aux contractants. Sept cent cinquante milliards. De quoi financer encore plus de lobbying, encore plus d’influence, encore plus de projets pharaoniques dont personne n’a vraiment besoin mais que tout le monde veut vendre. Le complexe militaro-industriel que le président Eisenhower dénonçait déjà dans les années 1960 n’a jamais été aussi puissant, aussi riche, aussi incontrôlable.
Et moi, je regarde ce cirque et je me dis qu’on a complètement perdu le nord. Le but d’une armée, c’est de défendre le pays, pas d’enrichir des actionnaires. Le but d’un budget de défense, c’est de financer la sécurité nationale, pas de garantir des profits records à des entreprises privées. Mais quelque part en chemin, on a inversé les priorités. Maintenant, c’est l’armée qui sert l’industrie, pas l’inverse. Et avec 1 500 milliards sur la table, cette perversion du système va atteindre des sommets inédits.
Une stratégie militaire dépassée et dangereuse
L’obsession de dominer partout, tout le temps
Le vrai problème avec les dépenses militaires américaines, ce n’est pas juste le montant — c’est la stratégie qui les sous-tend. Les États-Unis maintiennent une posture militaire globale héritée de la Guerre froide. Des bases dans plus de 80 pays. Des porte-avions qui patrouillent tous les océans. Des troupes déployées sur tous les continents. Une capacité d’intervention rapide n’importe où sur la planète. Cette approche coûte une fortune et crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.
Parce que maintenir cette présence globale nécessite une logistique pharaonique. Des milliers de vols de ravitaillement. Des chaînes d’approvisionnement qui s’étendent sur des milliers de kilomètres. Des infrastructures à entretenir aux quatre coins du monde. Et pour quoi ? Pour pouvoir intervenir militairement dans des conflits qui, souvent, ne menacent pas directement la sécurité américaine. Pour projeter une puissance qui, de plus en plus, ressemble à de l’impérialisme déguisé en leadership mondial.
Les guerres sans fin qui saignent le budget
Cette stratégie de domination globale a mené les États-Unis dans des guerres interminables. L’Afghanistan, vingt ans d’occupation pour un coût total dépassant 2 000 milliards de dollars. L’Irak, une invasion basée sur des mensonges qui a coûté des milliers de vies américaines et des milliers de milliards de dollars. La Syrie, la Libye, le Yémen — autant d’interventions qui ont déstabilisé des régions entières sans apporter de solution durable.
Et maintenant, avec un budget de 1 500 milliards, Trump veut doubler la mise sur cette stratégie ratée. Plus d’armes. Plus de troupes. Plus de capacités d’intervention. Comme si le problème était un manque de moyens militaires, et non une approche fondamentalement défaillante de la politique étrangère. Comme si on pouvait résoudre des problèmes politiques complexes en y jetant plus de bombes et plus de soldats.
C’est là que je perds patience. Vraiment. Parce qu’on a vu ce film trop de fois. On sait comment ça se termine. Ça se termine avec des milliers de morts, des régions dévastées, des milliards engloutis, et aucun problème résolu. Ça se termine avec des vétérans traumatisés qui rentrent au pays sans soutien adéquat. Ça se termine avec des populations locales qui nous détestent encore plus qu’avant. Mais bon, on va recommencer quand même. Parce que cette fois, ce sera différent. Cette fois, avec 1 500 milliards, on va enfin réussir. C’est ça ? C’est vraiment ça le plan ?
Le Venezuela, prélude à d'autres aventures militaires
L’opération Absolute Resolve, un succès trompeur
L’annonce du budget de 1 500 milliards intervient juste après l’opération Absolute Resolve au Venezuela, où les forces spéciales américaines ont capturé le président Nicolás Maduro dans un raid spectaculaire. L’opération a été un succès tactique — rapide, précise, sans pertes américaines. Et maintenant, Trump se sent invincible. Il menace ouvertement la Colombie, Cuba, le Mexique. Il parle de reprendre le canal de Panama. Il agite le spectre d’interventions militaires partout en Amérique latine.
Mais ce succès au Venezuela est trompeur. C’était une opération chirurgicale contre un régime affaibli, avec une armée démoralisée et des défenses obsolètes. Ça ne veut pas dire que toutes les interventions militaires se passeront aussi bien. La Colombie, par exemple, a une armée aguerrie, entraînée par les Américains eux-mêmes, équipée d’armes américaines. Une intervention là-bas pourrait vite dégénérer en conflit prolongé et coûteux.
La tentation de l’interventionnisme tous azimuts
Le danger avec ce budget démesuré, c’est qu’il encourage l’aventurisme militaire. Quand on a un marteau de 1 500 milliards de dollars, tous les problèmes ressemblent à des clous. Trump a déjà montré qu’il n’hésite pas à utiliser la force militaire. Avec encore plus de moyens à sa disposition, avec une machine de guerre encore plus puissante, la tentation sera grande de résoudre chaque crise internationale par une intervention armée.
Et c’est exactement ce que redoutent les experts en politique étrangère. Parce que les interventions militaires ont des conséquences imprévisibles. Elles créent des vides de pouvoir. Elles déstabilisent des régions entières. Elles génèrent du ressentiment et alimentent l’extrémisme. Elles coûtent infiniment plus cher que prévu et durent infiniment plus longtemps qu’annoncé. Le Venezuela pourrait bien n’être que le début d’une série d’aventures militaires qui finiront par coûter des milliers de vies et des milliers de milliards.
Et voilà comment on se retrouve dans le même cycle infernal. Un succès militaire rapide qui donne l’illusion que la force armée peut tout résoudre. Des décideurs politiques grisés par la victoire qui se croient invincibles. Un budget militaire gonflé qui rend chaque nouvelle intervention plus tentante. Et puis, inévitablement, l’enlisement. Les complications. Les coûts qui explosent. Les objectifs qui s’éloignent. Les promesses de victoire rapide qui se transforment en occupation interminable. On connaît la chanson. On l’a déjà entendue en Irak, en Afghanistan, en Libye. Mais on va la rejouer quand même, parce qu’apparemment, on n’apprend jamais.
Les vrais besoins de sécurité nationale ignorés
La cybersécurité, parent pauvre du budget
Pendant que Trump fantasme sur son armée de rêve à 1 500 milliards, les vraies menaces pour la sécurité américaine sont largement négligées. La cybersécurité, par exemple. Les infrastructures critiques américaines — réseaux électriques, systèmes de distribution d’eau, hôpitaux, institutions financières — sont constamment attaquées par des hackers chinois, russes, nord-coréens, iraniens. Ces attaques pourraient causer des dégâts catastrophiques, paralyser des villes entières, mettre en danger des millions de vies.
Mais la cybersécurité ne reçoit qu’une fraction minuscule du budget de défense. Pourquoi ? Parce que ça ne génère pas de contrats juteux pour les grands contractants. Parce que ça ne produit pas de photos spectaculaires de chasseurs furtifs ou de porte-avions géants. Parce que c’est moins sexy que les armes conventionnelles. Alors on continue d’investir des milliards dans des systèmes d’armement du XXe siècle pendant que les menaces du XXIe siècle sont sous-financées.
Le changement climatique, menace existentielle
Autre menace majeure ignorée : le changement climatique. Les militaires américains eux-mêmes reconnaissent que le réchauffement climatique est un multiplicateur de menaces. Il provoque des migrations massives, des conflits pour les ressources, des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et intenses. Les bases militaires américaines sont menacées par la montée des eaux. Les opérations sont perturbées par des conditions météorologiques extrêmes.
Mais au lieu d’investir massivement dans la transition énergétique, dans l’adaptation au changement climatique, dans la prévention des conflits liés aux ressources, on préfère acheter plus de chars, plus d’avions, plus de navires. Comme si on pouvait bombarder les ouragans. Comme si on pouvait tirer sur la sécheresse. Le budget de 1 500 milliards de Trump ne contient pratiquement rien pour affronter cette menace existentielle. C’est une stratégie de sécurité nationale du siècle dernier appliquée aux défis du siècle actuel.
C’est ça qui me rend dingue. On a identifié les vraies menaces. On sait ce qui met réellement en danger la sécurité américaine. Les cyberattaques. Le changement climatique. Les pandémies. L’instabilité économique. Mais au lieu de s’attaquer à ces problèmes, on continue de préparer la guerre précédente. On continue d’investir dans des systèmes conçus pour combattre l’Union soviétique alors que l’Union soviétique n’existe plus depuis trente ans. C’est comme si on préparait une armée de cavalerie pour affronter des drones. Complètement à côté de la plaque.
Le coût d'opportunité astronomique
Ce qu’on pourrait faire avec 500 milliards
Prenons un moment pour imaginer ce qu’on pourrait accomplir avec ces 500 milliards de dollars d’augmentation budgétaire si on les investissait ailleurs. On pourrait rénover toutes les écoles publiques américaines qui tombent en ruine. On pourrait offrir des soins de santé gratuits à des millions d’Américains non assurés. On pourrait construire un réseau de transport public moderne dans toutes les grandes villes. On pourrait financer la recherche sur les énergies renouvelables, les maladies rares, les technologies du futur.
On pourrait effacer la dette étudiante de millions de jeunes Américains. On pourrait construire des logements abordables pour les sans-abri. On pourrait moderniser les infrastructures vieillissantes — ponts, routes, réseaux d’eau, réseaux électriques. On pourrait investir dans l’éducation, la formation professionnelle, la recherche scientifique. On pourrait faire tellement de choses qui amélioreraient réellement la vie des Américains, qui renforceraient réellement le pays.
Les priorités d’une nation qui a perdu le nord
Mais non. On préfère acheter plus d’avions de chasse. Plus de missiles. Plus de chars. Plus de navires de guerre. Parce que c’est ça, apparemment, qui fait la grandeur d’une nation. Pas des citoyens éduqués, en bonne santé, logés décemment. Pas des infrastructures modernes et efficaces. Pas une économie innovante et durable. Non, la grandeur se mesure au nombre de porte-avions et au budget militaire.
Cette obsession pour les dépenses militaires révèle une profonde confusion sur ce qui fait vraiment la force d’un pays. La vraie puissance ne vient pas des armes — elle vient de l’éducation, de l’innovation, de la cohésion sociale, de la santé économique. Un pays avec des écoles excellentes, des universités de pointe, une population en bonne santé, des infrastructures modernes sera toujours plus fort qu’un pays qui néglige tout ça pour acheter plus de bombes.
Et c’est là que je me sens vraiment découragé. Parce qu’on fait les mauvais choix, encore et encore. On sacrifie l’avenir pour financer une machine de guerre déjà surdimensionnée. On laisse nos écoles se dégrader pendant qu’on construit des chasseurs à 80 millions de dollars pièce. On laisse nos ponts s’effondrer pendant qu’on finance des porte-avions à 13 milliards. On laisse nos citoyens crever faute de soins pendant qu’on investit dans des systèmes d’armement dont on n’a pas besoin. C’est une tragédie. Une tragédie américaine moderne.
L'opposition politique timide et fragmentée
Les démocrates coincés dans leur propre piège
Face à cette proposition démente de 1 500 milliards, on pourrait s’attendre à une opposition féroce du Parti démocrate. Après tout, ce sont eux qui sont censés défendre la responsabilité fiscale, les investissements sociaux, une politique étrangère plus mesurée. Mais leur opposition est timide, hésitante, fragmentée. Pourquoi ? Parce qu’ils ont peur d’être accusés d’être faibles sur la défense nationale. Parce qu’ils ont eux-mêmes voté pour des budgets militaires énormes par le passé.
Les démocrates sont coincés dans un piège de leur propre fabrication. Pendant des décennies, ils ont accepté l’idée que critiquer les dépenses militaires était politiquement suicidaire. Ils ont voté pour des budgets de défense toujours plus gros, de peur d’être étiquetés comme anti-patriotiques. Et maintenant, quand Trump propose un budget complètement délirant, ils n’ont pas la crédibilité pour s’y opposer fermement. Ils ont normalisé l’anormal pendant si longtemps qu’ils ne savent plus comment tracer une ligne rouge.
Les républicains fiscalement conservateurs aux abonnés absents
Et les républicains ? Ceux qui se gargarisent de responsabilité fiscale ? Ceux qui hurlent au scandale pour chaque dollar dépensé en aide sociale ? Ils sont aux abonnés absents. Soudainement, les déficits ne les dérangent plus. Les 5 800 milliards ajoutés à la dette nationale ? Pas un problème. L’hypocrisie est tellement flagrante qu’elle en devient presque comique.
Quelques voix dissidentes se font entendre, comme le sénateur Rand Paul qui a dénoncé l’aventurisme militaire au Venezuela et rappelé que seul le Congrès peut déclarer la guerre. Mais ces voix sont noyées dans un concert d’applaudissements pour Trump. La majorité des républicains au Congrès sont ravis de ce budget démesuré. Ils voient les contrats qui vont pleuvoir dans leurs circonscriptions. Ils voient les emplois dans l’industrie de la défense. Ils voient les contributions de campagne des contractants. La responsabilité fiscale ? Connais pas.
Et moi, je regarde ce spectacle pathétique et je me dis qu’on mérite mieux que ça. Les Américains méritent des représentants qui ont le courage de dire non. Qui ont le courage de défendre l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers. Qui ont le courage de tracer une ligne et de dire : « Non, 1 500 milliards pour l’armée, c’est trop. C’est délirant. C’est irresponsable. Et on ne votera pas pour ça. » Mais ce courage, apparemment, est une denrée rare à Washington. Trop rare.
Conclusion
Un budget qui reflète des priorités détraquées
Le budget de défense de 1 500 milliards de dollars proposé par Trump n’est pas juste un chiffre astronomique. C’est un symbole. Le symbole d’une nation qui a perdu de vue ce qui compte vraiment. Le symbole d’un système politique capturé par des intérêts particuliers. Le symbole d’une stratégie de sécurité nationale ancrée dans le passé et aveugle aux menaces du futur. C’est le symbole d’un pays qui préfère investir dans la destruction plutôt que dans la construction.
Ce budget ne rendra pas l’Amérique plus sûre. Il ne résoudra pas les vrais problèmes de sécurité nationale. Il n’améliorera pas la vie des Américains ordinaires. Ce qu’il fera, c’est enrichir les contractants de la défense. Alimenter le complexe militaro-industriel. Encourager l’aventurisme militaire. Creuser la dette nationale. Et détourner des ressources précieuses de besoins criants — éducation, santé, infrastructures, recherche, transition énergétique.
L’urgence d’un changement de cap radical
Il est encore temps de dire non. Il est encore temps pour le Congrès de rejeter cette proposition insensée. Il est encore temps de tracer une ligne et de dire que 1 000 milliards pour la défense, c’est déjà largement suffisant — plus que suffisant, en fait. Il est encore temps de réorienter les priorités nationales vers ce qui renforce vraiment un pays : ses citoyens, son éducation, sa santé, son économie, son environnement.
Mais pour ça, il faudrait du courage politique. Il faudrait des représentants prêts à affronter le lobby de la défense. Il faudrait des médias qui questionnent cette folie plutôt que de la normaliser. Il faudrait des citoyens qui se mobilisent et exigent mieux. Il faudrait une prise de conscience collective que cette course aux armements avec nous-mêmes est une impasse. Une impasse coûteuse, dangereuse, et finalement autodestructrice.
Je regarde ces 1 500 milliards et je vois tout ce qu’on aurait pu être. Tout ce qu’on aurait pu construire. Toutes les vies qu’on aurait pu améliorer. Tous les problèmes qu’on aurait pu résoudre. Et à la place, on va acheter plus d’armes. Plus de systèmes qui ne marchent pas. Plus de capacités dont on n’a pas besoin. Plus de moyens pour faire des guerres qu’on ne devrait pas faire. C’est un gaspillage monumental. Un gaspillage de ressources, de potentiel, d’opportunités. Un gaspillage de ce que l’Amérique pourrait être. Et ça me brise le cœur. Vraiment. Parce qu’on mérite tellement mieux que ça. Tous, on mérite tellement mieux que ça.
Sources
Sources primaires
Responsible Statecraft – « The reality of Trump’s cartoonish $1.5 trillion DOD budget proposal » par Ben Freeman et William Hartung – 8 janvier 2026
Committee for a Responsible Federal Budget – « $1.5 Trillion Military Budget Would Add $5.8 Trillion to Debt Over Decade » – 7 janvier 2026
Politico – « Trump calls for record $1.5 trillion defense budget, a 50 percent jump » par Paul McLeary, Connor O’Brien et Joe Gould – 7 janvier 2026
Sources secondaires
Reuters – « Moody’s analyst says $1.5 trillion Trump defense budget plan could widen deficits » – 8 janvier 2026
Breaking Defense – « Pentagon fails (another) audit, restates 2028 goal to finally pass » – décembre 2025
Military.com – « Pentagon Fails Eighth Audit, Eyes 2028 Turnaround » – 24 décembre 2025
The New York Times – « Trump Proposes Huge Increase in Military Spending » – 7 janvier 2026
Fox News – « Trump calls for $1.5T defense budget to build ‘dream military' » – 7 janvier 2026
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