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Un monstre technologique né de la Guerre froide

Pour comprendre ce qui s’est passé cette nuit, il faut d’abord comprendre ce qu’est l’Orechnik — ce « noisetier » en russe qui n’a rien de bucolique. Ce missile balistique à portée intermédiaire est l’héritier direct du RS-26 Roubej, lui-même dérivé du RS-24 Iars, un missile intercontinental russe. Le programme du RS-26 avait été gelé en 2018 par manque de moyens, sacrifié au profit des systèmes hypersoniques de nouvelle génération comme l’Avangard. Mais Moscou n’a jamais abandonné l’idée. Et l’Orechnik est né de ces cendres.

Sa première apparition remonte au 21 novembre 2024, quand il a frappé une usine militaire à Dnipro, dans le centre de l’Ukraine. À l’époque, Poutine avait présenté cette frappe comme une réponse aux attaques ukrainiennes menées avec des missiles américains ATACMS et britanniques Storm Shadow. Le monde avait découvert avec stupeur les images de six flashs successifs tombant du ciel comme des météorites. Les dégâts matériels avaient été limités — probablement parce que le missile était dépourvu de charge explosive, utilisé comme démonstration. Mais le message était passé.

Des caractéristiques qui donnent le vertige

Les chiffres de l’Orechnik donnent le tournis. Selon Vladimir Poutine lui-même, ce missile peut atteindre la vitesse de Mach 10, soit environ 12 350 km/h. Le renseignement militaire ukrainien a même mesuré une vitesse supérieure à Mach 11 lors du tir de novembre 2024, soit plus de 13 600 km/h. Pour vous donner une idée, c’est 2,5 à 3 kilomètres par seconde. Le temps que vous lisiez cette phrase, l’Orechnik aurait parcouru 15 kilomètres.

Sa portée est comprise entre 3 000 et 5 500 kilomètres, ce qui en fait un missile à portée intermédiaire — juste en dessous du seuil des missiles intercontinentaux. Mais ne vous y trompez pas : tiré depuis l’Extrême-Orient russe, il pourrait théoriquement atteindre la côte ouest des États-Unis. Et comme l’a relevé Pavel Podvig, chercheur à l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement, « l’Orechnik peut menacer la quasi-totalité de l’Europe ». Paris, Londres, Berlin — toutes à portée.

Quand je lis ces chiffres, j’ai du mal à réaliser. 13 000 km/h. Trois kilomètres par seconde. C’est tellement rapide que c’est presque abstrait. Mais imaginez : vous êtes à Kiev, vous entendez les sirènes, et vous avez quelques minutes — peut-être moins — pour vous mettre à l’abri. Sauf que contre un missile hypersonique, il n’y a pas d’abri. Les systèmes de défense antiaérienne actuels ne peuvent rien faire. C’est ça qui me terrifie. On parle d’une arme contre laquelle on est impuissants. Et Poutine le sait.

Sources

Sources primaires

BFM TV – « Tir d’un missile russe Orechnik en Ukraine: la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne dénoncent ‘une escalade’ qui est ‘inacceptable' » – 9 janvier 2026

Le Figaro – « Guerre en Ukraine: la Russie affirme avoir frappé des ‘cibles stratégiques’ au moyen du missile hypersonique Orechnik » – 9 janvier 2026

Le Parisien – « Guerre en Ukraine : le puissant missile Orechnik utilisé par la Russie, quatre morts et des dégâts considérables » – 9 janvier 2026

Sources secondaires

BFM Business – « Quelles sont les capacités du missile russe Orechnik qui a frappé l’Ukraine cette nuit? » – 9 janvier 2026

Ministère russe de la Défense – Communiqué officiel – 9 janvier 2026

Ministère ukrainien des Affaires étrangères – Déclarations d’Andrii Sybiha – 9 janvier 2026

Union européenne – Déclarations de Kaja Kallas – 9 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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