Soixante-cinq bombardements en une journée
Au nord, dans les secteurs de Slobozhanshchyna septentrionale et de Koursk, l’artillerie russe a craché sa haine. Soixante-cinq bombardements, dont un avec des lance-roquettes multiples. Les villages frontaliers de Ryzhivka, Bezsalivka et Bila Bereza dans la région de Sumy ont encaissé le déluge. Des civils terrés dans leurs caves. Des maisons qui tremblent. Des explosions qui déchirent le silence glacial de janvier. C’est la routine macabre de la guerre de positions — pilonner, détruire, terroriser.
Dans le secteur de Slobozhanshchyna méridionale, les forces ukrainiennes ont repoussé six attaques russes près de Prylipka, Starytsia, Vovchansk et Zelene. Deux affrontements étaient encore en cours au moment du rapport. L’Institute for the Study of War note que les forces russes continuent d’utiliser des tactiques d’infiltration par petits groupes, tentant de se fondre dans le paysage urbain, parfois même en vêtements civils — une violation flagrante du droit international de la guerre, un acte de perfidie qui pourrait constituer un crime de guerre.
Kupiansk, le pipeline de la mort
À Kupiansk, les combats prennent une tournure particulière. Les forces russes tentent d’avancer près de Stepova Novoselivka et vers Bohuslavka. Trois attaques ont été repoussées, une bataille continue. Mais c’est l’histoire du gazoduc qui glace le sang. Des images géolocalisées montrent des soldats russes agitant des drapeaux dans l’est de Podoly — une mission d’infiltration qui n’a pas changé le contrôle du terrain mais qui illustre la détermination russe à progresser, mètre par mètre, même au prix de pertes catastrophiques.
Un officier d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Kupiansk a rapporté que les forces ukrainiennes continuent d’éliminer les soldats russes cachés dans la ville. Les Russes utilisent des combinaisons de camouflage pour s’infiltrer par mauvais temps, profitant des conditions météorologiques pour masquer leurs mouvements. Certains tentent même de se déguiser en civils. C’est sale. C’est désespéré. C’est la guerre moderne dans toute sa laideur.
Quand je lis ces rapports sur les infiltrations, sur les soldats russes qui se déguisent en civils, qui rampent dans des gazoducs, qui se cachent dans des fosses septiques — oui, vous avez bien lu, des fosses septiques — je me demande à quel moment on a franchi cette ligne. À quel moment la guerre est devenue ça. Un jeu de cache-cache mortel où les règles n’existent plus. Où la dignité s’est noyée dans la boue et le sang.
Le front central : Lyman, Kramatorsk et Kostiantynivka
Lyman, douze assauts en une journée
Dans le secteur de Lyman, les forces russes ont mené douze attaques près de Novovodiane, Novoiehorivka, Kolodiazi, Drobyshcheve et Myrne. Un affrontement était encore en cours. Douze fois, les Russes ont tenté de percer. Douze fois, ils se sont heurtés à une défense qui refuse de céder. Les milbloggers russes — ces chroniqueurs de guerre pro-Kremlin — prétendent que leurs forces ont avancé au nord et au sud de Lyman, au nord-est et au sud-ouest de Korovii Yar, et vers les abords nord-est de Svyatohirsk. Mais ces affirmations restent non confirmées. Sur le terrain, la réalité est plus complexe, plus sanglante, moins triomphale.
À Sloviansk, l’ennemi a tenté une fois d’avancer sur les positions ukrainiennes près de Platonivka. Une tentative. Un échec. À Kramatorsk, un assaut des envahisseurs vers Stupochky a été enregistré. Un seul. Mais dans cette guerre d’attrition, chaque assaut compte. Chaque tentative épuise les défenseurs. Chaque bataille gagnée est une victoire arrachée à la fatigue, à la peur, à l’épuisement.
Kostiantynivka, quinze tentatives de percée
Dans le secteur de Kostiantynivka, l’ennemi a fait quinze tentatives de percer les défenses ukrainiennes près de Kostiantynivka elle-même, Oleksandro-Shultyne, Pleshchiivka, Ivanopillia, Rusyn Yar, Yablunivka, et vers Sofiivka. Deux affrontements étaient encore en cours. Quinze assauts. Quinze vagues humaines lancées contre des positions fortifiées. Quinze fois, les défenseurs ont dû tenir, tirer, repousser. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la zone tactique de Kostiantynivka-Druzhkivka a rapporté que les portées des drones russes ont considérablement augmenté en 2025, rendant difficile pour les forces ukrainiennes de se déplacer dans Kostiantynivka.
Les drones russes tentent d’interdire les lignes de communication terrestres ukrainiennes, mais les mauvaises conditions météorologiques entravent les opérations de drones. Les vents violents pendant les tempêtes de neige coupent les câbles à fibre optique attachés aux drones russes. La nature elle-même devient un acteur de cette guerre. Le froid, le vent, la neige — des alliés imprévisibles mais parfois décisifs. Des images géolocalisées montrent des forces ukrainiennes opérant au sud de Kostiantynivka, dans une zone que les sources russes prétendaient contrôler. La réalité du terrain contredit la propagande. Comme toujours.
Quinze assauts. Quinze. En une seule journée. Dans un seul secteur. Et ce n’est qu’un secteur parmi tant d’autres. Multipliez ça par tous les points chauds du front, et vous commencez à comprendre l’ampleur de ce qui se passe. C’est une guerre d’usure totale. Une guerre où chaque jour ressemble au précédent, où chaque bataille se fond dans la suivante, où l’épuisement devient la norme. Et pourtant, ils tiennent. Jour après jour, ils tiennent.
Pokrovsk : l'épicentre de la tempête
Vingt-sept assauts, une obsession russe
Revenons à Pokrovsk. Parce que c’est là que tout se joue. C’est là que la 51e Armée combinée russe jette toutes ses forces. Vingt-sept tentatives de déloger les défenseurs ukrainiens de leurs positions. Vingt-sept assauts près de Razine, Shakhove, Nykanorivka, Rodynske, Myrnohrad, Pokrovsk elle-même, Kotlyne, Udachne, Novoserhiivka, et vers Novopavlivka et Filiia. Les forces de défense tiennent la ligne. Elles ont déjà repoussé vingt-six attaques. Une seule continue au moment du rapport.
Le porte-parole du 7e Corps de réaction rapide des forces aéroportées, Serhiy Okishev, a déclaré que les forces russes avancent vers Hryshyne et Rodynske, menant des assauts mécanisés pour tenter de couper les lignes de communication terrestres vers Pokrovsk. Les forces ukrainiennes contrôlent toujours le nord de Myrnohrad, et les Russes tentent de prendre pied sur les abords est de la ville. Okishev a ajouté que les forces russes n’ont pas mené d’assauts motorisés et mécanisés près de Myrnohrad depuis début janvier 2026. Un changement de tactique ? Une pause pour se regrouper ? Ou simplement l’épuisement d’une armée qui pousse depuis trop longtemps ?
La tactique de l’infiltration
Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant près de Myrnohrad a rapporté qu’il y a environ douze unités militaires de la 51e Armée combinée russe opérant dans et près de la ville. Les forces russes ont diminué l’intensité des assauts ouverts depuis le début de 2026, tout en augmentant les tentatives d’infiltration secrète dans les zones résidentielles de la ville par petits groupes de deux à quatre personnes. C’est une guerre d’ombres. Une guerre où l’ennemi ne charge plus en masse mais se glisse, se cache, frappe par surprise.
Les drones russes à fibre optique avec une portée de 10 à 20 kilomètres entravent la logistique ukrainienne et élargissent la zone de destruction. Mais les conditions météorologiques froides font perdre de la puissance aux batteries de drones plus rapidement, compliquant les opérations de drones à fibre optique russes. Encore une fois, la nature intervient. Le froid de janvier devient un allié inattendu. Un autre porte-parole d’une brigade ukrainienne dans la direction de Pokrovsk a rapporté que les forces russes continuent d’utiliser des tactiques d’infiltration et des quads dans leur zone de responsabilité. Elles se concentrent sur la prise de Bilytske et avancent vers Dobropillya, tout en continuant les assauts mécanisés pour respecter un délai non spécifié pour la prise de Bilytske.
Un délai. Ils ont un délai. Quelqu’un, quelque part dans un bureau à Moscou, a fixé une date limite pour la prise de Bilytske. Et maintenant, des hommes meurent pour respecter ce délai. Des soldats sont envoyés à l’assaut, encore et encore, parce qu’un général a promis une victoire à une date précise. C’est obscène. C’est la logique absurde de cette guerre — des vies sacrifiées pour des objectifs arbitraires, pour des lignes sur une carte, pour des rapports qui doivent être positifs.
Les autres fronts : de Oleksandrivka à Huliaipole
Oleksandrivka, douze actions d’assaut repoussées
Dans le secteur d’Oleksandrivka, les troupes ukrainiennes ont repoussé douze actions d’assaut ennemies. Les forces russes tentent d’avancer près de Piddubne, Sosnivka, Vyshneve, Rybne, Yehorivka et Krasnohirske, avec deux affrontements encore en cours. De plus, Malomykhailivka a été frappée par des bombes aériennes guidées. Douze assauts. Douze tentatives de percer. Douze échecs. Le schéma se répète, secteur après secteur. Les Russes attaquent. Les Ukrainiens tiennent. Les pertes s’accumulent des deux côtés. Mais la ligne ne bouge pas.
Un milblogger russe a affirmé que les forces russes ont avancé au nord de Vidradne, au sud d’Oleksandrivka. Affirmation non confirmée. Sur le terrain, les forces russes ont attaqué au nord-est d’Oleksandrivka près de Zelenyi Hai et au sud-est près d’Oleksandrohrad, Sichneve, Stepove, Verbove, Krasnohirske et Vyshneve. Partout, la même histoire. Attaque. Résistance. Statu quo sanglant.
Huliaipole, seize affrontements
Dans le secteur de Huliaipole, seize affrontements ont eu lieu près de Solodke, Huliaipole elle-même, Varvarivka et Zelene. Trois affrontements étaient encore en cours. Des images géolocalisées montrent deux soldats russes de la 36e Brigade motorisée hissant un drapeau dans le centre de Bratske, au nord-ouest de Huliaipole. L’ISW évalue qu’il s’agissait d’une mission d’infiltration russe qui n’a pas changé le contrôle du terrain ou la ligne de front à ce moment. Une photo de propagande. Un drapeau planté pour les caméras. Mais sur le terrain, rien n’a changé.
Les sources russes, y compris le ministère russe de la Défense, ont affirmé que les forces russes avaient pris Bratske. Les milbloggers russes ont également prétendu que les forces russes avaient avancé à l’est de Bratske, au nord-est de Zaliznychne et au nord-ouest de Dorozhnyanka. Affirmations. Propagande. Réalité contestée. Dans le secteur d’Orikhiv, aucune action offensive ennemie n’a été enregistrée depuis le début de la journée. Un répit. Une pause dans la tempête. Temporaire, sans doute.
Seize affrontements à Huliaipole. Douze à Oleksandrivka. Quinze à Kostiantynivka. Vingt-sept à Pokrovsk. Additionnez tout ça, et vous arrivez à quatre-vingt-dix-sept. Quatre-vingt-dix-sept fois aujourd’hui, des hommes se sont battus. Quatre-vingt-dix-sept fois, du sang a coulé. Quatre-vingt-dix-sept fois, quelqu’un n’est pas rentré chez lui. Et demain, ça recommencera. C’est ça, la guerre d’attrition. C’est ça, l’enfer quotidien du front ukrainien.
Le contexte géopolitique : l'ombre d'Oreshnik
Lviv sous le feu d’un missile balistique
Pendant que le front s’embrasait, une autre menace planait sur l’Ukraine. Dans la nuit du 8 au 9 janvier, des rapports préliminaires non confirmés suggéraient que les forces russes auraient pu mener une frappe de missile balistique à portée intermédiaire Oreshnik contre l’oblast de Lviv. L’armée de l’air ukrainienne a émis une alerte missile dans toute l’Ukraine vers 23h30, heure locale, en raison de la menace d’un lancement de missile balistique russe depuis Kapustin Yar — le site de lancement présumé de la première frappe Oreshnik russe contre l’Ukraine en novembre 2024.
Des explosions ont été signalées dans l’oblast de Lviv. Le service ukrainien de la BBC a déclaré que des canaux de surveillance non officiels ont signalé une activité de lancement sur le site de lancement de missiles de Kapustin Yar dans l’oblast d’Astrakhan. Des médias ukrainiens et des comptes X ont noté que des canaux Telegram de surveillance ukrainiens suggéraient que les forces russes auraient pu mener une frappe Oreshnik. Une source Telegram ukrainienne a publié des images montrant apparemment plusieurs frappes en succession rapide, ce qui pourrait montrer la charge utile à véhicules de rentrée multiples indépendamment ciblables de l’Oreshnik.
La menace nucléaire brandie
Des milbloggers russes ont affirmé qu’un Oreshnik a frappé le champ gazier et l’installation de stockage près de Stryi, dans l’oblast de Lviv. Le maire de la ville de Lviv, Andriy Sadovyi, a déclaré qu’il y avait eu une série d’explosions puissantes dans la ville dans la soirée, et le chef de l’administration militaire de l’oblast de Lviv, Maksym Kozytskyi, a déclaré que les forces russes avaient frappé une installation d’infrastructure critique non spécifiée dans la région. Sadovyi a déclaré plus tard qu’il n’était actuellement pas clair si les forces russes avaient utilisé un Oreshnik contre l’oblast de Lviv. L’ISW ne peut pas vérifier indépendamment si la frappe contre l’oblast de Lviv était une frappe Oreshnik.
Le Kremlin s’est appuyé sur la frappe Oreshnik de novembre 2024 et les menaces ultérieures d’utiliser l’Oreshnik contre l’Ukraine dans le cadre d’une campagne de contrôle réflexif visant à décourager le soutien occidental à l’Ukraine et a intensifié ses efforts pour menacer l’Occident avec des Oreshniks depuis l’automne 2025. C’est la guerre psychologique. C’est la menace brandie pour paralyser, pour effrayer, pour diviser. Le missile Oreshnik — capable de transporter des ogives nucléaires — devient un outil de chantage. Une épée de Damoclès suspendue au-dessus de l’Europe.
Quand je lis ces rapports sur l’Oreshnik, sur ce missile capable de transporter des ogives nucléaires, je sens mon estomac se nouer. Parce que c’est ça, le jeu de Poutine. Brandir la menace nucléaire. Faire peur. Diviser l’Occident. Et ça marche. Ça marche parce que la peur est une arme puissante. Parce que personne ne veut être celui qui a déclenché l’apocalypse. Alors on hésite. On temporise. Et pendant ce temps, l’Ukraine saigne.
Les pertes russes : un prix insoutenable
Des chiffres qui donnent le vertige
Derrière ces quatre-vingt-dix-sept affrontements, il y a un coût humain. Un coût que la Russie paie de plus en plus cher. Selon des sources ukrainiennes, les pertes russes atteignent des niveaux insoutenables. Al Jazeera a rapporté le 8 janvier que les décès de guerre russes augmentent à des niveaux insoutenables, selon l’Ukraine. Les chiffres exacts sont impossibles à vérifier — le brouillard de la guerre obscurcit la réalité — mais les tendances sont claires. La Russie jette des hommes dans la bataille avec une prodigalité qui rappelle les pires heures de la Seconde Guerre mondiale.
Les assauts mécanisés, les vagues d’infanterie, les infiltrations suicidaires — tout cela a un prix. Un prix payé en vies humaines. Des soldats russes envoyés à l’assaut sans préparation adéquate, sans soutien suffisant, sans espoir réel de succès. Juste pour respecter un délai. Juste pour pouvoir dire à Moscou que l’offensive continue. Juste pour maintenir la pression. Les cimetières russes se remplissent. Les familles pleurent. Mais la machine de guerre continue de tourner.
L’attrition comme stratégie
C’est une guerre d’attrition. Une guerre où la victoire ne se mesure pas en kilomètres gagnés mais en capacité à tenir plus longtemps que l’adversaire. Les Russes attaquent. Les Ukrainiens défendent. Les deux camps s’épuisent. Mais qui craquera en premier ? C’est la question qui hante chaque rapport militaire, chaque analyse stratégique, chaque nuit sans sommeil des commandants des deux côtés. Pour l’instant, l’Ukraine tient. Quatre-vingt-dix-sept affrontements. Vingt-six attaques repoussées à Pokrovsk. Douze à Oleksandrivka. Seize à Huliaipole. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Mais combien de temps encore ? Combien de temps peut-on tenir sous cette pression ? Combien de temps avant que la fatigue, l’épuisement, le manque de munitions, le manque d’hommes ne finissent par faire céder la ligne ? Ce sont les questions qui ne trouvent pas de réponse dans les rapports militaires. Ce sont les questions qui hantent les nuits des soldats ukrainiens, terrés dans leurs tranchées, attendant le prochain assaut. Ce sont les questions qui devraient hanter l’Occident, confortablement installé loin du front, débattant de l’opportunité d’envoyer plus d’aide ou de négocier une paix qui ressemblerait à une capitulation.
Quatre-vingt-dix-sept affrontements. Je reviens toujours à ce chiffre. Parce qu’il résume tout. L’intensité. L’épuisement. La détermination. La folie de cette guerre. Quatre-vingt-dix-sept fois aujourd’hui, des hommes ont dû choisir entre tenir ou céder. Entre vivre ou mourir. Entre résister ou abandonner. Et quatre-vingt-dix-sept fois, ils ont choisi de tenir. C’est héroïque. C’est tragique. C’est insoutenable. Et pourtant, ça continue.
Le soutien occidental : entre promesses et réalité
Le Royaume-Uni livre des systèmes de défense aérienne
Face à l’escalade des frappes russes de drones et de missiles à longue portée contre les infrastructures civiles et critiques ukrainiennes, le Royaume-Uni a fourni à l’Ukraine des systèmes de défense aérienne. Le sous-secrétaire d’État parlementaire britannique aux Forces armées, Al Carns, a rapporté le 6 janvier que le Royaume-Uni avait livré 13 systèmes de défense aérienne Raven et deux systèmes de défense aérienne Gravehawk prototypes à l’Ukraine, et que le premier lot des 15 systèmes Gravehawk contractés restants arriverait en Ukraine à une date non spécifiée dans un avenir proche.
Les frappes russes de missiles et de drones à longue portée cherchent à exploiter la quantité insuffisante de systèmes de défense aérienne ukrainiens pour protéger à la fois le front et l’arrière, et les fournitures britanniques aideront à créer un parapluie de défense aérienne ukrainien plus dense. C’est une aide cruciale. C’est un soutien qui sauve des vies. Mais est-ce suffisant ? Face aux dizaines de drones et de missiles que la Russie lance chaque nuit, face à la menace de l’Oreshnik, face à l’intensité des bombardements, treize systèmes Raven et deux prototypes Gravehawk semblent dérisoires.
Les garanties de sécurité rejetées par Moscou
Pendant ce temps, le Kremlin a de nouveau explicitement rejeté les garanties de sécurité pour l’Ukraine que les États-Unis et l’Europe finalisent actuellement avec l’Ukraine dans le cadre d’un accord de paix. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a répondu le 8 janvier aux récents efforts de la Coalition des Volontaires pour finaliser les détails d’un déploiement de force multinationale en Ukraine afin de garantir un futur cessez-le-feu, que Zakharova a qualifié de « déclarations militaristes » d’un « axe de guerre ».
Zakharova a déclaré que la Russie considérera les déploiements militaires occidentaux en Ukraine comme une « intervention étrangère » qui posera une « menace directe » à la sécurité de la Russie et comme des « cibles de combat légitimes » pour l’armée russe. Zakharova a réitéré les appels du Kremlin pour que tout futur accord de paix aborde les « causes profondes » présumées de la guerre et inclue des stipulations sur la neutralité ukrainienne, la « démilitarisation » — des réductions de l’armée ukrainienne telles que l’Ukraine ne puisse pas se défendre — la « dénazification » — le remplacement du gouvernement ukrainien actuel par un gouvernement fantoche pro-russe — et des protections pour les Russes ethniques et les russophones en Ukraine. Les objectifs de guerre originaux de la Russie de 2022. Rien n’a changé. Moscou veut toujours tout. L’Ukraine refuse toujours de céder.
Zakharova parle de « causes profondes ». De « démilitarisation ». De « dénazification ». Des mots creux. Des euphémismes pour dire : nous voulons détruire l’Ukraine en tant qu’État souverain. Nous voulons un gouvernement fantoche. Nous voulons que l’Ukraine ne puisse jamais se défendre. Et l’Occident ? L’Occident débat. Hésite. Temporise. Pendant que quatre-vingt-dix-sept affrontements se déroulent en une seule journée. Pendant que des hommes meurent pour défendre leur pays. Pendant que Pokrovsk tient bon, malgré vingt-sept assauts. L’indignation me prend à la gorge.
Conclusion
Une journée comme les autres, et pourtant
Ce 9 janvier 2026 restera dans les annales comme une journée de plus dans cette guerre interminable. Quatre-vingt-dix-sept affrontements. Des centaines de soldats engagés. Des dizaines de morts, probablement. Des blessés. Des traumatisés. Des villages bombardés. Des infrastructures détruites. Une journée comme les autres sur le front ukrainien. Et pourtant, dans ces chiffres, dans ces rapports militaires secs et factuels, il y a quelque chose de remarquable. Il y a la résistance. Il y a le refus de céder. Il y a la détermination d’un peuple qui refuse de disparaître.
Pokrovsk tient. Vingt-six attaques repoussées sur vingt-sept. Kupiansk résiste. Lyman ne cède pas. Kostiantynivka se bat. Oleksandrivka repousse. Huliaipole tient bon. Partout sur le front, la même histoire se répète. Les Russes attaquent. Les Ukrainiens défendent. La ligne ne bouge pas. Ou si peu. Au prix de sacrifices immenses. Au prix de vies brisées. Au prix d’un épuisement qui s’accumule, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois. Mais la ligne tient. Pour l’instant, elle tient.
Je termine ce texte et je me sens vidé. Quatre-vingt-dix-sept affrontements. Quatre-vingt-dix-sept fois aujourd’hui, des hommes ont risqué leur vie. Quatre-vingt-dix-sept fois, ils ont dit non à l’envahisseur. Et demain, ça recommencera. Et après-demain. Et le jour d’après. Jusqu’à quand ? Je ne sais pas. Personne ne sait. Mais ce que je sais, c’est que chaque jour où l’Ukraine tient est une victoire. Chaque assaut repoussé est un triomphe. Chaque soldat qui rentre vivant est un miracle. Pokrovsk tient. L’Ukraine tient. Et moi, de loin, je regarde ces chiffres défiler, et je me dis que tant qu’ils tiendront, l’espoir tiendra aussi. Fragile. Épuisé. Mais vivant. Comme eux.
Sources
Sources primaires
Ukrinform — « War update: almost 100 clashes on front line since morning, Defense Forces repel 26 attacks in Pokrovsk region » — 9 janvier 2026, 18:00 — https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4078663-war-update-almost-100-clashes-on-front-line-since-morning-defense-forces-repel-26-attacks-in-pokrovsk-region.html
État-major général des Forces armées d’Ukraine — Rapport Facebook — 9 janvier 2026, 16:00
Sources secondaires
Institute for the Study of War (ISW) — « Russian Offensive Campaign Assessment, January 8, 2026 » — 8 janvier 2026 — https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-january-8-2026/
Al Jazeera — « Russian war deaths are rising to unsustainable levels, says Ukraine » — 8 janvier 2026 — https://www.aljazeera.com/news/2026/1/8/russian-war-fatalities-are-rising-to-unsustainable-levels-says-ukraine
Ukrinform — « Ukrainian forces holding northern Pokrovsk, pushing enemy back in Myrnohrad » — 9 janvier 2026 — https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4078264-ukrainian-forces-holding-northern-pokrovsk-pushing-enemy-back-in-myrnohrad-cinc-syrskyi.html
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