Un monstre technologique hérité de la Guerre froide
L’Oreshnik — qui signifie « noisetier » en russe, un nom presque poétique pour une arme aussi monstrueuse — n’est pas un missile ordinaire. C’est un missile balistique à moyenne portée, probablement une évolution du RS-26 Roubej, un système développé en 2008 dans le plus grand secret. Sa portée estimée : entre 1 000 et 5 500 kilomètres, selon les sources. Les experts américains le classent comme IRBM — missile balistique à portée intermédiaire — ce qui signifie qu’il peut théoriquement atteindre n’importe quelle capitale européenne depuis le territoire russe. Paris, Berlin, Londres, Rome — toutes à portée. Toutes vulnérables.
Ce qui rend l’Oreshnik particulièrement terrifiant, c’est sa capacité à déployer des MIRV — des véhicules de rentrée multiples à ciblage indépendant. Concrètement, un seul missile peut libérer jusqu’à six ogives principales, chacune contenant elle-même quatre à six sous-munitions. Imaginez : un missile se transforme en essaim de projectiles hypersoniques, chacun programmé pour frapper une cible différente. Une ville, une base militaire, une centrale électrique — tout peut être visé simultanément. Et à la vitesse où ces engins voyagent — 13 000 km/h, soit plus de Mach 10 — les systèmes de défense antiaérienne actuels sont totalement impuissants. Le Patriot ? Inutile. Le SAMP/T ? Dépassé. L’Oreshnik arrive trop vite, trop haut, trop fort.
Une arme nucléaire déguisée en frappe conventionnelle
Jusqu’à présent, la Russie n’a utilisé l’Oreshnik que deux fois. La première, le 21 novembre 2024, contre une usine apparemment désaffectée à Dnipro. La seconde, cette nuit du 8 janvier 2026, contre la région de Lviv. Dans les deux cas, le missile transportait des charges conventionnelles — pas d’ogives nucléaires. Mais c’est justement là que réside toute la perversité de cette stratégie. Poutine envoie un missile conçu pour porter des têtes nucléaires, mais avec des explosifs classiques. Le message est limpide : « Regardez ce que je peux faire. Imaginez maintenant si j’avais mis du nucléaire dedans. »
Les analystes militaires sont formels : l’Oreshnik appartient à une classe d’armes pensées pour la guerre nucléaire. Son coût de production est astronomique. Sa complexité technique est extrême. Utiliser un tel engin pour une frappe conventionnelle, c’est comme utiliser un porte-avions pour livrer du courrier — techniquement possible, mais complètement démesuré. Sauf que là, le but n’est pas l’efficacité militaire. Le but, c’est la terreur psychologique. C’est de rappeler à l’Occident que la Russie possède un arsenal nucléaire massif et qu’elle n’hésite pas à le brandir. Les experts ukrainiens du Laboratoire de recherche militaire de l’Institut scientifique de Kiev qui ont examiné les débris du premier tir en novembre 2024 ont confirmé que le missile n’utilisait pas de technologie révolutionnaire — juste des composants éprouvés, assemblés avec une efficacité brutale.
Et là, je me pose la question : c’est quoi le plan, exactement ? Poutine tire un missile nucléaire vide pour « envoyer un message ». OK. Message reçu. On a compris que t’as des armes nucléaires. Félicitations. Maintenant quoi ? On est censés avoir peur ? Plier ? Abandonner l’Ukraine pour éviter l’escalade ? Parce que c’est exactement ce qu’il veut. Il joue sur nos nerfs. Il teste nos limites. Il regarde jusqu’où il peut aller avant qu’on réagisse vraiment. Et pendant ce temps, les Ukrainiens ramassent les morceaux de son jouet de mort dans leurs champs.
La nuit du 8 janvier : chronologie d'une attaque calculée
Quand le ciel de Lviv s’est embrasé
Tout a commencé à 23h47, heure locale. Les systèmes de détection ukrainiens ont capté le lancement depuis Kapoustine Iar, ce polygone d’essai militaire perdu dans les steppes de la région d’Astrakhan, à plus de 1 400 kilomètres à l’est de Lviv. L’alerte a été immédiate. Les sirènes ont hurlé dans toute la région. Les habitants ont couru vers les abris. Mais contre un Oreshnik, les abris ne servent à rien. Le missile a traversé l’espace aérien ukrainien en quelques minutes, sa trajectoire balistique le propulsant à des altitudes où l’air se fait rare, où les défenses antiaériennes ne peuvent pas l’atteindre.
Puis, la phase terminale. Le missile a replongé vers la Terre, sa vitesse atteignant des sommets vertigineux. Les témoins ont décrit des traînées lumineuses dans le ciel — les MIRV se séparant du corps principal, chacun filant vers sa cible programmée. Les explosions ont secoué la région. Les infrastructures civiles ont été touchées. Le SSU a immédiatement qualifié l’attaque de crime de guerre, soulignant que la Russie avait délibérément visé des installations de soutien à la vie civile en plein hiver, alors que les températures chutaient brutalement. L’objectif était clair : priver les habitants de Lviv de chauffage, d’électricité, d’eau potable. Les faire souffrir. Les briser.
La réaction russe : cynisme et mensonges
Le lendemain matin, le ministère russe de la Défense a confirmé l’utilisation de l’Oreshnik. Leur justification ? Une prétendue attaque de drones ukrainiens contre la résidence de Vladimir Poutine fin décembre 2025. Sauf que la CIA a formellement démenti cette version, affirmant que l’Ukraine n’avait jamais ciblé la résidence présidentielle russe. Peu importe. Moscou avait besoin d’un prétexte, aussi bancal soit-il, pour justifier l’injustifiable. Et puis, soyons honnêtes : depuis quand Poutine a-t-il besoin de justifications pour frapper ?
Le timing de l’attaque n’est pas anodin. Elle intervient alors que le Venezuela, allié de la Russie, fait face à une pression américaine intense. Elle survient quelques jours après l’interception d’un pétrolier russe près de l’Islande par les forces américaines. Et surtout, elle tombe en pleine période de flottement diplomatique, avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et ses promesses de « résoudre » le conflit ukrainien en 24 heures. Poutine envoie un signal : ne comptez pas sur moi pour négocier en position de faiblesse. J’ai des missiles nucléaires, et je n’ai pas peur de les utiliser — même vides.
Le cynisme me coupe le souffle. Vraiment. Ils inventent une attaque qui n’a jamais eu lieu pour justifier de tirer un missile nucléaire sur une ville ukrainienne. Et le monde regarde. On tweete. On publie des analyses. On débat de « l’escalade ». Pendant ce temps, des familles ukrainiennes passent la nuit dans des abris glacés parce que leurs infrastructures ont été pulvérisées par un missile conçu pour déclencher l’apocalypse nucléaire. Et Poutine dort tranquille dans son bunker, satisfait de son petit coup de com’.
Les fragments retrouvés : autopsie d'un monstre
Ce que les enquêteurs ont découvert
Les équipes du SSU ont travaillé toute la journée du 9 janvier pour localiser et sécuriser les débris. Ce qu’ils ont trouvé est à la fois fascinant et terrifiant. Parmi les pièces récupérées : une unité de stabilisation et de guidage — en gros, le « cerveau » du missile, le système qui calcule la trajectoire, ajuste la course, garantit la précision de l’impact. Des pièces détachées du moteur, ces composants qui propulsent l’engin à des vitesses hypersoniques. Des fragments du mécanisme d’orientation, responsable de maintenir le missile sur sa trajectoire pendant la phase de vol. Et des buses de la plateforme de séparation, ces éléments qui permettent aux MIRV de se détacher du corps principal au moment voulu.
Chaque fragment est maintenant considéré comme une preuve matérielle dans le cadre d’une enquête pour crimes de guerre. Les experts vont les analyser en profondeur, chercher des indices sur la fabrication, l’origine des composants, les capacités réelles du système. Mais au-delà de l’aspect technique, ces débris racontent une histoire. Ils prouvent que la Russie a bel et bien utilisé une arme nucléaire — certes sans charge nucléaire, mais une arme nucléaire quand même — contre un pays souverain, en violation flagrante de tous les traités internationaux. Ils prouvent que Poutine est prêt à franchir toutes les lignes rouges pour imposer sa volonté.
L’analyse technique : pas de révolution, juste de la brutalité
Les premiers examens des débris de l’Oreshnik tiré en novembre 2024 avaient révélé quelque chose d’intéressant : le missile n’utilise pas de technologie de pointe révolutionnaire. Pas de circuits ultra-modernes. Pas de matériaux exotiques. Juste des composants éprouvés, assemblés avec une efficacité redoutable. C’est une approche très russe : pourquoi innover quand on peut simplement améliorer ce qui existe déjà ? Le RS-26 Roubej, dont l’Oreshnik est probablement dérivé, date de 2008. Presque vingt ans. Mais il fonctionne. Il est fiable. Et surtout, il est impossible à intercepter avec les systèmes actuels.
Cette simplicité relative a une conséquence terrifiante : la Russie peut produire ces missiles en série. Poutine l’a d’ailleurs affirmé publiquement, clamant que de nombreux Oreshnik sont en cours de fabrication et que certains pourraient être déployés en Biélorussie, encore plus près des frontières européennes. Vrai ou bluff ? Difficile à dire. Mais le simple fait qu’il le dise suffit à créer la peur. Et c’est exactement ce qu’il cherche.
Ce qui me frappe, c’est l’efficacité brutale de tout ça. Pas besoin de technologie futuriste. Pas besoin d’intelligence artificielle ou de lasers. Juste un gros missile qui va très vite et qu’on ne peut pas arrêter. C’est presque primitif dans sa conception. Mais ça marche. Et c’est ça qui est terrifiant. On vit à une époque où on parle de drones autonomes et de guerre spatiale, et pendant ce temps, Poutine nous rappelle qu’un bon vieux missile balistique de la Guerre froide suffit largement pour foutre la trouille à tout le monde.
Lviv : pourquoi cette cible, pourquoi maintenant
Une ville symbole à la frontière de l’Europe
Lviv n’est pas n’importe quelle ville ukrainienne. C’est le cœur culturel de l’ouest du pays, un bastion historique de l’identité ukrainienne, une ville qui a toujours regardé vers l’Europe plutôt que vers Moscou. C’est aussi une ville située à moins de 100 kilomètres de la Pologne, membre de l’OTAN et de l’Union européenne. Frapper Lviv, c’est frapper aux portes de l’Occident. C’est dire : « Regardez, je peux toucher vos alliés. Je peux frapper à une heure de route de votre territoire. Et vous ne pouvez rien faire. »
Le choix de Lviv est aussi stratégique d’un point de vue logistique. La ville est un hub crucial pour l’acheminement de l’aide militaire occidentale vers le front. Des armes, des munitions, du matériel — tout transite par Lviv avant d’être distribué aux unités combattantes. En frappant les infrastructures de la région, la Russie cherche à perturber ces flux, à ralentir le soutien occidental, à compliquer la vie des forces ukrainiennes. Mais surtout, elle cherche à terroriser la population civile. Parce que c’est ça, la vraie cible : pas les installations militaires, mais les gens. Les familles. Les enfants. Ceux qui n’ont rien demandé et qui se retrouvent pris au piège d’une guerre qu’ils n’ont pas choisie.
Le timing géopolitique : un message à Trump et à l’OTAN
L’attaque du 8 janvier 2026 n’est pas un hasard. Elle intervient dans un contexte géopolitique extrêmement tendu. Donald Trump vient de reprendre ses fonctions à la Maison-Blanche, avec des promesses de mettre fin rapidement au conflit ukrainien. Mais ses déclarations floues et contradictoires ont semé le doute : va-t-il vraiment soutenir l’Ukraine, ou va-t-il chercher un accord qui sacrifierait Kiev sur l’autel de la realpolitik ? Poutine teste. Il pousse. Il regarde jusqu’où il peut aller avant que Washington réagisse.
L’attaque est aussi un message à l’OTAN. En tirant un missile nucléaire à une heure de la frontière polonaise, la Russie rappelle à l’Alliance atlantique qu’elle possède les moyens de frapper n’importe quelle capitale européenne. Varsovie, Berlin, Paris — toutes sont à portée. Et si l’OTAN continue de soutenir l’Ukraine, si elle continue de fournir des armes, de l’argent, du renseignement, alors peut-être que la prochaine fois, le missile ne sera pas vide. Peut-être que la prochaine fois, il y aura une ogive nucléaire au bout. C’est du chantage pur et simple. Et ça fonctionne, parce que personne n’a envie de tester la détermination de Poutine.
Je regarde la carte et je réalise : Lviv-Varsovie, c’est 350 kilomètres. Une heure de voiture. Moins de temps qu’il n’en faut pour aller de Paris à Lyon. Et Poutine vient de tirer un missile nucléaire là-bas. Un missile qui, s’il avait été chargé, aurait pu effacer une ville entière. Et on fait quoi ? On publie des communiqués. On « condamne fermement ». Pendant ce temps, les Polonais regardent le ciel en se demandant s’ils sont les prochains. Et moi je me demande : à quel moment on arrête de jouer à ce jeu de con ?
La réaction internationale : entre indignation et impuissance
L’Ukraine crie au crime de guerre
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, n’a pas mâché ses mots. Sur X (anciennement Twitter), il a déclaré que « cette frappe près de la frontière de l’UE et de l’OTAN constitue une menace grave pour la sécurité du continent européen et un test pour la communauté transatlantique ». Un test. Voilà le mot. Poutine teste. Il regarde si l’Occident va réagir, et comment. Et pour l’instant, la réponse est : pas grand-chose.
Le SSU a été encore plus direct, qualifiant l’attaque de crime de guerre. Utiliser un missile balistique contre des infrastructures civiles en plein hiver, alors que les températures chutent et que les populations ont besoin de chauffage et d’électricité pour survivre, c’est une violation flagrante du droit international humanitaire. Mais bon, on parle de Poutine. Un homme qui a déjà été accusé de crimes de guerre à de multiples reprises. Un homme contre qui la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt. Et qui continue tranquillement à diriger son pays, à voyager, à rencontrer d’autres dirigeants. Parce que personne n’a le courage de l’arrêter.
L’Europe condamne, mais ne fait rien
Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, a déclaré que « l’utilisation présumée par la Russie d’un missile Oreshnik constitue une escalade claire contre l’Ukraine et est destinée à servir d’avertissement à l’Europe et aux États-Unis ». Une escalade. Un avertissement. Des mots. Toujours des mots. Mais des actes ? Des sanctions supplémentaires ? Une aide militaire accrue ? Un engagement ferme à défendre l’Ukraine jusqu’au bout ? Rien. Ou presque.
Les pays européens ont publié une déclaration conjointe réaffirmant « l’inviolabilité de la souveraineté » et leur « soutien indéfectible » à l’Ukraine. Très bien. Mais concrètement, qu’est-ce que ça change ? Les Ukrainiens ont besoin de systèmes de défense antiaérienne capables d’intercepter les missiles hypersoniques. Ils ont besoin de missiles longue portée pour frapper les bases de lancement russes. Ils ont besoin de moyens pour se défendre. Pas de communiqués. Pas de « condamnations fermes ». Des armes. Du concret. De l’action.
Et là, je rage. Vraiment. Parce que c’est toujours la même histoire. La Russie frappe. L’Europe condamne. Et rien ne change. On publie des déclarations. On organise des sommets. On parle de « lignes rouges » et de « conséquences ». Mais au final, Poutine continue. Il frappe. Il tue. Il détruit. Et on le laisse faire. Parce qu’on a peur. Peur de l’escalade. Peur du nucléaire. Peur de la guerre. Alors on préfère regarder ailleurs et espérer que ça va s’arrêter tout seul. Spoiler : ça ne s’arrêtera pas.
L'Oreshnik et le spectre nucléaire
Un missile conçu pour l’apocalypse
Soyons clairs : l’Oreshnik est un missile nucléaire. Point. Il a été conçu, développé, testé pour transporter des ogives nucléaires. Sa vitesse, sa trajectoire, sa capacité à déployer des MIRV — tout est pensé pour maximiser les dégâts d’une frappe nucléaire. Le fait qu’il ait été utilisé avec des charges conventionnelles ne change rien à sa nature fondamentale. C’est comme pointer un revolver chargé sur quelqu’un et dire « t’inquiète, je vais pas tirer ». Peut-être. Mais le revolver est là. Chargé. Prêt.
Les experts militaires estiment que si l’Oreshnik avait été équipé d’ogives nucléaires lors de l’attaque sur Lviv, les conséquences auraient été cataclysmiques. Une seule ogive de 100 kilotonnes — une puissance modeste pour un missile stratégique — aurait pu raser le centre-ville, tuer des dizaines de milliers de personnes instantanément, et condamner des centaines de milliers d’autres à une mort lente par radiation. Et avec six MIRV, chacun portant plusieurs ogives, on parle d’une capacité de destruction équivalente à plusieurs bombes d’Hiroshima larguées simultanément. C’est ça, l’Oreshnik. C’est ça que Poutine vient de tirer à une heure de l’OTAN.
Le traité FNI : un cadavre diplomatique
L’utilisation de l’Oreshnik soulève une question juridique épineuse : le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signé en 1987 par les États-Unis et l’URSS, interdisait précisément ce type de missiles. Mais en 2019, Washington s’est retiré du traité, accusant Moscou de violations répétées. La Russie a nié, puis s’est retirée à son tour. Résultat : le traité est mort. Et avec lui, l’un des derniers garde-fous contre une nouvelle course aux armements nucléaires en Europe.
Aujourd’hui, rien n’empêche la Russie de déployer des Oreshnik où elle veut, quand elle veut. Poutine a d’ailleurs menacé de stationner ces missiles en Biélorussie, encore plus près des frontières de l’OTAN. Vrai ou bluff ? Peu importe. Le simple fait qu’il le dise suffit à créer la peur. Et c’est exactement ce qu’il cherche : maintenir l’Europe dans un état de tension permanente, où chacun se demande si le prochain missile sera vide ou chargé.
On a passé des décennies à construire des traités, des accords, des mécanismes de contrôle pour éviter exactement ce genre de situation. Et en quelques années, tout est parti en fumée. Le FNI ? Mort. Le Traité Ciel ouvert ? Mort. Le New START ? En soins intensifs. Et pendant ce temps, Poutine tire des missiles nucléaires sur l’Ukraine comme si c’était un exercice de routine. Et on fait quoi ? On regarde. On commente. On analyse. Pendant que le monde glisse doucement vers une nouvelle Guerre froide. Sauf que cette fois, elle risque de ne pas rester froide très longtemps.
Les implications pour l'OTAN et l'Europe
La Pologne en première ligne
Si vous êtes polonais, vous avez de quoi flipper. Vraiment. Parce que Lviv, c’est à 350 kilomètres de Varsovie. Moins d’une heure de vol pour un missile balistique. Et Poutine vient de démontrer qu’il peut frapper là-bas quand il veut, avec ce qu’il veut. La Pologne est membre de l’OTAN. En théorie, une attaque contre la Pologne déclencherait l’Article 5 — la clause de défense collective qui oblige tous les membres de l’Alliance à venir en aide au pays attaqué. En théorie. Mais est-ce que les États-Unis sont prêts à risquer une guerre nucléaire pour défendre Varsovie ? Est-ce que la France est prête à sacrifier Paris pour sauver la Pologne ? Ce sont des questions qu’on préférerait ne jamais avoir à se poser. Mais avec Poutine, on n’a plus le choix.
Le gouvernement polonais a réagi avec une inquiétude palpable. Des responsables militaires ont appelé à un renforcement massif des défenses antiaériennes, à un déploiement accru de troupes de l’OTAN sur le territoire polonais, à une révision complète de la stratégie de défense du pays. Parce qu’ils savent. Ils savent qu’ils sont les prochains sur la liste. Ils savent que si Poutine décide de franchir une ligne rouge de plus, ce sera probablement chez eux. Et ils savent que l’OTAN, malgré toutes ses promesses, hésitera peut-être avant de répondre.
L’OTAN face à son test ultime
L’attaque sur Lviv est un test pour l’OTAN. Un test de crédibilité. Un test de détermination. Poutine regarde. Il observe les réactions. Il mesure les hésitations. Et il ajuste sa stratégie en conséquence. Si l’OTAN ne réagit pas fermement maintenant, si elle se contente de communiqués et de « condamnations fermes », alors Poutine saura qu’il peut aller plus loin. Peut-être un missile sur une base militaire polonaise « par accident ». Peut-être une frappe sur un convoi d’aide humanitaire « qui transportait des armes ». Peut-être, un jour, une vraie attaque contre un pays membre de l’OTAN. Et là, ce sera trop tard pour réagir.
Le problème, c’est que l’OTAN est divisée. Certains pays, comme la Pologne, les États baltes, le Royaume-Uni, veulent une réponse ferme. D’autres, comme l’Allemagne, la France, l’Italie, préfèrent la prudence, la diplomatie, le dialogue. Et puis il y a les États-Unis, dont la position dépend désormais de l’humeur de Donald Trump — un homme qui a déjà menacé de quitter l’OTAN et qui semble plus intéressé par un accord avec Poutine que par la défense de l’Ukraine. Dans ce contexte, difficile de présenter un front uni. Et Poutine le sait. Il exploite ces divisions. Il les creuse. Il les utilise.
Je regarde l’OTAN et je vois une alliance en crise. Pas une crise ouverte, pas encore. Mais une crise latente, une fissure qui s’élargit lentement. Parce que personne ne veut vraiment affronter la question centrale : qu’est-ce qu’on fait si Poutine frappe un pays membre ? Est-ce qu’on répond ? Est-ce qu’on risque la guerre nucléaire ? Ou est-ce qu’on trouve une excuse, une porte de sortie, une raison de ne pas appliquer l’Article 5 ? Et si on ne répond pas, alors l’OTAN est morte. Finie. Parce qu’une alliance de défense qui ne défend pas, ça ne sert à rien.
L'Ukraine face à l'impossible
Comment se défendre contre l’indéfendable
Le problème avec l’Oreshnik, c’est qu’il est pratiquement impossible à intercepter. Les systèmes de défense antiaérienne ukrainiens — Patriot, IRIS-T, NASAMS — sont efficaces contre les missiles de croisière, les drones, même certains missiles balistiques. Mais contre un engin qui file à Mach 10, qui monte à des altitudes stratosphériques avant de replonger en piqué, et qui déploie des MIRV en phase terminale, ils sont impuissants. C’est comme essayer d’arrêter une météorite avec un filet à papillons.
L’Ukraine a besoin de systèmes de défense antimissile balistique de nouvelle génération. Des systèmes comme le THAAD américain ou l’Arrow 3 israélien, capables d’intercepter des missiles en phase exo-atmosphérique. Mais ces systèmes coûtent des milliards. Ils nécessitent une formation complexe. Et surtout, les États-Unis et Israël hésitent à les fournir, de peur d’une escalade avec la Russie. Résultat : l’Ukraine est laissée sans défense face à l’une des armes les plus dangereuses de l’arsenal russe. Et Poutine le sait. Il en profite.
Le moral des troupes et de la population
Au-delà de l’aspect militaire, l’utilisation de l’Oreshnik a un impact psychologique dévastateur. Les Ukrainiens savent maintenant que la Russie peut frapper n’importe où, n’importe quand, avec une arme qu’ils ne peuvent pas arrêter. Ça crée un sentiment d’impuissance, de vulnérabilité. Les gens se demandent : à quoi bon se battre si l’ennemi peut nous effacer d’un seul missile ? À quoi bon résister si l’Occident nous abandonne ?
Mais voilà le truc : les Ukrainiens ne lâchent pas. Malgré la peur. Malgré l’épuisement. Malgré les pertes. Ils continuent. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que l’alternative — la capitulation, l’occupation russe, la disparition de leur pays — est pire que tout. Alors ils ramassent les débris de l’Oreshnik. Ils les analysent. Ils cherchent des failles, des vulnérabilités, des moyens de se défendre. Et ils continuent à se battre. Parce que c’est ça ou mourir.
Je pense aux Ukrainiens qui ont passé la nuit du 8 janvier dans des abris, à écouter les explosions, à se demander si le prochain missile allait tomber sur eux. Je pense aux enquêteurs du SSU qui ont passé la journée du 9 janvier à ramasser des morceaux de métal dans des champs gelés. Je pense à tous ceux qui continuent à vivre, à travailler, à résister, malgré tout. Et je me dis : putain, quel courage. Quel courage incroyable. Parce que moi, à leur place, je ne sais pas si j’aurais la force de continuer. Mais eux, ils continuent. Jour après jour. Missile après missile. Et ça, c’est quelque chose que Poutine ne pourra jamais détruire.
Conclusion
Le monde au bord du gouffre
Les fragments de l’Oreshnik éparpillés dans les champs de Lviv ne sont pas que des morceaux de métal. Ce sont des symboles. Des avertissements. Des preuves que nous vivons à une époque où un homme — un seul homme — peut décider de tirer un missile nucléaire à une heure de l’OTAN et s’en tirer sans conséquences. Où les traités internationaux ne valent plus rien. Où les « lignes rouges » sont franchies les unes après les autres sans que personne ne réagisse vraiment.
Le SSU a récupéré ces débris. Ils vont les analyser, les étudier, chercher des moyens de se défendre. Mais au fond, tout le monde sait que la vraie question n’est pas technique. Elle est politique. Elle est morale. C’est : jusqu’où va-t-on laisser Poutine aller ? Jusqu’à quand va-t-on accepter qu’il frappe, qu’il tue, qu’il détruise, sans réagir autrement que par des mots ? Parce que les mots, ça ne sauve personne. Les communiqués, ça n’arrête pas les missiles. Et les « condamnations fermes », ça ne ramène pas les morts.
Je regarde ces photos des fragments de l’Oreshnik et je ressens un mélange de colère et de tristesse. Colère contre Poutine, évidemment. Contre sa brutalité, son cynisme, son mépris total pour la vie humaine. Mais aussi colère contre nous. Contre l’Occident. Contre notre lâcheté collective. Parce qu’on a les moyens d’arrêter ça. On a les armes. On a l’argent. On a la technologie. Ce qui nous manque, c’est le courage. Le courage de dire : ça suffit. Le courage de fournir à l’Ukraine ce dont elle a besoin pour se défendre. Le courage de tracer une vraie ligne rouge et de la faire respecter. Mais on ne le fait pas. On préfère regarder ailleurs. Publier des communiqués. Espérer que ça va s’arrêter tout seul. Et pendant ce temps, les Ukrainiens meurent. Les villes brûlent. Et Poutine rit. Il rit parce qu’il sait qu’il a gagné. Pas militairement. Pas encore. Mais psychologiquement. Il nous a brisés. Il nous a fait peur. Et maintenant, on est paralysés. Incapables de réagir. Incapables de nous défendre. Incapables de défendre ceux qui comptent sur nous. Et ça, c’est peut-être pire que tout le reste.
Sources
Sources primaires
Militarnyi – « SSU Finds Fragments of Oreshnik Ballistic Missile that Russia Fired at Lviv Region » – 9 janvier 2026
Service de sécurité d’Ukraine (SSU) – Communiqué officiel et photographies des fragments – 9 janvier 2026
Forces aériennes ukrainiennes – Données de détection et trajectoire du missile – 8-9 janvier 2026
Ministère russe de la Défense – Confirmation de l’utilisation de l’Oreshnik – 9 janvier 2026
Sources secondaires
The Washington Post – « Russia unleashes nuclear-capable missile in latest Ukraine attack » – 9 janvier 2026
CNN – « What is the Oreshnik ballistic missile fired by Russia into Ukraine? » – 9 janvier 2026
Reuters – « Russia fires hypersonic missile at target in Ukraine near NATO border » – 9 janvier 2026
The New York Times – « Russia Says It Used Nuclear-Capable Missile to Strike Western Ukraine » – 8 janvier 2026
NBC News – « Russia attacks Ukraine with new Oreshnik ballistic missile » – 9 janvier 2026
Al Jazeera – « Ukraine calls on allies to raise pressure as Russia fires Oreshnik missile » – 9 janvier 2026
Institute for the Study of War (ISW) – « Russian Offensive Campaign Assessment » – 8 janvier 2026
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