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Sept mensonges documentés en quelques mois

Si Trump est l’architecte du mensonge systémique, Tricia McLaughlin en est l’une des principales exécutantes. En tant que Secrétaire adjointe du DHS, McLaughlin a pour mission de défendre publiquement les actions de l’agence et de ses agents. Un travail difficile, certes, surtout quand ces actions incluent des arrestations massives de personnes sans casier criminel, des détentions de citoyens américains, et des homicides controversés. Mais McLaughlin a choisi une stratégie particulière pour accomplir sa mission : mentir. Encore et encore. Le site d’information Zeteo a compilé en novembre 2025 une liste de sept mensonges majeurs proférés par McLaughlin en l’espace de quelques mois. Sept fois où elle a été prise en flagrant délit de faire des déclarations fausses, facilement réfutables, souvent contredites par des preuves visuelles ou documentaires. Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, car cette liste ne couvrait que la période jusqu’en novembre 2025. Depuis, McLaughlin a continué sur sa lancée, ajoutant de nouveaux mensonges à son palmarès déjà impressionnant.

Prenons quelques exemples concrets pour bien comprendre l’ampleur du problème. En octobre 2025, une vidéo devient virale montrant un adolescent, citoyen américain, plaqué au sol par des agents de l’ICE à Chicago. McLaughlin réagit rapidement sur les réseaux sociaux, affirmant que la vidéo date de l’année précédente, qu’elle n’a pas été filmée à Chicago, et que les agents impliqués ne travaillent pas pour l’ICE. Triple mensonge. Le Chicago Tribune confirme rapidement que l’incident s’est bien produit en octobre 2025, à Hoffman Estates dans la banlieue de Chicago, et que les agents étaient bel et bien des employés de l’ICE. McLaughlin ne s’excuse pas. Elle ne corrige pas. Elle passe simplement au mensonge suivant. Le même mois, elle publie une déclaration officielle affirmant que « l’ICE n’arrête PAS et ne déporte PAS de citoyens américains ». Majuscules incluses, pour bien insister. Quelques semaines plus tard, ProPublica publie une enquête documentant plus de 170 cas de citoyens américains arrêtés et détenus par des agents de l’immigration. McLaughlin modifie alors discrètement sa déclaration pour dire que l’ICE n’arrête pas de citoyens « pour des raisons d’immigration ». Une nuance qui ne change rien au fait que sa déclaration initiale était fausse.

Ce qui me frappe le plus dans le cas de McLaughlin, c’est l’absence totale de honte. Elle ment, on lui prouve qu’elle ment, et elle continue comme si de rien n’était. Pas de démission. Pas d’excuses publiques. Pas même une tentative de justification embarrassée. Juste un passage au mensonge suivant. Et ça marche! Elle garde son poste, elle garde sa crédibilité auprès de ceux qui veulent la croire, et elle continue à façonner le récit public autour des actions du DHS. C’est fascinant et terrifiant à la fois. Fascinant parce que ça démontre à quel point notre système de responsabilité politique est brisé. Terrifiant parce que si mentir publiquement n’a plus de conséquences, alors qu’est-ce qui empêche n’importe quel responsable gouvernemental de faire pareil?

L’affaire du graphique Cato : quand les données deviennent ennemies

L’un des mensonges les plus révélateurs de McLaughlin concerne une simple visualisation de données. En novembre 2025, David Bier, chercheur au Cato Institute, publie un graphique circulaire basé sur des données officielles du DHS. Ce graphique montre que seulement 5% des personnes détenues par l’ICE ont des condamnations pour crimes violents. La majorité, environ 73%, n’ont aucune condamnation criminelle. C’est une information importante, car elle contredit directement le récit du DHS selon lequel l’agence cible principalement des criminels dangereux. McLaughlin réagit immédiatement sur X (anciennement Twitter), déclarant que le graphique de Bier est « inventé » et qu’il n’y a « aucune donnée légitime derrière ». Elle accuse essentiellement un chercheur respecté d’un think tank conservateur de fabriquer des statistiques de toutes pièces. C’est une accusation grave. Bier répond en publiant le document officiel du DHS d’où proviennent ses chiffres. Un document que McLaughlin elle-même aurait dû connaître, puisqu’il émane de son propre département.

Face à cette preuve irréfutable, McLaughlin ne répond pas. Elle ne s’excuse pas. Elle ne reconnaît pas son erreur. Elle se tait simplement et espère que l’incident sera oublié. Mais l’incident n’est pas oublié, car il révèle quelque chose de fondamental sur la manière dont le DHS opère sous Trump. Les données objectives, même celles produites par le gouvernement lui-même, sont traitées comme des ennemies quand elles contredisent le récit officiel. Peu importe que les chiffres soient exacts. Peu importe qu’ils proviennent de sources gouvernementales. S’ils ne soutiennent pas la narration selon laquelle l’ICE arrête principalement des criminels dangereux, alors ils doivent être discrédités, niés, ou ignorés. Cette approche n’est pas nouvelle dans l’histoire politique, mais elle atteint sous Trump une intensité sans précédent. Le DHS ne se contente plus de présenter les données sous un angle favorable. Il nie carrément l’existence de données qui le dérangent, même quand ces données proviennent de ses propres systèmes.

Les citoyens américains, victimes collatérales

L’un des mensonges les plus persistants et les plus dangereux de McLaughlin concerne l’arrestation et la détention de citoyens américains par l’ICE. En octobre 2025, elle affirme catégoriquement que « l’ICE ne déporte PAS de citoyens américains ». Cette déclaration est faite en réponse à des rapports croissants de citoyens arrêtés par erreur lors d’opérations d’immigration. McLaughlin présente cette affirmation comme un fait absolu, une garantie que les citoyens américains n’ont rien à craindre des raids de l’ICE. Mais cette garantie est fausse. ProPublica publie en novembre 2025 une enquête exhaustive documentant plus de 170 cas de citoyens américains arrêtés et détenus par des agents de l’immigration. Ces cas ne sont pas des anomalies statistiques ou des erreurs isolées. Ils représentent un problème systémique où les agents de l’ICE, dans leur zèle à atteindre des quotas d’arrestation, ne prennent pas le temps de vérifier correctement le statut de citoyenneté des personnes qu’ils appréhendent.

Le cas de Dulce Consuelo Diaz Morales illustre parfaitement ce problème. Arrêtée lors d’une opération d’immigration dans le Maryland, Diaz Morales passe 25 jours en détention avant que ses avocats ne parviennent à prouver qu’elle est citoyenne américaine. Vingt-cinq jours pendant lesquels une citoyenne américaine est traitée comme une immigrée en situation irrégulière, détenue dans des conditions souvent déplorables, séparée de sa famille, et privée de ses droits constitutionnels. Et ce n’est qu’un cas parmi des centaines. Face à ces révélations, McLaughlin modifie discrètement sa déclaration. Elle affirme maintenant que l’ICE n’arrête pas de citoyens américains « pour des raisons d’immigration ». C’est une distinction sans différence, car le résultat est le même : des citoyens américains sont arrêtés, détenus, et traumatisés par une agence gouvernementale qui est censée les protéger. Et pendant tout ce temps, McLaughlin continue à minimiser le problème, à nier son ampleur, et à attaquer ceux qui osent le documenter.

Imaginez-vous à la place de Dulce Consuelo Diaz Morales. Vous êtes citoyenne américaine. Vous vivez votre vie tranquillement. Et un jour, des agents fédéraux vous arrêtent, vous jettent en détention, et refusent de croire que vous êtes américaine. Pendant 25 jours, vous criez votre innocence, vous présentez vos documents, vous suppliez qu’on vérifie votre statut. Et pendant 25 jours, personne ne vous écoute. Puis, finalement, vos avocats réussissent à prouver ce que vous disiez depuis le début, et on vous relâche. Sans excuses. Sans compensation. Sans même une reconnaissance que quelque chose de terrible vous est arrivé. Et pendant tout ce temps, la porte-parole du DHS affirme publiquement que ce genre de chose n’arrive jamais. Comment peut-on faire confiance à un gouvernement qui traite ses propres citoyens de cette manière?

Sources

Sources primaires

Philip Bump, « Kristi Noem and DHS do not deserve the benefit of the doubt », MS NOW, 9 janvier 2026. Article d’analyse documentant les mensonges répétés du Département de la Sécurité intérieure et de ses responsables, incluant Tricia McLaughlin et Kristi Noem, sur une période de douze mois.

Alternet, « Trump’s DHS has ‘repeatedly been caught’ in outright lies: analysis », 9 janvier 2026. Reprise et analyse de l’article de Philip Bump, soulignant la culture du mensonge systématique au sein de l’administration Trump.

Juge Sara Ellis, Jugement du District Nord de l’Illinois, 20 novembre 2025, 233 pages. Décision judiciaire détaillant les mensonges et les incohérences dans les témoignages des représentants du DHS, concluant que leurs déclarations ne sont « tout simplement pas crédibles ».

TRAC Reports (Transactional Records Access Clearinghouse), Université Syracuse, données sur les détentions ICE, décembre 2024 à novembre 2025. Statistiques officielles montrant l’augmentation de 2500% des arrestations de personnes sans casier criminel par l’ICE.

Sources secondaires

Prem Thakker, « 7 of the Biggest Lies So Far From Trump’s Homeland Security Mouthpiece », Zeteo, 3 novembre 2025. Compilation documentée de sept mensonges majeurs proférés par Tricia McLaughlin, porte-parole du DHS.

David Bier, « 5% of People Detained By ICE Have Violent Convictions », Cato Institute, novembre 2025. Analyse des données officielles du DHS montrant que seulement 5% des détenus de l’ICE ont des condamnations pour crimes violents.

ProPublica, enquête sur les citoyens américains détenus par l’ICE, novembre 2025. Investigation documentant plus de 170 cas de citoyens américains arrêtés et détenus par des agents de l’immigration.

The New York Times, analyse vidéo de la fusillade de Renee Good, janvier 2026. Reconstitution minutieuse de l’incident montrant qu’il n’y a aucune preuve que Good ait utilisé son véhicule comme une arme.

The Washington Post, analyse de la fusillade de Minneapolis, janvier 2026. Examen détaillé des preuves vidéo contredisant les affirmations du DHS sur les circonstances de la mort de Renee Good.

PolitiFact, fact-check des déclarations de Kristi Noem sur Kilmar Abrego Garcia, août 2025. Vérification des faits démontrant que les accusations de Noem contre Garcia étaient fausses ou non prouvées.

Chicago Tribune, rapport sur l’arrestation d’un adolescent citoyen américain par l’ICE, octobre 2025. Article confirmant que les affirmations de Tricia McLaughlin sur cet incident étaient fausses.

ABC News, « DOJ drops charges against 2 people accused of ramming vehicles into federal agents », décembre 2025. Rapport sur l’abandon des charges contre Marimar Martinez et Anthony Ruiz, initialement accusés de terrorisme domestique par le DHS.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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