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De l’Oregon à Washington : une ascension rapide

Lori Chavez-DeRemer n’est pas une inconnue dans le paysage politique américain. Élue à la Chambre des représentants en 2022 pour représenter le 5ème district de l’Oregon, elle n’aura siégé qu’un seul mandat avant de perdre sa réélection en 2024. Une défaite qui aurait pu marquer la fin de sa carrière politique. Mais Trump en a décidé autrement. En novembre 2024, le président élu la choisit pour diriger le Département du Travail, une nomination qui surprend beaucoup d’observateurs. Pourquoi elle ? Certains y voient la main de Sean O’Brien, le président du syndicat des Teamsters, qui avait maintenu une neutralité stratégique lors de l’élection présidentielle. Chavez-DeRemer avait en effet voté en faveur de plusieurs législations démocrates élargissant les droits syndicaux, une position inhabituelle pour une républicaine. Les Teamsters avaient d’ailleurs salué sa confirmation comme une victoire pour le mouvement ouvrier. Une victoire qui sonne aujourd’hui comme une cruelle ironie.

Mais qui est vraiment Lori Chavez-DeRemer ? Née en 1968, mariée au Dr Shawn DeRemer, anesthésiste, mère de deux enfants, elle incarne sur le papier le rêve américain. Une femme d’origine hispanique qui gravit les échelons du pouvoir. Sauf que derrière cette façade lisse se cache une réalité bien plus trouble. Pendant sa campagne de réélection ratée en 2024, elle avait dépensé plus de 56 000 dollars en hôtels de luxe et 4 345 dollars en services de limousine. Des dépenses légales, certes, mais qui révélaient déjà un certain goût pour le faste. Une fois nommée secrétaire au Travail, ce penchant pour le luxe aux frais du contribuable semble s’être amplifié. En 2025, le département a dépensé des centaines de milliers de dollars pour financer plus de 50 voyages officiels dans 37 États. Au moins dix de ces déplacements concernaient le Nevada ou des lieux où elle a des attaches personnelles : l’Oregon, son État d’origine ; l’Arizona, où elle possède une résidence secondaire ; le Michigan, où vit sa fille.

Une nomination qui fait débat

Dès le départ, la nomination de Chavez-DeRemer suscite des interrogations. Les alliés conservateurs de Trump s’inquiètent de son passé pro-syndical. Comment une femme qui a voté pour des lois démocrates peut-elle diriger le Département du Travail d’une administration républicaine ? La réponse viendra rapidement. Une fois en poste, la secrétaire propose de réduire des dizaines de règles de santé et de sécurité qui protègent les travailleurs. Un virage à 180 degrés qui laisse les syndicats abasourdis. Les Teamsters, qui avaient célébré sa nomination, se retrouvent trahis. Le sénateur Rand Paul menace même de bloquer sa confirmation, inquiet de ses positions passées. Mais finalement, elle obtient le poste. Et avec lui, tous les privilèges qui l’accompagnent. Un appartement à Washington. Une équipe de sécurité. Un budget de déplacement quasi illimité. Des sources rapportent qu’elle aurait même plaisanté avec ses assistants en leur demandant si elle pouvait « avoir son propre avion » pour ses voyages.

Le contraste est saisissant. D’un côté, une femme qui se présente comme une défenseuse des travailleurs. De l’autre, une bureaucrate qui semble plus intéressée par les avantages de sa fonction que par sa mission. Les documents obtenus par le New York Post révèlent un schéma troublant. Des voyages officiels qui se transforment en escapades personnelles. Des discours de 30 minutes à une heure, suivis de « trucs personnels » et de « sorties pour boire le soir » aux frais du gouvernement. En novembre 2025 seulement, elle effectue cinq voyages, dont trois sont listés dans ses propres agendas comme « personnels ». Michigan, Oregon, Californie. Des destinations qui correspondent étrangement aux lieux où vivent sa famille et ses amis. La plainte déposée auprès de l’Inspecteur Général accuse son chef de cabinet et sa chef de cabinet adjointe d' »inventer » des voyages officiels pour permettre à Chavez-DeRemer de passer du temps avec ses proches. Une fraude caractérisée, si les accusations s’avèrent fondées.

Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette histoire. Chavez-DeRemer n’est pas une politicienne de carrière. Elle n’a passé qu’un mandat au Congrès. Et pourtant, elle a déjà intégré les codes de la corruption ordinaire. Comme si le pouvoir avait ce don de transformer instantanément les gens. Ou peut-être révèle-t-il simplement ce qui était déjà là, tapi dans l’ombre. Je pense aux travailleurs qu’elle est censée représenter. Ceux qui se lèvent à l’aube, qui triment toute la journée, qui rentrent épuisés le soir. Et pendant ce temps, leur secrétaire au Travail boit du champagne dans son bureau et organise des rendez-vous galants dans des hôtels de luxe. Avec leur argent. C’est d’une violence inouïe.

Sources

Sources primaires

New York Post, « Labor Secretary Lori Chavez-DeRemer under investigation for ‘inappropriate’ relationship with employee », Josh Christenson, publié le 9 janvier 2026. Raw Story, « Trump’s Labor Secretary under investigation for ‘inappropriate’ liaisons with subordinate », Matthew Chapman, publié le 9 janvier 2026. Off The Press, « Labor Secretary investigated for ‘inappropriate’ relationship, ‘travel fraud' », publié le 9 janvier 2026. Plainte déposée auprès du Bureau de l’Inspecteur Général du Département du Travail, janvier 2026.

Sources secondaires

ProPublica, rapports sur les résidences multiples des membres du cabinet Trump, publié en septembre 2025. The Nation, « Trump’s Labor Secretary Pick Turns Out to Be Super Anti-Labor », publié en 2024. National Partnership for Women and Families, rapports sur les réductions de protections des travailleurs, publiés en 2025. Oregon Capital Chronicle, articles sur la carrière politique de Lori Chavez-DeRemer, publiés entre 2024 et 2026. Wall Street Journal, articles sur Scott Pruitt et les scandales de l’EPA, publiés en 2017-2018. Teamsters Union, communiqués de presse sur la nomination de Chavez-DeRemer, publiés en 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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