L’histoire a tendance à se souvenir des souverains de deux manières : les grands et les infâmes. Pour chaque dirigeant visionnaire qui a apporté prospérité et progrès, il y en a un autre dont le règne a laissé derrière lui scandale, cruauté ou chaos pur et simple. Certains voulaient bien faire mais ont fait des choix désastreux, tandis que d’autres se sont délectés d’excès ou de pouvoir. Ces vingt souverains montrent à quel point une couronne peut facilement mener à la chute.
1. Néron – Empire romain (54-68 après J.-C.)
Néron est moins connu pour ses talents de gouvernant que pour ses extravagances et sa brutalité. Des sources antiques l’accusent d’extravagance, de persécution des chrétiens et peut-être même d’avoir regardé Rome brûler tout en jouant de la musique. Que toutes ces histoires soient vraies ou non, son nom reste synonyme d’excès impériaux.
2. Caligula – Empire romain (37-41 après J.-C.)
Très peu d’empereurs sont devenus des légendes en raison de leur folie, comme Caligula. Son règne a commencé sous les meilleurs auspices, mais a dégénéré en cruauté, en caprices bizarres et en délires de divinité, selon les rumeurs. Il a été assassiné par ses propres gardes après seulement quatre ans, signe que même la patience de Rome avait des limites.
3. Le roi Jean – Angleterre (1199-1216)
Connu comme le méchant de Robin des Bois, le roi Jean n’avait pas une bien meilleure réputation dans la vie réelle. Il a surtaxé ses barons, perdu des territoires en France et s’est disputé avec l’Église. Ses échecs l’ont contraint à signer la Magna Carta, limitant pour la première fois le pouvoir royal.
4. Reine Marie Ire – Angleterre (1553-1558)
Mary Tudor a mérité le surnom de « Bloody Mary » pour sa persécution des protestants. Déterminée à restaurer le catholicisme, elle a ordonné que des centaines de personnes soient brûlées sur le bûcher. Son règne court et turbulent a laissé des cicatrices qui ont duré pendant des générations.
5. Ivan IV « Le Terrible » – Russie (1547-1584)
Ivan IV a commencé comme un réformateur compétent, mais il a sombré dans la paranoïa et la cruauté. Il a créé l’Oprichnina, une police secrète qui terrorisait ses sujets. Ses accès de violence ont culminé avec le meurtre de son propre fils.
6. Léopold II – Belgique (1865-1909)
Léopold II a transformé l’État indépendant du Congo en son fief personnel, l’exploitant pour son caoutchouc et son ivoire. La brutalité de son régime a causé la mort de millions de personnes, victimes du travail forcé et de la famine. Si la Belgique a prospéré, ses crimes coloniaux ont entaché son héritage.
7. L'empereur Yang de Sui – Chine (604-618)
Les projets ambitieux de cet empereur, comme le Grand Canal, ont eu un coût humain immense. Ses impôts lourds et le travail forcé ont épuisé les forces de l’empire. Lorsque la rébellion s’est propagée, ses propres soldats se sont retournés contre lui, mettant fin à la dynastie Sui.
8. Marie-Antoinette – France (1774-1792)
Bien qu’elle ne soit pas seule responsable des malheurs de la France, Marie-Antoinette est devenue le symbole de l’excès royal. Ses dépenses somptuaires et son détachement de la vie quotidienne ont alimenté la colère révolutionnaire. La célèbre phrase « qu’ils mangent de la brioche » est probablement apocryphe, mais sa chute a été bien réelle.
9. Le tsar Nicolas II – Russie (1894-1917)
L’indécision et le détachement de Nicolas II vis-à-vis de son peuple ont condamné la monarchie russe. Son incapacité à gérer la guerre et les réformes a conduit à la révolution et à l’exécution tragique de sa famille. L’histoire se souvient de lui comme d’un homme dépassé par les événements dans une époque chaotique.
10. Le roi George IV – Royaume-Uni (1820-1830)
La vie de George IV fut une succession de dettes, d’excès et de scandales. Il était connu pour ses fêtes somptueuses, ses relations familiales tendues et son peu d’intérêt pour la gouvernance. Même ses propres sujets se moquaient de lui, le qualifiant de vaniteux et de frivole, laissant sa réputation en lambeaux.
11. Le roi Louis II – Bavière (1864-1886)
Ludwig II adorait l’art et la fantaisie plus que la politique. Il a dépensé des sommes colossales pour construire des châteaux de contes de fées comme Neuschwanstein, vidant ainsi le trésor de la Bavière. Bien qu’il soit aujourd’hui apprécié pour sa vision romantique, ses contemporains le considéraient comme délirant et irresponsable.
12. Charles VI « le Fou » – France (1380-1422)
Le règne de Charles VI a été marqué par la maladie mentale et le chaos. Il a souffert de crises psychotiques, croyant un jour qu’il était fait de verre. Son instabilité a affaibli la France pendant la guerre de Cent Ans, ouvrant la voie aux avancées anglaises.
13. L'empereur Commode – Empire romain (177-192 après J.-C.)
Commodus préférait les jeux de gladiateurs à la gouvernance. Il se prenait pour un Hercule vivant et a rebaptisé Rome en son honneur. Son comportement erratique et sa vanité ont conduit à son assassinat par ses proches.
14. Le roi Henri VIII – Angleterre (1509-1547)
Henri VIII est tristement célèbre pour ses six mariages et sa refonte impitoyable de la religion anglaise. Son désir d’avoir un héritier mâle l’a poussé à rompre avec Rome, à exécuter ses opposants et à dissoudre les monastères. Malgré ses réalisations, son règne reste un exemple d’obsession et de pouvoir.
15. Catherine de Médicis – France (1547-1589)
Catherine exerçait une immense influence derrière le trône, mais elle s’est forgé une sombre réputation de manipulatrice. Elle est souvent accusée, peut-être injustement, du massacre de la Saint-Barthélemy qui a coûté la vie à des milliers de protestants. Qu’elle ait été intrigante ou survivante, son nom évoque encore aujourd’hui les complots et les bains de sang.
16. Christian VII – Danemark (1766-1808)
Le comportement erratique et la maladie mentale de Christian VII ont déstabilisé sa cour. Le pouvoir réel est tombé entre les mains de son médecin, Johann Struensee, dont les réformes ont provoqué la colère des nobles. Lorsque Struensee a été exécuté, le règne de Christian a sombré dans le dysfonctionnement et le scandale.
17. L'empereur Qin Er Shi – Chine (210-207 avant notre ère)
Successeur du grand Qin Shi Huang, Qin Er Shi a hérité d’un empire et l’a rapidement mal géré. Manipulé par des conseillers corrompus, il a ignoré les souffrances du peuple et les rébellions. Son bref règne s’est terminé par l’effondrement rapide de la dynastie.
18. L'empereur Justinien II – Empire byzantin (685-695, 705-711)
La cruauté et l’ambition de Justinien II lui ont aliéné ses alliés. Après avoir été renversé et mutilé, il a étonnamment repris son trône, pour régner de manière encore plus brutale qu’auparavant. Sa deuxième chute s’est terminée par sa mort et a aggravé l’instabilité de l’empire.
19. Reine Ranavalona Ire – Madagascar (1828-1861)
Ranavalona I a farouchement défendu l’indépendance de Madagascar, mais elle l’a fait par l’isolement et la brutalité. Elle a réprimé le christianisme et exécuté de manière atroce ceux qu’elle considérait comme des traîtres. Si elle a préservé la souveraineté du pays, son règne de fer a coûté la vie à d’innombrables personnes.
20. L'empereur Élagabal – Empire romain (218-222 après J.-C.)
Élagabal a choqué Rome par son comportement scandaleux et son excentricité religieuse. Il a tenté de remplacer les dieux romains traditionnels par sa propre divinité solaire syrienne, s’aliénant ainsi le Sénat et le peuple. Ses excès ont pris fin de manière violente lorsque la garde prétorienne s’est retournée contre lui.