Sécurité nationale ou avidité ?
Trump a une explication. Toujours. « Les États-Unis ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d’Or que nous construisons. » Le Dôme d’Or. Ce bouclier antimissile que Washington érige. Cet outil de protection censé défendre le monde libre. Mais défendre le monde libre, pour Trump, ça veut dire s’approprier le territoire d’un allié. Contre son gré. Par la force si nécessaire. La Maison Blanche n’a pas exclu l’option militaire. Karoline Leavitt, la porte-parole, l’a dit clairement : « utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef ». Une option contre le Danemark. Contre un membre de l’OTAN. Contre un allié.
Lars Vintner ne croit pas un mot de l’histoire de la sécurité. « La sécurité n’est qu’un prétexte », dit-il. Il navigue. Il chasse. Il connaît ces eaux. Il n’a jamais vu de navire russe ou chinois. Jamais. « Ce qui est sorti de la bouche de Donald Trump sur tous ces navires n’est que fantaisie ». Son ami Hans Nørgaard est d’accord. La menace russe ? La menace chinoise ? Des inventions. Des histoires pour justifier l’injustifiable. Pour justifier la prise de contrôle. Pour justifier ce que les Canadiens, les Danois, les Français appellent du « chantage ». Le Premier ministre danois Mette Frederiksen a prévenu que cette crise pourrait potentiellement déclencher la fin de l’OTAN. La fin de l’alliance. Parce qu’un homme veut une île.
L’OTAN prise en otage
Et l’OTAN dans tout ça ? L’alliance censée protéger les démocraties contre l’agression ? Trump l’utilise comme arme. « L’OTAN devient beaucoup plus redoutable et efficace avec le Groenland entre les mains des États-Unis. Tout autre scénario est inacceptable. » Inacceptable que le Groenland reste groenlandais. Inacceptable que le Danemark reste danois. Inacceptable que les choses restent comme elles sont depuis des siècles. Seule l’annexion américaine est acceptable. Parce que Trump l’a décidé. Parce que Trump l’a tweeté. Parce que Trump l’a ordonné.
Les ministres des Affaires étrangères danois et groenlandais, Lars Løkke Rasmussen et Vivian Motzfeldt, se rendent à Washington aujourd’hui. Ils vont rencontrer JD Vance, le vice-président, et Marco Rubio, le secrétaire d’État. Ils vont essayer de désamorcer la bombe. De trouver une issue diplomatique. De sauver ce qui peut être sauvé. Mais Trump ne recule pas. Mercredi matin, alors que les diplomates se préparaient à partir, il repostait ses menaces. Comme un avertissement. Comme un ultimatum. Si nous ne le faisons pas, la Russie ou la Chine le feront, et cela n’arrivera pas ! Le point final. Pas de discussion. Pas de négociation. Soumission ou annexion.
Vous savez ce qui me fait le plus peur ? Ce n’est pas la menace militaire elle-même. C’est la banalité du mal. La façon dont Trump traite l’annexion d’un territoire étranger comme une transaction immobilière. Comme s’il achetait un terrain pour construire un golf. Les réactions des Européens ? « Ce chantage doit évidemment s’arrêter », dit le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. « Ce chantage ». Ce mot-là. Chantage. Entre alliés. Entre membres de l’OTAN. Comment en est-on arrivé là ? Comment l’alliance militaire la plus puissante du monde s’est-elle transformée en outil de coercition ? Et si Trump passe à l’acte, si les navires américains appareillent vers Nuuk, qui arrêtera ça ? Qui ?
Section 3 : Les visages de la résistance
Tuuta, Lars, Hans – des humains, pas des pions
Tuuta Mikaelsen a 22 ans. Elle étudie à Nuuk. Elle bénéficie de la santé gratuite danoise. De l’éducation gratuite danoise. Des paiements pendant ses études. Des avantages que les États-Unis n’offrent pas à leurs propres citoyens. Des avantages qu’elle ne veut pas perdre. « Je ne veux pas que les États-Unis nous enlèvent ça », a-t-elle dit. Simple. Direct. Humain. Elle ne parle pas de géopolitique. Elle ne parle pas de Dôme d’Or. Elle parle de sa vie. De son avenir. De ce qui lui appartient. De ce qui appartient à son peuple. À 22 ans, elle fait face à une menace qui dépasse l’entendement. Une puissance nucléaire veut s’approprier sa maison. Parce qu’elle le peut. Parce qu’elle en a envie.
Lars Vintner a des années de navigation dans les jambes. Des années de chasse dans le sang. Il connaît chaque baie, chaque fjord, chaque glacier du Groenland. Il n’a jamais vu de navire russe. Jamais vu de navire chinois. « La sécurité est juste une couverture », dit-il. Il sait. Il vit. Il comprend ce que Trump ne comprendra jamais. Ce sont des mots pour justifier l’avidité. Des mots pour masquer la soif de ressources. Des mots pour cacher l’appétit impérial. Son ami Hans Nørgaard est du même avis. Les histoires de navires ennemis ? « Ce n’est que fantaisie ». La vérité est ailleurs. Dans les minéraux critiques enfouis sous la glace. Dans les routes commerciales qui s’ouvrent avec le réchauffement climatique. Dans les terres rares nécessaires aux téléphones et aux ordinateurs. L’or. Le zinc. Le fer. Le Groenland est riche. Trump veut cette richesse. Point.
Le choix du Premier ministre groenlandais
Jens-Frederik Nielsen, le Premier ministre du Groenland, a dû faire un choix. Un choix impossible. États-Unis ou Danemark ? Washington ou Copenhague ? Mercredi, lors d’une conférence de presse à Copenhague, il a tranché. « Si nous devons choisir entre les États-Unis et le Danemark ici et maintenant, nous choisissons le Danemark. Nous choisissons l’OTAN. » Le Danemark. L’OTAN. Pas les États-Unis. Pas l’allié qui menace de l’envahir. L’allié qui respecte son autonomie. L’allié qui ne lui a jamais demandé de choisir entre son identité et sa survie.
Trump a réagi. Comme toujours. Avec mépris. « Je ne suis pas d’accord avec lui. Je ne sais pas qui il est. Je ne sais rien de lui. Mais, ça va être un gros problème pour lui. » Je ne sais pas qui il est. Le Premier ministre d’un territoire de 56 000 habitants. Un homme qui représente un peuple. Une culture. Une histoire. Trump ne sait pas qui il est. Et ça va être un gros problème pour lui. La menace est à peine voilée. La menace implicite qui plane au-dessus de chaque dirigeant qui ose dire non à Washington. Oser défier l’Empire. Oser refuser l’annexion. Ça va être un gros problème pour toi. Pour toi. Pour ton peuple. Pour ta terre.
Je ne sais pas qui il est. Je ne sais rien de lui. Ces mots me glacent le sang. Ils révèlent l’essence même de la mentalité impériale américaine. Si vous ne nous servez pas, vous n’existez pas. Si vous ne nous cédez pas ce que nous voulons, vous êtes un problème. Un problème à régler. Un obstacle à éliminer. Jens-Frederik Nielsen n’est pas un Premier ministre. Il n’est pas un chef de gouvernement élu. Il est un problème. Parce qu’il a dit non. Parce qu’il a choisi son peuple. Parce qu’il a choisi la dignité. Et Trump ? Trump a tweeté. Trump a menacé. Trump a ricané. Et le monde a regardé. Et le monde a tremblé.
Section 4 : L'Europe s'éveille, mais est-ce suffisant ?
La réunion qui pourrait tout changer
Aujourd’hui, quelque chose va se passer à la Maison Blanche. JD Vance et Marco Rubio vont rencontrer Lars Løkke Rasmussen et Vivian Motzfeldt. Les ministres des Affaires étrangères danois et groenlandais face à la vice-présidente et au secrétaire d’État américains. Une réunion de haut niveau. Une réunion critique. Une réunion qui pourrait décider du sort d’une nation entière. Mais Trump a déjà prévenu : il ne reculera pas. « Tout scénario autre que le contrôle américain du Groenland est inacceptable. » Pas de négociation. Pas de compromis. Annexion ou rien.
Le Danemark s’est préparé. Mercredi, le ministère de la Défense danois a annoncé qu’il augmentait immédiatement sa présence militaire autour du Groenland. En concertation avec les alliés de l’OTAN. Une réponse. Une démonstration de force. Un message : nous ne céderons pas. La France s’est jointe à l’effort. Jean-Noël Barrot a annoncé que la France ouvrirait un consulat à Nuuk le 6 février. Une décision prise après la visite d’Emmanuel Macron l’été dernier. Le Canada fait de même. Un consulat à Nuuk. Une présence. Une façon de dire : nous sommes là. Nous regardons. Nous n’accepterons pas l’inacceptable.
Les législateurs américains qui disent non
Même aux États-Unis, des voix s’élèvent. Au Congrès, des sénateurs des deux partis s’opposent aux plans de Trump. La sénatrice Jeanne Shaheen, démocrate du New Hampshire. La sénatrice Lisa Murkowski, républicaine de l’Alaska. Elles ont introduit une législation bipartisane qui interdirait l’utilisation des fonds des départements de la Défense ou d’État pour annexer ou prendre le contrôle du Groenland ou du territoire souverain de tout État membre de l’OTAN sans le consentement de cet allié ou l’autorisation du Conseil de l’Atlantique Nord. Une loi contre l’annexion. Contre un président américain. Contre son propre président.
Une délégation bipartisane de législateurs se rendra également à Copenhague à la fin de la semaine pour rencontrer les fonctionnaires danois et groenlandais. Angus King, sénateur indépendant du Maine, organisera la rencontre. Un message clair : tous les Américains ne soutiennent pas l’impérialisme de Trump. Tous les Américains ne voient pas le Groenland comme une pièce à prendre. Certains croient encore en l’alliance. Certains croient encore en la souveraineté. Certains croient encore en le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Mais est-ce suffisant ? Est-ce que ces voix feront reculer Trump ? Est-ce que ces lois l’arrêteront ? Ou le tweet du mercredi matin était-il la véritable déclaration de guerre ?
Fermez les yeux. Imaginez. Vous vivez à Nuuk. Vous vous réveillez ce matin. Vous lisez les nouvelles. Le président de la puissance la plus puissante du monde vient de dire que votre maison est vitale pour sa sécurité. Qu’il l’obtiendra. Que sinon, la Russie ou la Chine le feront. Que les traîneaux à chiens ne suffisent pas. Que seule l’Amérique peut. Comment vous sentiriez-vous ? En sécurité ? Protégé ? Ou terrorisé ? Violé ? Menacé ? Maintenant ouvrez les yeux. C’est la réalité de 56 000 personnes aujourd’hui. 56 000 humains qui ne demandaient rien. Qui ne voulaient rien. Qui vivent leur vie. Et qui soudainement se retrouvent au centre d’une tempête géopolitique qu’ils n’ont pas créée. Pourquoi ? Parce qu’un homme veut quelque chose.
Section 5 : La glace qui fond, les ambitions qui montent
Le paradoxe du réchauffement climatique
Le Groenland fond. La glace disparaît. Les glaciers reculent. Le climat change, transformant cette île arctique en quelque chose de nouveau. En quelque chose de plus accessible. Les routes commerciales vers l’Asie s’ouvrent. Les ressources naturelles enfouies deviennent exploitables. L’or. Le zinc. Le fer. Les terres rares. Le Groenland devient riche. Devient stratégique. Devient indispensable. Ce qui était jadis une terre isolée, froide, inaccessible devient un trésor. Un trésor que tout le monde veut.
L’ironie est cruelle. Le même réchauffement climatique qui menace l’existence du Groenland le rend désirable aux yeux des puissances étrangères. La même fonte des glaciers qui élève le niveau des océans et menace les côtes du monde entier ouvre la porte à l’exploitation minière. La même transformation climatique qui pourrait détruire la culture inuit traditionnelle attire l’avidité impériale. Trump le sait. Il le comprend. Il voit l’opportunité. Il voit les ressources. Il voit les routes commerciales. Il voit le contrôle de l’Arctique. Et il veut tout. Maintenant.
La menace qui n’est pas une menace
Mais les Groenlandais ne voient pas les navires russes. Ils ne voient pas les navires chinois. Lars Vintner navigue ces eaux depuis des années. Il chasse. Il vit. Il n’a rien vu. « Ce qui est sorti de la bouche de Donald Trump sur tous ces navires n’est que fantaisie », dit-il. Hans Nørgaard est d’accord. La menace est inventée. Exagérée. Amplifiée. Une justification. Une excuse. Un prétexte pour faire ce que Washington veut faire depuis longtemps. Prendre le contrôle. Établir la domination. Assurer l’hégémonie américaine dans l’Arctique.
Le Danemark le comprend. L’Europe le comprend. La France a parlé de « chantage ». Le Canada a parlé de menace à l’OTAN. Le Premier ministre danois a prévenu que cette crise pourrait détruire l’alliance. Tout le monde comprend que ce n’est pas une question de sécurité. C’est une question de puissance. De volonté. D’ambition. Trump veut le Groenland. Pas pour protéger les États-Unis. Pas pour défendre l’Occident. Pour étendre l’Empire. Pour ajouter un territoire à la collection américaine. Parce qu’il peut. Parce qu’il le veut. Point.
La glace fond. Les températures montent. Les ambitions montent aussi. L’humanité est en train de détruire la planète, et pendant qu’elle le fait, elle se bat pour s’approprier les morceaux qui restent. Le Groenland fond, et Trump voit une opportunité. Les glaciers disparaissent, et Washington voit une base militaire. Le climat s’effondre, et l’impérialisme prospère. C’est grotesque. C’est tragique. C’est l’histoire de l’humanité en miniature. Nous détruisons, nous prenons, nous détruisons encore. Et pendant ce temps, Tuuta Mikaelsen, 22 ans, étudiante à Nuuk, essaie juste de terminer ses études. De vivre sa vie. De ne pas perdre ce qu’elle a. Est-ce que quelqu’un se soucie d’elle ? Est-ce que quelqu’un voit son visage ? Ou ne voyons-nous que des cartes ? Des ressources ? Des opportunités stratégiques ?
Conclusion : Le silence qui parle
Un peuple qui attend
Nuuk attend. Le silence de la toundra règne. Les bateaux sont amarrés au port. Les traîneaux à chiens sont prêts. La vie continue. Mais l’ombre plane. La menace pèse. Tuuta Mikaelsen étudie. Lars Vintner navigue. Jens-Frederik Nielsen prépare la réunion de Washington. Le Danemark renforce sa présence militaire. Les États-Unis préparent leurs navires peut-être. Personne ne sait ce qui va se passer. Personne ne sait ce que Trump fera.
Mais une chose est certaine. L’insulte « Two dogsleds won’t do it! Only the USA can!!! » restera. Elle restera dans la mémoire collective du Groenland. Elle restera comme le moment où le monde a changé. Où l’alliance a craqué. Où l’OTAN a vacillé. Où un président américain a traité un peuple entier comme insignifiant. Comme deux traîneaux à chiens. Pas comme des êtres humains. Pas comme une nation. Pas comme des partenaires. Comme un obstacle. Un problème. Une chose à éliminer.
Tuuta Mikaelsen a 22 ans. Elle étudie à Nuuk. Elle veut terminer ses études. Elle veut vivre sa vie. Elle ne veut pas perdre ce que le Danemark lui donne. Elle ne veut pas devenir Américaine. Elle ne veut pas que son pays soit annexé. Elle ne veut pas que ses terres soient prises. Elle veut juste être. Exister. Continuer. Est-ce que c’est trop demander ? Est-ce que c’est inacceptable ? Trump pense que oui. Trump pense que le Groenland est vital pour la sécurité américaine. Que le Dôme d’Or le nécessite. Que seule l’Amérique peut protéger cette terre. Mais qui protégera Tuuta ? Qui protégera Lars ? Qui protégera Hans ? Qui protégera les 56 000 habitants du Groenland contre la puissance qui veut les « protéger » ? Et quand l’Empire viendra chercher ce qui lui appartient – parce qu’il a décidé que ça lui appartient – qui dira non ? Qui aura le courage de dire : non. Vous ne pouvez pas. Ce n’est pas à vous. Ce n’est pas à vendre. Ce sont des vies. Des humains. Des gens. Pas des ressources. Pas des territoires. Des gens. Et aujourd’hui, je me demande : si Trump peut faire ça au Groenland, quelle est la prochaine cible ? Qui est le prochain ? Qui sera le prochain problème à régler ? Le prochain obstacle à éliminer ? Le prochain peuple réduit à des traîneaux à chiens ?
Sources
Sources primaires
TVA Nouvelles, « Les États-Unis ont un besoin «vital» du Groenland, dit Donald Trump », 14 janvier 2026
Reuters, « Trump again urges US control of Greenland ahead of US meeting », 14 janvier 2026
CBC News, « Denmark, Greenland bring united front to White House as Trump says NATO needs U.S. to control island », 14 janvier 2026
Sources secondaires
Associated Press, citations de Tuuta Mikaelsen, Lars Vintner et Hans Nørgaard, 14 janvier 2026
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