Les chiffres de l’horreur
Les bilans varient selon les sources, mais tous convergent vers une conclusion terrifiante : l’Iran vit la répression la plus sanglante de son histoire contemporaine. L’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, a confirmé la mort d’au moins 734 manifestants, tout en avertissant que le nombre réel pourrait s’élever à plusieurs milliers. L’organisation HRANA rapporte 2 403 protestataires tués, dont 12 enfants. Parmi les victimes, on compte également 9 civils qui ne participaient même pas aux manifestations. Ils étaient là. Au mauvais endroit, au mauvais moment. Une balle perdue. Un coup de matraque qui va trop loin. Une vie qui s’arrête sans raison.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré sur RTL : « Nous soupçonnons la répression la plus violente dans l’histoire contemporaine de l’Iran et elle doit impérativement cesser. » Des vidéos, authentifiées par l’AFP, montrent des dizaines de corps alignés dans la mosquée et le Centre médico-légal de Kahrizak, au sud de Téhéran. Des familles en deuil marchent entre les rangées, soulèvent les draps, cherchent leurs disparus. Certaines trouvent. D’autres repartent en continuant de chercher. L’horreur à l’état pur. La douleur qui ne trouve pas de mots. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Volker Turk, s’est dit « horrifié » par la violence croissante. Mais les mots « horrifié », « choqué », « préoccupé » ne changent rien. Ils ne ressuscitent personne.
Imaginez une seconde. Vous êtes dans cette morgue. Vous cherchez votre fils, votre fille, votre frère, votre sœur. Vous marchez entre les corps. Vous soulevez les draps un par un. Chaque fois, le cœur qui bat plus vite. L’espoir fou que ce ne soit pas lui, pas elle. Et puis vous le trouvez. Et tout s’effondre. Le monde bascule. Plus rien n’a de sens. Votre enfant est là, dans un sac noir, sur le sol froid d’une morgue. Il était vivant hier. Il criait « liberté » dans les rues. Et maintenant, il est un numéro dans les statistiques. L’un des 3 428. Comment on continue après ça ? Comment on respire ?
Internet coupé : le massacre invisible
Depuis le jeudi 9 janvier, l’Iran a coupé internet et les communications dans tout le pays. Les 86 millions d’habitants sont privés d’emails, de SMS, d’applications étrangères. Les appels téléphoniques sont aléatoires, quand ils passent. Cette coupure totale sert un objectif clair : rendre le massacre invisible. Si personne ne peut filmer, personne ne peut témoigner. Si personne ne peut partager, le monde ne saura pas. L’ONG NetBlocks, qui surveille la cybersécurité, a confirmé que l’accès à internet demeurait bloqué. Pourtant, quelques vidéos ont filtré, probablement via des connexions satellitaires. Ces images montrent des milliers de personnes manifestant la nuit dans les rues de Téhéran. Elles montrent aussi la violence de la répression : gaz lacrymogènes, coups de matraque, tirs à balles réelles.
Cette mise sous cloche numérique rappelle les pires heures des dictatures du XXe siècle, quand les régimes totalitaires pouvaient massacrer leur population à l’abri des regards. Mais en 2026, couper internet ne suffit plus complètement. Des images passent quand même. Des témoignages se faufilent. Mardi 14 janvier, pour la première fois depuis plusieurs jours, certains Iraniens ont pu appeler à l’étranger. Ils ont raconté leur nouvelle réalité : la terreur dans les rues, les arrestations massives, les disparitions. Skylar Thompson, de l’agence HRANA, a déclaré à l’Associated Press : « Nous sommes horrifiés, mais nous pensons que ce chiffre est encore sous-estimé. » Le bilan officiel de 3 428 morts pourrait n’être que la partie visible d’un massacre encore plus massif.
Vous savez ce qui me terrifie le plus dans cette coupure d’internet ? C’est l’isolement total. Les Iraniens meurent seuls. Leurs cris ne sortent pas du pays. Leurs dernières images ne sont pas partagées. Le monde continue de tourner sans savoir exactement ce qui se passe. Et Trump annonce que « les tueries ont pris fin » alors que personne ne peut même plus compter les morts en temps réel. C’est le massacre du XXIe siècle : numérique, invisible, dénié. Les corps tombent dans le silence d’un pays coupé du monde. Et nous, on lit les statistiques en sirotant notre café. Combien de vies faudra-t-il encore avant qu’on arrête de regarder ailleurs ?
Les promesses creuses de Washington
« L’aide est en route » : quelle aide ?
Mardi 14 janvier, Trump avait posté sur Truth Social : « Patriotes iraniens, continuez à protester — prenez le contrôle de vos institutions. Gardez les noms des tueurs et des bourreaux. Ils paieront un lourd prix. J’ai annulé toutes les réunions avec les officiels iraniens jusqu’à ce que les tueries insensées de manifestants s’arrêtent. L’aide est en route. » Des mots puissants. Des promesses qui résonnent. Les manifestants iraniens ont lu ce message. Certains y ont cru. Certains sont sortis dans les rues en pensant que les États-Unis allaient agir. Que Trump allait tenir parole. Interrogé par un journaliste sur la nature de cette « aide », Trump a répondu : « Vous devrez le découvrir par vous-même, désolé. » Évasif. Ambigu. Vide.
Depuis le début de cette crise, Trump multiplie les déclarations contradictoires. Dimanche, il affirmait que l’Iran était « en train de franchir la ligne » et que lui et son équipe de sécurité nationale envisageaient des « options très fortes ». Lundi, il annonçait des tarifs douaniers de 25 % sur les pays commerçant avec l’Iran, une mesure qui n’a jamais été détaillée. Mardi, il promettait que « l’aide était en route ». Mercredi, il déclarait que « les tueries ont pris fin ». Jeudi, il dira probablement autre chose. Cette valse d’annonces sans suivi crée une confusion dangereuse. Les manifestants iraniens ne savent plus à quoi s’attendre. Les alliés américains non plus. Et le régime iranien, lui, continue de tuer en toute impunité.
J’ai mal pour ces Iraniens qui ont cru Trump. Qui ont lu « l’aide est en route » et qui sont sortis manifester en pensant que cette fois, ça allait être différent. Que cette fois, l’Occident n’allait pas les abandonner. Combien sont morts en croyant à cette promesse ? Combien de jeunes de 20 ans ont bravé les balles parce qu’ils pensaient que Trump allait agir ? Et maintenant, Trump dit que les tueries ont pris fin, qu’il observe, qu’il verra. Les promesses creuses tuent autant que les balles. Parce qu’elles donnent de l’espoir. Et cet espoir pousse les gens à prendre des risques. Et ces risques les tuent. Trump porte une part de responsabilité dans ces morts. Pas directement. Mais ses mots ont des conséquences.
L’évacuation discrète de la base d’Al-Udeid
Pendant que Trump multiplie les déclarations ambiguës, les États-Unis ont commencé à évacuer des centaines de soldats de la base d’Al-Udeid au Qatar, la plus importante installation militaire américaine au Moyen-Orient. Les troupes sont déplacées vers d’autres installations et hôtels de la région, officiellement pour les mettre à l’abri en cas de représailles iraniennes. Le gouvernement qatari a confirmé le retrait d’une partie du personnel « en réponse aux tensions régionales actuelles ». Ce mouvement envoie un message contradictoire : d’un côté, Trump menace l’Iran d’une intervention militaire ; de l’autre, il retire ses troupes de la principale base qui servirait justement à mener cette intervention.
L’Iran a immédiatement réagi. Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême Ali Khamenei, a rappelé sur X que l’Iran avait déjà frappé cette base en juin dernier lors d’une attaque inédite. « Donald Trump devrait se souvenir de l’attaque contre la base d’Al-Udeid, qui a prouvé la volonté et la capacité de l’Iran à riposter à toute attaque », a-t-il écrit. Le message est clair : si les États-Unis frappent, l’Iran frappera en retour. Et il frappera fort. Cette menace n’est pas vaine. L’Iran a déjà démontré sa capacité à atteindre les installations américaines dans la région. Le risque d’escalade est réel. Mais Trump, lui, continue de jouer avec le feu en maintenant l’ambiguïté sur ses intentions réelles.
Que faut-il penser de cette évacuation ? Que Trump se prépare réellement à frapper et protège ses troupes ? Ou qu’il recule discrètement tout en continuant à fanfaronner publiquement ? Personnellement, je penche pour la deuxième option. Trump aime les déclarations fortes, les menaces spectaculaires, les promesses grandioses. Mais quand vient le moment d’agir, il hésite. Il temporise. Il « observe ». Et pendant qu’il observe, les Iraniens meurent. Les familles pleurent. Les corps s’empilent. L’évacuation d’Al-Udeid ressemble à une retraite déguisée. À un désengagement qu’on ne veut pas assumer publiquement. C’est lâche. C’est hypocrite. Et c’est tragique pour ceux qui ont cru aux promesses américaines.
Le régime iranien resserre l'étau
Procès rapides et exécutions annoncées
Le chef du pouvoir judiciaire en Iran, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a promis des procès « rapides » et « publics » pour les suspects arrêtés lors des manifestations. Lors d’une visite dans une prison de Téhéran où sont détenus des manifestants, il a déclaré : « Si quelqu’un a mis le feu à une personne, l’a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement. » Des mots qui glacent le sang. Des accusations extrêmes, probablement inventées ou exagérées, pour justifier la peine de mort. Les autorités iraniennes qualifient les manifestations d’« émeutes » orchestrées par les États-Unis et Israël. Elles parlent de « terroristes urbains » et de « criminels ». Elles promettent des châtiments exemplaires.
Erfan Soltani, 26 ans, devait être le premier exécuté mercredi 14 janvier. Son nom était devenu un symbole. Les ONG de défense des droits humains avaient multiplié les appels pour sauver sa vie. Trump lui-même avait averti qu’il agirait « de manière très forte » si des exécutions avaient lieu. Finalement, l’exécution a été reportée. Trump a déclaré avoir été informé par « une source fiable » qu’il n’y avait « pas de projet d’exécution ». Mais l’organisation Hengaw, basée en Norvège, a averti qu’il existait toujours « des inquiétudes sérieuses et persistantes » concernant la vie d’Erfan Soltani. Le sursis pourrait n’être que temporaire. Une fois les projecteurs éteints, une fois Trump passé à autre chose, l’exécution pourrait avoir lieu dans le silence.
Erfan Soltani. Vingt-six ans. Il avait toute sa vie devant lui. Il est sorti manifester pour la liberté, pour un Iran meilleur. Et maintenant, il attend dans une cellule en sachant qu’il pourrait être pendu à tout moment. Son crime ? Avoir osé rêver d’un pays différent. Avoir osé crier dans les rues. Avoir osé exister. Et Trump dit qu’il a été informé qu’il n’y aurait pas d’exécution, comme si cette information suffisait à le rassurer, à nous rassurer. Mais Erfan Soltani dort toujours dans une cellule. Son avenir tient toujours à un fil. Et des milliers d’autres comme lui sont arrêtés, torturés, menacés. Combien vont mourir dans le silence une fois que le monde aura détourné le regard ?
Les arrestations massives et les confessions forcées
Selon l’ONG HRANA, plus de 18 434 personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations. D’autres sources évoquent plus de 10 000 arrestations. Ces chiffres varient, mais tous pointent vers une répression d’une ampleur terrifiante. Les forces de sécurité iraniennes ratissent les quartiers, fouillent les maisons, arrêtent quiconque est soupçonné d’avoir participé aux manifestations. Les prisons débordent. Les conditions de détention sont atroces. HRANA rapporte également 97 cas de confessions forcées. Des manifestants torturés jusqu’à ce qu’ils avouent des crimes qu’ils n’ont pas commis. Des vidéos diffusées à la télévision d’État montrant des « terroristes » repentis qui reconnaissent avoir été manipulés par l’étranger.
L’organisation recense aussi 1 134 blessés graves, dont plusieurs centaines de blessures aux yeux. Les forces de sécurité visent délibérément les yeux des manifestants avec des balles en caoutchouc et des tirs de chevrotine. « Ils veulent qu’ils deviennent aveugles », témoigne un médecin iranien cité par la presse française. Aveugler les manifestants pour les empêcher de revenir dans les rues. Pour les marquer à vie. Pour terroriser ceux qui penseraient à les rejoindre. C’est une tactique de terreur systématique. Une violence calculée. Une cruauté institutionnalisée. Et pendant ce temps, les hôpitaux iraniens sont débordés. Les réserves de sang diminuent. Le Centre pour les droits humains en Iran, basé à New York, alerte sur une situation sanitaire catastrophique.
Dix-huit mille quatre cent trente-quatre arrestations. Quatre-vingt-dix-sept confessions forcées. Mille cent trente-quatre blessés graves. Ces chiffres me donnent le vertige. Parce que derrière chaque nombre, il y a un humain. Un étudiant de 20 ans arrêté chez lui à 3 heures du matin. Une femme de 35 ans torturée jusqu’à ce qu’elle avoue n’importe quoi. Un adolescent de 17 ans qui ne verra plus jamais de l’œil droit. Des vies brisées. Des destins détruits. Et tout ça pour quoi ? Pour avoir osé réclamer la liberté. Pour avoir osé dire non. Pour avoir osé exister autrement que comme des sujets soumis. L’Iran est devenu une prison à ciel ouvert. Et le monde regarde. Et Trump dit que les tueries ont pris fin.
La communauté internationale impuissante
Convocations d’ambassadeurs et sanctions symboliques
Face à l’ampleur du massacre, plusieurs pays européens ont convoqué l’ambassadeur iranien pour exprimer leur « condamnation ». La France a convoqué le représentant iranien à Paris pour dénoncer la « violence d’État qui s’est abattue aveuglément sur les manifestants pacifiques ». L’Espagne a fait de même, exprimant son « ferme rejet et condamnation » de la répression. Les Pays-Bas, la Finlande, le Portugal, la Belgique et l’Allemagne ont suivi. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis que de nouvelles sanctions contre Téhéran seraient « rapidement » proposées. Des mots. Des promesses. Des gestes diplomatiques qui ne changent rien sur le terrain.
L’Espagne est allée plus loin en appelant ses ressortissants à quitter l’Iran immédiatement. Le Royaume-Uni a annoncé avoir « fermé temporairement » son ambassade à Téhéran. Les États-Unis avaient déjà fait de même mardi, conseillant à leurs citoyens de se rendre en Turquie ou en Arménie par voie terrestre. Ces évacuations traduisent la crainte d’une escalade. Mais elles traduisent aussi l’impuissance de la communauté internationale. Convoquer un ambassadeur, c’est bien. Promettre des sanctions, c’est mieux. Mais ça ne sauve aucune vie. Ça n’arrête aucune balle. Ça ne ressuscite aucun manifestant. Les Iraniens meurent pendant que les diplomates se réunissent en comité pour rédiger des communiqués de presse.
Vous voulez savoir ce que ça fait, ces convocations d’ambassadeurs ? Rien. Absolument rien. L’ambassadeur iranien entre dans le bureau du ministre, écoute poliment les reproches, ressort, fait son rapport à Téhéran, et la vie continue. La répression continue. Les arrestations continuent. Les morts s’empilent. Pendant ce temps, les chancelleries européennes se félicitent d’avoir « exprimé leur ferme condamnation ». Bravo. Formidable. Pendant que vous rédigiez votre communiqué, combien d’Iraniens sont morts ? Pendant que vous prononciez votre discours indigné, combien de familles ont découvert le corps de leur enfant dans une morgue ? L’indignation sans action, c’est de la complicité déguisée.
L’ONU horrifiée mais paralysée
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Volker Turk, s’est déclaré « horrifié » par la violence croissante. Il a exhorté les autorités iraniennes à « mettre immédiatement fin à toutes les formes de violences et de répression à l’encontre des manifestants pacifiques et à rétablir l’accès complet à internet ». Il a demandé des « investigations conformes aux normes internationales » et des « poursuites contre les responsables ». Des demandes légitimes. Des appels nécessaires. Mais qui n’ont aucune chance d’être entendus. L’Iran se moque de l’ONU. Téhéran sait que le Conseil de sécurité est paralysé par les vetos de la Russie et de la Chine. Que les résolutions resteront lettre morte. Que les menaces seront vides.
Le pape François a également exprimé ses préoccupations depuis le Vatican : « Mes pensées se tournent vers ce qui se passe ces jours-ci au Moyen-Orient, en particulier en Iran et en Syrie, où des tensions persistantes causent la mort de nombreuses personnes. J’espère et je prie pour la patiente construction du dialogue et de la paix. » Des prières. De l’espoir. Des pensées. Mais pas d’action concrète. Le monde entier regarde l’Iran brûler. Le monde entier condamne, déplore, s’horrifie. Mais personne n’agit. Personne ne fait rien qui puisse réellement changer la donne. Les Iraniens sont seuls. Désespérément seuls. Face à un régime qui n’a plus rien à perdre. Face à une communauté internationale qui a peur d’intervenir.
L’ONU horrifiée. Le pape qui prie. Les ministres européens qui s’indignent. Trump qui observe. Et pendant ce temps, les Iraniens meurent. Seuls. Abandonnés. Trahis par un monde qui parle beaucoup mais n’agit jamais. Je pense à ces manifestants dans les rues de Téhéran qui entendent toutes ces déclarations et qui se demandent : « C’est tout ? C’est vraiment tout ce que vous allez faire ? » L’horreur, c’est pas seulement la violence du régime iranien. C’est aussi l’indifférence calculée de ceux qui pourraient agir mais choisissent de ne rien faire. Combien de morts faudra-t-il encore avant qu’une action réelle soit prise ? Dix mille ? Vingt mille ? Cinquante mille ? À quel moment l’horreur devient-elle assez horrible pour qu’on cesse de se contenter de mots ?
Le peuple iranien face à son destin
Une révolte sans précédent
Ce qui se passe en Iran depuis fin décembre 2025 est sans précédent dans l’histoire récente du pays. Les manifestations ont commencé au bazar de Téhéran, déclenchées par la colère face à la vie chère, à l’inflation galopante, aux pénuries. Mais très vite, le mouvement a pris un tournant politique. Les slogans ont changé. « Ni Gaza, ni le Liban, que ma vie soit sacrifiée pour l’Iran » scandent les manifestants, rejetant la politique étrangère du régime qui dépense des milliards pour soutenir le Hezbollah et le Hamas pendant que les Iraniens peinent à se nourrir. « N’ayons pas peur, nous sommes tous ensemble ! » crient-ils, bravant la répression. « Cette année sera celle du sang, Khamenei sera renversé ! » hurlent-ils, appelant directement à la chute du guide suprême.
Les manifestations se sont étendues aux 31 provinces iraniennes. Plus de 500 villes ont connu des rassemblements. Les universités ont rejoint le mouvement. Les commerçants aussi. Les femmes, les jeunes, les ouvriers, les intellectuels — toutes les couches de la société iranienne se sont soulevées. C’est la plus grande révolte que l’Iran ait connue depuis la Révolution de 1979. Mais c’est aussi la répression la plus sanglante. Le régime, sentant le sol se dérober sous ses pieds, a réagi avec une violence inouïe. Parce qu’il sait que cette fois, c’est différent. Que cette fois, le peuple ne recule pas. Que cette fois, il joue son existence même.
Imaginez le courage qu’il faut pour sortir manifester en Iran aujourd’hui. Vous savez que vous risquez votre vie. Vous savez que les forces de sécurité tirent à balles réelles. Vous savez que vous pouvez être arrêté, torturé, exécuté. Et pourtant, vous sortez quand même. Parce que l’espoir d’un Iran libre vaut plus que la peur de mourir. Parce que vivre à genoux n’est pas vivre. Parce qu’il arrive un moment où il faut choisir : continuer à subir ou risquer tout pour la liberté. Les Iraniens ont fait ce choix. Ils paient ce choix de leur sang. Et le monde les regarde en murmurant des condamnations timides. Ça me brise le cœur.
Khamenei face à son crépuscule
Le guide suprême Ali Khamenei a 86 ans. Il règne sur l’Iran depuis 1979, soit depuis 46 ans. Toute une vie passée à maintenir le régime des mollahs, à écraser les dissidences, à défendre la révolution islamique. Mais aujourd’hui, son pouvoir vacille. Les manifestants ne se contentent plus de critiquer le gouvernement — ils remettent en cause le système entier. Ils appellent à la chute de Khamenei lui-même. « Mort au dictateur » scandent-ils. « Mort à Khamenei » crient-ils, bravant l’un des tabous les plus sacrés de la République islamique. Des analystes évoquent une « succession dramatique » en cours, une lutte de pouvoir au sommet de l’État qui se superpose à la révolte populaire. L’Iran est à un tournant historique.
Des manifestations de soutien au régime ont été organisées dans plusieurs grandes villes. La télévision d’État a diffusé des images de foules brandissant des drapeaux iraniens et des portraits de Khamenei à Revolution Square à Téhéran. Le pouvoir a qualifié ces rassemblements de « soulèvement iranien contre le terrorisme américano-sioniste ». Le président Massoud Pezeshkian a appelé à une « marche de résistance nationale » pour dénoncer les violences commises par les « terroristes urbains ». Mais ces contre-manifestations sonnent creux. Elles sentent l’organisation forcée, la mobilisation par la peur. Face aux centaines de milliers d’Iraniens qui risquent leur vie pour la liberté, les quelques milliers de partisans du régime paraissent bien pâles.
Khamenei a 86 ans. Il a construit toute sa vie sur ce système. Il a tout sacrifié pour le préserver. Et maintenant, il le voit s’effondrer. Je me demande ce qu’il ressent. Est-ce qu’il a peur ? Est-ce qu’il regrette quelque chose ? Est-ce qu’il réalise que l’histoire le jugera comme un tyran sanguinaire ? Ou est-ce qu’il est tellement enfermé dans sa propre idéologie qu’il est incapable de voir la réalité ? Probablement la deuxième option. Les dictateurs vieillissants ne changent jamais. Ils s’accrochent au pouvoir jusqu’au bout. Jusqu’à ce qu’on les en arrache. Khamenei ne partira pas de lui-même. Il faudra que le peuple iranien le renverse. Et ce renversement coûtera encore beaucoup de sang.
Conclusion : le prix du silence
Trois mille quatre cent vingt-huit vies sacrifiées
Trois mille quatre cent vingt-huit. Ce chiffre va continuer de monter. Chaque jour. Chaque heure. Pendant que vous lisez cet article, quelqu’un meurt peut-être dans les rues de Téhéran. Pendant que Trump dit que « les tueries ont pris fin », une mère iranienne cherche peut-être son fils dans une morgue. Pendant que l’ONU rédige ses communiqués horrifiés, un adolescent perd peut-être la vue sous un tir de chevrotine. Le massacre continue. La répression s’intensifie. Le régime resserre l’étau. Et le monde regarde. Impuissant. Ou plutôt, refusant d’utiliser sa puissance. Parce que l’impuissance n’est qu’une excuse. Les États-Unis pourraient agir. L’Europe pourrait agir. L’ONU pourrait agir. Mais personne ne veut payer le prix d’une intervention.
Alors les Iraniens paient ce prix à notre place. De leur sang. De leurs vies. De leurs rêves brisés. Erfan Soltani, 26 ans, attend toujours dans sa cellule, ne sachant pas s’il verra un autre jour. Les familles de Kahrizak continuent de chercher leurs disparus entre les rangées de corps. Les manifestants continuent de sortir dans les rues malgré tout, parce qu’ils n’ont plus le choix. Parce que reculer maintenant signifierait accepter une vie de soumission éternelle. Parce que certaines causes valent la peine de mourir. La liberté en est une. Et pendant ce temps, Trump, depuis son bureau à Washington, « observe » et « verra quelle est la suite ». L’histoire jugera cette lâcheté. L’histoire se souviendra de ceux qui ont parlé sans agir, promis sans tenir, regardé sans intervenir.
Trois mille quatre cent vingt-huit. Je veux que vous vous arrêtiez sur ce nombre. Que vous ne le survoliez pas comme une statistique. Ce sont trois mille quatre cent vingt-huit personnes qui ne verront plus jamais le soleil se lever. Qui ne riront plus jamais avec leurs amis. Qui ne tiendront plus jamais leurs enfants dans leurs bras. Trois mille quatre cent vingt-huit vies pleines de promesses, de rêves, d’espoirs — éteintes. Et Trump dit que les tueries ont pris fin. Comme si les mots pouvaient effacer le sang. Comme si une déclaration depuis la Maison-Blanche pouvait ressusciter les morts. Combien de mensonges sommes-nous prêts à accepter ? Combien de promesses creuses avant qu’on arrête de croire ? Combien de corps dans des sacs noirs avant qu’on dise : assez ? Quelque part en Iran, une mère pleure son fils. Elle ne sait pas que Trump a dit que les tueries ont pris fin. Elle sait juste que son enfant ne reviendra jamais. Et ça, aucun mensonge présidentiel ne peut le changer.
Sources
Sources primaires
RTS – Téhéran affirme avoir le contrôle total de la situation, Donald Trump assure que les tueries ont pris fin (14 janvier 2026)
Orange Actualités – Révolte en Iran : Les tueries prennent fin, affirme Donald Trump (14 janvier 2026)
La Presse – Soulèvement en Iran : Donald Trump assure que les tueries ont pris fin (14 janvier 2026)
CNN Politics – Analysis: The questions Trump must ask before striking Iran (14 janvier 2026)
NBC News – Trump warns Iran against protest executions as death toll jumps (14 janvier 2026)
Sources secondaires
CNews – Manifestations en Iran : la répression aurait fait plus de 10 000 morts selon la presse américaine (14 janvier 2026)
ABC News – Iran protests: Trump suggests Americans should leave; over 2400 killed (13 janvier 2026)
Euronews – Keep protesting, help is on the way, Trump tells Iranians as death toll surpasses 2000 (13 janvier 2026)
France 24 – Iran : le bilan de la répression s’alourdit, le pouvoir appelle à des contre-manifestations (11 janvier 2026)
Le Devoir – Le bilan des morts bondit en Iran, Trump donne son appui aux manifestants (13 janvier 2026)
20 Minutes – Au moins 3428 personnes tuées depuis le début de la contestation (14 janvier 2026)
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