Le passé colonial qui hante encore
Si Trump croit que le Groenland accueillera une domination américaine avec les bras ouverts, il se trompe lourdement. Le peuple groenlandais porte dans sa mémoire les cicatrices d’un autre domination. Celle du Danemark. En septembre 2023, la première ministre danoise Mette Frederiksen a présenté des excuses officielles. Pour quoi ? Pour une campagne de contrôle démographique qui a duré trois décennies, de 1960 à 1991. Pendant ces années, des médecins danois ont inséré des stérilets à des milliers de femmes et de filles inuit, certaines âgées de seulement 12 ans. Sans leur consentement. Souvent sans même qu’elles sachent ce qu’on leur faisait. Imaginez une fillette de 12 ans, qui ne comprend pas la langue de ceux qui l’examinent, qui ne sait pas pourquoi on lui fait mal, qui rentre chez elle changée pour toujours sans comprendre pourquoi. Ces femmes, aujourd’hui des aïeules, se souviennent encore.
Il y a quelques années, le Danemark a aussi présenté des excuses pour avoir arraché près de deux douzaines d’enfants à leurs familles dans les années 1950. Le but ? Les « rééduquer » à Copenhague, les rendre plus danois, moins inuit. Les enfants ont grandi en se demandant qui ils étaient vraiment. Certains ne reverront jamais leurs parents biologiques. Aujourd’hui, quand les sondages montrent qu’une majorité de Groenlandais soutiennent l’indépendance, on comprend pourquoi. Ils ne veulent pas de Copenhague. Mais ils ne veulent pas davantage de Washington. Ce qu’ils veulent, c’est de décider eux-mêmes de leur avenir. Une idée simple, apparemment incompréhensible pour ceux qui voient le monde à travers le prisme de la puissance brute.
Une autonomie encore fragile
Le Groenland a acquis son autonomie interne en 1979, puis son autogouvernement en 2009. Sur le papier, Copenhague ne gère plus que la défense et la politique étrangère. Le reste appartient à Nuuk. Mais l’autonomie ne signifie pas l’indépendance économique. L’île dépend encore massivement des subventions danoises, de l’aide au développement, des transferts budgétaires. Cette dépendance crée une tension permanente : comment devenir vraiment libre quand on a besoin de l’argent de son maître ? C’est le dilemme du Groenland. Et maintenant, dans ce contexte déjà fragile, Trump arrive avec sa proposition : lâchez Copenhague, prenez Washington. Le problème, c’est que Washington n’offre pas la liberté. Il offre un autre maître.
Ça me révolte, cette façon de traiter les peuples comme des objets qu’on peut échanger. « Tu ne veux plus de nous ? Pas grave, prenez-les, eux ils vous veulent bien. » C’est comme si on disait à une femme maltraitée par son père : « Ne t’inquiète pas, voici un mari qui te prendra en charge. » Ce n’est pas de la liberté, c’est de la servitude déguisée. Les Groenlandais ne cherchent pas un nouveau propriétaire. Ils cherchent à être enfin propriétaires d’eux-mêmes. Est-ce que c’est vraiment si difficile à comprendre ? Apparemment, oui.
Section 3 : L'Arctique stratégique, trésor convoité
Le grand jeu des puissances
Pourquoi Trump veut-il le Groenland ? La réponse tient en deux mots : sécurité nationale. Vance, son vice-président, l’a dit clairement lors d’une récente interview : l’infrastructure de défense antimissile dépend partiellement du Groenland. Si, Dieu nous en préserve, un missile nucléaire était lancé contre l’Amérique ou l’Europe, le Groenland serait une pièce critique du système de défense. Le problème, selon l’administration Trump, c’est que le Danemark n’est pas capable de défendre l’île contre la Russie ou la Chine. Trump l’a dit crûment : « Le problème, c’est qu’il n’y a rien que le Danemark puisse faire si la Russie ou la Chine veulent occuper le Groenland. » L’argument est habile. Il présente une menace extérieure pour justifier une prise de contrôle interne.
La réalité est plus nuancée. Le Groenland fait déjà partie de l’OTAN. En tant que territoire danois, il est couvert par l’article 5, la clause de défense mutuelle. Si la Russie ou la Chine attaquaient le Groenland, tous les alliés de l’OTAN, y compris les États-Unis, seraient obligés d’intervenir. Pituffik Space Base, l’installation militaire américaine sur l’île, existe depuis 1943. Les Américains y sont déjà présents. Ils peuvent déjà y développer leurs capacités de défense. Troy Bouffard, directeur du Center for Arctic Security and Resilience à l’Université de l’Alaska, l’a dit clairement : pour adapter les systèmes de défense aux nouvelles menaces comme les missiles hypersoniques russes, il n’est pas nécessaire de posséder le Groenland. L’infrastructure existante suffit. La coopération normale entre alliés suffirait. Mais Trump ne veut pas de coopération. Il veut de la possession.
Les richesses sous la glace
Là où la défense est l’argument public, les ressources sont l’attrait privé. Le Groenland possède les huitièmes plus grandes réserves de terres rares au monde. Ces éléments sont essentiels pour tout : les éoliennes, les smartphones, les systèmes de missiles guidés, les technologies vertes, l’électronique avancée. La Chine domine actuellement le marché des terres rares. Pour Washington, contrôler les réserves groenlandaises serait un moyen de réduire cette dépendance. Il y a un problème : aucune de ces ressources n’a été extraite à ce jour. Le Groenland est froid. Il est recouvert de glace. Il n’a que 93 miles de routes goudronnées. Meredith Schwartz, du Center for Strategic and International Studies, l’a expliqué : l’extraction de terres rares au Groenland nécessite des investissements à long terme, massifs, dans une infrastructure qui n’existe pas encore. Ce n’est pas demain que les premières mines ouvriront.
Je comprends la stratégie géopolitique. Je comprends que les terres rares sont importantes. Mais ce que je ne comprends pas, c’est comment on peut justifier la prise de contrôle d’un territoire entier parce qu’on veut ses ressources. C’est la logique du pillage, celle qui a justifié le colonialisme pendant des siècles. « Tu as quelque chose que je veux ? Je vais te le prendre. » En 2026, vraiment ? On en est encore là ? Et puis cette obsession pour la sécurité nationale… Jusqu’où ira-t-on ? Si le Canada a du pétrole, faut-il l’annexer ? Si le Mexique a des minerais, faut-il l’envahir ? Où s’arrête la logique de la puissance ?
Section 4 : L'Europe en garde, l'OTAN en danger
Les alliés qui tremblent
La réaction européenne a été immédiate et ferme. Dès que Trump a commencé à parler de « prendre » le Groenland, les capitales européennes ont réagi. Emmanuel Macron a annoncé que la France participerait aux exercices militaires danois au Groenland, baptisés « Arctic Endurance ». La Suède a envoyé des troupes. L’Allemagne a dépêché une équipe de reconnaissance de 13 militaires. La Norvège a envoyé du personnel de défense. C’est une réponse claire : l’Europe n’acceptera pas que le Groenland soit pris par la force. Le message est encore plus fort venant de l’Allemagne, dont la base aérienne de Ramstein est cruciale pour les opérations américaines en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Si les États-Unis attaquaient le Danemark, les Européens pourraient restreindre l’accès à ces bases. Le coût pour la stratégie américaine serait énorme.
Ulrik Pram Gad, chercheur au Danish Institute for International Studies, a résumé la situation : les Européains comprennent qu’ils devront développer des capacités de défense suffisantes pour ne plus dépendre des États-Unis. « C’est lié aux doutes généraux sur l’alliance occidentale, faire confiance ou non aux États-Unis, encore une fois, » a-t-il dit. Le Trump de 2026 est en train de briser quelque chose qui a tenu l’Occident ensemble depuis 1949 : la confiance. Quand un allié traite un autre allié comme une cible d’acquisition, quelque chose d’irréparable se brise. Les Européens ne l’oublieront pas.
Article 5 : le suicide de l’OTAN
Le problème le plus grave, c’est l’OTAN. L’article 5 du traité de l’Atlantique Nord oblige tous les membres à se défendre mutuellement si l’un d’eux est attaqué. L’article 5 n’a été invoqué qu’une seule fois dans l’histoire : par les États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001. Le Danemark a répondu. Des milliers de soldats danois ont combattu en Irak et en Afghanistan aux côtés des Américains. Cinquante d’entre eux sont morts. Si Trump attaque le Groenland, le Danemark invoquera l’article 5. Et là, l’OTAN sera confrontée à un dilemme impossible : défendre un allié attaqué par un autre allié. La conséquence ? La fin de l’alliance. Mette Frederiksen a été claire : si les États-Unis choisissent d’attaquer un autre pays de l’OTAN, tout s’arrêtera.
Imaginez un instant. Soixante-dix-sept ans d’alliance, des milliers de soldats morts côte à côte, des décennies de confiance construite dans le sang et la sacrifice. Et tout ça, détruit parce que… quoi ? Parce qu’un président veut une île ? C’est à ne pas y croire. C’est comme si un mari assassinait sa femme parce qu’il veut son bijou. La relation ne survivra pas. L’OTAN ne survivra pas. Et après ? Qui nous protègera ? Qui protègera l’Europe ? Qui protègera le monde ? Trump joue avec le feu, et il ne réalise peut-être pas que c’est toute la maison qui va brûler.
Section 5 : La légalité bafouée, le droit ignoré
Ce que la loi internationale dit
Attaquer le Groenland serait illégal. Point final. L’article 2(4) de la Charte des Nations Unies, que les États-Unis ont signée et ratifiée, interdit toute agression contre l’intégrité territoriale d’un autre État. Milena Sterio, professeure de droit international à la Cleveland State University, l’a confirmé : toute action militaire contre le Groenland serait une violation à la fois du droit international et du droit américain, qui incorpore le droit international. Le problème, c’est que Trump a déjà montré qu’il se soucie peu des contraintes légales quand elles l’embêtent. Daniel Immerwahr, historien à Northwestern University et auteur d’un livre sur l’empire américain, a noté que la Constitution interdit au pouvoir exécutif d’ajouter unilatéralement du territoire, mais que cette contrainte n’a généralement pas été limitante. L’action présidentielle a souvent ouvert la voie, suivie ensuite par la ratification du Congrès.
La question constitutionnelle est fascinante. Peut-on annexer un territoire sans consentement ? La Constitution ne prévoit pas explicitement l’acquisition de territoire. Le précédent le plus proche est peut-être l’achat de la Louisiane en 1803, de l’Alaska en 1867, de Hawai’i en 1898. Mais dans tous ces cas, il y a eu un achat, un traité, un consentement. Prendre par la force, c’est autre chose. C’est de la conquête. Et la conquête, au 21e siècle, c’est illégal. Point final. Les experts de l’ONU l’ont dit sans ambiguïté : toute tentative de modifier le statut territorial ou constitutionnel du Groenland violerait non seulement le droit international, mais pourrait aussi saper la stabilité régionale.
Le droit à l’autodétermination
Il y a un autre principe qui entre en jeu : le droit à l’autodétermination. Les peuples du Groenland, en tant que peuple distinct, ont le droit de déterminer librement leur statut politique. Les experts de l’ONU l’ont souligné : les assertions suggérant qu’un territoire peut être pris, contrôlé ou « possédé » par un autre État dans le but de poursuivre des intérêts de sécurité ou économiques perçus évoquent une logique de domination coloniale que la communauté internationale a rejetée depuis longtemps. Les Groenlandais ne sont pas une marchandise. Ils sont un peuple. Ils ont le droit de dire non. Et jusqu’à présent, ils ont dit non.
Le droit international. Ça existe. Ce n’est pas juste un concept abstrait pour les diplomates. C’est ce qui nous protège. C’est ce qui empêche les forts de dévorer les faibles. C’est ce qui a empêché l’Allemagne d’annexer la Tchécoslovaquie en 1938. C’est ce qui a empêché l’Irak d’annexer le Koweït en 1990. Et aujourd’hui, Trump veut ignorer tout ça ? Parce que ça l’arrange ? C’est effrayant. Vraiment effrayant. Parce que si les États-Unis peuvent violer la loi internationale impunément, alors qui ne peut pas ? Quel exemple donnons-nous au monde ? Quel exemple donnons-nous à nos enfants ? Que la loi ne s’applique qu’aux faibles ? Que le puissant peut faire ce qu’il veut ?
Section 6 : Le peuple du silence, la voix des Inuit
Les visages oubliés du Groenland
Quand on parle du Groenland, on parle de géopolitique, de stratégie, de ressources, de défense. On oublie souvent de parler de gens. De 56 000 personnes pour la plupart inuit, qui vivent sur cette île gigantesque, deux fois plus grande que la France mais avec moins d’habitants qu’une petite ville européenne. Des pêcheurs qui sortent sur la banquise pour chasser le phoque et le morse. Des enfants qui grandissent entre glace et neige, apprenant les traditions de leurs ancêtres. Des familles qui se réunissent dans des maisons colorées de Nuuk, Illulissat, Sisimiut, Qaanaaq. Des vies. Des histoires. Des rêves. Des peurs aussi. La peur de ce qui vient. La peur de ce qui va se passer.
Ineqi Kielsen, un jeune chasseur de 28 ans qui vit à Uummannaq, dans le nord du Groenland, regarde la mer chaque jour. Il dit à ses enfants que la glace fond plus vite chaque année. Il leur dit aussi qu’il y a des bateaux étrangers qui passent de plus en plus près. Des bateaux militaires. Des bateaux scientifiques. Des bateaux dont il ne connaît pas les intentions. « Nous vivons ici depuis des millénaires, » dit-il. « Nous avons survécu au froid, aux famines, aux épidémies. Nous survivrons aussi à ça. » Mais ses yeux trahissent une inquiétude qu’il ne peut pas cacher. Comment se protéger quand on n’est que 56 000 face à 330 millions ? Comment se faire entendre quand le monde ne parle pas votre langue ?
La culture qui résiste
Le Groenland, c’est aussi une culture millénaire. Une langue, le kalaallisut, qui résonne depuis des générations. Des chants traditionnels, le drum dance, qui rythment les longues nuits d’hiver. Des contes qui racontent l’origine du monde, des esprits, des ancêtres. Une façon de voir le monde qui met la communauté au-dessus de l’individu, la nature au-dessus de la technologie. Cette culture a survécu à des siècles de colonisation danoise. Elle a survécu aux tentatives de conversion forcée au christianisme, à l’interdiction des pratiques chamaniques, à la suppression de la langue dans les écoles. Aujourd’hui, elle renaît. Les jeunes Groenlandais redécouvrent leurs racines. Ils portent des vêtements traditionnels faits de peau de phoque. Ils chantent les chansons de leurs aïeuls. Ils revendiquent leur identité. Et cette identité, ils ne veulent pas la vendre.
Je pense à Ineqi. Je pense à ses enfants. Je pense à ce qu’ils vont vivre. À quel point leur existence même est devenue un enjeu géopolitique sur lequel ils n’ont aucun contrôle. C’est ce qui me met le plus en colère. Pas les战略, pas les calculs de puissance, pas les intérêts nationaux. C’est le fait que des vies humaines, des milliers de vies humaines, sont traitées comme des variables dans une équation qui ne les concerne pas. Ineqi ne veut pas d’être américain. Il ne veut pas d’être danois. Il veut être groenlandais. C’est tout. Est-ce que c’est trop demander ? Apparemment, oui.
Section 7 : La menace qui plane, l'avenir incertain
Stephen Miller et la menace de force
Le 6 janvier 2026, Stephen Miller, le chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, a accordé une interview à CNN. Jake Tapper lui a demandé si l’administration avait exclu l’utilisation de la force pour prendre le Groenland. Miller a refusé de répondre. « Nous vivons dans un monde dans lequel vous pouvez parler tout ce que vous voulez des amabilités internationales et tout le reste, » a-t-il dit. « Mais nous vivons dans un monde, dans le monde réel… qui est gouverné par la force, qui est gouverné par la puissance. » Le message était clair. La force est une option. Et si Trump décide de l’utiliser, rien ne l’arrêtera.
Mais comment ? Une invasion militaire ? Un blocus naval ? Un coup de force politique ? Les scénarios se multiplient. Otto Svendsen, analyste de sécurité européenne au Center for Strategic and International Studies, a mis en garde contre ce qu’il appelle les « effets de second ordre » d’une telle crise. Une attaque américaine contre le Groenland entraînerait des « réactions européennes très robustes ». Des mesures commerciales punitives ciblant les industries américaines dans les États swing. Des restrictions d’accès au territoire européen pour les bases militaires américaines. Une rupture des relations transatlantiques qui pourrait durer des décennies.
Le silence qui précède l’orage
Pour l’instant, rien ne s’est encore passé. La réunion du 14 janvier s’est soldée par la création d’un « groupe de travail de haut niveau » pour explorer les possibilités d’un accord. Rasmussen a parlé d' »optimisme prudent ». Mais dans les coulisses, les préparatifs continuent. L’Allemagne envoie ses 13 soldats en reconnaissance. La France envoie ses troupes pour Arctic Endurance. La Suède, la Norvège, le Danemark renforcent leur présence militaire. L’Europe se prépare au pire. Trump, lui, continue de dire qu’il ne « donnera pas d’options ». Le mot reste suspendu dans l’air, lourd de menace.
Et puis… plus rien. Le silence des fjords groenlandais, inchangé depuis des millénaires. Le silence des médias américains, qui accordent peu d’attention à cette crise lointaine. Le silence des diplomates, qui continuent de parler mais ne savent pas quoi dire. Le silence des Groenlandais, qui attendent et craignent. Comme ce silence qui précède l’orage. Quand l’air devient lourd. Quand les oiseaux se taisent. Quand on sait que quelque chose va arriver, mais on ne sait pas quoi, ni quand, ni comment.
Ce silence me fait peur plus que tout. Parce que dans le silence, les choses se préparent. Dans le silence, les décisions se prennent. Dans le silence, les mondes basculent sans que personne ne s’en aperçoive jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Trump est au pouvoir. Miller est à ses côtés. Et le Groenland est là, petit, fragile, vulnérable, comme un enfant perdu dans la tempête. Je prie pour que la tempête passe. Je prie pour que le Groenland reste libre. Mais je crains que nos prières ne suffisent pas.
Section 8 : Le grand débat, les voix qui s'élèvent
Les arguments pour et contre
Il y a ceux qui soutiennent Trump. Les faucons du Parti républicain qui voient dans le Groenland une opportunité stratégique majeure. Les analystes militaires qui craignent l’expansion russe et chinoise dans l’Arctique. Les industriels qui rêvent d’accéder aux ressources minières de l’île. Pour eux, l’acquisition du Groenland est une question de survie nationale. Les arguments sont solides sur le plan stratégique. L’Arctique devient de plus en plus accessible à cause du réchauffement climatique. Les routes commerciales du Nord s’ouvrent. Les réserves de ressources deviennent exploitables. La Russie y construit des bases militaires. La Chine y investit massivement. Si les États-Unis ne réagissent pas, ils risquent d’être laissés pour compte. C’est la logique de la realpolitik : ce qui n’est pas occupé par nous sera occupé par d’autres.
Il y a ceux qui s’opposent. Les démocrates qui voient dans cette ambition une nouvelle preuve de l’irresponsabilité de Trump. Les alliés européens qui craignent la destruction de l’OTAN. Les experts du droit international qui rappellent que l’annexion est illégale. Les défenseurs des droits humains qui soulignent le droit à l’autodétermination des peuples. Pour eux, l’acquisition du Groenland serait une catastrophe géopolitique, juridique et morale. Elle détruirait l’alliance transatlantique. Elle violerait le droit international. Elle ignorerait les droits d’un petit peuple. Elle enverrait un message terrifiant au monde : la loi n’existe pas pour les puissants.
L’opinion publique américaine
Que pensent les Américains de tout ça ? Un sondage récent de YouGov montre que peu d’Américains veulent prendre le contrôle du Groenland. La plupart s’opposent aux opérations secrètes ou à l’action militaire. L’opinion publique est divisée, mais majoritairement hostile à l’idée d’une acquisition forcée. Le problème, c’est que l’opinion publique n’a que peu d’influence sur la politique étrangère américaine, surtout quand un président déterminé est en poste. Trump a montré à plusieurs reprises qu’il n’hésite pas à ignorer l’opinion publique quand elle s’oppose à ses objectifs. Et les Groenlandais le savent. Ils savent que leur sort ne dépend pas de ce que les Américains pensent. Il dépend de ce que Trump veut.
C’est ce qui me frappe le plus. Ce fossé entre les peuples et leurs dirigeants. Les Américains ne veulent pas ça. Les Européens ne veulent pas ça. Les Groenlandais ne veulent pas ça. Mais Trump ? Trump le veut. Et c’est Trump qui décide. C’est ça, la démocratie ? Un homme qui peut ignorer tout le monde et faire ce qu’il veut ? Ça me donne envie de hurler. Mais je ne peux pas hurler. Je peux seulement écrire. Et écrire, c’est crié. Crié contre l’injustice. Crié contre l’arrogance. Crié pour ceux qui ne peuvent pas crié.
Section 9 : Le point de non-retour, ce qui vient ensuite
Les scénarios possibles
Que va-t-il se passer maintenant ? Personne ne le sait avec certitude. Les scénarios sont nombreux. Le plus optimiste : le groupe de travail trouve un compromis. Les États-Unis obtiennent des garanties de sécurité accrues sur le Groenland, peut-être une présence militaire renforcée, en échange d’une reconnaissance formelle de la souveraineté danoise et du droit à l’autodétermination groenlandais. Trump y trouve son compte : plus de sécurité. Les Danois et les Groenlandais gardent leur souveraineté. Tout le monde y gagne. C’est possible. Rasmussen a parlé d' »optimisme prudent ».
Le plus pessimiste : Trump perd patience. Il décide que la diplomatie ne fonctionne pas. Il donne l’ordre d’agir. Comment ? Un blocus naval du Groenland pour forcer Copenhague à céder ? Une occupation militaire de Pituffik Space Base suivie d’un ultimatum ? Un coup de force politique utilisant la pression économique sur le Danemark ? Les scénarios sont tous terrifiants. Et les conséquences seraient catastrophiques. L’OTAN s’effondrerait. L’Europe se tournerait ailleurs. Le droit international serait violé. Les Groenlandais deviendraient sujets d’une nouvelle puissance contre leur gré.
Le moment qui change tout
Il y a un moment, dans chaque crise, où tout bascule. Un moment où l’on passe de la diplomatie au conflit. Un moment où les mots ne suffisent plus. Un moment où quelqu’un doit prendre une décision irréversible. Nous sommes peut-être à ce moment. Trump a dit qu’il ne « donnerait pas d’options ». Miller a refusé d’exclure la force. Les Européens renforcent leur présence militaire. Les Groenlandais attendent, inquiets. Quelque chose va se passer. Peut-être demain. Peut-être la semaine prochaine. Peut-être le mois prochain. Mais quelque chose va se passer.
Et après ? Après, le monde aura changé. Soit l’Occident aura survécu à cette épreuve, renforcé par une nouvelle entente. Soit l’Occident se sera brisé, divisé par une ambition démesurée. Les Groenlandais, eux, resteront. Sur leur île. Dans leur glace. Avec leur culture. Peut-être libres, peut-être sous un nouveau joug. Mais ils resteront. Car le Groenland a survécu à des milliers d’années d’histoire. Il survivra à Trump aussi. La question est : à quel prix ?
Je ne sais pas ce qui va se passer. Personne ne sait. Mais je sais une chose : nous sommes à un point de basculement. Un moment où l’histoire va bifurquer. Dans une direction, un monde où le droit et la coopération priment. Dans l’autre, un monde où la force et l’appétit de puissance règnent. Trump tire dans une direction. Les Européens tirent dans l’autre. Les Groenlandais sont pris entre les deux, comme une corde dans un jeu de tir à la corde qu’ils n’ont pas demandé. Et nous, nous regardons. Nous regardons et nous attendons. Nous qui sommes nés dans un monde d’alliances et de coopération, nous nous demandons si ce monde est en train de disparaître sous nos yeux.
Conclusion : L'île qui ne peut être vendue
Le retour à l’essentiel
Nous avons beaucoup parlé de géopolitique. De stratégie. De ressources. De défense. De droit. D’alliances. Mais au fond, tout ça n’est que bruit. Ce qui compte, vraiment, ce sont les gens. Ineqi et ses enfants. Les milliers de femmes qui ont subi les stérilets forcés. Les enfants arrachés à leurs familles pour être « rééduqués ». Les pêcheurs qui sortent sur la banquise depuis des générations. Les jeunes Groenlandais qui redécouvrent leur culture. Les 56 000 habitants de cette île immense qui veulent simplement décider de leur avenir.
C’est ça, la vraie question. Pas : Trump va-t-il prendre le Groenland ? Mais : les Groenlandais auront-ils le droit d’être eux-mêmes ? Le droit de dire oui ou non. Le droit de choisir leur destin. Le droit d’être libres. C’est ça qui est en jeu. Tout le reste n’est que justification. Tout le reste n’est que rationalisation. Trump parle de sécurité. Vance parle de défense. Miller parle de force. Mais au fond, c’est simple : un peuple veut être libre. Et un autre peuple veut le posséder.
Je repense à Ineqi. À la façon dont il regarde la mer chaque jour. À la peur dans ses yeux qu’il essaie de cacher de ses enfants. Je me demande ce qu’il dirait à Trump s’il pouvait lui parler face à face. Je me demande s’il écouterait. Je me demande si un président américain, le leader du monde libre, a jamais vraiment écouté quelqu’un comme Ineqi. Quelqu’un qui ne parle pas sa langue. Quelqu’un qui n’a pas son pouvoir. Quelqu’un qui n’est rien, dans le grand schéma des choses, sauf un être humain qui veut vivre sa vie.Et puis je me demande : qu’est-ce que Trump dirait à Ineqi ? Qu’il veut le protéger ? Qu’il veut lui apporter la sécurité ? Qu’il veut le sauver de la Russie et de la Chine ? Ou simplement : « Tu as quelque chose que je veux. Donne-le-moi. »Le monde regarde. L’histoire regarde. Les générations futures regarderont. Elles sauront ce que nous avons fait quand un petit peuple a été menacé par une grande puissance. Elles sauront si nous avons défendu le droit ou si nous avons cédé à la force. Elles sauront si l’Occident que nous avons construit, sur les ruines du colonialisme et des guerres mondiales, était solide ou si ce n’était qu’un château de cartes prêt à s’effondrer.Le Groenland ne peut pas être vendu. Il ne peut pas être acheté. Il ne peut pas être pris. Parce qu’il n’appartient à personne sauf à ceux qui y vivent. C’est ça, la leçon que le colonialisme n’a jamais apprise. C’est ça, la leçon que l’impérialisme n’a jamais apprise. Et c’est ça, la leçon que Trump n’a jamais apprise.Les peuples ne sont pas des marchandises. Les territoires ne sont pas des propriétés. La liberté ne se négocie pas.Le Groenland sera libre. Ou le Groenland sera détruit. Mais il ne sera jamais possédé.
Sources
Sources primaires
blank »>The Morning Dispatch – Will Trump Take Greenland? (15 janvier 2026)
blank »>CNN Politics – January 14, 2026 – Trump administration news (14 janvier 2026)
blank »>Reuters – Denmark and Greenland face Vance in high-stakes meeting (14 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>Center for Strategic and International Studies – Greenland, Rare Earths, and Arctic Security (2025)
blank »>Just Security – The North Atlantic Treaty and a U.S. Attack on Denmark (2026)
blank »>PBS NewsHour – Denmark apologises to Greenland’s Inuit victims of forced birth control (2023)
blank »>Verian Group – Opinion poll in Greenland, January 2025 (2025)
blank »>YouGov – Few Americans want to take over Greenland — most oppose covert operations, military action (2025)
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et commerciales qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués gouvernementaux, les déclarations officielles des dirigeants politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, CNN, Associated Press, Agence France-Presse, ainsi que les données d’organisations internationales et de think tanks reconnus comme le Center for Strategic and International Studies et Just Security.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
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