Une démission qui marque la fin d’une époque

C’est arrivé un mercredi, le 14 janvier 2026. Une date qu’on retiendra probablement longtemps dans les livres d’histoire politique du Québec. François Legault a fini par trancher : il quitte la vie politique. Après 28 ans de service public, on sentait bien que le moment approchait, mais l’annonce officielle a tout de même l’effet d’une onde de choc. Il part après deux mandats qui n’ont rien eu d’un long fleuve tranquille, marqués par une pandémie mondiale, des crises à répétition, mais aussi, il faut le dire, de bons moments.
Ce départ sonne le glas d’une ère particulière pour la « Coalition avenir Québec » (CAQ), ce véhicule politique qu’il a bâti de toutes pièces. Les photos d’Ivanoh Demers et le texte de Stéphane Bordeleau, compilés par Radio-Canada, nous permettent aujourd’hui de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. C’est fascinant de voir le chemin parcouru, les visages qui ont changé et les épreuves qui ont sculpté le premier ministre sortant.
Des lendemains difficiles à la consécration du pouvoir

On a tendance à l’oublier avec le temps, mais le succès n’a pas été immédiat. Loin de là. Regardez en arrière, en 2014. François Legault partageait alors un moment de repos, un peu mélancolique peut-être, avec sa conjointe Isabelle Brais à bord de son autobus de campagne. Les résultats étaient décevants, pour ne pas dire durs à avaler : la CAQ n’avait décroché que 22 sièges. C’est le Parti libéral du Québec, sous la férule de Philippe Couillard, qui avait raflé la mise, laissant la CAQ comme deuxième parti d’opposition, derrière le Parti québécois. Une traversée du désert qui aura duré six ans sur les bancs de l’opposition.
Mais la roue tourne. En 2018, le vent change de bord. La Coalition avenir Québec prend finalement le pouvoir avec 37,4 % des voix, s’offrant une majorité confortable de 74 sièges à l’Assemblée nationale. Je me souviens de cette image de juin 2019, où le premier ministre est acclamé par ses députés après le bilan de la première session parlementaire. L’ambiance était électrique. C’était aussi l’époque où des figures montantes s’imposaient. On pense à Geneviève Guilbault, alors à la Sécurité publique et vice-première ministre, ou à Simon Jolin-Barrette à l’Immigration, la Francisation et l’Intégration. On leur a confié des dossiers brûlants par la suite, preuve de la confiance que Legault leur portait.
Quand la nature et le virus s’en mêlent

Les catastrophes, elles, n’attendent pas les permissions politiques. Dès le printemps 2019, la nature s’est déchaînée. Des crues exceptionnelles ont provoqué des inondations majeures non seulement au Québec, mais aussi en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Le bilan ? Lourd. Plus de 9000 résidences inondées dans la province, touchant 310 municipalités et faisant plus de 13 000 sinistrés. On revoit François Legault, bottes aux pieds, constatant les dégâts avec des élus et des citoyens désemparés de l’île Mercier, dans l’ouest de Montréal. C’était le premier vrai test de compassion sur le terrain.
Et puis… mars 2020. La COVID-19. Ce virus qui s’est répandu à une vitesse folle a plongé le monde entier, et le Québec avec, dans une crise sanitaire sans précédent qui a défini le premier mandat de Legault. Qui a oublié ces conférences de presse quotidiennes ? Sur une photo de janvier 2021, on le voit accompagné du Dr Horacio Arruda, directeur national de la santé publique de l’époque. C’était devenu notre rituel.
L’état d’urgence sanitaire, décrété en mars 2020, donnait des pouvoirs immenses au gouvernement. Il a été renouvelé, tenez-vous bien, 55 fois par décrets, jusqu’à sa levée finale le 1er juin 2022. Une autre image marquante de juin 2021 nous montre le premier ministre saluant son collègue et ami, le ministre de la Santé Christian Dubé. Une période de gestion intense, épuisante.
Triomphe, hockey et turbulences finales

Au sortir de la pandémie, on aurait pu croire à l’usure du pouvoir, mais non. Les Québécois lui ont renouvelé leur confiance de manière spectaculaire. Lors du scrutin d’octobre 2022, la CAQ récolte plus de 41 % des voix et revient à l’Assemblée nationale avec une domination écrasante de 90 sièges sur 125. Le soir de sa réélection, le 3 octobre 2022, on le voit célébrer avec son directeur de cabinet Martin Koskinen et la directrice générale du parti, Brigitte Legault. L’euphorie était totale.
François Legault, c’est aussi un fan de sport, un fier partisan des Canadiens de Montréal qui ne se gênait jamais pour parler hockey. Le 1er mai 2022, il était d’ailleurs parmi les premiers au Centre Bell pour rendre hommage à la légende Guy Lafleur, décédée à 70 ans. Un moment d’unité nationale, hors de la politique.
Cependant, la fin de parcours a été assombrie. Le 28 septembre 2023, il annonçait fièrement avec son ministre Pierre Fitzgibbon la construction d’une usine de batteries par la suédoise Northvolt. Un projet phare… qui s’est terminé par la faillite de Northvolt et l’abandon du projet. Un coup dur. Et que dire de l’affaire SAAQclic ? La vérificatrice générale a signalé des dépassements de coûts d’au moins 500 millions de dollars. Une enquête publique a été ordonnée, forçant Legault lui-même à répondre aux questions. Ça a ébranlé les colonnes du temple. Finalement, c’est sur les ondes d’ICI RDI, à l’émission Zone info, que tout s’arrête ce 14 janvier 2026. Une page se tourne définitivement.
Conclusion

En regardant ces images, on mesure l’ampleur de la tâche accomplie et le poids des responsabilités portées pendant près de trois décennies. Entre les inondations, la pandémie mondiale, les victoires électorales écrasantes et les scandales de fin de régime comme SAAQclic, François Legault aura tout connu. Son départ laisse un vide politique certain et lance la course à la succession, mais il laisse surtout derrière lui un Québec transformé, pour le meilleur et pour le pire.
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François Legault : Clap de fin après 28 ans de tempêtes et de gloire
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