Une décision mûrie bien avant les Fêtes

On pourrait croire, vu de l’extérieur, que François Legault a pris tout le monde de court sur un simple coup de tête, mais la réalité est bien différente. En fait, l’idée de tirer sa révérence le taraudait déjà très sérieusement l’été dernier. C’est ce que nous confirment plusieurs sources intimes du dossier : le premier ministre ne part pas sur une impulsion, loin de là. Sa réflexion a commencé il y a des mois, lentement. À la fin de l’été, il s’était pourtant convaincu qu’il avait encore de bonnes cartes dans sa manche pour redresser la barre. Ses conseillers les plus proches l’avaient d’ailleurs prévenu : s’il devait rester, il fallait tenir bon et ne surtout pas changer d’avis en plein automne pour éviter le chaos. Il valait mieux attendre une période plus calme, plus ordonnée.
C’est précisément pour cette raison que François Legault a tenté le tout pour le tout ces derniers mois. Il a littéralement vidé son jeu sur la table : projet de constitution québécoise, réforme syndicale, refonte de la rémunération des médecins et, bien sûr, son remaniement ministériel. Il voulait prouver qu’il avait encore du jus. Il y a cru, sincèrement. Il pensait pouvoir reconquérir le cœur des Québécois. D’ailleurs, quand il jurait lors de sa tournée d’entrevues pré-Noël qu’il resterait en poste, ce n’était pas du bluff. Il était déterminé. Mais ça, c’était avant que tout ne dérape avec Christian Dubé et avant ces conversations cruciales qu’il a eues avec ses proches pendant les vacances.
La rupture brutale avec Christian Dubé

Le point de bascule, c’est indéniablement ce fameux 18 décembre. Christian Dubé débarque au bureau du premier ministre, comme d’habitude, mais l’atmosphère est lourde. François Legault se doute bien que quelque chose cloche ; il sait que son ministre de la Santé n’a toujours pas digéré l’entente conclue quelques jours plus tôt avec les médecins de famille. Des rumeurs de démission flottaient déjà dans l’air, mais le coup est plus rude que prévu. Non seulement Dubé quitte son poste de ministre, mais il claque la porte de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour siéger comme indépendant. Pour M. Legault, c’est vécu comme une trahison intime, presque un coup de poignard. Il a le sentiment que son ministre renie tout le travail colossal accompli depuis la pandémie, alors qu’il lui avait donné carte blanche et une confiance aveugle. Le premier ministre estime l’avoir soutenu jusqu’au bout, et la façon dont Dubé part le blesse profondément.
La colère est telle que la réaction ne se fait pas attendre. La rupture est tout sauf douce : le premier ministre est furieux. C’est ce qui explique pourquoi l’annonce du départ de ce poids lourd du gouvernement a été faite n’importe comment, quelques minutes plus tard, sur Facebook. C’était un geste impulsif, sans aucune stratégie de communication, comme un cheveu sur la soupe. Bien que Christian Dubé ne soit pas Chrystia Freeland — dont les actions ont mené au départ de Justin Trudeau — cet événement a pesé lourd dans la balance. Mais ce n’était pas le seul facteur.
L’heure de vérité avec les députés et l’entourage

Après le choc Dubé, il a fallu affronter la réalité du terrain. Soyons clairs : aucun député n’a osé regarder François Legault dans les yeux pour lui demander de partir. La plupart lui doivent leur carrière, alors ils sont restés polis, reconnaissants. Même ceux qui doutaient de son leadership en coulisses n’ont jamais osé le contester publiquement — à l’exception de ceux qui avaient déjà claqué la porte, comme Maïté Blanchette Vézina. C’est François Legault lui-même qui a pris l’initiative de les appeler pendant le congé de Noël. Et cette tournée téléphonique a été décisive. C’est là qu’il a compris à quel point la situation était devenue invivable pour eux dans leurs comtés. Son impopularité bloquait tout, il était devenu une distraction, un boulet pour ses propres troupes. Il voyait bien que son équipe de communication devait se contorsionner pour tenter de faire briller son bilan.
Les discussions les plus franches ont eu lieu entre Noël et le jour de l’An avec ses collaborateurs les plus fidèles. Ils ont agi comme des messagers, rapportant ce qu’ils entendaient dans leurs propres soupers de famille. Sans le pousser vers la sortie, ces personnes de confiance lui ont dit la vérité en face : malgré tout le respect qu’ils ont pour lui, les chances de gagner en 2026 étaient devenues quasi nulles. C’était la première fois qu’il avait des échanges aussi directs avec sa garde rapprochée. Même s’ils lui ont assuré leur soutien quelle que soit sa décision, Legault avait vu les sondages, comme tout le monde. Sa réflexion était déjà faite.
Conclusion : Laisser la place pour sauver l’héritage

Il y a aussi ce constat, inévitable, d’une nouvelle ère qui s’installe. Avec le départ de Pablo Rodriguez et la probable montée de Charles Milliard à la tête du Parti libéral, François Legault voit bien que le paysage change. Il allait se retrouver face à des adversaires dans la quarantaine. Ce n’est pas faire de l’âgisme que de le dire, mais le Québec tourne une page. Legault a beau avoir l’expérience et une feuille de route longue comme le bras, il sait que ces nouveaux visages offrent une fraîcheur que les électeurs réclament, trouvant son gouvernement usé. C’est donc la semaine dernière qu’il a commencé à rédiger ses adieux. Il a pesé chaque mot, ce qui explique sa sérénité lors de l’annonce du 14 janvier 2026. En choisissant de partir maintenant, avant qu’on ne l’y force littéralement, il orchestre sa sortie avec élégance.
Il ne voulait pas être celui qui causerait la mort de la CAQ, ce mouvement qu’il a bâti de toutes pièces pour offrir une troisième voie aux Québécois. En quittant ses fonctions dès qu’un successeur sera choisi, il donne une chance de survie à son parti. Au final, en abattant ses dernières cartes lui-même, François Legault aura réussi une dernière chose : rester maître du jeu jusqu’à la toute fin.
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Dans la tête de François Legault : les vraies raisons de son départ surprise
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