Une démission, des chiffres et le ressenti réel des gens

C’est tombé le 14 janvier dernier. François Legault a annoncé qu’il quitterait son poste de premier ministre dès que la CAQ lui aura trouvé un remplaçant. Une page se tourne, comme on dit. Mais au-delà de l’annonce politique, ce qui frappe, c’est le grand écart — le gouffre, même — entre ce qu’on nous raconte et ce qu’on vit au quotidien.
Quand il est passé à l’émission Zone économie fin novembre, on sentait bien que M. Legault, peut-être déjà le pied vers la sortie, voulait polir son image. Il voulait qu’on retienne l’histoire d’un homme qui a fait grandir l’économie du Québec. Il peut bien affirmer haut et fort que le revenu disponible s’est amélioré, la vérité, c’est que la plupart des Québécois n’y croient pas une seconde. Pas quand l’inflation nous a frappés comme un coup de massue juste après la pandémie.
Honnêtement, qui a l’impression d’être plus riche aujourd’hui qu’en 2018 ? Les échecs s’empilent un peu trop pour qu’on avale la pilule sans broncher : de la saga Northvolt aux déficits qui explosent, en passant par nos écoles et nos hôpitaux qui tiennent avec du ruban adhésif… Disons que le bilan est, au mieux, en demi-teinte.
La guerre des statistiques : moyennes vs réalité du frigo

Bon, il faut être juste et rendre à César ce qui est à César. Sur le papier, oui, la situation s’est améliorée. Dans le document gouvernemental « Le pouvoir québécois » sorti en novembre, à la page 6 pour être précis, le premier ministre souligne des données impressionnantes. Le PIB réel par habitant ? Il a grimpé de 3,2 % au Québec de 2018 à 2024. Pendant ce temps-là, tenez-vous bien, il chutait de 2,2 % ailleurs au pays. C’est quand même pas rien.
Et ça continue. La rémunération hebdomadaire moyenne a bondi de 29,7 % chez nous sur la même période, contre 24,9 % dans le reste du Canada. Même le pouvoir d’achat aurait monté de 10,3 % ici, contre un maigre 4,3 % dans les autres provinces. Alors, pourquoi on ne le sent pas ? C’est là tout le problème des moyennes. Elles lissent tout, elles effacent les cas particuliers. Les moyennes ne disent absolument rien de la douleur de faire l’épicerie ou de payer son loyer aujourd’hui.
D’ailleurs, François Legault lui-même a fini par l’admettre dans son discours de démission : les gens ne ressentent pas cette amélioration. Son obsession de rattraper l’Ontario ? Ça n’a jamais vraiment ému les foules. L’écart s’est resserré, c’est vrai, mais je ne connais personne qui en tire une fierté particulière le matin en beurrant sa tartine. Ce que les gens voient, ce sont les problèmes structurels qui restent entiers : une productivité faible, un manque d’automatisation et surtout, une démographie qui fait peur.
Parlons-en, de la démographie. Il y a maintenant plus de décès que de naissances au Québec. C’est un fait. Selon l’Institut de la statistique du Québec, entre 2024 et 2051, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus va exploser de 26 %, alors que le bassin des 20-64 ans — ceux qui travaillent — va diminuer de 4 %. Quand j’ai abordé ce danger de déclin économique avec lui, M. Legault a préféré ramener le sujet au déclin du français à Montréal. C’est préoccupant, certes, mais ignorer le vide démographique qui nous guette, c’est jouer avec le feu.
Paris énergétiques et dérapages industriels

S’il y a un domaine où François Legault espère laisser sa marque, c’est l’énergie. Son idée de doubler la production d’hydroélectricité d’ici 25 ans pourrait être son plus grand legs… si ça marche. Peut-être qu’en 2040 ou 2050, on dira qu’il a donné l’impulsion nécessaire à Hydro-Québec. L’entente avec Terre-Neuve-et-Labrador sur Churchill Falls et Gull Island est aussi un bon coup, il faut le reconnaître. Mais attention, tout ça reste fragile : le nouveau gouvernement conservateur là-bas pourrait bien venir bousiller cet accord historique.
En attendant ces lendemains qui chantent, on doit gérer les échecs du présent. La filière batterie, ça vous dit quelque chose ? Northvolt, surtout. On a englouti des centaines de millions de dollars dans des entreprises soutenues par Legault et son super-ministre Pierre Fitzgibbon, pour des résultats… disons, décevants. C’est ça le risque quand l’État se transforme en joueur de casino.
La transformation d’Investissement Québec au début du premier mandat visait justement ça : prendre plus de risques. Selon le premier ministre, ça a généré des succès, mais on retient surtout les échecs retentissants. Cette vision interventionniste, où le gouvernement choisit les « gagnants » — à qui on donne de l’argent, à qui on donne de l’énergie — ça ne passe pas toujours bien. Fondamentalement, est-ce que le Québec ne ferait pas mieux d’investir dans la base ? De bons services publics, du transport efficace, une main-d’œuvre formée… C’est peut-être moins glamour que des usines de batteries, mais c’est souvent plus solide.
Le gouffre financier : l’addition est salée
C’est probablement là que le bât blesse le plus : la gestion des finances publiques. C’est un peu la catastrophe du mandat. Vous vous souvenez ? François Legault avait hérité d’un surplus de 8 milliards de dollars à son arrivée. Oui, la pandémie a compliqué les choses, on ne peut pas le nier. Mais ensuite ? Les choix ont été discutables.
À force de vouloir baisser les impôts, d’envoyer des chèques à tout le monde (vous vous souvenez de ces chèques ?) et de lancer des projets coûteux, on a fini dans le rouge vif. Le ministre des Finances, Eric Girard, a dû annoncer un déficit record de 14 milliards de dollars en mars dernier. Aux dernières nouvelles, lors de la mise à jour de l’automne, on parlait d’environ 12 milliards. Ce n’est pas juste des chiffres abstraits : ça a mené à une décote par l’agence S&P Global en avril. Ça, ça fait mal à la crédibilité.
La dette nette par rapport au PIB est repartie à la hausse en 2025. Et pendant qu’on creuse le trou, les besoins, eux, sont criants partout. Dans les hôpitaux, les écoles, sur nos routes défoncées, dans le transport collectif… j’en passe. Des projets phares comme les Maisons des aînés ou les maternelles 4 ans ? Pas concluant, c’est le moins qu’on puisse dire. Sans parler des reculs sur les cibles climatiques, qui ne sont rien d’autre qu’une facture refilée à nos enfants.
Au final, il est très difficile d’imaginer que ces deux mandats seront vus comme porteurs pour l’avenir. Si l’économie a cru statistiquement, les fondations craquent de partout. L’impact réel de l’ère Legault, notamment sur Hydro-Québec, reste un mystère que seul l’avenir nous dévoilera.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.
François Legault : pourquoi votre portefeuille contredit ses chiffres (l’heure du bilan)
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.